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En attendant la future workstation Kurzweil, la série PC3 a été déclinée en une version, intégrant une FlashRam pour charger les bibliothèques maison depuis le K2000 ou utilisateur, ainsi qu’une nouvelle mouture d’OS. Coup de projecteur sur cette nouvelle série PC3K.

Cela fait 20 ans tout ronds que le K2000 a été présenté aux musi­ciens par Kurz­weil. Révo­lu­tion tech­no­lo­gique, monstre de synthèse, archi­tec­ture ouverte, le K2000 prend en 1992 une avance consi­dé­rable sur les works­ta­tions du moment, beau­coup moins perfor­mantes. Kurz­weil va alors faire évoluer sa tech­no­lo­gie et son OS sans véri­table rupture. Ainsi, un paquet d’an­nées plus tard, les PC3, jusque-là posi­tion­nés comme claviers de scène, héritent de nouveaux VLSI maison, gagnant les galons de véri­table works­ta­tion, repous­sant une nouvelle fois les limites de leurs prédé­ces­seurs : plus de modu­la­rité (s’il en était besoin), une modé­li­sa­tion d’os­cil­la­teurs analo­giques sans alia­sing (VA-1), une modé­li­sa­tion d’orgues à roues phoniques amélio­rée (KB3), un proces­seur d’ef­fets haut de gamme survi­ta­miné (KSP8 / KDFX). La banque sonore s’est aussi étof­fée pendant toutes ces années, sans pour autant renier le passé, chaque nouveau modèle restant plus ou moins compa­tible avec les précé­dents.

Kurzweil PC3K

Mais la série PC3 a déjà 3 ans et manque un peu d’ou­ver­ture vers l’ex­té­rieur, surtout au plan de la gestion des samples, ne pouvant en impor­ter libre­ment de l’ex­té­rieur, en parti­cu­lier le format maison ; en atten­dant que Kurz­weil ne fran­chisse une nouvelle barrière tech­no­lo­gique, la série PC3K a donc la lourde tâche de rafrai­chir la gamme. Il s’agit d’une petite évolu­tion, inté­grant de la mémoire perma­nente pour permettre de char­ger des échan­tillons compa­tibles. En paral­lèle, l’OS de la série PC3 / PC3K a pas mal évolué avec l’ar­ri­vée de la V2, appor­tant son lot de fonc­tion­na­li­tés et de correc­tions de bugs. La version actuelle est la 2.03 mais nous avons testé un PC3K6 équipé de la 2.10 bêta. Voyons si les atouts de cette évolu­tion sont suffi­sants pour lutter contre une concur­rence, en parti­cu­lier un certain Kronos (certes plus cher), qui a pris la tête du cortège des synthés-works­ta­tions. Une dernière remarque avant de plon­ger dans la VASTi­tude : nous sommes repar­tis du test initial du PC361que nous avons fait évoluer en grande partie, plutôt que s’amu­ser à poin­ter les amélio­ra­tions, dans la mesure où la V2 concerne toute la série. 

[Edition de mars 2013 – Nous venons de mettre la main sur la carte Rom d’ex­ten­sion enfin dispo­nible ; une section spéci­fique lui est dédiée, ainsi que de nouveaux exemples sonores].

Bel objet

Kurzweil PC3K

La gamme PC3K est décli­née en 3 modèles : le PC3K6 (clavier 61 touches légè­re­ment lestées Fatar TP9), le PC3K7 (clavier 76 touches semi-lestées Fatar TP8) et le PC3K8 (clavier 88 touches lourdes Fatar TP40L). Tous sont dyna­miques et répondent à la pres­sion. Le PC3K6 testé reprend en grande partie la solide carcasse métal­lique clas­sieuse du PC361, cette fois de couleur noire, couverte des mêmes commandes. Les flancs en bois avec alumi­nium serti renforcent la sensa­tion de haute qualité de construc­tion. La séri­gra­phie jaune, blanc et bleu est du plus bel effet et facile à lire. Sur la gauche, après le curseur de volume, on trouve 9 longs curseurs et 9 boutons pous­soirs dédiés aux commandes en temps réel des para­mètres internes ou de modules externes (fonc­tions clavier maître très pous­sées), selon des réglages mémo­ri­sés avec chaque programme / Setup. Le choix du chiffre 9 se justi­fie par la modé­li­sa­tion d’orgues à roues phoniques avec tirettes harmo­niques, dont nous repar­le­rons plus tard. Les modes de jeu / édition et le trans­port du séquen­ceur se commandent par le pavé situé à gauche de l’écran. Ce dernier, pas des plus modernes, est de type LCD mono­chrome rétro éclairé bleu fluo 240 × 64 points à contraste et lumi­no­sité réglables. À sa droite, 2 pavés tota­li­sant 40 boutons placés autour d’un gros enco­deur permettent de navi­guer faci­le­ment dans les diffé­rentes banques sonores par caté­go­rie et numéro de programme, ou encore d’en­trer les valeurs numé­riques du para­mètre en cours d’édi­tion. Côté contrô­leurs, on trouve 2 molettes et 2 boutons à gauche du clavier, l’un dédié à l’ar­pé­gia­teur et l’autre assi­gnable à une fonc­tion interne ou CC Midi. 

