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Mutation réussie !
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Award Valeur sûre 2018
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Plus de cinq ans après sa mise sur le marché initiale, l’A4 fait peau neuve : nouvel emballage, nouvelles fonctionnalités, nouvelle électronique… serait-ce le module synthé analogique-séquenceur idéal ?

Test de l'Analog Four MKII d'Elektron : Mutation réussie !

L’Ana­log 4 est sorti fin 2012 avec pas mal de péchés de jeunesse. Le construc­teur suédois s’était empressé de corri­ger les aspects logi­ciels et avait sorti simul­ta­né­ment un modèle clavier, l’Analog Keys, qui comblait une partie des aspects maté­riels. On pensait tenir là l’abou­tis­se­ment du concept synthé analo­gique-séquen­ceur, mais une marge de progres­sion était encore possible, notam­ment sur le plan de l’er­go­no­mie, entra­vée par des fonc­tions nombreuses concen­trées sur une petite surface de commandes. Avec l’A4 MKII présenté au NAMM 2018, Elek­tron entend bien remettre les pendules à l’heure. Bien plus qu’un simple reloo­kage, l’élec­tro­nique a été revue en profon­deur. En paral­lèle, la firme a déve­loppé une nouvelle mouture de l’Over­bridge, suite logi­cielle audio­nu­mé­rique permet­tant d’in­té­grer parfai­te­ment la machine à une STAN via USB2. Voyons si les nombreuses requêtes des utili­sa­teurs ont été satis­fai­tes…

Newlook

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Les nouvelles produc­tions Elek­tron apportent une rupture dans le graphisme. Tout comme l’AR MKII, l’A4 MKII rompt avec le design mono­li­thique noir auquel la marque nous avait habi­tués. On passe à un module gris perle avec galbe laté­ral et panneau incliné. La coque est entiè­re­ment en alu parfai­te­ment usiné, avec ajus­te­ments impec­cables, cour­bures complexes et fini­tions de surface qui démontrent une grande maitrise indus­trielle. Par rapport à l’A4 MKI assez surchargé graphique­ment, cette version MKII paraît dépouillée et presque simplis­te… Côté mensu­ra­tions, on passe à 385 × 225 × 82 mm contre 340 × 176 × 63 pour l’AR MKI (poids iden­tique toute­fois de 2,4 kg). Ceci permet d’agran­dir la taille des commandes et leur espace. Il y a égale­ment plus de touches directes pour accé­der aux diffé­rentes fonc­tions ; la séri­gra­phie est consi­dé­ra­ble­ment allé­gée avec des LED désor­mais inté­grées aux boutons, ce qui apporte une meilleure clarté ; l’er­go­no­mie est donc supé­rieure à celle du premier modèle, mais il reste toute­fois des combi­nai­sons de touches à bosser, sinon ce ne serait pas une Elek­tron…

Les habi­tués de l’A4 ne seront pas dépay­sés et retrou­ve­ront une répar­ti­tion des commandes assez simi­laire : à gauche, un pavé pour la sélec­tion du mode de jeu et un autre pour appe­ler les banques de motifs ; au centre, on trouve un nouvel écran OLED mono­chrome, un enco­deur de niveau, une touche Tap Tempo dédiée, des touches de navi­ga­tion/édition et des commandes de trans­port. La visi­bi­lité de l’écran a nette­ment été amélio­rée : meilleur contraste, meilleure réso­lu­tion (128 × 64 points contre 122 × 32) et menus revi­si­tés. A droite, on retrouve les 10 enco­deurs contex­tuels pour l’édi­tion des para­mètres sonores : arpèges, notes, oscil­la­teurs, filtres, ampli, enve­loppes, LFO, CV, effets, entrées audio… On appré­cie qu’ils soient moins proches qu’avant ! Ils surplombent 13 touches formant un mini clavier d’une octave que l’on peut trans­po­ser sur plus ou moins trois octaves à l’aide de deux touches dédiées. Cela permet d’en­trer les notes plus faci­le­ment dans le séquen­ceur. Sur la partie droite, une rangée verti­cale de 6 touches rétroé­clai­rées permet de sélec­tion­ner/acti­ver/muter 4 pistes de notes, 1 piste d’ef­fets et 1 piste CV. La partie infé­rieure, enfin, est occu­pée par une rangée de 16 boutons pous­soirs rétroé­clai­rés (acti­va­tion des pas, sélec­tion des Patterns, coupure des pistes) et d’une touche Page (accès aux 64 pas d’un Pattern). Les boutons pous­soirs sont désor­mais rectan­gu­laires et offrent une réponse parfaite, avec débat­te­ment confor­table et ressort de rappel franc. Les enco­deurs pous­soirs semblent toute­fois moins réus­sis, avec un clic nette­ment moins franc que leurs prédé­ces­seurs.

