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Yaka Samplé
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Six mois après la sortie de l’Electribe 2, c’est au tour de l’Electribe Sampler, la version échantillonneur, de pointer le bout de ses samples. Qu’apporte-t-elle de différent ?

Depuis plus de quinze ans, les Elec­tribe font les beaux jours de la scène EDM. Géné­reuses en commandes, solides, elles s’adressent tout parti­cu­liè­re­ment aux DJ et/ou musi­ciens live qui aiment donner du spec­tacle. Décli­nées en quatre versions après l’in­tro­duc­tion de la première en 1999, les Elec­tribe se sont ensuite fondues en deux modèles, l’un orienté synthèse, l’autre sampling. Déjà en 2003, les EMX repré­sentent une montée en gamme, avec leur moteur audio vita­miné et leur cosmé­tique très soigné. Il faudra alors attendre plusieurs années pour qu’une évolu­tion majeure pointe le bout de ses poten­tio­mètres. Et c’est à la rentrée 2014 que Korg a annoncé le lance­ment de deux toutes nouvelles Elec­tribe, revues de fond en comble : l’Elec­tribe 2 et l’Elec­tribe Sampler. Nous avons testé la première fin 2014 et c’est main­te­nant au tour de la seconde de rejoindre le studio. Cette fois, c’est un modèle commer­cial, avec un OS abouti, que nous avons eu entre les oreilles… 

Petit noir

À part la couleur noire, L’Elec­tribe Sampler a la même cosmé­tique et méca­nique que l’Elec­tribe 2. Nous allons donc repro­duire en grande partie la descrip­tion du test initial.

Korg Electribe Sampler

Avec toutes ses commandes en façade, l’Elec­tribe Sampler est faite pour les tripo­teurs. On trouve d’abord 5 gros enco­deurs éclai­rés à leur base (data, forme d’onde de l’os­cil­la­teur, fréquence de coupure du filtre, type de modu­la­tion et type d’ef­fet d’in­ser­tion) ; l’en­co­deur de filtre est lisse, alors que les autres sont cran­tés ; le choix de mettre un enco­deur sur le filtre est judi­cieux, puisqu’il permet un contrôle direct sans rupture de la fréquence de coupure. 13 poten­tio­mètres plus clas­siques les accom­pagnent, certains cran­tés en leur centre lorsqu’ils pilotent une valeur bipo­laire. Korg a prévu 3 modes de réponse pour les poten­tio­mètres : saut, seuil et rela­tif, merci. Côté boutons, nous sommes tout aussi gâtés, puisqu’il y en a 34 en caou­tchouc (certains lumi­neux bico­lores). S’y ajoutent 16 pads éclai­rés au centre par deux LED indiquant leur statut (en rouge) et/ou la piste sélec­tion­née (en bleu) ; ils sont dyna­miques et répondent agréa­ble­ment à la vélo­cité de frappe (lorsqu’on active l’op­tion).

Nous n’avons pas oublié le LCD et le Touch Pad un peu granu­leux, répon­dant correc­te­ment à la frappe et au dépla­ce­ment. Il peut déclen­cher le son de la piste sélec­tion­née (coup unique ou répété) ou modu­ler l’ef­fet maître suivant deux para­mètres prédé­fi­nis (axes X/Y). La qualité de construc­tion est quasi irré­pro­chable : coque en alliage métal­lique embouti bien dur (seule la plaque du dessous est en plas­tique bien rigide), enco­deurs et poten­tio­mètres bien ancrés, écran visible sous des angles confor­tables, pads très expres­sifs en caou­tchouc… la réponse des boutons pous­soirs est cette fois irré­pro­chable (ce qui tend à prou­ver qu’il s’agis­sait d’un problème d’OS primi­tif que nous avions relevé dans notre test de l’Elec­tribe 2). La séri­gra­phie blanche sur fond noir est bien visible cette fois aussi, même en lumière tami­sée… on a vu moins visible !