Kurzweil PC3K

Le clavier 61 touches plas­tiques Fatar TP9 de ce PC3K6 est légè­re­ment lesté, sensible à la vitesse de frappe et à la pres­sion. Il offre une réponse assez light mais franche, en tout cas pas de quoi s’user préma­tu­ré­ment les doigts. Si on tape très fort, il a assez tendance à émettre un bruit un peu toc. Par ailleurs, on aurait appré­cié une série de rota­tifs et quelques pads, qui auraient fait du PC3K un clavier de commande exem­plai­re… À l’ar­rière, c’est un véri­table gruyère : borne pour prise secteur (alimen­ta­tion interne commu­table manuel­le­ment en 120 ou 240 V, merci !), prise casque, 2 paires de sorties stéréo symé­triques jack TRS (conver­sion N/A 24 bits), 2 prises pour contrô­leurs (Breath et ruban), 5 prises pour pédales (2 de type continu et 3 de type inter­rup­teur), une sortie numé­rique coaxiale (AES ou S/P-Dif) avec entrée jume­lée pour synchro numé­rique, 2 potards pour le réglage de l’écran (lumi­no­sité et contraste), un trio Midi (avec Out/Thru commu­table), une prise USB1 To Host (elle fonc­tionne indif­fé­rem­ment en Midi ou disque virtuel pour le trans­fert de données) et une inter­face USB To Device pour clés ou disques pour stocker des données (programmes, séquences et OS) ou impor­ter des samples en Flash­Ram (nous y revien­drons). Cette prise USB est égale­ment capable d’au­toa­li­men­ter des péri­phé­riques néces­si­tant jusqu’à 100 mA de courant. Pour les données de masse, autant utili­ser celui-ci, car le port USB1 To Host est inca­pable d’échan­ger des fichiers de plus de 1,6 Mo avec un ordi­na­teur, donc pour tester direc­te­ment nos propres méga­banques Kurz­weil sur CD-Rom, nous avons dû repas­ser…

Enfin, l’in­té­rieur de la machine offre un slot pour Rom d’ex­ten­sion PCM de 64 Mo, afin d’étendre la pano­plie sonore d’échan­tillons. [Edition de mars 2013 : après 4 ans de déve­lop­pe­ment, la carte Kore 64 est enfin dispo­nible (cf. Hard Kore)]. Par contre côté connec­tique, pas d’en­trée audio pour trai­ter des sons externes ; dommage, il y avait de quoi faire avec les DSP internes !

Ergo­no­mie maison

Kurzweil PC3K

Les utili­sa­teurs des précé­dentes machines Kurz­weil des séries K ne seront pas dérou­tés par la prise en main du PC3K. L’écran, iden­tique à ceux des séries K2500 / K2600, repré­sente certes un progrès par rapport aux précé­dents claviers de scène Kurz­weil type PC2, mais s’avère un peu juste de nos jours ; d’au­tant que le PC3K est l’un des synthé­ti­seurs les plus profonds du marché… heureu­se­ment, l’er­go­no­mie est bonne en regard de la complexité, grâce notam­ment aux 6 touches de fonc­tion asso­ciées à une navi­ga­tion aisée entre les pages menu, avec défi­le­ment et édition type poupées russes (par exemple Setup, puis programme, puis couche, puis multi­sample, puis zone, puis sample). Lorsqu’on remonte dans la hiérar­chie d’édi­tion, la machine aver­tit si on fait des modi­fi­ca­tions néces­si­tant de sauve­gar­der les données. Les données sauve­gar­dées sont alors mémo­ri­sées avec le poin­tage vers leurs objets dépen­dants, si néces­saire. De même, des touches spéci­fiques permettent de chan­ger de couche sonore ou de canal Midi selon le mode. Bien vu !

Kurzweil PC3K

Comme toujours, les para­mètres sont expri­més dans leur véri­table unité (fréquences en Hz, temps en secondes, niveaux en dB…). Le mode Quick Access permet d’or­ga­ni­ser ses programmes / Setups par 10 pour une visua­li­sa­tion directe et un rappel instan­tané. Conju­guées aux touches de sélec­tion par caté­go­rie, banque et numéro de programme, on s’y retrouve aisé­ment parmi les 2560 programmes en mémoire. Lorsqu’on choi­sit un programme, l’écran affiche les couches sonores utili­sées ainsi qu’une indi­ca­tion approxi­ma­tive de leur tessi­ture. Une fonc­tion info permet égale­ment de visua­li­ser l’as­si­gna­tion des contrô­leurs physiques. Certes, les récentes works­ta­tions concur­rentes proposent un affi­chage graphique précis du clavier et des couches utili­sées, une repré­sen­ta­tion des profils de filtrage et des courbes d’en­ve­loppe, des diagrammes des matrices de modu­la­tion, ou encore le routage précis des multief­fets… recon­nais­sons que l’in­ter­face graphique du Kurz­weil commence un peu à dater, c’est un peu le MS-DOS à l’époque de Windows ! Mais quand on a pris l’ha­bi­tude, c’est beau­coup plus convi­vial à l’usage qu’il n’y parait de premier abord… et s’il faut, il y a l’édi­teur PC/Mac spéci­fique gratuit déve­loppé par la société Sound­To­wer, désor­mais en V2 (voir photos), compa­tible avec toute la gamme PC3 (X, K, LE).