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La concep­tion du module permet une incli­nai­son natu­relle très agréable et le panneau arrière rehaussé intègre une connec­tique large­ment amélio­rée par rapport au modèle MKI : sortie casque, sorties audio prin­ci­pales stéréo symé­triques, 4 sorties indi­vi­duelles stéréo pour les voix, entrées audio externes stéréo (pour router un signal externe vers les filtres et/ou les effets), 4 sorties CV/Gate, un trio Midi (avec fonc­tions synchro), 2 entrées Expres­sion/CV (nouveauté), une prise USB2 (une vraie !), une borne pour alimen­ta­tion hélas externe (12VDC/2A) et un inter­rup­teur secteur. Toute la connec­tique audio/CV/Gate est au format jack 6,35. Les sorties CV/Gate permettent de pilo­ter des synthés analo­giques à partir du séquen­ceur (en V/octave ou Hz/Volt, nous en repar­le­rons). Les entrées EXP/CV permettent quant à elles de modu­ler cinq para­mètres simul­ta­nés sur n’im­porte quelle piste à l’aide de contrô­leurs externes (pédale d’ex­pres­sion ou CV) ; on peut en régler les valeurs mini­mum/maxi­mum, la pola­rité, avec mode d’ap­pren­tis­sage pour les pédales d’ex­pres­sion. L’USB2 permet l’in­ter­façage Midi (dumps, mise à jour d’OS) et audio multi­piste (cf. para­graphe Over­bridge).

En route !

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Tout comme l’A4 MKI et l’AK, l’A4 MKII est un synthé–­sé­quen­ceur poly­pho­nique et multi­tim­bral 4 voix. Les Patterns possèdent six pistes : quatre pistes synthés (mono ou poly­pho­niques), une piste d’ef­fets variables (3 effets simul­ta­nés dispo­nibles) et une piste CV/Gate/Trig­ger (4 sorties assi­gnables pour pilo­ter des synthés analo­giques purs). Le synthé interne est poly­pho­nique et multi­tim­bral 4 voix, avec allo­ca­tion dyna­mique. Chaque voix offre un moteur analo­gique (oscil­la­teurs + filtres + ampli stéréo) sous contrôle numé­rique (accor­dage, modu­la­tions). Les voix de synthèse sont indé­pen­dantes des pistes (les pistes piochent dans les voix dispo­nibles et coupent les plus anciennes en cas de néces­sité). L’A4 MKII permet toute­fois de spéci­fier une réserve de poly­pho­nie par piste et la manière dont les voix sont réser­vées (rota­tion, ré-assi­gne­ment). Cela en fait un synthé analo­gique multi­tim­bral très évolué.

