L'Orgue à tuyaux et l'Organiste
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Anonyme
27133
29 Novembre 2011 à 12:19L'Orgue à tuyaux et l'Organiste#1
Citation :
http://laurent.tarrisse.perso.sfr.fr/test_gif/organiste.gif Voici le topic dédié au roi des instruments http://laurent.tarrisse.perso.sfr.fr/test_gif/organiste.gif
ci-dessus: l'orgue de Dole (Jura)
Venez à la découverte de cet instrument secret et si particulier... un instrument très différent des autres, tant par son histoire et sa littérature, que par le rapport inhabituel qu'entretient son musicien avec lui, et puis sa situation si singulière, au cœur d'un bâtiment (c'est vrai surtout en France) très... connoté.
C'est ici le topic réservé à tous ceux qui veulent découvrir cet instrument.
Je vais tenter de vous ouvrir à lui. Vous dévoiler ses mille secrets. Faire voler en éclats les a-priori et les préjugés qui lui collent aux tuyaux : non, l'orgue n'est pas qu'un pousseur d'alléluias! Oui, on joue autre chose que des messes dessus! Et oui, c'est l'instrument le plus difficile au monde...
On n'est pas ici entre élitistes de l'instrument, entre vieux barbons.
Ce lieu est ouvert à tous.
Puissé-je vous intéresser au monde fabuleux qui se cache derrière ces austères rangées de hauts tuyaux (cela, qu'on appelle véritablement "les orgues" au féminin pluriel) et ce monumental buffet en bois massif, qui trône au-dessus de l'entrée, en hauteur, dominant la nef comme la passerelle de commandement domine le pont du navire...
Tè, bé, venez avec moi! Empruntez à ma suite le petit escalier dérobé au fond de l'église, en colimaçon, et montons à la tribune, cette petite place réservée au commandant de bord... Pour ouvrir le débat de manière surprenante et ma foi, plutôt agréable, je laisse la place à une commandante: miss Carol Williams, dans un morceau classique très, très connu: le Vol du Bourdon de Rimski-Korsakov.
L'occasion, peut-être, pour certains d'entre vous, de voir pour la première fois un organiste en action à sa tribune. L'occasion, probablement, d'en prendre également plein la gueule: admirez le jeu de jambes de madame et songez à la diabolique précision de ses pieds... nous reparlerons de tout ça, juste après.
(PS) Je sais: sa petite oeillade assassine à 00:08 a fait trembler tous les matous du forum. http://laurent.tarrisse.perso.sfr.fr/test_gif/loving.gif
Avez-vous aimé ce premier argument en faveur de mon instrument chéri ?
Djardin
19834
Drogué·e à l’AFéine
Membre depuis 20 ans
25 Janvier 2014 à 21:49#401
Une vidéo posté par JackBrelle dans un aute sujet :
Référence en matière de bon gout capillaire et vestimentaire.
homme à tête de zizi.
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mathieujm
1335
AFicionado·a
Membre depuis 22 ans
25 Janvier 2014 à 23:29#402
Encore une nouvelle facette d'Alexandre Astier. Un grand bonhomme même si tout ce qu'il dit n'est pas entièrement juste ici (rôle du pédalier par exemple)
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Nicolas Massot
1188
Professionnel·le de l’audio
Membre depuis 22 ans
26 Janvier 2014 à 12:24 (modifié le 26 Janvier 2014 à 12:28)#403
Je trouve que parfois il utilise des mots simples pour expliquer le fonctionnement, mais le novice ne comprend pas mieux pour autant. S'il manque l'image, il est difficile de comprendre la mécanique du sommier.
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Anonyme
27133
29 Janvier 2014 à 17:42#404

Wilson Hall, University of Melbourne
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Anonyme
27133
29 Janvier 2014 à 18:03 (modifié le 29 Janvier 2014 à 18:09)#405
Un jeu particulier : le Cube Compton
On a parlé récemment des tuyaux de 32 pieds, destinés à donner les octaves les plus graves de l'orgue.
Le DO grave d'un jeu de 32 pieds mesure 10m50 de la bouche à son sommet, et on accorde la note qu'il produit (laquelle vibre à 16,67Hz) avec un appareil particulier, un diapason stroboscopique dont j'ai parlé ici.