Entrée sampling

Toute la diffé­rence

Pour les plus pres­sés, voici un condensé des diffé­rences plus ou moins subtiles entre les Elec­tribe 2 et Elec­tribe Sampler. En fait, les deux machines sont à la fois proches et diffé­rentes (donc complé­men­taires, bien vu Korg !) ; elles partagent désor­mais le même manuel (mais pas le même guide des para­mètres). Voici donc ce qui les diffé­ren­cie : L’Elec­tribe 2 possède 409 ondes (dont des multi­samples) et 200 motifs d’usine, contre 421 ondes (mais pas de multi­samples) et 150 motifs pour l’Elec­tribe Sampler. L’Elec­tribe 2 modé­lise les filtres de machines vintage (MS20, Mini­moog, SEM, Prophet-5, TB-303) soit 16 filtres en tout, pas l’Elec­tribe Sampler qui se contente de 3 filtres de base « Elec­tribe ». L’Elec­tribe Sampler est la seule capable d’échan­tillon­ner et impor­ter/expor­ter ses samples. Elle possède en outre une mémoire de 499 samples utili­sa­teur (270 secondes en Flash Ram). Lorsque l’os­cil­la­teur est un sample, le para­mètre Osc Edit module le point de début et le sens de lecture, tandis que le para­mètre DR de l’en­ve­loppe se trans­forme en temps de lecture (Gate). 

À l’ar­rière, la connec­tique est plutôt basique ; seule­ment 2 sorties audio gauche/droite en jack 6,35 mm, insuf­fi­sant compte tenu des 16 pistes que l’Elec­tribe Sampler est capable d’en­voyer en même temps. Toutes les autres prises sont au format mini-jack : l’en­trée audio (pour le sampling et le trai­te­ment de signaux externes via filtres/effets), le duo d’en­trée/sortie Synchro (l’en­trée pouvant égale­ment rece­voir des données de séquences ou des mises à jour d’OS), le duo d’en­trée/sortie MIDI (2 cordons mini-jack vers DIN femelle sont heureu­se­ment four­nis dans la boîte) et la prise casque stéréo. Sans oublier la borne pour alimen­ta­tion externe four­nie, de type bloc à l’ex­tré­mité comme on n’aime pas vrai­ment…

Sur le flanc gauche, on trouve un connec­teur micro-USB (trans­mis­sion de données MIDI unique­ment) et un lecteur de cartes SD/SDHC (capa­cité de 512 Ko à 32 Go). Autant l’Elec­tribe 2 n’a pas besoin de 32 Go pour vivre, autant nous l’ap­pré­cions parti­cu­liè­re­ment ici avec l’Elec­tribe Sampler pour sauve­gar­der nos banques de samples. Sous la machine, une trappe permet d’ac­cueillir 6 piles de type AA, pour une auto­no­mie totale, du moins pendant les 5 heures annon­cées avec des piles alca­lines. Ah oui, nous allions oublier les 4 LED multi­co­lores du dessous qui clignotent inuti­le­ment en rythme, comme si on allait lever l’Elec­tribe Sampler sur scène ou la poser sur une table en verre : pour les désac­ti­ver, il faut passer en mode écono­mie d’éner­gie, mais du coup l’in­ten­sité lumi­neuse du LCD baisse ; on n’a heureu­se­ment plus le balayage désa­gréable d’écran que nous avions constaté sur l’Elec­tribe 2 en mode d’éco­no­mie d’éner­gie… mais toujours pas d’op­tion « F.cking Fricking LEDs disable » dans l’OS actuel ! 

Entre les mains

La prise en main était un point fort des Elec­tribe, cette nouvelle incar­na­tion ne vient pas ternir la répu­ta­tion de la famille. Nous l’avons dit, l’es­sen­tiel des commandes est direc­te­ment acces­sible en façade. Il y a égale­ment des raccour­cis avec la touche [Shift], il faudra juste les mémo­ri­ser dans sa tête, car ils ne sont pas séri­gra­phiés. Les commandes de trans­port se trouvent sous l’écran et les fonc­tions d’édi­tion juste à droite (navi­ga­tion, entrée/sortie, valeurs, écri­ture). Les sections de synthèse et d’ef­fets sont faci­le­ment repé­rables, avec de gauche à droite : oscil­la­teur, filtre, modu­la­tion, ampli, effets. Juste en dessous, on trouve une série de touches de fonc­tion : choix de la piste (touches < >), coupure de piste, effa­ce­ment de piste, déclen­che­ment de son, acti­va­tion du pas, mode accord, mode clavier, saut direct sur un pas, lance­ment de motifs (pour enchaî­ner direc­te­ment 4 ensembles de 16 motifs).

