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Les bases de la sonorisation, partie 2

Faire ses premiers concerts : la sono (II)

Dans la première partie, nous avons abordé les micros, la préamplification et certains effets. Nous allons aujourd'hui parler de la console, des liaisons et des enceintes. Je rappelle qu'il s'agit d'un survol des bases : la sonorisation est un métier à part entière et on ne saurait que l'effleurer dans de tels dossiers. Cependant, leur lecture devrait vous éviter de grosses erreurs.

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Dans la première partie, nous avons abordé les micros, la préam­pli­fi­ca­tion et certains effets. Nous allons aujour­d’hui parler de la console, des liai­sons et des enceintes. Je rappelle qu’il s’agit d’un survol des bases : la sono­ri­sa­tion est un métier à part entière et on ne saurait que l’ef­fleu­rer dans de tels dossiers. Cepen­dant, leur lecture devrait vous éviter de grosses erreurs.

 

Console ou table de mixage

C’est le coeur de la sono­ri­sa­tion. On y fait abou­tir toutes les sources et on y connecte les effets et trai­te­ments. Le rôle essen­tiel de la console est de mixer les diffé­rentes sources pour sortir un signal stéréo vers l’am­pli­fi­ca­tion. L’uti­li­sa­tion de la console fera l’objet d’un dossier complet. Disons en résumé qu’une console est orga­ni­sée par « tranche » avec le prin­cipe une tranche = une source. On trouve deux types de tranches :

ConsoleUne console

Les tranches micro qui comportent une entrée XLR avec réglage de gain (c’est la préam­pli­fi­ca­tion), un égali­seur, des envois d’auxi­liaire, un pano­ra­mique (pour régler la répar­ti­tion gauche/droite du son), un fader de volume et des boutons « mute » (pour couper le son de la tranche) et « solo » (pour entendre unique­ment le son de la tranche). Ces tranches sont mono. Les tranches « ligne » qui sont géné­ra­le­ment stéréo. Elles ne comportent pas de préam­pli­fi­ca­tion puisqu’elles sont desti­nées à des signaux n’en néces­si­tant pas comme des lecteurs de CD/MP3 ou encore des instru­ments élec­tro­niques récents.

Pour bran­cher un micro, il suffit de le relier par un câble XLR à une entrée de la console. Si c’est un micro statique, il faut enclen­cher le bouton « Alimen­ta­tion fantôme » (ou +48 V). Sur la plupart des petites consoles, il n’y a pas un bouton séparé par tranche, mais un bouton géné­ral. Ainsi, toutes les tranches seront alimen­tées en 48 V. Cela ne pose pas de problème, mais il faut éviter de bran­cher ou débran­cher des câbles XLR et micros lorsque l’ali­men­ta­tion fantôme est acti­vée : au moindre court circuit (un faux contact dans un câble), on risque d’en­dom­ma­ger micro et/ou console. Désac­ti­vez donc l’ali­men­ta­tion 48 V quand vous devez effec­tuer des bran­che­ments ou débran­che­ments.

Tous les instru­ments élec­triques ou acous­tiques élec­tri­fiés doivent être bran­chés dans une DI qui sera reliée à une entrée par un câble XLR. Les DI peuvent être actives ou passives. Les actives peuvent être alimen­tées par piles de 9 V ou par l’ali­men­ta­tion fantôme de la console.

Dans ces sources néces­si­tant une DI, citons notam­ment : les guitares et basses élec­triques (y compris avec ligne d’ef­fets), les guitares élec­tro-acous­tiques, les cellules instal­lées sur les violons, contre­basses et autres cordes, les instru­ments élec­tro­niques anciens. Par contre, les multief­fets et simu­la­teurs d’am­plis (type POD) pour guitare et basse peuvent être bran­chés direc­te­ment sur des entrées ligne stéréo à condi­tion de ne pas avoir de grandes longueurs de câbles (en gros, pas plus de 6 ou 9 m).

 

Ampli­fi­ca­teurs et enceintes

AmpliDes ampli­fi­ca­teurs

Les ampli­ca­teurs : ce sont eux qui vont trans­for­mer les signaux de faible niveau sortant de la console en signaux dont la puis­sance va permettre de faire bouger les haut-parleurs des enceintes, créant ainsi du son. Ils se placent donc dans la chaîne sonore juste avant les enceintes.

