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Duo d’UNO
9/10
Award Qualité / Prix 2021
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Trois ans après la sortie de son premier synthé analogique, IK récidive avec une série pro survitaminée dans de nombreux domaines. Voyons les progrès accomplis…

UNO Synth Pro_2tof Desk01.JPEGC’est au Super­booth 2018 que nous avions décou­vert le proto­type d’un premier petit synthé analo­gique mono­dique signé IK, prag­ma­tique­ment appelé UNO Synth, testé quelques mois plus tard dans nos colonnes. Le construc­teur de Modène était jusque-là posi­tionné sur les inter­faces audio, contrô­leurs Midi, micros, moni­teurs, logi­ciels et acces­soires. Nous avions pu ensuite tester l’UNO Drum, une BAR conju­guant avec talent percus­sions analo­giques et PCM, pour un tarif très abor­dable. Bien déci­dée à étof­fer sa gamme d’ins­tru­ments élec­tro­niques, IK a récem­ment présenté une série de deux synthés analo­giques mono­diques, bapti­sés tout aussi prag­ma­tique­ment UNO Synth Pro, versions boos­tées du premier reje­ton dans un nombre impres­sion­nant de domaines, à la lecture des spéci­fi­ca­tions. Feront-ils oublier leur jeune ancêtre ?

Clavier ou membrane ?

UNO Synth Pro_2tof Desk07.JPEGIK a cette fois choisi de produire deux versions de son UNO Synth Pro : un modèle clavier et un modèle desk­top. Commençons par le premier : il est doté d’un clavier dyna­mique 3 octaves à touches semi-lestées de taille stan­dard et de 2 molettes (pitch­bend et modu­la­tion) placées au-dessus. Embarqué dans un solide châs­sis métal­lique, il mesure 55 × 30 × 7 cm et pèse 5,8 kg, ce qui en fait déjà un beau petit synthé. Le clavier Fatar, sensible à la vélo­cité et à la pres­sion, est très agréable. Cela pèse natu­rel­le­ment sur le tarif, qui posi­tionne le synthé en concur­rence directe avec des petits poly­pho­niques tels que le Mini­logue XD.

Le second est un modèle desk­top à profil en L couché (comme le UNO Synth d’ori­gine) avec membrane capa­ci­tive, inté­grant un mini-clavier statique 32 notes (do à sol) et 2 bandes verti­cales (pitch­bend et modu­la­tion). Il mesure 33 × 15 × 5 cm et ne pèse que 700 g. La membrane répond conve­na­ble­ment et on appré­cie les nombreuses diodes inté­grées, qui permettent de visua­li­ser en temps réel les réglages des molettes et les notes jouées. La construc­tion est cette fois tout en plas­tique, ce qui rend la machine moins robuste mais encore plus facile à trans­por­ter. Les autres compo­santes (moteur audio, commandes, connec­tique) sont communes aux deux modèles.

Ergo­no­mie amélio­rée

UNO Synth Pro_2tof Desk09.JPEGLe synthé comprend une section de program­ma­tion matri­cielle centrale : on choi­sit le module à éditer avec des touches dédiées (VCO, mixeur, VCF, LFO, enve­loppes, matrice de modu­la­tion, effets) et on édite les para­mètres 4 par 4 avec les poten­tio­mètres en tête des colonnes, fonc­tion­nant au choix en mode saut, seuil ou rela­tif. Il existe deux poten­tio­mètres sépa­rés pour régler la fréquence de coupure et la réso­nance des filtres, ainsi qu’un poten­tio­mètre de volume global. Un petit écran OLED et un enco­deur cranté à pous­soir sensible à l’ac­cé­lé­ra­tion ont été ajou­tés pour faci­li­ter l’édi­tion des para­mètres supplé­men­taires des programmes, des séquences et du mode global. C’est bien plus pratique que sur le UNO Synth, mais pas parfait, car il faut navi­guer en tour­nant l’en­co­deur, vali­der le para­mètre en appuyant dessus, éditer avec le même enco­deur et appuyer sur la touche Back pour repas­ser en mode de sélec­tion des para­mètres.