En plus des sons stockés dans les kits des Patterns, l’A4 MKII offre 512 sons d’usine dans sa méga banque de 4 096 programmes. A la première écoute, on remarque un son analo­gique précis, chirur­gi­cal, mais pas froid. L’A4 MKII a aussi la capa­cité de produire des sons bien trash (inter­ac­tion des DCO, feed­back dans le VCF). Comparé à la MKI, pour peu qu’on s’en souvienne, le son semble plus clair, avec un Over­drive plus marqué ; mais arrê­tons-là les compa­rai­sons, puisqu’il ne s’agit que de souve­nirs, la toile étant pleine d’exemples de démons­tra­teurs s’éver­tuant à mettre en évidence des diffé­rences pas vrai­ment évidentes, prou­vant parfai­te­ment tout et son contrai­re…

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On appré­cie le filtre passe-bas acidulé à souhait, sans effon­dre­ment des graves, ainsi que la belle poly­va­lence des filtres en série, permet­tant un large éven­tail de pads et textures. La réso­nance peut être pous­sée très loin au-delà de l’auto-oscil­la­tion. L’A4 MKII répond parfai­te­ment dans les basses, qui descendent vrai­ment très bas avec le Sub, le 7060B du studio s’en est donné à woofer-joie. Les percus­sions analo­giques tapent très dur et offrent une très belle variété de timbres ; en conjonc­tion avec les Sound Locks, on peut créer une base ryth­mique convain­cante sur un nombre réduit de pistes, comme le démontrent certains exemples sonores. On appré­cie égale­ment les effets spéciaux et les longues réverbes pilo­tées en temps réel sans bron­cher.

L’A4 MKII est une machine de perfor­mance live, il ne faut pas se priver d’en abuser : acti­ver une piste, faire varier un son, trans­po­ser à la volée (avec la touche idoine et le mini-clavier), modi­fier un effet, lancer un Fill, enchaî­ner les Patterns… On pense parfois qu’il y a plus que 4 pistes de synthèse, telle­ment les motifs peuvent chan­ger radi­ca­le­ment à chaque pas. La limite de poly­pho­nie nous rattrape toute­fois sur les nappes longues ; là, on sent que 4 voix, c’est parfois un peu juste. D’ailleurs la banque d’usine ne fait pas vrai­ment honneur aux sons poly­pho­niques : peu de grands clas­siques types strings, cuivres et autres poly­synths, hormis des nappes dans tous leurs états. On pourra se rabattre sur la quin­zaine de banques télé­char­geables sur le site du construc­teur, pour la plupart gratuites. Merci !

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Pistes synthé­tiques Part 1

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Les 4 premières pistes du séquen­ceur sont assi­gnées à un son de synthèse interne, mais sont hélas toujours inca­pables de bascu­ler en pistes Midi pour comman­der un module externe. Chaque piste peut donc utili­ser de 1 à 4 voix en mono­die, poly­pho­nie ou à l’unis­son (avec désac­cor­dage et élar­gis­se­ment stéréo). Chacune voix comprend 2 DCO, 2 Sub DCO, un géné­ra­teur de bruit numé­rique, 2 VCF, 1 distor­sion analo­gique et 1 VCA stéréo. Un para­mètre Drift permet de simu­ler le compor­te­ment de VCO, en désac­cor­dant les DCO de manière aléa­toire. Chaque DCO peut être accordé sur plus ou moins 64 demi-tons (avec réglage fin) et décon­necté du suivi de clavier. On règle ensuite le niveau d’en­trée dans le filtre ; en mettant la sauce, on crée de la satu­ra­tion et on agit sur la réso­nance. On ne peut choi­sir qu’une forme d’onde par DCO, mais son contenu harmo­nique est conti­nû­ment variable, que ce soit pour la dent de scie, l’im­pul­sion tran­sis­tor (TB Roland), l’im­pul­sion clas­sique ou le triangle. Ce contenu peut être modulé par un LFO indé­pen­dant à inten­sité et vitesse program­mables. L’une des entrées audio peut se substi­tuer à l’onde interne. On peut aussi créer une boucle de feed­back entre la sortie du premier VCF et l’en­trée du DCO1, ou encore rempla­cer l’onde du DCO2 par la sortie du second VCF de la piste précé­dente (valable pour les pistes 2, 3 et 4) ; très origi­nal !