Les enceintes : ce sont des éléments, le plus souvent de forme cubique, qui comportent des haut-parleurs. Ceux-ci reçoivent le signal des ampli­fi­ca­teurs, ce qui fait bouger leur membrane d’avant en arrière pour produire le son. Les enceintes peuvent être actives ou passives. Une enceinte passive néces­site un ampli­fi­ca­teur tandis qu’une enceinte active comporte un ou des ampli­fi­ca­teurs inté­grés, ce qui permet de la bran­cher direc­te­ment en sortie de console. Les enceintes sont dites à x voies en fonc­tion du nombre de haut-parleurs qu’elles comportent. Une enceinte deux voies comporte géné­ra­le­ment un « boomer » (ou haut-parleur de grave) et un « twee­ter » destiné à resti­tuer les aigus. Sur une « trois voies », on a un boomer pour les graves, un haut-parleur dédié aux médiums et un twee­ter pour les aigus. La répar­ti­tion des diffé­rentes bandes de fréquences aux diffé­rents haut-parleurs se fait par des filtres inté­grés dans l’en­ceinte. Dans le cas de systèmes plus complexes avec diffé­rents types d’en­ceintes sépa­rées (comme des cais­sons de basses), on pourra utili­ser des filtres en rack, indé­pen­dants des enceintes. Vous ne devriez pas rencon­trer ce cas en petite sono­ri­sa­tion.

EnceinteUne enceinte full range

Dans les diffé­rents genres d’en­ceintes, on trouve :

  • des enceintes « full range » qui sont faites pour diffu­ser la tota­lité du spectre, des graves aux aigus
  • des cais­sons de basses ou cais­sons de graves ou subwoo­fers qui sont dédiés, comme leur nom l’in­dique, à la diffu­sion des basses fréquences
  • des satel­lites : ce sont des enceintes, géné­ra­le­ment passives et de petite taille, faites pour être utili­sées en conjonc­tion avec un ou plusieurs cais­sons de basse. Elles sont conçues pour diffu­ser essen­tiel­le­ment médiums et aigus. Notez qu’on peut très bien utili­ser une enceinte « full range » comme satel­lite avec des cais­sons de basse (voir plus bas).
  • Les wedges ou « bains de pieds » : ce sont des enceintes dont la forme permet de les poser hori­zon­ta­le­ment au sol. Elles sont desti­nées aux retours des musi­ciens, c’est-à-dire à un mix person­nel, diffé­rent de celui diffusé au public, qui leur permet de bien assu­rer leur inter­pré­ta­tion en enten­dant bien ce qu’ils jouent et les instru­ments essen­tiels pour suivre tout le monde (comme les parties ryth­miques). Les wedges sont des enceintes full range. Beau­coup d’en­ceintes ont une forme qui leur permet d’être utili­sées au choix en façade (diffu­sion pour le public) ou en retour. C’est souvent le cas pour les enceintes moulées en plas­tique.

 

 

SatelliteUn satel­lite et son cais­son

Les enceintes full-range peuvent être utili­sées dans toutes les situa­tions : comme retours (si leur forme le permet) ou pour assu­rer la diffu­sion façade, avec ou sans cais­sons de basses. Dans ce cas, on ne passera pas un filtre qui sépa­rera le signal pour envoyer les fréquences graves au(x) cais­son(s) et le reste aux enceintes. Notez que dans les kits cais­sons + satel­lites, les filtres et souvent les amplis sont inté­grés dans le cais­son sur lequel on branche direc­te­ment les satel­lites. La fréquence de sépa­ra­tion entre les diffé­rentes bandes de fréquences envoyées aux diffé­rentes enceintes est appe­lée fréquence de coupure ou cross-over.

Résumé de la chaîne audio

Les sources sonores sont captées par les micros. Ils sont envoyés par des câbles à la préam­pli­fi­ca­tion. Ensuite, on applique des trai­te­ments (égali­sa­tion, compres­sion, ajout d’ef­fets comme des réverbes). Les volumes des diffé­rentes sources sont équi­li­brés et mélan­gés. Le résul­tat, qu’on appelle le mix, est envoyé à l’am­pli­fi­ca­tion en passant éven­tuel­le­ment dans des trai­te­ments géné­raux (égali­seur graphique, compres­seur ou limi­teur, enhan­cer). L’am­pli­fi­ca­tion alimente les enceintes qui diffusent le son.

Pour lier tout ceci, il faut des câbles. En analo­gique, vous rencon­tre­rez prin­ci­pa­le­ment deux types de liai­sons et cinq types de prises. Il faut en effet distin­guer la nature de la liai­son et la prise qui est utili­sée : les deux sont rela­ti­ve­ment indé­pen­dants.

 

Un retourUn retour

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Liai­sons symé­triques et asymé­triques

Impor­tant : atten­tion aux prises !

La forme ou le type d’une prise n’in­dique pas qu’un bran­che­ment soit valable. Il ne vous vien­drait pas à l’es­prit de bran­cher la sortie d’un ampli de puis­sance sur l’en­trée micro d’une console même si les deux étaient au format XLR ! Ne croyez donc pas que, parce que votre guitare sort en « jack » et qu’il y a des prises jack sur la console, vous pouvez bran­cher votre guitare direc­te­ment dedans. Les prises jack de la console acceptent des signaux de niveau ligne et ce n’est pas ce que donne votre guitare. Si vous bran­chez votre guitare ou basse sur la console sans passer par une DI, ça sonnera très mal.