Héri­tage sonore

Kurzweil PC3K

Ce qui nous a toujours frap­pés chez Kurz­weil, c’est la capa­cité à faire rentrer au chausse-pied des instru­ments très consom­ma­teurs dans des mémoires ridi­cules. C’est aussi la qualité des algo­rithmes de calcul du vol des voix (quand la poly­pho­nie maxi­male est atteinte), qui donne toujours l’im­pres­sion qu’il y a beau­coup plus de voix qui jouent en réalité que sur le papier. Le PC3K n’échappe pas à la règle. Les sons proviennent d’une Rom compres­sée de 64 Mo, iden­tique à celle du PC3. Pour les connais­seurs de la série PC, il s’agit de la Rom du PC2 éten­due avec de nouveaux échan­tillons de cordes stéréo. Pour les fami­liers de la série K, c’est aussi une compi­la­tion des Roms initiales de K2000/K2500/K2600/K2661, Rom Orches­tral et Contem­po­rary des K2500/K2600/K2661, Rom Triple Strike Piano et Vintage Elec­tric Piano des K2600/K2661, voix jazzy multi­sam­plées du CD-Rom Take-6… sans oublier les  fameuses « nouvelles » sections de cordes stéréo.

La musi­ca­lité de ces Roms, dont une partie est deve­nue légen­daire à travers les années, est unani­me­ment recon­nue. Le PC3K embarque plus de 1000 programmes d’usine, dont de très bons pianos acous­tiques et élec­triques, avec un coup de cœur pour les Rhodes, CP80, Wurlit­zer et Clavi­net. Les orgues modé­li­sés ont encore progressé par rapport au PC3, grâce à une section Leslie retra­vaillée permet­tant main­te­nant de magni­fiques Screa­ming de B3 qui n’ont plus rien à envier à leur concur­rence maté­rielle ou logi­cielle ; leur édition en temps réel est toujours un régal grâce aux 9 tirettes physiques et aux commandes vibrato / Leslie / percus­sions séri­gra­phiées. Décli­nées en diffé­rentes versions, les basses sont très musi­cales, rondes et faciles à mixer, avec mention spéciale aux tech­niques Pull/Slap. Les sons orches­traux ont fait la répu­ta­tion des machines Kurz­weil, le PC3K ne déroge pas à la règle, avec des ensembles prêts à conqué­rir Holly­wood. Les percus­sions sont au rendez-vous et un grand nombre de nouveaux kits sont propo­sés dans le PC3K. Fran­che­ment en retrait, il y a les guitares, en parti­cu­lier les versions acous­tiques. 

Kurzweil PC3K

Certains utili­sa­teurs avaient repro­ché à la banque du PC3 de ne pas conte­nir suffi­sam­ment de sons synthé­tiques élabo­rés. Kurz­weil a donc en partie revu sa copie, en retra­vaillant une partie de la banque et en offrant des points de départ solides pour appro­fon­dir la synthèse. La bonne nouvelle pour les clients ache­tant en France, c’est que l’im­por­ta­teur livre le PC3K avec des programmes synthé­tiques addi­tion­nels tirés de 2 excel­lentes banques déve­lop­pées par Stéphane « Barb » Garga­nigo. La première, bapti­sée Moose Attack, est orien­tée synthés analo­giques et FM des années 80 ; la seconde, Vortex, est dédiée aux modu­laires et au Wave­sha­ping. Les 2 derniers fichiers audio de ce test sont issus de ces banques, le second étant direc­te­ment pris parmi les 15 programmes offerts. Il s’agit d‘un véri­table voyage à travers l’his­toire de la synthèse, avec la reprise de sons marquants dont l’ins­pi­ra­tion n’échap­pera à personne (synchro Jarresque au Synthex, Riff Yazzoesque de Pro-One, réso­nance Kraft­wer­kienne robo­tique modu­laire, cuivres à la cuisine Italo Disco ou gros effets déjan­tés à base de DSP…).