10m50 de haut: on imagine la quantité de matériau et de travail nécessaires pour fabriquer un tel tuyau! et son poids!
Or à l'époque du moyen-âge, l'industrialisation n'existait pas: tout était fait artisanalement, à la main. Une fois fabriqués, il fallait acheminer ces tuyaux jusqu'à l'orgue qu'ils allaient habiter: on n'avait ni autoroute ni semi-remorques. Il fallait ensuite, une fois sur place, les monter là-haut, sur la tribune, et les installer sur le grand-orgue. Puis il fallait les accorder...
On imagine donc très bien qu'un jeu de 32 pieds, ce n'est pas de la tarte à réaliser, et que ça coûte bonbon à fabriquer, transporter, mettre en place, accorder. Sans compter que j'ai également dit un truc assez embêtant, c'est que sur le première notes, du DO1 au FA1, l'oreille de l'auditeur ne discerne pas la différence. Enfoncez un DO grave sur le 32 pieds, jouez par-dessus, successivement, un accord de DO majeur, puis DO# majeur, puis RE, MI, FA majeur tout en gardant la basse sur le DO : cela ne pose pas de problème particulier, et l'oreille ne souffre d'aucune dissonance. Faites la même chose à une octave un peu plus naturelle, la fausseté vous crie aussitôt d'arrêter le massacre !
On se retrouve donc devant un double problème: non seulement ces 5 foutues premières notes du 32 pieds coûtent horriblement cher, mais en plus, elles ne seraient pas aussi fondamentales que cela puisque notre oreille n'arriverait même pas à analyser corréquement la bouillie sonore perçue en deçà de ce fameux FA1 ?
Un trader du vingt-et-unième siècle aurait tôt fait de balayer l'affaire, hein: plus de 32 pieds et hop. Naméo.
Mais nos aînés se sont accrochés. Ils voulaient conserver ce grondement profond, et cherchaient naturellement à limiter les coûts, donc diminuer le nombre de tuyaux. Considérant en outre qu'à cet endroit on n'est quasiment jamais amené à jouer deux notes en même temps, ils ont cherché le moyen de fabriquer des tuyaux polyphoniques, ou plutôt multiphoniques, à l'image d'une flûte: c'est-à-dire capables de produire plusieurs notes différents, mais une note à la fois.
Et en particulier, un anglais nommé John Compton, a eu l'idée de fabriquer quelque chose qui s'apparenterait à un ocarina. Il a ainsi créé un jeu particulier : le cube compton autrement appelé polyphone Compton.

Sur une seule grosse boîte cubique, on aménage plusieurs ouvertures, chacune correspondant à une note.
Ce cube permet d'économiser 5 tuyaux d'au moins 11m chacun...
On a parlé récemment des tuyaux de 32 pieds, destinés à donner les octaves les plus graves de l'orgue.
Le DO grave d'un jeu de 32 pieds mesure 10m50 de la bouche à son sommet, et on accorde la note qu'il produit (laquelle vibre à 16,67Hz) avec un appareil particulier, un diapason stroboscopique dont j'ai parlé ici.
10m50 de haut: on imagine la quantité de matériau et de travail nécessaires pour fabriquer un tel tuyau! et son poids!
Or à l'époque du moyen-âge, l'industrialisation n'existait pas: tout était fait artisanalement, à la main. Une fois fabriqués, il fallait acheminer ces tuyaux jusqu'à l'orgue qu'ils allaient habiter: on n'avait ni autoroute ni semi-remorques. Il fallait ensuite, une fois sur place, les monter là-haut, sur la tribune, et les installer sur le grand-orgue. Puis il fallait les accorder...
On imagine donc très bien qu'un jeu de 32 pieds, ce n'est pas de la tarte à réaliser, et que ça coûte bonbon à fabriquer, transporter, mettre en place, accorder. Sans compter que j'ai également dit un truc assez embêtant, c'est que sur le première notes, du DO1 au FA1, l'oreille de l'auditeur ne discerne pas la différence. Enfoncez un DO grave sur le 32 pieds, jouez par-dessus, successivement, un accord de DO majeur, puis DO# majeur, puis RE, MI, FA majeur tout en gardant la basse sur le DO : cela ne pose pas de problème particulier, et l'oreille ne souffre d'aucune dissonance. Faites la même chose à une octave un peu plus naturelle, la fausseté vous crie aussitôt d'arrêter le massacre !