Chaque DCO possède aussi son propre Sub DCO (carré à –1 ou –2 octaves, impul­sion 25% à –2 octaves ou impul­sion 33% à –7 demi-tons). On peut aussi régler la couleur du géné­ra­teur de bruit numé­rique et son fondu (en entrée ou en sortie, idéal pour créer des percus­sions sans consom­mer d’en­ve­loppe). On peut faire inter­agir les DCO avec une belle batte­rie de fonc­tions : modu­la­tion d’am­pli­tude du DCO1 par le DCO2 et du DCO2 par le DCO1 (double Ring Mod comme sur le Synthex), synchro du DCO1 par le DCO2 ou du DCO2 par le DCO1 ou croi­sée (comme le mode Metal du JX-3P) ; mieux, un para­mètre continu permet de passer progres­si­ve­ment d’une Soft-Sync à une Hard-Sync. Un Auto­bend program­mable en inten­sité (bipo­laire) et en temps est prévu pour géné­rer des glis­se­ments de notes. Dommage qu’on ne puisse le débrayer de l’un des deux DCO. On peut ensuite forcer la phase des DCO à redé­mar­rer à chaque note, idéal pour renfor­cer les sons percus­sifs. Enfin, un vibrato peut agir sur le pitch global, avec vitesse et inten­sité program­mables. Du très bon !

Pistes synthé­tiques Part 2

Les géné­ra­teurs audio (ou les signaux externes) attaquent ensuite un premier VCF passe-bas réso­nant 4 pôles en échelle de tran­sis­tors (type Moog). La réso­nance est plus forte sur les fréquences élevées et se met à siffler beau­coup à partir de l’auto oscil­la­tion. Une fonc­tion permet encore d’ac­cen­tuer davan­tage la réso­nance. On peut aussi doser un Over­drive analo­gique, de manière bipo­laire : en néga­tif, on génère un écrê­tage doux, en posi­tif, on génère une distor­sion marquée. La fréquence de coupure peut suivre le clavier et être modu­lée par une enve­loppe ADSR dédiée (modu­la­tions bipo­laires).

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Le second VCF, placé en série, est un de type multi­mode 2 pôles à OTA, avec une réso­nance rela­ti­ve­ment constante quelle que soit la fréquence. Il offre 7 modes : passe-bas 2 pôles, passe-bas 1 pôle, passe-bande, passe-haut 1 pôle, passe-haut 2 pôles, réjec­tion de bande et Peak. Là encore, la fréquence de coupure peut être modu­lée par le suivi de clavier et l’en­ve­loppe de filtre (modu­la­tions bipo­laires). Ensuite, le VCA stéréo permet de régler le volume final, le pano­ra­mique, les départs vers les trois effets et l’en­ve­loppe ADSR de volume.

Côté modu­la­tions, on trouve 3 enve­loppes ADSR (VCA, VCF et libre) ; les deux dernières peuvent modu­ler deux desti­na­tions (modu­la­tions bipo­laires), à choi­sir parmi 50 para­mètres : quasi­ment tous les para­mètres des DCO, leurs inter­mo­du­la­tions, leur vibrato, les VCF (coupures et réso­nances), l’ADSR sur le VCA, le volume, le pano­ra­mique, les départs effets et l’ac­cent. Les enve­loppes possèdent des segments à forme variable (loga­rith­mique, linéaire, expo­nen­tiel), ce qui les rend très souples ; elles savent claquer quand il le faut, si on en croit les percus­sions bien pêchues que l’on peut obte­nir. On passe aux deux LFO et à leurs para­mètres : vitesse (synchro à l’hor­loge globale/Midi et facteur multi­pli­ca­teur), fondu en entrée ou sortie, phase, mode de déclen­che­ment (libre, redé­clen­ché, demi-cycle unique, cycle unique) et forme d’onde (triangle, sinus, carré, dent de scie, courbe expo­nen­tielle, rampe, aléa­toire). Les LFO sont capables d’os­cil­ler jusqu’aux niveaux audio (jusqu’à 2 000 fois la fréquence de base !) ; ils peuvent modu­ler chacun deux desti­na­tions, à choi­sir parmi plusieurs dizaines de para­mètres (les mêmes que précé­dem­ment plus les enve­loppes et les LFO). Pour sauve­gar­der ses sons, l’A4 MKII dispose de 128 mémoires dans le projet en cours, que l’on peut ensuite rappe­ler dans chaque piste. 