Chaque programme est traité avec soin et tire plei­ne­ment partie de la synthèse VAST et des contrô­leurs temps réel… bref, une belle maîtrise de la bête par Stéphane et des sons direc­te­ment utiles, bravo et merci ! Au global, l’écoute du PC3K révèle une musi­ca­lité incroyable, grâce à une base d’échan­tillons cuisi­nés de main de maître par les Sound Desi­gners Kurz­weil. Mais il est certain qu’à côté des 8 gigas en strea­ming réser­vés aux 2 pianos du Korg Kronos, des sons expres­sifs SA2 des derniers Yamaha Tyros ou des programmes Super­Na­tu­ral Acous­tic du Roland JP-80, certains instru­ments de cette Rom sont aujour­d’hui large­ment concur­ren­cés. La Flash­Ram de 128 Mo prend alors tout son sens (détails ci-après), tout comme l’ex­ten­sion Rom Kore 64 dont nous allons main­te­nant parler [Edition mars 2013]. 

1newB3
00:0002:56
  • 1newB302:56
  • 2newFM01:39
  • 3new­Gui­tarE01:25
  • 4new­Po­ly­synth01:09
  • 5new­Voices01:20
  • 6new­Drums04:40
  • 7new­Pads01:26
  • 8Pia­noAc01:30
  • 9Pia­noEl01:06
  • 10Wurly01:31
  • 11Cla­vi­net00:30
  • 12CP8001:36
  • 13Brass00:39
  • 14Gui­tars01:10
  • 15Basses01:12
  • 16Strings01:13
  • 17Or­ches­tral02:27
  • 18Choirs01:14
  • 19Mel­lo­tron01:13
  • 20Synth­lead00:45
  • 21Syn­th­bass01:28
  • 22Moo­se­Full­Bank01:52
  • 23Moo­se­Prog4­Saico04:59
 
 

Hard Kore [édition mars 2013]

Il aura fallu plusieurs années de travail au R&D de Kurz­weil pour mettre au point et fina­li­ser une carte d’ex­ten­sion Rom pour toute la série PC3. Comme son nom le laisse entendre, la Kore 64 embarque 64 Mo d’échan­tillons acous­tiques et élec­tro­niques. Ce chiffre peut sembler bas, mais les ingé­nieurs de chez Kurz­weil sont répu­tés pour avoir fait entrer un orchestre sympho­nique dans une boîte d’al­lu­mettes. L’ins­tal­la­tion de la Kore 64 est entiè­re­ment réali­sable par l’uti­li­sa­teur. Tout commence par une mise à jour de l’OS (2.20 mini­mum), opéra­tion au cours de laquelle les objets sont mis à jour (keymaps, programmes, setups, patterns…). Ensuite, il suffit d’en­le­ver une trappe située sous la machine pour instal­ler la carte comme une vulgaire barrette SIMM. Sur la série K, la Flash­Ram est déjà présente dans l’un des 2 slots dispo­nibles ; la Kore 64 s’ins­talle juste à côté, après avoir bien pris soin de posi­tion­ner un petit jumper en fonc­tion de la version du PC (série 3K ou 3) et de nettoyer les connec­teurs en or avec l’an­ti­oxy­dant fourni dans le carton. Au bout de quelques minutes, l’opé­ra­tion est réali­sée et après véri­fi­ca­tion que tout s’est bien passé, le PC3K6 est prêt à rugir.

Kurzweil PC3K Kore 64 Extension

La Kore 64 ajoute aux son de base 337 Presets, ainsi que 50 Setups et 452 Patterns ryth­miques. Au menu, des synthés vintage, des cuivres, des guitares élec­triques et des percus­sions acous­tiques d’ex­cel­lente qualité et très inspi­rants. Avec plus de 100 programmes, les sons de synthés occupent une place de choix dans ce nouvel arse­nal. Ils sont basés sur des échan­tillons d’ARP Chroma, de SEM Oberheim, de TX802 Yamaha, de Casio CZ1 et d’ondes de précé­dentes machines Kurz­weil : un judi­cieux complé­ment de sons issus de synthèses variées : analo­gique mono et poly­pho­nique, FM et distor­sion de phase. Ces sons sont orien­tés hip-hop, house, trance et élec­tro ; certains programmes sont modi­fiables en tempo à l’aide des contrô­leurs physiques. Viennent ensuite des sons de guitares élec­triques mythiques, les Stra­to­cas­ter Fender et Les Paul Gibson. On appré­cie les diffé­rentes arti­cu­la­tions de jeu qui ajoutent un réalisme accru aux instru­ments et une couver­ture de style très large ; rien à voir avec les sons de base. Une mando­line et un banjo sont aussi de la partie, surtout utiles pour la coun­try et la variété.