Korg Electribe Sampler

Les 16 pads sont alignés sur 2 rangées, comme la Tempest de DSI, ce qui nous semble une dispo­si­tion intel­li­gente (le top étant d’avoir des pads ET une rangée pour les pas, comme sur l’Analog Rytm). En mode accord, un pad peut jouer jusqu’à 4 notes simul­ta­nées suivant un réglage prédé­fini (5 types seule­ment). En mode clavier, les 16 pads suivent une échelle de tempé­ra­ment prédé­fi­nie (35 types), avec une note de réfé­rence program­mable et une trans­po­si­tion sur plus ou moins 4 octaves. Là encore, on peut jouer jusqu’à 4 notes, mais on doit se conten­ter de para­pho­nie (filtre, ampli, enve­loppe, IFX communs). Les volumes de sortie et d’en­trée audio disposent de leur propre poten­tio­mètre ; ce n’est pas le cas pour le tempo, que l’on règle avec l’en­co­deur après avoir appuyé sur [Shift] + [Tap], ou en tapant 2 fois sur [Tap]. Certains réglages (pistes, motifs, géné­raux) se font via les menus. L’écran affiche le nom des motifs, les valeurs du para­mètre en cours d’édi­tion et les pages de menu. On y navigue faci­le­ment avec des touches de dépla­ce­ment, [Enter]/[Exit] et l’en­co­deur. L’ar­bo­res­cence est courte (un seul niveau le plus souvent), tant mieux. 

Envoyez la purée

Korg Electribe Sampler

Comme l’Elec­tribe 2, l’Elec­tribe Sampler est un séquen­ceur à motifs 16 pistes. Chaque piste comprend le réglage des samples, sons et effets, le statut des pas et les mouve­ments des para­mètres. La poly­pho­nie est de 24 notes maxi­mum, suivant les types de son, filtre et effets utili­sés. On trouve en mémoire 419 sons d’usine réins­crip­tibles, décom­po­sés en 16 formes d’onde synthé­tiques modé­li­sées et 413 échan­tillons : 37 Kicks, 44 caisses claires, 12 claps, 37 hi-hats, 8 cymbales, 77 pêches, 31 voix, 37 effets, 10 Toms, 31 percus­sions, 15 phrases, 33 boucles et 31 instru­ments PCM. Les 16 ondes synthé­tiques sont diffé­rentes décli­nai­sons (solo, unis­son, synchro) d’ondes de base modé­li­sées (dent de scie, impul­sion, triangle, sinus) et de bruits (blanc, rose, Lo-fi, réso­nant). Les samples sont très orien­tés musiques qui bougent (en coup unique, en boucles liées ou passées au Time Slice), ce qui est bien l’objet de la machine. Les PCM sont de simples sons instru­men­taux non multi­sam­plés : piano, EP (Rhodes, Wurlit­zer, Clavi­net), orgue, guitares, basses, flûtes, saxes, cuivres, cordes, voix et cloches. Plutôt gadgets qu’autre chose, car assez peu jouables au-delà de la note de réfé­rence. L’en­trée audio peut égale­ment être choi­sie comme base d’os­cil­la­teur, en mono ou stéréo, pour trai­ter un signal externe via les filtres et les effets internes. Comme pour l’Elec­tribe 2, les niveaux audio sont très élevés et il n’y a pas le moindre souffle.

Côté motifs, on trouve 250 empla­ce­ments, dont 150 sont préchar­gées d’usine. Ce sont essen­tiel­le­ment des boucles typées EDM et déri­vés (pardon encore pour le raccour­ci…). Elles sont pour la plupart très bien program­mées et repré­sen­ta­tives de ce que la machine est capable de produire ; ce ne sont pas des gadgets ou du remplis­sage sonore comme on trouve souvent à la concur­rence. On pourra avan­ta­geu­se­ment s’en inspi­rer pour ne pas partir de zéro et récu­pé­rer quelques programmes sonores au passage, puisqu’il n’y a pas de biblio­thèque de sons indé­pen­dante. Dernier point impor­tant sur cette partie consa­crée aux essais audio : sur l’Elec­tribe 2 de pré-série que nous avions testée, nous avions signalé un problème de tran­si­tions audibles entre les motifs, le temps que le DSP recal­cule les nombreux para­mètres de synthèse et d’ef­fets, au moment de la bascule d’un ensemble de réglage à un autre. Ce n’est plus du tout le cas depuis l’OS 1.03, et l’OS 1.06 qui équipe notre Elec­tribe Sampler fait preuve d’une robus­tesse sans faille dans la tran­si­tion des motifs. Enfin !