On trouve ces deux types de liai­sons. Une liai­son asymé­trique utilise deux câbles et deux connec­teurs. Un bon exemple est le jack instru­ment utilisé pour relier une guitare à un ampli. On appelle souvent abusi­ve­ment ces câbles « mono » car ils ne peuvent faire passer qu’un signal mono­pho­nique. Mais le terme est inadé­quat. La notion de mono ou stéréo n’a rien à voir avec le type de liai­son, comme nous allons le voir.

La liai­son symé­trique utilise trois câbles et trois connec­teurs. Ceci permet d’an­nu­ler les inter­fé­rences que le câble pour­rait capter (comme une antenne) et permet donc des connexions de grande longueur. La liai­son symé­trique néces­site trois câbles comme pour la stéréo, ce qui amène à une confu­sion. Pour­tant, un câble micro (XLR à trois broches) véhi­cule bel et bien un signal mono.

C’est la néces­sité d’une liai­son symé­trique qui amène à utili­ser des DI et des câbles XLR à la place de longs jacks lorsqu’on veut connec­ter un appa­reil avec une sortie de niveau ligne (comme un instru­ment élec­tro­nique récent) à la console. Bien sûr, on peut toujours utili­ser un simple jack, mais au-delà d’une certaine longueur, les para­sites récu­pé­rés nuisent consi­dé­ra­ble­ment à la qualité sonore.

Jack TSJack TS

Les prises

Jack TS : cette prise, appe­lée abusi­ve­ment jack mono, sert essen­tiel­le­ment à relier la sortie des instru­ments aux préam­plis ou aux DI.

Jack TRS : on l’ap­pelle abusi­ve­ment jack stéréo. Elle permet de véhi­cu­ler soit deux canaux d’un signal stéréo (dans ce cas, on a une liai­son asymé­trique), soit un signal mono (dans ce cas, il s’agit d’une liai­son symé­trique à condi­tion que la sortie et l’en­trée des appa­reils reliés soient symé­triques).

XLR ou « Canon » : le terme de canon est désor­mais moins employé. Il s’agit d’un nom de marque comme « Frigi­daire » pour réfri­gé­ra­teur. Asso­ciée à un câble à trois brins, cette prise sert pour le bran­che­ment des micros et les liai­sons de niveau ligne en symé­trique. Elle sert aussi parfois pour le bran­che­ment entre la console et les amplis et a long­temps servi entre les amplis et les enceintes, mais cette solu­tion est désor­mais inter­dite. Il faut utili­ser des prises Spea­kon ou des borniers. La XLR est aussi utili­sée en liai­son numé­rique (AES-EBU) et en éclai­rage, mais les spéci­fi­ca­tions des câbles ne sont pas forcé­ment les mêmes.

Jack TRSJack TRS


Spea­kon
 : cette prise est dédiée au bran­che­ment entre amplis et enceintes. Elle a l’avan­tage d’of­frir un très bon verrouillage (à tel point que sur les modèles de mauvaise qualité, elle peut être diffi­cile à débran­cher).

RCA : ce type de prise, plutôt dédié à la Hi-Fi domes­tique, devrait se raré­fier en sono. Notam­ment parce que la concep­tion et la forme des prises les rendent peu solides pour de nombreux bran­che­ments/débran­che­ments. On trouve tout de même beau­coup de petites consoles qui comportent de telles entrées pour la connexion de lecteurs de CD ou MP3. Elles sont égale­ment très présentes dans le domaine du DJing où elles sont héri­tées des platines disques. Une prise RCA implique une liai­son asymé­trique. Vous en trou­ve­rez aussi sur certains instru­ments élec­tro­niques ciblant plutôt les DJs comme des sampleurs de phrase. Si vous utili­sez un tel instru­ment sur scène, je vous conseille de vous équi­per de câbles mixtes RCA d’un côté et jack de l’autre. Vous allez consi­dé­ra­ble­ment vous faci­li­ter la vie (évitez les adap­ta­teurs sujets à perte, dans tous les sens du terme). Notez que les prises RCA sont égale­ment utili­sées en liai­sons numé­riques (S-PDIF), mais néces­sitent alors un câble diffé­rent de l’au­dio analo­gique.

 

 

 

XLRXLR Mâle

XLR femelleXLR femelle

SpeakonSpea­kon

Embase speakonEmbase Spea­kon

RCARCA

 

Conclu­sion

J’es­père que ce survol vous permet d’y voir un peu plus clair dans les bases de la sono­ri­sa­tion. C’est une connais­sance que je vous encou­rage à appro­fon­dir. Ne vous inquié­tez pas : vous n’au­rez pas forcé­ment besoin de tout ce que nous avons évoqué. Dans un prochain volet, nous verrons des exemples de confi­gu­ra­tions selon des types de groupes et des exemples de produits présents sur le marché.

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