L’écran affiche le nom des programmes, le para­mètre en cours d’édi­tion et sa valeur… bien pratique, sauf dans la matrice de modu­la­tion où on ne peut voir en même temps le numéro de routage, la source, la desti­na­tion et la quan­tité de modu­la­tion (nous avons suggéré à IK d’amé­lio­rer ce point dans une future mise à jour, c’est sur la liste). En plus de ces commandes, on trouve des boutons pour la trans­po­si­tion sur +/- 2 octaves, l’ap­pel de para­mètres alter­na­tifs essen­tiel­le­ment liés au séquen­ceur (pas très visibles par faible lumi­no­sité), l’écri­ture en mémoire, le tempo, le mode de voix (legato, mono, para­pho­nique), le main­tien de note, le mode d’édi­tion (global, programme, Song, arpé­gia­teur, séquen­ceur), le trans­port du séquen­ceur et une rangée de 16 boutons lumi­neux pour sélec­tion­ner les programmes ou éditer les pas du séquen­ceur. C’est beau­coup plus complet que sur le UNO Synth d’ori­gine !

Connec­tique complète

UNO Synth Pro_2tof Desk08.JPEGLa connec­tique, située sur le panneau arrière, est variée et parait même géné­reuse sur une machine de cette gamme : Midi DIN In/Out avec commu­ta­tion Thru logi­cielle (chan­ge­ments de programme, synchro, CC), 2 sorties audio gauche et droite, 2 entrées CV/Gate/Sync (type et tension program­mables via la matrice de modu­la­tion), deux sorties CV/Gate/Sync (type et tension égale­ment program­mables via la matrice de modu­la­tion), une entrée audio (routage d’un signal pré ou post filtre) et une sortie casque. Les sorties stéréo sont au format jack 6,35 mm symé­trique (bravo !), toutes les autres prises analo­giques sont au format mini-jack, ce qui permet au UNO Synth Pro de s’in­té­grer parfai­te­ment avec le format Euro­rack.

Restent la prise micro-USB (Midi, mise à jour du firm­ware) et la borne d’ali­men­ta­tion élec­trique. Sur le modèle clavier, il s’agit d’une borne circu­laire pour bloc secteur externe 5VDC/3A fourni. Sur le modèle desk­top, il s’agit d’une seconde prise micro-USB, néces­si­tant l’uti­li­sa­tion d’une puis­sance suffi­sante (un ordi­na­teur par exemple) ou l’ac­qui­si­tion d’une alimen­ta­tion idoine 5VDC/1,5 A mini­mum, puisqu’au­cune n’est four­nie. IK propose sur son site une banque de puis­sance adap­tée de 10 000 mAh, crédi­tée d’une auto­no­mie de 4 heures. Nous ne sommes pas trop fans des prises micro-USB pour les alimen­ta­tions, elles peuvent faci­le­ment sauter, d’au­tant qu’au­cun système n’est prévu pour sécu­ri­ser l’an­crage du cordon. Ah, cette fois, pas de piles…

Pano­plie sonore

UNO Synth Pro_2tof Desk11.JPEGLe UNO Synth Pro est un synthé analo­gique program­mable, capable de fonc­tion­ner en mono­die ou en para­pho­nie à trois voix grâce à ses trois oscil­la­teurs. C’est un synthé assez facile d’ac­cès, avec une program­ma­tion matri­cielle bien pensée et quelques complé­ments acces­sibles via les menus pour les plus témé­raires. IK l’a équipé des fonc­tions d’ini­tia­li­sa­tion, compa­rai­son et rappel de programme, ce qui faci­lite la recherche sonore. La machine comprend 256 programmes réins­crip­tibles, dont 128 sont préchar­gés, acces­sibles avec l’en­co­deur et la rangée de 16 touches + la touche ALT. Les respon­sables d’IK nous ont indiqué la sortie prochaine d’un logi­ciel stan­da­lone/VST, actuel­le­ment au stade bêta, nous n’avons pas pu le tester. Les programmes four­nis sont loin d’être du remplis­sage. Les desi­gners sonores d’IK ont même programmé une séquence pour chacun d’entre eux, du beau boulot.