Piste d’ef­fets

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Tout comme ces prédé­ces­seurs, l’A4 MKII possède une triple section effets numé­riques. Ils sont placés en paral­lèle du signal analo­gique, sur le prin­cipe des auxi­liaires d’une table de mixage (départs/retours pour chaque piste). Le premier effet est un chorus, avec pré-délai, vitesse, profon­deur, largeur stéréo, feed­back (assez diffi­cile à maîtri­ser), filtrage passe-bas et passe-haut, niveau final et départs vers le délai et la réverbe. Il ne nous a pas plus embal­lés que la première fois. Le deuxième effet est un délai avec satu­ra­tion ; on peut le synchro­ni­ser au tempo. Il fonc­tionne en stéréo ou ping-pong, avec largeur ajus­table. On trouve aussi des para­mètres de feed­back, filtrages passe-bas et passe-haut et Over­drive (atten­tion les oreilles !). On peut dosser le niveau final tout comme le départ vers la réverbe. Celle-ci consti­tue le troi­sième effet embarqué. Il s’agit d’une simu­la­tion de pièce d’ex­cel­lente qualité, sans bouclage désa­gréable ou agres­si­vité métal­lique. On peut en régler le pré-délai, le temps, la fréquence (EQ), le gain (EQ), le filtrage passe-bas, le filtrage passe-haut et le niveau global. Une réverbe simple, mais très réus­sie !

Outre les pistes synthé, on peut aussi trai­ter chacune des entrées audio, avec départs gauche et droit sépa­rés vers chaque effet. La piste FX possède deux LFO dédiés, dotés des mêmes para­mètres que les LFO des pistes synthé, chacun capable de modu­ler deux desti­na­tions. On y trouve une tren­taine de para­mètres assi­gnables : départs effets, volume et pano­ra­mique de chaque entrée audio, ainsi que tous les para­mètres d’ef­fets, superbe ! Les réglages d’ef­fets et toutes les modi­fi­ca­tions en temps réel les concer­nant sont mémo­ri­sés au sein de la piste FX, dans chaque Pattern, ce qui permet des évolu­tions complé­men­taires aux varia­tions des pistes synthés, en parfaite synchro­ni­sa­tion et sans arte­fact numé­rique. Cette section, de solide facture, n’a toute­fois pas évolué depuis l’A4 MKI et l’AK…

Piste CV

La dernière piste de l’A4 MKII est dédiée aux messages CV/Gate/Trig­ger. De sorte que le séquen­ceur peut pilo­ter des modules externes pure­ment analo­giques, en synchro avec tout le reste. On utilise pour cela les 4 prises jack ABCD situées à l’ar­rière de la machine. Le para­mé­trage de chaque sortie est défini au niveau global : Pitch Volt/Octave (note C centrale, suivi), Pitch Hz/Volt (accor­dage, profon­deur d’oc­tave), CV linéaire (avec valeurs min/max entre –10 et +10V), Trig­ger (durée, pola­rité, niveau entre 0 et 10V), Gate (pola­rité, niveau entre 0 et 10V). Les autres réglages sont mémo­ri­sés dans la piste CV : accor­dage par demi-ton et fin (modes CV sur Pitch), niveau de tension du CV (mode linéaire) et piste de base pour envoyer les valeurs de CV (l’une des 6 pistes peut être utili­sée). Pour modu­ler le tout (en plus des modu­la­tions de pistes), on dispose de deux enve­loppes ADSR et deux LFO, semblables à celles et ceux des autres pistes. Ce qui change, ce sont les deux desti­na­tions de chacune de ces modu­la­tions, pour chacun des ports ABCD : accord gros­sier, accord fin, niveau, valeur et piste source. Pour les LFO, on y ajoute les para­mètres d’en­ve­loppes (ADSR, temps de Gate, profon­deurs de modu­la­tion). C’est toujours agréable de pouvoir béné­fi­cier de ce genre de piste CV sur un séquen­ceur numé­rique, mais c’est d’au­tant plus rageant de ne toujours pas y trou­ver de pistes Midi.