Le troi­sième volet de la Kore 64 est dédié aux bois et aux cuivres ; on y trouve diffé­rents types de saxes (alto, ténor, bary­ton), des trom­pettes et des trom­bones, en solo ou en section. Là encore, un soin parti­cu­lier a été mis dans les diffé­rentes arti­cu­la­tions et la manière de les contrô­ler en temps réel, notam­ment par la pres­sion. Des sons à l’aise dans les styles funk, jazz, R&B et rock. Enfin, une large partie de la Rom est dédiée aux kits de percus­sions acous­tiques, élec­tro­niques et ethniques. On trouve des kits dyna­miques stéréo complets de marques célèbres de batte­ries telles que Ludwig, Pearl, Yamaha, DW, Rogers et Gretsch. Au rayon cymbales, c’est un flori­lège de chez Zildjian, Paiste et Sabian. Forte de ses 70 nouveaux kits contrô­lés avec les curseurs situés en façade, cette section est vrai­ment spec­ta­cu­laire et vient décu­pler le volume d’échan­tillons de percus­sions d’ori­gine. Bref, cette Rom est un atout de tout premier choix pour les PC3K / PC3, d’au­tant qu’elle est propo­sée à un tarif raison­nable.

PC3K­Ko­re64 Bass&Lead
00:0001:02
  • PC3K­Ko­re64 Bass&Lead 01:02
  • PC3K­Ko­re64 Brass 00:58
  • PC3K­Ko­re64 Drums Ac 02:08
  • PC3K­Ko­re64 Drums El 00:51
  • PC3K­Ko­re64 Drums Et 01:53
  • PC3K­Ko­re64 EG Laisse Polo 01:34
  • PC3K­Ko­re64 EG Strat 01:34
  • PC3K­Ko­re64 Mando&Banjo 00:37
  • PC3K­Ko­re64 Marim­bas 00:54
  • PC3K­Ko­re64 Pads clas­sics 01:07
  • PC3K­Ko­re64 Pads soft 01:18
  • PC3K­Ko­re64 Stacks 01:23
 

VAST terri­toires

Kurzweil PC3K

Le PC3K est une works­ta­tion ultra puis­sante poly­pho­nique 128 voix sur 16 canaux multi­tim­braux, dont la partie synthèse repose sur une lecture d’échan­tillons très avan­cée et 2 types de modé­li­sa­tions : analo­gique et orgues à roues phoniques (voir  Synthèse VA-1 et Modé­li­sa­tion KB3 ci-après). La synthèse VAST a vu le jour il y a 20 ans sur le K2000. Il s’agit d’une synthèse modu­laire, permet­tant d’uti­li­ser diffé­rents DSP audio (oscil­la­teurs, filtres, Shapers, distor­sions, synchro… au total 47 DSP diffé­rents) combi­nés en algo­rithmes et de modu­ler le tout avec un paquet d’ou­tils (enve­loppes, LFO, géné­ra­teurs de signal, CC Midi, contrô­leurs physiques). L’ap­proche VAST s’est encore appro­fon­die sur le K2600, multi­pliant les possi­bi­li­tés de trai­te­ment en utili­sant jusqu’à 3 couches de modules. Avec les PC3 / PC3K, nous sommes passés à la Dyna­mic VAST, capable d’uti­li­ser une cascade de 32 couches de modules DSP, chacune dispo­sant d’al­go­rithmes indé­pen­dants. Une couche consomme 1 ou 2 voix de poly­pho­nie (multié­chan­tillon mono ou stéréo), donc les trai­te­ments les plus radi­caux font appel à plusieurs couches casca­dées, grap­pillant les voix avec gour­man­dise. Chaque couche fait ainsi appel à un multi­sample qui passe dans un algo­rithme, c’est-à-dire un arran­ge­ment de modules DSP. Par exemple, un ensemble Pitch / forme d’onde / filtre / Shaper / Ampli. Il y a 28 algo­rithmes initiaux et 38 algo­rithmes pour les cascades. Les blocs DSP Pitch et Ampli sont toujours présents au début et à la fin de la chaîne d’un algo­rithme. Le Pitch gère la hauteur (accor­dage gros­sier et fin), le tracking clavier et le tracking par la vélo­cité. L’Am­pli gère les mêmes variables appliquées au volume.

Kurzweil PC3K

Mais la synthèse Dyna­mic VAST, c’est aussi la possi­bi­lité de créer ses propres algo­rithmes de modules DSP, jusqu’à 4 par couche suivant la complexité des modules que l’on souhaite utili­ser, en plus des modules Pitch et Ampli. Un module DSP de forme d’onde clas­sique (avec alia­sing) occupe 1 unité, une onde VA-1 (sans alia­sing) prend 2 unités, alors qu’un filtre 4 pôles réso­nant avec sépa­ra­tion en consomme 4. Chaque module DSP dispose de 1 ou 2 entrées et 1 ou 2 sorties. On peut donc connec­ter un module vers (ou depuis) 1 ou 2 autres modules. Cette connexion peut se faire avec n’im­porte quel module DSP dans la chaîne, pas forcé­ment avec les modules adja­cents, permet­tant ainsi des combi­nai­sons en série et en paral­lèle. C’est énorme ! Et n’ou­blions pas que tout cela est pour une seule couche et qu’un programme peut en comprendre 32, mons­trueux ! Chaque couche dispose d’un mode de jeu (mono / poly avec porta­mento / legato), une fenêtre de tessi­ture et de vélo­cité, un sens de lecture des échan­tillons, un délai, des para­mètres de réponse aux contrô­leurs physiques, des départs effets, un niveau de sortie, un pano­ra­mique, un cross­fa­de… et un riff Midi (séquence assi­gnable, voir ci-après). Mais ce n’est pas tout…