On se retrouve donc devant un double problème: non seulement ces 5 foutues premières notes du 32 pieds coûtent horriblement cher, mais en plus, elles ne seraient pas aussi fondamentales que cela puisque notre oreille n'arriverait même pas à analyser corréquement la bouillie sonore perçue en deçà de ce fameux FA1 ?
Un trader du vingt-et-unième siècle aurait tôt fait de balayer l'affaire, hein: plus de 32 pieds et hop. Naméo.
Mais nos aînés se sont accrochés. Ils voulaient conserver ce grondement profond, et cherchaient naturellement à limiter les coûts, donc diminuer le nombre de tuyaux. Considérant en outre qu'à cet endroit on n'est quasiment jamais amené à jouer deux notes en même temps, ils ont cherché le moyen de fabriquer des tuyaux polyphoniques, ou plutôt multiphoniques, à l'image d'une flûte: c'est-à-dire capables de produire plusieurs notes différents, mais une note à la fois.
Et en particulier, un anglais nommé John Compton, a eu l'idée de fabriquer quelque chose qui s'apparenterait à un ocarina. Il a ainsi créé un jeu particulier : le cube compton autrement appelé polyphone Compton.
Sur une seule grosse boîte cubique, on aménage plusieurs ouvertures, chacune correspondant à une note.
Ce cube permet d'économiser 5 tuyaux d'au moins 11m chacun...
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Djardin
19834
Drogué·e à l’AFéine
Membre depuis 20 ans
29 Janvier 2014 à 20:46#406
t'as des photos du cube ? histoire de voir à quoi ça ressemble dans un jeu de tuyaux.
Référence en matière de bon gout capillaire et vestimentaire.
homme à tête de zizi.
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Anonyme
27133
30 Janvier 2014 à 14:33#407
Non je n'ai pas réussi à en trouver une seule à part ce schéma. 
Il y a eu d'autres tentatives pour arriver au même résultat, sous forme de pyramide (le pyramidion), ou encore des cubes plus sophistiqués, avec des cloisons internes pour allonger à volonté le parcours de l'onde sonore grâce à tout un jeu de soupapes. Il semblerait que le son produit était décevant, et que seul le Cubus sorte convenablement son épingle du jeu.
Il y a eu d'autres tentatives pour arriver au même résultat, sous forme de pyramide (le pyramidion), ou encore des cubes plus sophistiqués, avec des cloisons internes pour allonger à volonté le parcours de l'onde sonore grâce à tout un jeu de soupapes. Il semblerait que le son produit était décevant, et que seul le Cubus sorte convenablement son épingle du jeu.
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El Migo
24008
Vie après AF ?
Membre depuis 18 ans
30 Janvier 2014 à 14:57#408
Tiens en cherchant une photo je suis tombé là-dessus. Trop technique pour moi, mais çà peut t'intéresser si tu ne connais pas déjà.
http://www.toff.org.uk/chambers/tremulant.html
http://www.campin.me.uk/Music/Ocarina/GB255988A.pdf
http://www.toff.org.uk/chambers/tremulant.html
http://www.campin.me.uk/Music/Ocarina/GB255988A.pdf
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Anonyme
27133
30 Janvier 2014 à 15:25 (modifié le 30 Janvier 2014 à 15:28)#409
Le premier lien parle du tremblant (tremulant en anglishiz) qui consiste à agir sur le débit de vent pour donner une sorte d'ondulation à la voix, un peu comme une cabine Leslie.