Patterns/Chains/Songs

La mémoire de l’A4 MKII est consé­quente, avec 128 projets consti­tués chacun de 128 Sounds, 128 Kits, 128 Patterns, 64 Chains, 16 Songs, 4 confi­gu­ra­tions globales et 4 096 Sounds sépa­rés, char­geables selon le besoin. On peut trans­fé­rer ces données par dump Midi/USB. Un Pattern pointe vers un kit qui contient les réglages initiaux des 6 pistes du séquen­ceur (4 pistes synthés, 1 piste de 3 effets et 1 piste de 4 CV). Un Pattern peut conte­nir entre 1 et 64 pas (4 sections de 16 pas, acces­sibles rappe­lons-le via la touche Page). L’A4 MKII est parfai­te­ment à l’aise en poly­ryth­mie, puis chaque piste peut avoir sa propre longueur. En lecture, on peut lancer un Pattern (lecture à l’en­droit unique­ment), muter/isoler une piste, modi­fier des para­mètres (synthèse, effets, CV), reve­nir aux valeurs initiales instan­ta­né­ment (sons/FX, pistes, Patterns). Les Patterns peuvent être enchaî­nés de diffé­rentes manières : à la fin du précé­dent, immé­dia­te­ment depuis la posi­tion actuelle, immé­dia­te­ment depuis le début ou en saut tempo­raire (passage direct au nouveau Pattern puis retour au Pattern précé­dent à la fin de la mesure), bien vu !

Le mode Perfor­mance permet de créer des macro-commandes pour pilo­ter cinq para­mètres de synthèse ou d’ef­fets en même temps ; on peut ainsi faire bais­ser le volume d’une piste pendant que le filtre s’ouvre sur une autre et que le pano­ra­mique change sur une troi­sième. Un mode Quick Perfor­mance permet d’ac­cé­der aux macros et modi­fier leur action sans passer par l’édi­teur. Dix macros de la sorte peuvent être mémo­ri­sées et leur utili­sa­tion assi­gnée aux enco­deurs. On peut aussi ajou­ter un peu de Swing (50 à 80%), accen­tuer certains pas, lier certaines notes ou des para­mètres enre­gis­trés (pour les lisser). Chaque piste dispose égale­ment d’un arpé­gia­teur avec sens de lecture variable (ordre joué, haut, bas, alterné, déca­lage d’oc­tave aléa­toire, aléa­toire total, poly­pho­nique), vitesse multiple de l’hor­loge globale/Midi, plage de 1 à 8 octaves, mode legato, durée de note et déca­lage de 3 notes addi­tion­nelles. L’ar­pé­gia­teur travaille sur 16 pas débrayables et peut être utilisé en lecture comme en enre­gis­tre­ment de Patterns.

En enre­gis­tre­ment, on trouve les modes pas à pas et temps réel (avec quan­ti­fi­ca­tion), la réso­lu­tion allant jusqu’à 1/384 de double croche. Les notes sont entrées avec le mini clavier inté­gré ou un clavier externe. Là où l’A4 MKII met le turbo, c’est dans ses célèbres fonc­tions Locks. La première, Sound Locks, permet de placer un son diffé­rent à chaque pas des 4 pistes synthé ; la deuxième, Para­me­ter Locks, permet de modi­fier, à chaque (et pour chaque piste), n’im­porte quel para­mètre program­mables (128 maxi­mum par Pattern) ; ceci se programme et s’édite en temps réel ou en pas à pas, avec les 10 enco­deurs et les sélec­teurs de pages de para­mètres situés en dessous ; la troi­sième fonc­tion enfin, Trig Condi­tion, permet de lier le déclen­che­ment de notes à la réali­sa­tion ou non-réali­sa­tion de fonc­tions logiques : suivant qu’on a activé la touche Fill (cycle de Fill-in comme sur une BAR), suivant qu’une note a déjà été jouée sur la piste en cours ou la piste voisine, note à jouer unique­ment sur le premier cycle du Pattern ou suivant un nombre d’ité­ra­tions (genre, jouer le pas n°12 une fois toutes les quatre boucles), avec une proba­bi­lité  à défi­nir (1 à 100%)… Pas facile à comprendre, encore moins à décrire, mais très puis­sant à l’usage !