Ce qui frappe d’en­trée, c’est le niveau sonore élevé et l’ab­sence de bruit de fond notable ou d’ef­fet marqué de porte de bruit. C’est un net progrès par rapport au UNO Synth, dont la sortie audio n’était pas des plus propres. L’écoute des diffé­rents programmes four­nis permet de voya­ger dans diffé­rents terri­toires sonores : basses analo­giques pesantes, pads poly­pho­niques évolu­tifs large bande, séquences EDM déjan­tées, pêches de cuivres, timbres FM typiques, ambiances métal­liques, drones, percus­sions très percus­sives. Bref, on sent que les VCO ont du carac­tère (un peu cracra, même, avec çà et là des appa­ri­tions d’har­mo­niques para­sites, ce qui change des synthés trop propres), que les filtres sont variés, que les enve­loppes savent claquer quand il le faut et que le séquen­ceur en a sous le pied. On remarque que le VCF1, emprunté au UNO Synth, ne ferme toujours pas complè­te­ment le signal quand la fréquence de coupure est réglée au mini­mum, ce qui n’est pas le cas du VCF2 que l’on peut heureu­se­ment placer en série. On remarque égale­ment qu’une section effets a été ajou­tée, combi­nant plusieurs types de trai­te­ments simul­ta­nés, avec des chorus amples, des délais synchro­ni­sés et diffé­rentes réverbes parfois exces­sives. Le synthé est capable de passer de sono­ri­tés analo­giques douces à des choses plus brutales, avec de belles satu­ra­tions natu­relles analo­giques ou des choses plus trash. Bref, il se révèle très poly­va­lent, avec une qualité sonore bien distinc­tive.

Ondes variables

UNO Synth Pro_2tof Desk03.JPEGLe moteur de synthèse a consi­dé­ra­ble­ment été amélioré par rapport au UNO Synth, tant au plan quan­ti­ta­tif que quali­ta­tif. On passe cette fois à trois VCO à ondes conti­nues et un géné­ra­teur de bruit blanc, tous fine­ment dosables via un mixeur. Les VCO passent en conti­nuité de triangle à dent de scie, de dent de scie à carrée, puis de carré à impul­sion à 98 %. On se croi­rait sur un Kobol ! L’écran affiche la forme d’onde en temps réel, c’est très didac­tique. Une cali­bra­tion auto­ma­tique des VCO est lancée à l’al­lu­mage du synthé ; on peut aussi la déclen­cher manuel­le­ment en cours de route, au cas où. La procé­dure prend une ving­taine de secondes.

On peut direc­te­ment éditer la fréquence, l’onde et le niveau des trois VCO. Pour limi­ter le nombre de commandes, le réglage de l’ac­cor­dage est parti­cu­lier : quand on part de la valeur centrale (désac­cor­dage nul à Midi), on commence par les réglages fins (centièmes), puis on passe aux demi-tons (jusqu’à deux octaves), tout ça avec le même poten­tio­mètre, dans les deux direc­tions. L’en­co­deur permet alors de prendre le relai au centième de demi-ton, bien vu ! Tant qu’on parle d’ac­cor­dage, signa­lons l’exis­tence de 15 tempé­ra­ments clavier et d’un porta­mento (avec modes temps constant ou vitesse constante). Il est possible de faire inter­agir les VCO : synchro­ni­sa­tion par le VCO1 des VCO2 et/ou VCO3, FM expo­nen­tielle des VCO2 et/ou VCO3 par le VCO1, modu­la­tion en anneau du VCO2 par le VCO1. Bref, c’est très complet et une fois de plus bien plus puis­sant que sur le UNO Synth.

Filtres combi­nables

UNO Synth Pro_2tof Desk06.JPEGLa section filtres du UNO Synth Pro a été revue de fond en comble. Cette fois, on dispose de deux VCF sépa­rés, que l’on peut router en série ou en paral­lèle. Le VCF1 est une version amélio­rée du filtre 2 pôles à OTA du UNO Synth. Il peut fonc­tion­ner en modes HP ou LP, avec des phases de 0 ou 180°. Le VCF2 est confié à un circuit inté­gré SSI2164, à savoir un filtre passe-bas 2 ou 4 pôles capable d’auto-oscil­ler. Entre les phases, les modes et les routages, on tota­lise 24 combi­nai­sons de filtres, ce qui commence à être sérieux ! Les deux poten­tio­mètres dédiés en façade peuvent régler simul­ta­né­ment ou indé­pen­dam­ment les fréquences de coupure et les réso­nances des deux VCF (à défi­nir via le menu pour chaque réglage). S’y ajoute un para­mètre de sépa­ra­tion bipo­laire des deux fréquences de coupure.