Les tremblants des orgues de cinéma sont en général beaucoup plus prononcés, en vitesse et en amplitude de variation, que ceux des orgues liturgiques ou de concert. Ce tremblant surpuissant change quasiment le jeu, et il lui donne un son très particulier, qui permet immédiatement de classer l'instrument dans la catégorie des orgues de théâtre. Par exemple, voici un Tibia Clausa (cela veut dire tuyau fermé, c'est le jeu de bourdon, dont je vous ai déjà parlé) tiré d'un orgue de théâtre Wurlitzer (fameuse maison d'orgues de théâtre):
sans tremblant:
avec le tremblant:
sans tremblant, c'est quasiment le son du bourdon de l'orgue, mais avec le tremblant on entend tout de suite que le jeu change totalement de personnalité!
Sur un orgue de concert ou liturgique, le tremblant est beaucoup moins puissant, et ne change pas aussi profondément la personnalité du jeu.
Le deuxième lien, c'est le brevet déposé par John Compton pour son Cubus, d'où est extraite la photo que j'ai posté en #405.
Les tremblants des orgues de cinéma sont en général beaucoup plus prononcés, en vitesse et en amplitude de variation, que ceux des orgues liturgiques ou de concert. Ce tremblant surpuissant change quasiment le jeu, et il lui donne un son très particulier, qui permet immédiatement de classer l'instrument dans la catégorie des orgues de théâtre. Par exemple, voici un Tibia Clausa (cela veut dire tuyau fermé, c'est le jeu de bourdon, dont je vous ai déjà parlé) tiré d'un orgue de théâtre Wurlitzer (fameuse maison d'orgues de théâtre):
sans tremblant:
00:0000:00
avec le tremblant:
00:0000:00
sans tremblant, c'est quasiment le son du bourdon de l'orgue, mais avec le tremblant on entend tout de suite que le jeu change totalement de personnalité!
Sur un orgue de concert ou liturgique, le tremblant est beaucoup moins puissant, et ne change pas aussi profondément la personnalité du jeu.
Le deuxième lien, c'est le brevet déposé par John Compton pour son Cubus, d'où est extraite la photo que j'ai posté en #405.
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Nicolas Massot
1188
Professionnel·le de l’audio
Membre depuis 22 ans
30 Janvier 2014 à 21:05#410
J'aime pas le tremblant, ça fait orgue élécronique des années 70.
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purplebash
4401
Squatteur·euse d’AF
Membre depuis 21 ans
30 Janvier 2014 à 21:11#411
Akoustic
772
Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 19 ans
02 Février 2014 à 20:53 (modifié le 02 Février 2014 à 20:56)#412
Au sujet de l'orgue réversible une vidéo ou voit l'inversion vers 3'20 et un peu de la construction je pense
Si quelqu'un parle japonais couramment je veux bien une traduction
Un petit remplissage de tuyaux vers 4'10 ??
Et un bidule qui tournoie joliment sur un des tuyaux vers 4'25 ??
Si quelqu'un parle japonais couramment je veux bien une traduction
Un petit remplissage de tuyaux vers 4'10 ??
Et un bidule qui tournoie joliment sur un des tuyaux vers 4'25 ??
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Anonyme
27133
02 Février 2014 à 22:24#413
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Nicolas Massot
1188
Professionnel·le de l’audio
Membre depuis 22 ans
02 Février 2014 à 22:47#414
A 4"10, c'est le rossignol, un tuyau plongé dans l'eau qui imite de son du rossignol et à 4'25 c'est un des nombreux accéssoires présents sur quelques orgues du nord de la France. Ici on a une roue qui fait le son des chimes (je ne connais pas le nom exact de cet accéssoire) mais on peut trouver aussi des cloches, des tambours ...
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Anonyme
27133
03 Février 2014 à 11:08 (modifié le 03 Février 2014 à 11:11)#415
Ne l'écoute pas, Akoustic, il dit n'importe quoi !!! http://laurent.tarrisse.perso.sfr.fr/test_gif/gne3.gif
A 4"10 c'est quelque chose que seuls les organistes en général connaissent: c'est quand on fait le plein de diesel (c'est du diesel sans plomb apparemment, là, qu'il met, vu la couleur) pour le moteur (un rossignol! non mais n'iiiiiiiiiiiiimporte quoi!). Eh oui, depuis l'invention des moteurs au début du XX° siècle, c'est un 6 cylindres en V qui fournit de l'air à l'orgue.
Et à 4'25, on voit le ventilateur qui tourne devant le radiateur (on appelle ça un ventirad, abréviation de ventilateur et radiateur) pour refroidir les tuyaux.