Synthèse VA-1

Kurzweil PC3K

La synthèse VA-1 hérite du synthé proto­type du même nom présenté par Kurz­weil en 2004. Hélas, en pleine tour­mente finan­cière, la société n’avait pu aller au-delà de cette étape. Au lance­ment du PC3, le marché des synthés VA purs semblait mori­bond, ce qui n’avait pas empê­ché Kurz­weil de réin­tro­duire une partie de sa tech­no­lo­gie VA dans sa machine. Ce choix prend aujour­d’hui tout son sens, alors que l’offre de synthés VA semble repar­tir et que les nouvelles works­ta­tions telles que le Kronos multi­plient les moteurs de synthèse. Kurz­weil a donc choisi d’in­té­grer les oscil­la­teurs du VA-1 dans ses blocs d’al­go­rithmes. Ce choix est tout à fait judi­cieux, pour plusieurs raisons : d’abord parce que la synthèse VAST dispose déjà de tous les algo­rithmes néces­saires à la synthèse sous­trac­tive : filtres réso­nants ultra sophis­tiqués, enve­loppes pêchues, LFO complexes avec synchro, proces­seurs mathé­ma­tiques, géné­ra­teurs de rampe, matrices de modu­la­tion… plus qu’il n’en faut.

Ensuite, parce que les oscil­la­teurs numé­riques d’ori­gine, qui préfi­gu­raient déjà la synthèse à modé­li­sa­tion analo­gique au début des années 90 sur le K2000, souf­fraient d’un gros défaut : l’alia­sing ! Impos­sible d’uti­li­ser ces oscil­la­teurs dans les octaves supé­rieures sans être envahi d’in­fâmes gargouillis numé­riques. Avec les nouveaux modules KVA, Kurz­weil a défi­ni­ti­ve­ment réglé ses comptes avec l’alia­sing : enfin débar­rassé de tout arte­fact audio, le signal est pur jusqu’aux octaves les plus élevées et ça sonne magni­fique­ment bien !

Kurzweil PC3K

Le PC3K propose donc 22 types d’os­cil­la­teurs KVA : 11 modèles de haute qualité avec anti-alia­sing et 11 modèles sans, ces derniers étant moins modu­lables mais jusqu’à 4 fois moins gour­mands en ressources DSP. Les oscil­la­teurs anti-alia­sing occupent de 1 à 8 blocs DSP, soit 2 Layers pour certains. Morale de l’his­toire, pour créer un synthé « type VA clas­sique » à 2 oscil­la­teurs avec synchro et filtre, il va falloir empi­ler 3 à 4 couches sonores, dont certaines ne seront pas utili­sées à fond. Une approche simili-modu­laire un peu complexe, on aurait souhaité avoir des gaba­rits simpli­fiés, mais Kurz­weil est appa­rem­ment resté sourd à nos demandes faites il y a 3 ans en la matière. Sound­To­wer ne fait pas d’ailleurs pas beau­coup mieux avec son éditeur. Certains blocs VA-1 sont capables de géné­rer des ondes Super­saw ou Triple Saw modu­lées ; d’autres, de la FM par combi­nai­son de blocs ; d’autres encore, de faire de la synchro d’ondes (Hard Sync); d’autres enfin, de réali­ser du morphing en temps réel entre une onde dent de scie et une onde sinus ; il s’agit bien là d’un véri­table morphing tout en douceur des harmo­niques, pas d’un simple cross­fade. Une section qui mérite vrai­ment d’être exploi­tée à fond !

Import – export

Kurzweil PC3K

Outre l’in­ter­face USB To Device, le prin­ci­pal élément de diffé­ren­cia­tion de la série PC3K par rapport à la série PC3 est la Flash­Ram inté­grée de 128 Mo, permet­tant d’im­por­ter des échan­tillons externes (format WAV et AIFF), ainsi que toutes les banques Kurz­weil (format KRZ, K25, K26, PC3). La conver­sion des samples et Keymaps Kurz­weil des séries K2000 se fait à 100%, mais elle tombe à 80% pour les programmes et Setups. Certains para­mètres seront ainsi igno­rés : le Sample Skip (permet­tant, sur les K2500/K2600, de trans­po­ser les samples au-delà de 1 octave vers le haut), les programmes KB3 (pour les K2500/K2600/K2661), les programmes Triple Mode (pour les K2600/K2661) et les para­mètres d’ef­fets (pour tous les K). Pour ces derniers, c’est vrai­ment déce­vant, parce qu’il va falloir se taper toute la repro­gram­ma­tion des effets ; le K2600, lui, était capable de conver­tir auto­ma­tique­ment les effets du DSP Digi­tech origi­nel des K2000 / K2500 ; on aurait donc aimé qu’il en soit ainsi pour le PC3K vis-à-vis du KDFX !