Ces dernières ont une préci­sion de 512 pas pour une tessi­ture de 20 Hz à 22 kHz, ce qui évite les effets d’es­ca­lier audibles. Elles peuvent être modu­lées direc­te­ment par une enve­loppe dédiée (commune, mais avec des quan­ti­tés de modu­la­tion bipo­laires sépa­rées) et le suivi de clavier (-200 à +200 %, acces­sible via le menu). Le reste se fait par la matrice de modu­la­tion, nous en repar­le­rons plus tard… Le VCF2 atteint l’auto-oscil­la­tion lorsque la réson­nance dépasse 105 sur une échelle de 128 valeurs. En sortie de filtre, on trouve un circuit de drive analo­gique consti­tué de deux diodes, appor­tant une satu­ra­tion asymé­trique très musi­cale, dosable dans la section effets. Le signal peur alors traver­ser le VCA, où il est direc­te­ment modu­lable par une seconde enve­loppe ADSR dédiée, avant de rejoindre la boucle d’ef­fets.

Matrice de modu­la­tion

UNO Synth Pro_2tof Desk05.JPEGSur le UNO Synth, les modu­la­tions étaient limi­tées et figées. Ici, les choses sérieuses commencent. On trouve 2 LFO, capables de géné­rer 8 formes d’ondes : sinus, triangle, dent de scie, rampe, carré, aléa­toire, S&H et bruit. La fréquence varie de 0,01 à 100 Hz (donc dans le bas de l’au­dio), avec possi­bi­lité de synchro­ni­sa­tion au tempo suivant diffé­rentes divi­sions tempo­relles. La modu­la­tion peut appa­raitre progres­si­ve­ment, avec fondu de 0 à 10 secondes, selon trois types de courbe : loga­rithme, linéaire, expo­nen­tielle. Le cycle peut être libre ou redé­clen­ché à chaque pres­sion de touche ou via la matrice de modu­la­tion. On conti­nue avec les deux enve­loppes ADSR, préas­si­gnées aux VCF (modu­la­tions bipo­laires sépa­rées) et au VCA (en prise directe totale, sans réglage de niveau de modu­la­tion). Les temps varient de 0,1 ms à 30 secondes, ce qui est confor­table. Sans avoir véri­fié l’exac­ti­tude des 0,1 ms, on peut dire que le punch est indé­nia­ble­ment présent sur les temps très courts. Le cycle d’en­ve­loppe peut être redé­clen­ché (ou pas) à chaque pres­sion de touche. On peut aussi boucler indé­fi­ni­ment les segments AD.

Le UNO Synth Pro enfonce le clou grâce à une matrice de modu­la­tion à 16 cordons. Pour chaque cordon, on choi­sit une source, une desti­na­tion, une quan­tité de modu­la­tion bipo­laire et un temps d’ap­pa­ri­tion (0 à 10 secondes, acces­sible via le menu). Cela se fait aisé­ment avec les 4 poten­tio­mètres en tête des colonnes et la rangée de 16 touches. Parmi les sources, la vélo­cité, la pres­sion, la molette de modu­la­tion, le suivi de clavier, le Gate du clavier, l’en­trée CV, l’en­trée Gate, la fréquence et le niveau de chaque oscil­la­teur (pas courant comme source), le bruit, les fréquences de coupure/les réso­nances/l’es­pa­ce­ment des filtres (pas courant non plus), les LFO (onde et fondu), les enve­loppes, les entrées CV/Gate (-2,5 à +2,5 V) et certains para­mètres du séquen­ceur (accent, Gate, liai­son). Parmi les desti­na­tions, la fréquence/la forme d’onde/le niveau de chaque VCO, la quan­tité de FM des VCO2 et VCO3, le niveau de bruit, les fréquences/les réso­nances des VCF, l’es­pa­ce­ment des fréquences de coupure, la forme d’onde de chaque LFO (pas courant), la vitesse de chaque LFO, les quan­ti­tés de modu­la­tion de chaque enve­loppe (deux valeurs pour les filtres et une pour l’am­pli), la quan­tité de drive, le niveau de sortie de chacun des trois effets, les sorties CV/Gate (0 à 5V), l’ac­cent du séquen­ceur et les 16 cordons de modu­la­tion (un cordon peut en modu­ler un autre). Certains réglages absurdes ne sont pas possibles, comme la valeur de fréquence du VCO1 modu­lant la fréquence d’un autre VCO (car ce n’est pas de l’au­dio ici).