Ce post était bien évidemment une mauvaise blague.
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Akoustic
772
Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 19 ans
03 Février 2014 à 19:18#416
Ahh ? Ben quand je fait une recherche avec orgue et diesel je tombe pourtant sur un spécialiste visiblement 
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Nicolas Massot
1188
Professionnel·le de l’audio
Membre depuis 22 ans
03 Février 2014 à 23:54#417
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Anonyme
27133
04 Février 2014 à 14:19#418
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Jimbass
11603
Drogué·e à l’AFéine
Membre depuis 19 ans
07 Avril 2014 à 12:18#419
Bon, ca y est j'ai tout lu, suite à l'invitation faite ici !
(et aussi le fil de la MenAFe Fantôme, mais j'ai pas tout compris aux vannes du Pub
)
J'ai appris plein de choses sur l'orgue, merci. Je comprends mieux pourquoi il y a tant de boutons pour les registres et leurs combinaisons, c'est vraiment un instrument de synthèse sonore pneumatique.
D'ailleurs, pour augmenter la flexibilité sans trop augmenter le nombre de tuyaux, est-ce qu'on ne peut pas imaginer des clapets mobiles pour transformer un jeu normal en bourdon ou en octaviant ? Sans aller jusqu'à des flûtes à six schtroumpfs ...
Je compatis face à la pauvreté de l'unique son "pipe organ" sur la plupart des claviers/synthés/arrangeurs, ca doit être très frustrant de ne pas avoir tous ces jeux à disposition. Toutefois, je me souviens d'une banque de preset pour Korg X5D qui utilisait la notion de "combi" pour superposer jusqu'à huit sons à différents niveaux et différentes transpositions. Ca servait à imiter les registres d'un orgue Hammond, mais peut-être que ce concept serait adaptable sur des machines plus modernes pour les organistes fauchés ou fâchés avec le curé local ...
(et aussi le fil de la MenAFe Fantôme, mais j'ai pas tout compris aux vannes du Pub
J'ai appris plein de choses sur l'orgue, merci. Je comprends mieux pourquoi il y a tant de boutons pour les registres et leurs combinaisons, c'est vraiment un instrument de synthèse sonore pneumatique.
D'ailleurs, pour augmenter la flexibilité sans trop augmenter le nombre de tuyaux, est-ce qu'on ne peut pas imaginer des clapets mobiles pour transformer un jeu normal en bourdon ou en octaviant ? Sans aller jusqu'à des flûtes à six schtroumpfs ...
Je compatis face à la pauvreté de l'unique son "pipe organ" sur la plupart des claviers/synthés/arrangeurs, ca doit être très frustrant de ne pas avoir tous ces jeux à disposition. Toutefois, je me souviens d'une banque de preset pour Korg X5D qui utilisait la notion de "combi" pour superposer jusqu'à huit sons à différents niveaux et différentes transpositions. Ca servait à imiter les registres d'un orgue Hammond, mais peut-être que ce concept serait adaptable sur des machines plus modernes pour les organistes fauchés ou fâchés avec le curé local ...
Musikmesser 2013 - Bullshit Gourous - Tocxic Instruments - festivals Foud'Rock, Metal Sphère et la Tour met les Watts
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Anonyme
27133
07 Avril 2014 à 14:16#420
Citation :
est-ce qu'on ne peut pas imaginer des clapets mobiles pour transformer un jeu normal en bourdon ou en octaviant ?
hihihi, c'était une bonne tentative, mais non...
Un bourdon n'est pas seulement un tuyau bouché... c'est un tuyau bouché de gros diamètre. Un tuyau bouché de petit diamètre ne réagirait pas comme un bourdon, il ne produirait pas le même résultat.
Par exemple, une flûte et un salicional sonnent très différemment, alors que leurs tuyaux ont exactement la même longueur, disposent d'une bouche semblable et sont construits de la même façon, avec le même matériau. La seule chose qui diffère, c'est leur diamètre - et partant de là, les harmoniques qui en émanent. Donc le son tout entier!