Pour ne pas partir de zéro, Kurz­weil offre des banques gratuites télé­char­geables depuis son site : un fichier de compa­ti­bi­lité avec la Rom du K2661 (12 Mo) et deux fichiers tirés de fameuses banques Kurz­weil sur CD-Rom : SynthS­capes (4 fichiers tota­li­sant 90 Mo) et Take 6 (19 Mo). Cela repré­sente un total 121 Mo de samples, de quoi remplir pratique­ment toute la Flash­Ram, après plusieurs dizaines de minutes, car le char­ge­ment et la « recons­ti­tu­tion » des banques prend du temps. Mais une fois en mémoire, ces banques ne ralen­tissent abso­lu­ment pas le temps de boot du PC3K, infé­rieur à 15 secondes ! Quelle que soit la haute qualité de ces banques, on ne peut toute­fois s’em­pê­cher de faire la compa­rai­son avec les méga­banques Yamaha pour Motif XF ; et puis, 128 Mo de Flash­Ram contre les 2 Go du Motif XF, certes option­nels, ça fait un bel écart… sans parler du strea­ming du Kronos sur des banques de plusieurs Go, certains ayant fait tour­ner des SSD jusqu’à 128 Go ; le jour où il sera ouvert aux samples utili­sa­teurs, ça fera très mal…

Kurzweil PC3K

Depuis l’OS 2.03, les PC3 disposent désor­mais d’un éditeur de Keymap, permet­tant de créer des multi­samples utili­sa­teur, le PC3K étant capable de combi­ner indif­fé­rem­ment des samples en Rom ou en RAM, avec une limite de trans­po­si­tion de 1 octave vers le haut. Un Keymap possède plusieurs zones clavier, chacune compre­nant un sample avec sa tessi­ture (sans chevau­che­ment possible au sein d’un même Keymap), sa fenêtre de vélo­cité (8 plages consé­cu­tives), sa trans­po­si­tion, son accor­dage et son volume. Mais ce n’est pas tout, puisque les samples en Rom ou en RAM sont éditables à leur tour, avec 2 pages de para­mètres. La première est dédiée aux para­mètres géné­raux : note racine, pitch, volume, point de départ alter­na­tif, déclin, release, bouclage, sens de lecture (avant, arrière, bidi­rec­tion­nel) ; la seconde est dédiée aux 4 para­mètres de Trim : 3 points de lecture (début, alter­na­tif, fin) et 1 point de bouclage. L’édi­tion est de type graphique, avec zoom de temps et d’am­pli­tude immé­dia­te­ment dispo­nible avec les touches de fonc­tion situées sous l’écran. En revanche, il n’y a pas d’édi­tion pous­sée des samples utili­sa­teur au cœur de la forme d’onde elle-même, genre chan­ge­ment de pitch, compres­sion / expan­sion tempo­relle, décou­page en tranches, contrai­re­ment aux works­ta­tions de la série K2000… il faudra pour cela utili­ser un éditeur externe, mais pas celui four­ni…

Modé­li­sa­tion KB3

Kurzweil PC3K

Le mode KB3 est dédié à la modé­li­sa­tion d’orgues à roues phoniques, tels que le B3 Hammond, mais aussi les orgues combo type Vox ou Farfisa. EN KB3, il n’y a pas de couche sonore comme dans un programme clas­sique ; par ailleurs, la poly­pho­nie est totale sur un programme KB3, la poly­pho­nie restante pour les autres programmes étant fonc­tion du nombre de roues phoniques utili­sées par le programme KB3 : par exemple, le B3 utilise 91 roues phoniques, dont 12 pour les basses. Sur le PC3K, 2 roues consomment 1 voix de poly­pho­nie, à laquelle on ajoute 1 voix pour le click. Si on utilise 79 roues, on consomme donc (79+1)/2 = 40 voix en perma­nence. Il en reste alors 128–40 = 88 pour les autres programmes clas­siques. Bon, finis les maths ! Il y a en fait 2 ensembles de roues (infé­rieur et supé­rieur), l’un utili­sant des ondes numé­riques géné­rées, l’autre des échan­tillons en Rom / Flash­Ram au choix (le mieux étant d’uti­li­ser des sons bouclés). Ceci permet d’uti­li­ser d’autres sons que des sons d’orgues, ce qui peut donner des résul­tats inté­res­sants (passer des voix ou des cordes dans des roues phoniques !).