Advi­sory
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Sampling en série

L’Elec­tribe Sampler, comme son nom l’in­dique, est un échan­tillon­neur à part entière. La source est soit externe (captu­rée via l’en­trée stéréo) ou interne (resam­pling des sorties stéréo ou d’une piste ryth­mique spéci­fique). La machine permet de stocker 270 secondes en mono (ou la moitié en stéréo), en 16 bits/48 kHz ; c’est assez peu de nos jours, surtout pour les amateurs de boucles ; cela oriente un peu la machine sur des samples à coups uniques. Pour sampler, on commence par régler le signal à l’aide du niveau d’en­trée et de l’in­di­ca­teur de satu­ra­tion. En appuyant sur [Shift] et [Rec], on arme l’échan­tillon­nage. C’est là qu’on choi­sit la source (entrée audio ou resam­pling interne) et la forme de signal (mono ou stéréo) ; on peut véri­fier à ce stade la mémoire dispo­nible (durée mono). On déclenche le sampling avec [Play/Pause] et on l’ar­rête avec [Stop] quand c’est fini. Enfin, on l’as­signe à l’une des 16 pistes ryth­miques d’un motif via la section Oscil­la­teur. Un sample stéréo sera joué en stéréo s’il est assi­gné à une piste impaire ; il sera par contre joué en mono mix s’il est assi­gné à une piste paire. Pour le resam­pling, on lance la capture de l’en­semble du motif en appuyant sur [Start/Play], alors qu’on appuie sur l’un des 16 pads pour ne sampler qu’une des pistes.

Korg Electribe Sampler

Une fois le sample capturé, on peut lui faire subir quelques trai­te­ments numé­riques basiques : tron­ca­ture début/fin, réglage du point de bouclage, accor­dage, décou­page et boost +12 dB. Ce dernier para­mètre permet de contour­ner l’at­té­nua­tion auto­ma­tique­ment appliquée aux samples pour conser­ver une certaine réserve de dyna­mique. La fonc­tion de décou­page (Slice) tranche un sample (mono­pho­nique unique­ment) en diffé­rents points, suivant une signa­ture tempo­relle à défi­nir (16, 32, 8T, 16T) et un seuil de détec­tion d’at­taque para­mé­trable. L’Elec­tribe Sampler place les tranches de samples à diffé­rents pas, ce qui permet de relire la boucle à diffé­rents tempos sans trop la dété­rio­rer. On peut ensuite ajou­ter des régions non détec­tées ou suppri­mer des régions détec­tées pas par pas. Les tranches de samples peuvent aussi être utili­sées dans les pistes comme de simples échan­tillons. Le décou­page fonc­tionne parfai­te­ment sur les boucles ryth­mées avec des attaques franches, mais pas du tout sur des boucles progres­sives. Il manque à notre sens une fonc­tion de Time Stretch pour ajus­ter de telles boucles au tempo, ou encore un Pitch Shift pour ajus­ter la hauteur d’une boucle sans en chan­ger la vitesse. Il faut donc passer par un éditeur externe pour cela (donc export/ré-import). Cela colle avec l’orien­ta­tion « coups uniques plus que boucles » de la machine évoquée précé­dem­ment. L’édi­teur externe sera d’au­tant plus utile que le tripo­tage des samples dans l’Elec­tribe Sampler se fait sans aucune repré­sen­ta­tion graphique des ondes ; que des chiffres, comme jadis ! Les échan­tillons utili­sa­teur sont sauve­gar­dés dans l’un des 499 empla­ce­ments internes dispo­nibles (en plus des 409 ondes Preset), mais il faut tout sauver en Flash Ram interne ou sur une carte SD avant d’éteindre les feux. On peut écra­ser les samples d’usine pour récu­pé­rer de la mémoire ; pour les restau­rer, rien de tel que la fonc­tion Factory Reset. Les samples peuvent être expor­tés / impor­tés vers / depuis une carte SD, sépa­ré­ment ou tous ensemble, au format WAV ou ALL (proprié­taire). Toute la mémoire de samples sauve­gar­dée en une seule fois est char­gée auto­ma­tique­ment à l’al­lu­mage, pratique. Par contre, il n’est pas possible à ce stade de gérer faci­le­ment des banques globales patterns + samples asso­ciés à partir de la carte SD, une amélio­ra­tion qui sera la bien­ve­nue pour ceux qui font du live.