Trois effets

UNO Synth Pro_2tof Desk11.JPEGLe UNO Synth Pro est doté de trois effets numé­riques placés en paral­lèle, mono en entrée et stéréo en sortie, travaillant en 16 bits/48 kHz : modu­la­tion, délai, réverbe. Les commandes en façade permettent de doser le niveau de sortie de chaque effet, qui est ajouté au signal sec. À zéro, on conserve un signal 100 % analo­gique. Les autres para­mètres sont acces­sibles via le menu. Les effets de modu­la­tion comportent trois modes de chorus stéréo (rappe­lant les deux chorus des Juno Roland et un triple chorus de type string machine), deux couleurs de phaser (stéréo, plus ou moins réso­nants) et un flan­ger stéréo. On peut régler la profon­deur de modu­la­tion des chorus, le feed­back du flan­ger (+/- 100 %) et la vitesse de chaque effet. Les chorus sont très convain­cants (mention spéciale au triple chorus), le flan­ger est bon, mais nous avons trouvé les phasers assez ternes et pas assez colo­rants, du fait qu’ils sont placés en paral­lèle et pas en inser­tion, afin de conser­ver le son analo­gique.

Il y a cinq types de délai : mono, stéréo, doubleur, ping­pong et LCR. Les temps sont libres ou synchro­ni­sés au tempo (diffé­rentes divi­sions sont dispo­nibles, sépa­rés pour les côtés L et R le cas échéant). Le temps total maxi­mal est de 1 000 ms, à parta­ger entre les diffé­rents canaux trai­tés suivant le type de délai. On peut aussi régler le feed­back (nombre de répé­ti­tions) et filtrer les hautes fréquences pour adou­cir le son répété. Les résul­tats obte­nus sont satis­fai­sants, que ce soit de simples délais ou des ambiances stéréo plus étof­fées. Enfin, la réverbe offre quatre algo­rithmes : hall, plate, reverse et ressort. On peut régler le prédé­lai (0 à 200 ms), la taille, le temps et le filtrage des hautes fréquences. Les résul­tats sont bons, on peut obte­nir des ambiances variées, moyen­nant quelques va-et-vient dans le menu, pour peu qu’on ne surdose pas trop le signal traité au-delà de 30 %, sinon la réverbe devient vrai­ment trop enva­his­sante. Nous avons suggéré à IK d’ajou­ter des para­mètres d’ef­fets dans la liste des desti­na­tions de la matrice de modu­la­tion, cela a été pris en consi­dé­ra­tion.

Séquences mouve­men­tées

UNO Synth Pro_2tof Desk02.JPEGTout comme le UNO Synth, le UNO Synth Pro est équipé d’un arpé­gia­teur et d’un séquen­ceur. Chacun agit de manière exclu­sive, mais on peut enre­gis­trer un arpège dans le séquen­ceur. Les notes sont trans­mises en Midi et les réglages sauve­gar­dés dans chaque programme, merci ! L’ar­pé­gia­teur offre 10 motifs : haut, bas, haut/bas, haut/bas avec répé­ti­tion des notes extrêmes, bas/haut, bas/haut avec répé­ti­tion des notes extrêmes, aléa­toire, ordre joué, notes doublées vers le haut et notes doublées vers le bas. Le motif peut être arpégé sur 1 à 4 octaves. Mieux, on peut acti­ver/muter jusqu’à 16 pas consti­tuant l’ar­pège grâce à la rangée de 16 touches, ce qui apporte du piment. On peut aussi régler le Gate (0 à 10) et le swing (50 à 80 %, commun avec le séquen­ceur). Une touche Hold permet de main­te­nir l’ar­pège en cours pour garder les mains libres.

