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Test de la guitare Caparison Dellinger II-M3 - Sans Caparison possible

7/10

Il est rare de pouvoir mettre la main sur une guitare Caparison, marque japonaise de prestige qui propose des instruments réalisés en demi-séries à la main. Ne boudons pas notre plaisir avec cette Dellinger.

Test de la guitare Caparison Dellinger II-M3 : Sans Caparison possible

Pour­tant jouées par de grands noms tels que Mattias Eklundh de Freak Kitchen, Michael Romeo de Symphony X ou Chris­to­pher Amott quand il faisait partie d’Arch Enemy, les guitares Capa­ri­son restent confi­den­tielles malgré un succès d’es­time indé­niable. Ces instru­ments orien­tés metal jouissent d’une répu­ta­tion excel­lente auprès des guita­ristes portés sur les soli, tentons donc d’y jeter une oreille de façon tota­le­ment objec­tive.

Faisant partie des Regu­lar Series au même titre que les Ange­lus ou Horus, cette Dellin­ger affiche une robe noire sobre mais classe. La caisse en 3 parties est consti­tuée d’un tronc central en érable autour duquel sont collées deux ailes en acajou. Un tel choix de bois est cohé­rent car l’érable du corps entre en réso­nance avec l’érable du manche pour une bonne disper­sion des vibra­tions, et donc du sustain. Ce manche vissé en 4 points est serti d’une touche en ébène de très bonne qualité, brillant et présen­tant de belles fibres simi­laire à la qualité ESP. Les 24 frettes qui ornent la touche sont finies de manière irré­pro­chable, sans aucun accroc d’au­cune sorte. Les repères en montres molles consti­tuent un agré­ment visuel typique des Capa­ri­son.

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6Le cheva­let est un vibrato bloquant et flot­tant Schal­ler dont l’an­crage dans le corps est plus haut que d’usage sur une guitare de ce type, l’angle du manche étant ajusté en consé­quence. Il s’agit là d’un détail qui n’in­flue pas sur le confort de jeu mais permet de tirer le vibrato plus haut dans les aigus sans rencon­trer la caisse. Les contrôles sont peu nombreux, un volume très progres­sif et un toggle switch 3 posi­tions sans split. Dommage, il est toujours sympa­thique de pouvoir béné­fi­cier de sons hors phase. Les posi­tions sont donc limi­tées à du full humbu­cker (micro cheva­let/les deux micros ensemble/micro manche). Ces micros sont des réali­sa­tions Capa­ri­son qui répondent au doux nom de PH-F et PH-R. La prise jack Swit­ch­craft est insé­rée dans la caisse pour éviter les décro­che­ments intem­pes­tifs, à la façon d’une Ibanez Jem.

La tête à la forme carac­té­ris­tique est garnie de 6 méca­niques Gotoh dont les cabes­tans ont été réduits pour permettre aux cordes d’être bien calées sur le sillet lors du montage et ainsi éviter l’usage d’une barre de réten­tion. Le pitch des cordes ne gagne donc pas jusqu’à un ton au moment de la ferme­ture des galets. Après dévis­sage de la plaque arrière, on constate une baie de ressorts de rappel dénuée de pous­sière, peinte en noir au même titre que le corps et très propre.

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Le talon est profilé pour favo­ri­ser la vitesse et un accès aux aigus aisé. Rien ne vient gêner la main lors d’un déman­ché fou aux alen­tours de la 24e case. Le manche est très confor­table, en D aplati mais ne plaira pas à tout le monde. Assez arrondi vers les bords, il consti­tue une bonne raison pour essayer l’ins­tru­ment en maga­sin avant achat, quand on a la chance de pouvoir le faire bien enten­du… La jonc­tion tête/manche est parfaite et l’équi­libre une fois debout et sanglé l’est tout autant, nous en repar­le­rons en fin de test.

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La guitare est livrée dans un sublime étui semi-rigide parfai­te­ment conçu et favo­ri­sant un trans­port sans aucun danger. Bon, on branche ?