D'autre part, avec un tuyau "magique" qui se ferait tantôt bourdon, tantôt flûte octaviante, tantôt flûte traversière, ben on aurait à disposition un de ces trois sons là, mais pas les trois en même temps. Or, un orgue est, et surtout à son époque (revenons quelques siècles avant 1900...), construit pour ses capacités polyphoniques: c'est-à-dire que ses différents jeux sont étudiés et harmonisés pour se compléter les uns les autres, et non se bouffer le nez! Les jeux d'un orgue sont complémentaires les uns des autres: un tel apporte de la basse très peu harmonique (le bourdon), tel autre apporte des aigus mais rien en grave (les mixtures), ... autrement dit, chacun vient apporter sa petite part du patchwork.
Vraiment, les jeux d'un orgue ne sont pas fait pour travailler en concurrence, mais au contraire main dans la main.
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Anonyme
27133
07 Avril 2014 à 14:24#421
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Hors sujet :Citation :j'ai pas tout compris aux vannes du Pub
Pour ta culture afienne personnelle, je te recommande chaudement la lecture des ouvrages suivants:
- Modos Fachos, ou comment je me suis défoulé bien au chaud derrière mon écran, un excellent ouvrage de Dr Pouet qui retrace les plus belles lettres reçues à la hotline d'AF de la part d'AFiens un peu "énervés"
- deux lexiques de référence: Apprendre l'AFien sans effort de Pictocube, ainsi que l'incontournable Lexique pour les nioubs de Jules Joffrin, pour comprendre les mots, termes, mèmes afiens, expressions afiennes. Le livret de Jules Joffrin concerne l'époque 2006-2007, la Grande Epoque comme l'appellent certains, alors que celui de Pictocube couvre une période beaucoup plus récente, depuis sa création en fait. Il ontroduit de fait beaucoup de néoplogismes par rapport au Lexique pour les nioubs.
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Jimbass
11603
Drogué·e à l’AFéine
Membre depuis 19 ans
07 Avril 2014 à 14:48#422
Argh, j'avais pas pensé au critère du diamètre.
Mais sinon j'avais bien compris qu'il s'agit de jeux qui se complètent, et le bourdon est probablement un mauvais exemple comme il doit être utilisé souvent. Mon idée était juste que à nombre de tuyaux donné (question de budget), on pourrait essayer de rendre plus polyvalents certains tuyaux "annexes" ou utilisés moins souvent, avec évidemment des compromis à faire : c'est soit le nasard soit l'undamaris, mais pas les deux. (j'ai dit que j'avais tout lu, pas que j'avais tout compris
)
Un peu comme un synthé électronique qui aurait une polyphonie totale mais une multitimbralité limitée.
Mais sinon j'avais bien compris qu'il s'agit de jeux qui se complètent, et le bourdon est probablement un mauvais exemple comme il doit être utilisé souvent. Mon idée était juste que à nombre de tuyaux donné (question de budget), on pourrait essayer de rendre plus polyvalents certains tuyaux "annexes" ou utilisés moins souvent, avec évidemment des compromis à faire : c'est soit le nasard soit l'undamaris, mais pas les deux. (j'ai dit que j'avais tout lu, pas que j'avais tout compris
Un peu comme un synthé électronique qui aurait une polyphonie totale mais une multitimbralité limitée.
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Hors sujet :Merci pour les liens sur la culture AFienne ! J'étais déjà inscrit à la Grande Époque, mais ca fait peu de temps que je m'aventure hors des sujets techniques et des avis sur le matos.
Musikmesser 2013 - Bullshit Gourous - Tocxic Instruments - festivals Foud'Rock, Metal Sphère et la Tour met les Watts
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Anonyme
27133
07 Avril 2014 à 16:09#423
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Hors sujet :Citation :mais ca fait peu de temps que je m'aventure hors des sujets techniques
donc peu de temps que tu connais AF
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Canem
761
Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 16 ans
07 Avril 2014 à 16:19#424
t'y a surement déjà répondu mais y'a beaucoup de pages ! alors voilà : comment aujourd'hui on créee la pression d'air pour un orgue? est-ce qu'on a un compresseur électrique avec un grosse cuve par exemple?
aussi, j'aimerais voir la plus belle et plus impressionnante photo d'un très gros orgue
aussi, j'aimerais voir la plus belle et plus impressionnante photo d'un très gros orgue
Nouveau clip CANIS CANEM - March of Ghosts
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Anonyme
27133
07 Avril 2014 à 16:51 (modifié le 07 Avril 2014 à 16:53)#425
Oui, j'y ai répondu, Canem mais c'est pas grave...