 

Synthèse allé­gée

Korg Electribe Sampler

La synthèse sur l’Elec­tribe Sampler se passe en grande partie comme sur l’Elec­tribe 2. On assigne un son à une piste et on ajuste quelques para­mètres basiques : le sample ou la forme d’onde de l’os­cil­la­teur, le pitch, le temps de Glide et la varia­tion d’onde (para­mètre Osc Edit). Lorsqu’un sample est sélec­tionné, Osc Edit règle à la fois le point de départ et le sens de lecture du sample (bipo­laire). Lorsque c’est une forme d’onde, Osc Edit dépend de la forme d’onde : largeur d’im­pul­sion pour les 4 types stan­dards, désac­cor­dage pour les 4 types Detune, pitch de l’os­cil­la­teur esclave virtuel pour les 4 types Sync et coupure du filtre/réduc­tion de bit pour les 4 types de bruits… Le sample traité par la section Oscil­la­teur est envoyé dans le filtre multi­mode réso­nant. Là, on perd des plumes, puisqu’il n’y a plus que 3 filtres basiques : LP, HP et BP. Adieu donc les 13 excel­lents filtres du King­Korg, modé­li­sant les Mini­moog, MS20, SEM, Prophet-5 et TB-303. On se conten­tera donc d’en régler la fréquence et la réso­nance. Ce manque de choix par rapport à l’Elec­tribe 2 dans les para­mètres de synthèse pousse intel­li­gem­ment à ache­ter les deux !

On passe ensuite dans la section ampli, où on règle le volume de la piste, le pano­ra­mique, l’at­taque de l’en­ve­loppe d’am­pli­tude et le déclin/release (ou le temps de Gate pour un sample). À part cette enve­loppe indé­pen­dante, les modu­la­tions sont toutes prédé­fi­nies, tant au niveau des sources que des desti­na­tions. On trouve 72 couples sources/desti­na­tions figés. Il y a une liste de 12 sources : enve­loppe (AD posi­tive, AD néga­tive) et 6 formes d’ondes de LFO (triangle, dente de scie, rampe, carré ascen­dant, carré descen­dant, S&H, aléa­toire), certaines décli­nées en version avec ou sans synchro­ni­sa­tion au tempo. Elles modulent l’une des 6 desti­na­tions possibles : coupure du filtre, pitch, Osc Edit, niveau, pano­ra­mique, IFX. Une fois le type de modu­la­tion choisi, on peut en régler l’in­ten­sité et la vitesse ; on aurait bien aimé avoir plusieurs modu­la­tions simul­ta­nées, mais il faudra se conten­ter d’une source et d’une desti­na­tion, bof… la plupart des para­mètres possèdent 128 valeurs, certaines bipo­laires. 

Effets en masse

Sur l’Elec­tribe Sampler, les effets sont iden­tiques à ceux de l’Elec­tribe 2. Ils sont donc scin­dés en deux sections : ceux dispo­nibles pour chaque piste (16 IFX) et un effet maître global (MFX), vers lequel on peut assi­gner chaque piste. Les IFX proposent chacun 38 algo­rithmes variés : distor­sions, compres­seur, déci­ma­teur, réduc­teurs, EQ, filtres, délais (un tas !), chorus, flan­gers, phasers, trémolo, pompeur, répé­teur, décou­peur… Mais pas de réverbe parmi les IFX. Elles sont donc globales et réser­vées au MFX, qui pour sa part offre 32 algo­rithmes, qui nous permettent au passage de répé­ter quelques néolo­gismes tentés précé­dem­ment : délais, réverbes, boucleurs, décou­peurs, déca­leurs, craque­ments vinyle, doubleurs, step­pers, filtres, wah wah, déci­ma­teur, distor­sion, compres­seur, limi­teur, chorus, flan­gers, phasers, auto­pan…

La variété et la qualité est au rendez-vous, indé­nia­ble­ment Korg sait faire un tas de bons effets. Par contre, l’ac­cès aux para­mètres d’édi­tion est on ne peut plus restreint et pas du tout sélec­tion­nable. Pour les IFX, c’est un para­mètre prédé­fini par Korg, via le poten­tio­mètre IFX Edit. Pour le MFX, on en a deux para­mètres, là encore prédé­fi­nis, modi­fiables via le Touch Pad (en X/Y). Seule conso­la­tion, la possi­bi­lité d’en­re­gis­trer au sein des motifs les varia­tions de ces para­mètres ou leur acti­va­tion/désac­ti­va­tion à chaque pas d’une piste/d’un motif, comme nous le verrons. Tiens mais au fait, où sont passées les lampes de la précé­dente série Elec­tribe X ? 