Kuro no josei (la dame en noir)

Le test est réalisé avec la tête EVH 5150 III 50w EL34 dans un baffle Laboga 4×12 équipé en Celes­tion V30 et repiqué à l’aide d’un unique Shure SM57 dans une carte Scar­lett Focus­rite 18i8. Aucune EQ à part celle de l’am­pli n’est mise en œuvre sauf dans le mix final. Les effets que l’on entend dans certains exemples proviennent unique­ment de pédales : Fender Micro Comp, Boss CE-3, TC Elec­tro­nic Flash­back et Mini HOF.

Déjà, il convient de signa­ler que la réso­nance à vide de cette Dellin­ger est assez notable, claire et bien défi­nie. L’ébène de la touche apporte une préci­sion certaine au delà de la 12e case, là où le palis­sandre devient un peu flou.

En son clair, la guitare offre de belles sono­ri­tés full humbu­cker. Le grain n’est pas droit et brille par une attaque franche simi­laire à celle des Seymour Duncan. La posi­tion inter­mé­diaire impliquant les deux micros en simul­tané sera la plus favo­rable à de beaux arpèges mouillés de reverb ou de chorus. Assez déli­cieux à dire vrai, à tel point que l’on se prend à enclen­cher ses effets. Comme nous nous en doutions, l’ab­sence de split réduit tout de même les possi­bi­li­tés tonales en clean. Certes c’est une modi­fi­ca­tion simple qui ne coûte pas grand chose, mais sur un instru­ment à 2 500 euros on est en droit de ne rien avoir à chan­ger du tout.

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Le second canal du EVH nous amène direc­te­ment en terre heavy metal, tant pis pour le crunch. Cette Capa­ri­son n’est pas faite pour ça, sacri­lège ! En satu­ra­tion assez franche, les micros conti­nuent de bien s’en sortir avec de belles arti­cu­la­tions et une belle réponse aux harmo­niques arti­fi­ciels ou pincés. La gestion du gain au volume est effi­cace avec un potard progres­sif apte à apai­ser le niveau de sortie à la volée. Le grain est déci­dé­ment appré­ciable même si on commence à consta­ter une légère impré­ci­sion dans les graves et une tona­lité assez sombre ce qui est assez éton­nant alors qu’en clean c’était le contraire, la brillance était de mise. Cette guitare en l’état convien­dra parfai­te­ment à un ampli un peu bright comme les EVH équi­pés en 6L6 ou la gamme Engl.

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Le confort de jeu est bien présent, la forme du dos du manche ne gêne abso­lu­ment pas votre servi­teur. La fini­tion des frettes est véri­ta­ble­ment digne du meilleur luthier et rend possible n’im­porte quel déman­ché de la mort qui tue sans aucune résis­tance pour la main gauche. La tenue d’ac­cord est diabo­lique malgré une violence abso­lue lors de la mani­pu­la­tion de la tige de vibrato grâce à un sillet parfai­te­ment ancré dans la tête et une stabi­lité des bois parfaite obte­nue après un séchage sérieux. Hé non les amis, quand l’ac­cord n’est pas tenu sur une guitare à vibrato à blocage, ce dernier n’est presque jamais respon­sa­ble… C’est le sillet qu’il faut accu­ser ! Comme vous pouvez l’en­tendre, le fameux effet « flut­ter » est au rendez-vous, la dispo­si­tion assez haute du vibrato par rapport à la caisse nous permet d’y aller de bon cœur.

L’ac­cès aux aigus se véri­fie sans peine, les bends jusqu’au Mi en 22e case sortent sans accroc. Le sustain géné­ral est très bon, merci l’ajus­te­ment parfait du manche dans la neck pocket ! Toutes les vibra­tions sont trans­mises de belle manière et la présence d’érable au centre de la caisse n’y est certai­ne­ment pas pour rien.