Il faut d'abord comprendre quelque chose : l'air est fourni aujourd'hui quasiment avec les mêmes moyens qu'au moyen âge... seul un détail a changé (qui fait tout, ok). Car le gros problème posé par l'orgue depuis sa naissance en -300 est le suivant: comment fournir une pression constante, alors qu'on peut avoir à tout moment un seul tuyau qui parle, puis l'instant d'après, plus de mille (dix doigts, cent jeux = mille tuyaux) à la fois? Car il est essentiel que la pression en vent reste constante, quelque soit le nombre de jeux tirés et le nombre de notes jouées...
Le vent est fourni par de gros soufflets: on parle de soufflets cunéiformes (en forme de coin) pour ceux qui ressemblent au soufflet de la cheminée, pour allumer le feu:
http://orgues.yeswhynot.com/soufflet1.jpg
Une autre génération de soufflets, au lieu d'avoir un dessin en coin, va avoir un dessin en forme de lampion : c'est-à-dire que la planche du dessus et celle du dessous, restent parallèles. On les appelle soufflets à plis parallèles. L'avantage de ce type de soufflets, est que la pression délivrée tout au long de la descente va être constante, par rapport à un soufflet cunéiforme dont la pression va avoir tendance à baisser au fur et à mesure que les coins se rapprochent et que l'angle entre le dessus et la base se ferme.
Avant le moteur électrique, ben y avait des gars qui pompaient. Avec le poids de leur corps, ils relevaient les soufflets cunéiformes arrivés à expiration. Aujourd'hui, un ventilateur a remplacé l'homme pour amener de l'air dans les soufflets, mais ces derniers sont restés, car leur volume est très précisément calculé en fonction de l'orgue auquel ils appartiennent. C'est grâce à aux, qu'un orgue a toujours, à tout moment, assez d'air quelque soit le nombre de jeux enclenchés, et assez de pression pour tout le monde.
Il faut d'abord comprendre quelque chose : l'air est fourni aujourd'hui quasiment avec les mêmes moyens qu'au moyen âge... seul un détail a changé (qui fait tout, ok). Car le gros problème posé par l'orgue depuis sa naissance en -300 est le suivant: comment fournir une pression constante, alors qu'on peut avoir à tout moment un seul tuyau qui parle, puis l'instant d'après, plus de mille (dix doigts, cent jeux = mille tuyaux) à la fois? Car il est essentiel que la pression en vent reste constante, quelque soit le nombre de jeux tirés et le nombre de notes jouées...
Le vent est fourni par de gros soufflets: on parle de soufflets cunéiformes (en forme de coin) pour ceux qui ressemblent au soufflet de la cheminée, pour allumer le feu:
http://orgues.yeswhynot.com/soufflet1.jpg
Une autre génération de soufflets, au lieu d'avoir un dessin en coin, va avoir un dessin en forme de lampion : c'est-à-dire que la planche du dessus et celle du dessous, restent parallèles. On les appelle soufflets à plis parallèles. L'avantage de ce type de soufflets, est que la pression délivrée tout au long de la descente va être constante, par rapport à un soufflet cunéiforme dont la pression va avoir tendance à baisser au fur et à mesure que les coins se rapprochent et que l'angle entre le dessus et la base se ferme.
Avant le moteur électrique, ben y avait des gars qui pompaient. Avec le poids de leur corps, ils relevaient les soufflets cunéiformes arrivés à expiration. Aujourd'hui, un ventilateur a remplacé l'homme pour amener de l'air dans les soufflets, mais ces derniers sont restés, car leur volume est très précisément calculé en fonction de l'orgue auquel ils appartiennent. C'est grâce à aux, qu'un orgue a toujours, à tout moment, assez d'air quelque soit le nombre de jeux enclenchés, et assez de pression pour tout le monde.
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