Pattern mania

L’Elec­tribe Sampler est struc­turé comme l’Elec­tribe 2. Elle fonc­tionne donc en perma­nence en mode Motif, ce qui permet au passage de signa­ler qu’il n’y a pas de mode Song ; déci­dé­ment, c’est une orien­ta­tion bien regret­table que prennent les construc­teurs ces derniers temps. D’au­tant que les motifs n’ont pas une durée infi­nie, puisqu’ils sont limi­tés à 64 pas (4 sections de 16 pas). C’est toute­fois plus géné­reux que la concur­rence à ce niveau de prix, qui souvent se limite à 32 pas, voire 16. La lecture des motifs se fait unique­ment à l’en­droit. On peut les enchaî­ner avec l’en­co­deur ou direc­te­ment avec les pads, puis jouer par-dessus et modi­fier les para­mètres de synthèse de chaque piste. Les pistes 13–14 et 15–16 peuvent être exclu­sives, pour créer des coupures type hi-hats ouverts/fermés ou caisse claire/bord de caisse. Une fonc­tion Gate Arpeg­gia­tor permet de déclen­cher/décou­per les motifs avec le Touch Pad, en agis­sant sur la vitesse de Gate et la longueur de porte, suivant une liste de 50 motifs présé­lec­tion­nés. Pour ajou­ter un peu de piment, rien de tel qu’un peu de Groove (25 modèles agis­sant sur le déca­lage tempo­rel et l’ac­cent), du Swing (plus ou moins 50 %) ou des longueurs diffé­rentes de pistes (1 à 64 pas). La signa­ture tempo­relle des motifs peut varier selon quatre valeurs de Beat : 16, 32, 16T, 8T. On retrouve ici la quan­ti­fi­ca­tion du Time Slice des samples.

Korg Electribe Sampler

Jeu/program­ma­tion/édition se font en temps réel ou pas à pas, sans inter­rompre le flux créa­tif, excellent ! Les notes entrées en temps réel sont obli­ga­toi­re­ment calées sur le pas le plus proche, la quan­ti­sa­tion stricte est de mise. On peut effa­cer une portion de piste à la volée, en main­te­nant la touche [Part Erase] et le pad de la piste à trai­ter au moment oppor­tun. Les pads étant dyna­miques, on peut enre­gis­trer des nuances précises (128 valeurs, avec courbe de vélo­cité para­mé­trable). L’Elec­tribe Sampler permet aussi d’en­re­gis­trer le mouve­ment de certaines commandes sur chaque piste : para­mètre d’os­cil­la­teur, pitch, fréquence de coupure du filtre, réso­nance, inten­sité de l’en­ve­loppe de filtre, vitesse de la modu­la­tion, profon­deur de modu­la­tion, niveau, pano­ra­mique, attaque, déclin/relâ­che­ment, valeur de l’IFX, acti­va­tion de l’IFX, acti­va­tion de l’en­voi vers le MFX, valeurs X/Y du MFX via le Touch Pad. Ces mouve­ments peuvent se faire de manière conti­nue ou discrète (sauts). On peut ainsi créer jusqu’à 24 pistes de Motion par motif. Enfin, un éditeur pas à pas permet d’al­ler dans le détail des réglages après coup : statut du pas (joué ou muet), numéro de note (C-1 à G9), durée (0 à 96 %, puis note liée avec la suivante) et vélo­cité (volume de 0 à 127). Pour chaque piste, on peut copier/effa­cer les notes, effa­cer les mouve­ments de commandes ; on peut même copier un son d’une piste vers une autre. 