Sur le canal 3 de la tête EVH qui déchaîne la disto de l’en­fer, la guitare s’en sort bien. À nouveau, le très léger manque de préci­sion dans les graves se fait sentir surtout lors des palm mute. Cela ne déran­gera pas le hardos ou le heavy métal­leux dans son travail sidé­rur­gique mais pourra éven­tuel­le­ment titiller le djen­teux accordé en drop de La en 13/52. Dans ce cas, le chan­ge­ment de micros pour­rait poin­ter le bout de son nez ce qui est un peu dommage pour un instru­ment haut de gamme. Pour­tant, certaines marques comme Kiesel/Carvin arrivent à équi­per leurs modèles de micros proprié­taires abso­lu­ment parfaits, ce qui ne rend pas l’in­dé­pen­dance vis à vis des clas­siques Seymour Duncan ou Dimar­zio impos­sible.

gain­max
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Le rendu est très cohé­rent dans un contexte de mix. Une très légère EQ a été ajou­tée sur Cubase pour faire ressor­tir le solo dans le style de Marty Fried­man. En situa­tion de studio, la fiabi­lité de la tenue d’ac­cord et le peu de varia­tions physiques grâce aux bois parfai­te­ment maîtri­sés soula­ge­ront le musi­cien dési­reux de travailler dans de bonnes condi­tions sans devoir tripa­touiller son instru­ment tous les quarts d’heure. La guitare n’a pas été ré-accor­dée une seule fois lors de l’en­re­gis­tre­ment des exemples audio. Belle perfor­mance !

mix
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Jouée debout, l’équi­libre est sans faille. On aurait pu craindre le syndrome Gibson SG avec une tête qui plonge mais il n’en est rien malgré la grande dimen­sion de cette jolie crosse. La prise jack Swit­ch­craft semble par contre atteinte du même problème que toutes les prises dans ce style, certains câbles étant plus ou moins géné­ra­teurs de faux contacts en fonc­tion des minus­cules diffé­rences de calibres. Atten­tion de bien utili­ser des câbles équi­pés de jacks de bonne qualité sous peine d’être tout simple­ment muté en plein jeu. Ce petit souci n’est en rien inhé­rent à la qualité de la guitare, beau­coup de Vigier Exca­li­bur ou d’Ibanez Jem en sont d’ailleurs victimes.

Woman from Tokyo

Contrai­re­ment aux clichés qui entourent la marque, cette Dellin­ger assure aussi bien en ryth­mique qu’en solo et n’est pas unique­ment desti­née au shred­der chevelu (ou non). Le spectre tonal est assez large et flexible pour affron­ter tous les styles métal­liques en dépit de légères réserves concer­nant les micros Capa­ri­son. Rien de grave, mais à un tel tarif l’exi­gence est de mise. Un chan­ge­ment de kit pour du Seymour Duncan TB4 et SH1N serait parti­cu­liè­re­ment perti­nent, à chacun de déci­der en son âme et conscience. Capa­ri­son propose une vision de la guitare metal et il convient de la consi­dé­rer comme telle. L’ins­tru­ment reste un bel outil, fiable et à la luthe­rie parfai­te­ment travaillée. Plus que jamais, un test en maga­sin est conseillé, autant en ce qui concerne le manche que la tona­lité globale. Si vous avez l’op­por­tu­nité de réali­ser ce test pré-achat, appor­tez un ampli que vous connais­sez par cœur pour « entendre » la guitare. À ce niveau de qualité, c’est un peu comme les voitures de collec­tion : certaines ont des défauts mais telle­ment de charme qu’on leur pardonne tout…

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Notre avis : 7/10

  • Fabrication haut de gamme pour une lutherie parfaite
  • Finition des frettes
  • Stabilité du séchage et de l'assemblage
  • Choix des bois pertinent
  • Tenue d'accord démoniaque
  • Poids mesuré
  • Accès aux aigus
  • Étui semi-rigide superbe
  • Micros légèrement imprécis dans les graves
  • Pas de split
  • Un manche qui ne plaira pas à tout le monde
  • Tarif un peu élevé
  • Trop rare pour un essai en magasin

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