Pour termi­ner ce chapitre bien copieux, parlons d’un autre gros point fort des A4/AR : la possi­bi­lité d’en­chaî­ner les Patterns avec diffé­rents niveaux de complexité. Très simples, les Chains permettent de juxta­po­ser des Patterns (2 à 256, 256 étant le nombre à parta­ger entre toutes les Chains). Plus complexes, les Songs regroupent des Patterns et des Chains ; on défi­nit, pour chaque pas, le nombre de répé­ti­tions du Pattern ou de la Chain (1 à 99), puis on spéci­fie le statut de chacune des 6 pistes (acti­vée/coupée). On peut ainsi créer rapi­de­ment des Songs évolu­tives complexes à partir de quelques motifs. Une fonc­tion Reload permet de rechar­ger chaque Kit / Sound / Track / Pattern / Song / Project tel qu’il était avant modi­fi­ca­tion. La concur­rence pour­rait tirer des leçons de ces modes puis­sants !

 

Conclu­sion

Nous avons simul­ta­né­ment mené les tests de l’A4 MKII et de l’AR MKII. Autant les amélio­ra­tions sur cette dernière ne nous ont pas bous­cu­lés car on partait déjà de haut, autant les progrès faits sur l’A4 sont remarquables : l’er­go­no­mie a fait un bond en avant, la person­na­lité sonore s’est affir­mée, de nouvelles fonc­tions sont appa­rues et la connec­tique s’est bien déve­lop­pée. Bref, un bon paquet de reproches faits à l’A4 MKI n’ont plus lieu d’être. Si on perd le côté compact, les quali­tés initia­le­ment appré­ciées sur l’A4 MKI sont toujours là : qualité de construc­tion irré­pro­chable, géné­ra­tion sonore analo­gique sous contrôle numé­rique, poly­pho­nie, multi­tim­bra­lité, puis­sance de la synthèse, qualité de la réverbe, géniales modu­la­tions des séquences, fonc­tions USB Midi/audio (quand l’Over­bridge sera dispo­nible). Bien sûr l’er­go­no­mie reste propre à la marque et néces­site un petit temps d’adap­ta­tion, notam­ment pour mémo­ri­ser les nombreux raccour­cis de touches, mais la puis­sance est remarquable pour qui a bien inté­gré les astuces. Par ailleurs, on aurait aimé un peu plus de poly­pho­nie, mais l’A4 n’est ni une A6 ni une A8… Ceci posé, l’A4 MKII est la meilleure offre actuelle de module synthé analo­gique multi­tim­bral-séquen­ceur, qui mérite à ce titre l’Award Valeur Sûre 2018.

Télé­char­gez les extraits sonores (format FLAC)

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9/10
Award Valeur sûre 2018
Points forts
  • Personnalité sonore
  • Ergonomie améliorée
  • Mémoire imposante
  • Oscillateurs à ondes variables
  • Interactions des oscillateurs poussées
  • Deux filtres analogiques résonants
  • VCA analogique stéréo
  • Belles possibilités de modulation
  • Enveloppes rapides
  • Automation des séquences
  • Polyrythmie dans les motifs
  • Qualité des effets
  • Mode Multi Map original
  • Connectique complète
  • Entrées audio vers les filtres/effets
  • Fonctions audio/Midi avancées via USB2
  • Qualité de construction irréprochable
Points faibles
  • Pas mal de raccourcis à mémoriser
  • Pas de pistes Midi dans le séquenceur
  • Alimentation externe
  • Overbridge qui tarde…
Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.


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J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.

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