Le séquen­ceur reprend inté­gra­le­ment les fonc­tion­na­li­tés du UNO Synth, avec quelques amélio­ra­tions : déjà il passe à 64 pas (4 pages de 16) ; ensuite, il peut enre­gis­trer des accords (en lien avec le mode para­pho­nique) ; enfin, on peut le trans­po­ser au clavier sur +/- 12 demi-tons en temps réel. On aurait aimé pouvoir aller au-delà de l’oc­tave, mais c’est déjà pas mal. On trouve trois sens de lecture : avant, arrière, et pendu­laire. Donc pas de lecture alter­née avec répé­ti­tion des pas extrêmes ni de lecture aléa­toire. Il existe diffé­rents modes d’en­re­gis­tre­ment : pas-à-pas, temps réel et édition pas-à-pas. En enre­gis­tre­ment pas à pas, on entre les notes, la durée (0,0 à 64,0), la vélo­cité (0 à 127), le temps de Gate (0 à 10), la liai­son avec le pas suivant, l’ac­cent et la valeur de n’im­porte quel para­mètre de synthèse (une quaran­taine), tout cela pour chaque pas. En enre­gis­tre­ment temps réel (sur un cycle), on active le métro­nome et on joue les notes souhai­tées en tempo ; idem pour les mouve­ments des para­mètres de synthèse qui sont alors enre­gis­trés en continu. La vélo­cité jouée est prise en compte (avec un clavier externe pour le modèle desk­top). Enfin, en édition pas à pas, on sélec­tionne le pas ciblé et on entre direc­te­ment la valeur des para­mètres à chan­ger, via les touches dédiées et le menu. On peut aussi copier, coller et suppri­mer un pas donné. Un séquen­ceur solide !

Pour termi­ner, il existe un mode Song qui permet de chai­ner jusqu’à 64 séquences. Chaque pas corres­pond à un numéro de programme au choix et sa séquence jouée une seule fois selon sa durée initiale. À la fin d’un pas, le programme suivant est appelé et sa séquence enchaî­née, jusqu’à ce que le dernier pas défini pour la Song soit atteint. La Song repart alors au début. C’est une bonne idée, dommage qu’il n’y ait qu’une seule Song en mémoire perma­nente.

01 Filte­red Bass
00:0000:40
  • 01 Filte­red Bass00:40
  • 02 Driven Pulse00:35
  • 03 Reverb Pad00:48
  • 04 String Machine00:29
  • 05 Stac­cato Chords00:34
  • 06 Brass Stabs00:27
  • 07 Aciiiiid Bass00:46
  • 08 Basse Maison00:48
  • 09 Dirty Organ00:17
  • 10 Contra Bass00:15
  • 11 Bass & Snare01:09
  • 12 Taurus Bass00:39
  • 13 Sync Echo00:51
  • 14 Sync Solo00:27
  • 15 Perky Percu00:34
  • 16 Analo Choir00:30
  • 17 The Air01:07
  • 18 Saved Prayer01:05
  • 19 FM Mess00:47
  • 20 End Title00:47

Conclu­sion

UNO Synth Pro_2tof Desk08.JPEGLe UNO Synth Pro a énor­mé­ment évolué par rapport à son prédé­ces­seur, dans tous les domaines : variété sonore, qualité audio, ergo­no­mie, puis­sance de synthèse, modu­la­tions, effets, séquen­ceur et mémoire interne. La très large majo­rité des griefs soule­vés lors du test du UNO Synth a été levée ici. Il en ressort un tarif un peu plus élevé, qui situe toute­fois le UNO Synth Pro parmi les synthés abor­dables, pour un nombre de fonc­tion­na­li­tés très géné­reux. La version desk­top est une vraie bonne affaire, pour qui peut se conten­ter d’un petit clavier capa­ci­tif. La version clavier est logique­ment un peu moins bien placée au plan tari­faire. Le UNO Synth Pro est un synthé déjà très mature, qui pourra accom­pa­gner les débu­tants dans leurs premiers pas et qui saura séduire les plus chevron­nés souhai­tant complé­ter leur set avec un synthé puis­sant, poly­va­lent et quali­ta­tif. Avec son carac­tère sonore bien trempé, il mérite l’Award qualité/prix. Vive­ment qu’IK se mette aux poly­pho­niques !

9/10
Award Qualité / Prix 2021
Points forts
  • Gros son analogique spécifique
  • Grande variété de timbres
  • Trois oscillateurs à ondes continues
  • Mode paraphonique
  • Multiples interactions des VCO
  • Deux VCF multimodes résonants
  • Drive asymétrique à diodes
  • Matrice de modulation confortable
  • Tempéraments alternatifs
  • Trois effets intégrés
  • Arpégiateur et séquenceur à mouvements
  • Connectique audio/CV/USB/Midi complète
  • Entrée audio vers le filtre ou les effets
  • Compact et léger
  • Qualité de construction de la version clavier
  • Rapport performances/prix de la version desktop
Points faibles
  • Commandes directes limitées
  • Edition fastidieuse dans certains menus (effets, matrice)
  • Phasers pas transcendants (placement en parallèle imposé)
  • Une seule Song en mémoire
  • Bloc d’alimentation non fourni avec la version desktop
Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.


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