À la carte

Korg Electribe Sampler

Le premier inté­rêt de connec­ter une carte SD à l’Elec­tribe Sampler est de sauve­gar­der des samples de la Flash Ram interne et d’ex­por­ter/impor­ter d’autres samples, comme nous l’avons vu. Cela permet aussi d’en­re­gis­trer, au sein de 100 mémoires, toutes les mani­pu­la­tions effec­tuées sur la machine : appui sur les pads, enchaî­ne­ments de motifs, chan­ge­ment de tempo et, d’une façon géné­rale, l’en­semble des mouve­ments des commandes en façade. Une manière de contour­ner l’ab­sence de mode Song, même si tout cela se fait en temps réel et en atten­dant que les enchaî­ne­ments de motifs se soient produits. Autre avan­tage à connec­ter une carte mémoire, l’ex­port des motifs au format WAV ou Able­ton Live Set ; dans ce dernier cas, on peut aussi impor­ter des Live Sets dans l’Elec­tribe Sampler, les amateurs du logi­ciel appré­cie­ront ; d’au­tant que la version Able­ton Live 9 Lite est télé­char­geable gratui­te­ment, le code d’ac­ti­va­tion étant fourni dans le carton de l’Elec­tribe Sampler. Cela aurait été sympa de pouvoir trans­fé­rer les données via USB…

Côté MIDI, tous les événe­ments MIDI, notes et CC, sont trans­mis et reçus sur leur piste (pad) respec­tive (tif). On ne peut en revanche pas modi­fier les canaux MIDI, chaque piste possède le sien, corres­pon­dant à son numéro. On peut donc utili­ser l’Elec­tribe Sampler pour séquen­cer des instru­ments MIDI ou plugs externes. Seule restric­tion, régler le type d’os­cil­la­teur sur Audio In pour ne pas entendre le géné­ra­teur interne, puisqu’il n’y a pas de mode Local Off par piste et qu’un volume à zéro enver­rait la même commande à l’ins­tru­ment relié en MIDI… 

Mot de la fin

Avec son nouvel embal­lage, ses nouvelles fonc­tion­na­li­tés, son nouveau moteur sonore et ses nouveaux effets, l’Elec­tribe 2 nous avait séduits il y a quelques mois… L’Elec­tribe Sampler (449 € tarif géné­ra­le­ment constaté) y ajoute tout natu­rel­le­ment le sampling, à partir d’une source externe ou interne. L’édi­tion des samples reste toute­fois basique, sans repré­sen­ta­tion graphique des ondes, avec du Time Slice effi­cace sur des rythmes déliés (mais unique­ment mono­pho­niques), mais pas de solu­tion pour les boucles progres­sives. Nous appré­cions toujours autant la patate sonore, l’au­to­ma­tion des para­mètres, le work­flow avec enchaî­ne­ment parfait des motifs et la qualité de construc­tion. Nous regret­tons la mémoire de sampling interne limi­tée (qui oriente la machine sur des samples de type coups uniques plutôt que de longues boucles évolu­tives), la dispa­ri­tion des filtres modé­li­sés, le peu de para­mètres d’ef­fets, la simple para­pho­nie, l’ab­sence de Songs et le manque de sorties sépa­rées… Incon­tes­ta­ble­ment, l’Elec­tribe Sampler est judi­cieu­se­ment posi­tion­née par rapport à l’Elec­tribe 2, au point de nous pous­ser à possé­der les deux, pour peu qu’on aime les musiques turbu­lentes, et qu’on ait envie de se faire plai­sir en live avec des samples bien à soi…

Télé­char­gez les extraits sonores (format FLAC)

  • Korg Electribe Sampler
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8/10
Points forts
  • Le sampling/resampling intégré
  • Le Time Slice sur les samples
  • La bibliothèque sonore fournie
  • La pêche et la qualité audio
  • Les effets d’insertion par piste
  • Le travail ininterrompu
  • L’automation sur les sons
  • La mémoire généreuse
  • L’export des motifs WAV & Ableton
  • Les pads dynamiques agréables à jouer
  • Les fonctionnalités MIDI/USB
  • La construction de très bonne qualité
  • Le rapport performance/prix
Points faibles
  • La mémoire de sampling interne limitée
  • L’absence de Time Stretch/Pitch Shift
  • Le Time Slice restreint aux samples mono
  • Pas d’édition graphique des samples
  • L’édition des sons et effets limitée
  • La disparition des filtres modélisés
  • La paraphonie plutôt que la polyphonique
  • Un seul patch de modulation
  • Pas de véritable mode Song
  • Pas de sorties audio séparées
  • L’USB limité au MIDI
Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.


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Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.

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