Diffé­rents types d’orgues sont possibles, simu­lant des modèles plus ou moins anciens ou entre­te­nus. Les 9 tirettes harmo­niques peuvent être désac­cor­dées, ce qui permet d’al­ler au-delà des tradi­tion­nels pieds (16’, 5 1/3’, 8’, 4’, 2 2/3’, 2’, 1 3/5’, 1 1/3’, 1’). La percus­sion possède 2 pages d’édi­tion à elle seule : volume, decay, harmo­nique, tracking clavier, contrôle via 2 tirettes harmo­niques, avec contrôles sépa­rés pour la percus­sion Soft et Loud. Une page supplé­men­taire est dédiée au click, qui ajoute un bruit carac­té­ris­tique sur les attaques de notes. On peut là aussi contrô­ler volume, attaque, déclin, tracking, seuil de redé­clen­che­ment et effet aléa­toire.

Kurzweil PC3K

Ce n’est pas tout, puisqu’on va pouvoir para­mé­trer le Leakage, c’est-à-dire l’ef­fet d’in­duc­tion de signal entre les roues adja­centes, encore appe­lée « Bleed ». Cela permet de salir le son de façon bien plus réaliste qu’avec des samples, puisque l’ef­fet ne varie pas linéai­re­ment par rapport au tracking clavier. Là encore, diffé­rents modèles d’orgues sont repro­duits, suivant les compo­sants origi­nel­le­ment utili­sés. Enfin, on peut vernir le signal avec un vibrato, un chorus et un EQ. Reste alors à envoyer le tout dans le proces­seur d’ef­fets. Rien de tel qu’une chaîne vibrato + chorus + distor­sion + Leslie + simu­la­teur de cabi­net avec plus de 40 para­mètres éditables !

Côté perfor­mance live, le mode KB3 tire plei­ne­ment partie de la section de commandes temps réel de la partie gauche du panneau avant : non seule­ment les 9 faders repro­duisent le contrôle du volume des 9 tirettes harmo­niques sur 8 ou 128 valeurs, mais les 9 boutons situés juste au-dessus permettent d’in­tro­duire des modu­la­tions : vitesse de la simu­la­tion Leslie, vibrato (lent, rapide, chorus), percus­sion (marche, volume, decay, harmo­nique). Des CC Midi permettent de comman­der ces para­mètres, en plus de la pédale d’ex­pres­sion, du niveau de click et du Leakage. Impres­sion­nant ! Côté son, le mode KB3 a fait d’énormes progrès par rapport à sa première appa­ri­tion il y a 15 ans. La version 2.03 de l’OS a apporté des amélio­ra­tions remarquables sur la simu­la­tion de Leslie, comme en témoignent les nombreux nouveaux programmes déve­lop­pés (cf. exemples audio). Cette fois, le KB3 est large­ment capable de riva­li­ser avec la concur­rence.

Modu­la­tions à l’in­fini

Kurzweil PC3K

Les machines Kurz­weil sont répu­tées pour leurs capa­ci­tés de modu­la­tions excep­tion­nelles. Le PC3K n’échappe pas à la règle, un vrai régal pour les spéléo­logues de la synthèse. Quels que soient les DSP utili­sés dans les algo­rithmes, on peut en modu­ler les para­mètres en temps réel (contrô­leurs physiques ou sources de synthèse). Ceci se fait habi­tuel­le­ment avec 2 sources distinctes, dont l’une est elle-même contrô­lable par une autre source entre 2 valeurs extrêmes. Les desti­na­tions sont multiples et abso­lu­ment exhaus­tives : 2 LFO, 2 ASR, 4 FUN, 3 enve­loppes (dont une attri­buée au volume), tous les contrô­leurs physiques, les CC Midi… Les LFO peuvent se synchro­ni­ser à l’hor­loge Midi ou oscil­ler entre 2 valeurs extrêmes contrô­lables (jusqu’à 24 Hz, là on aurait aimé plus !). Ils offrent 44 formes d’onde plus ou moins complexes et un réglage de phase. Les ASR sont des enve­loppes à 3 temps (0 à 30 secondes) qui peuvent se boucler, histoire de modu­ler des para­mètres sans mono­po­li­ser les grosses enve­loppes.

Pour­sui­vons avec les FUN, qui permettent de mélan­ger 2 signaux pour en fabriquer un troi­sième, suivant 52 diffé­rentes fonc­tions mathé­ma­tiques : addi­tion, sous­trac­tion, moyennes, compa­rai­son, valeurs abso­lues, quan­ti­sa­tion, fonc­tions trigo­no­mé­triques, fonc­tions booléen­nes… de quoi réjouir tous les bouton­neux des classes prépa scien­ti­fiques. Enfin, les 3 enve­loppes offrent 7 segments (temps et niveaux) modu­lables, avec tracking clavier et de nombreuses possi­bi­li­tés de bouclage entre les diffé­rents segments. Un para­mètre « Impact » permet de boos­ter les 20 premières milli­se­condes de l’en­ve­loppe de volume afin d’ajou­ter du punch au son, idéal pour les attaques rapides. Repre­nons notre respi­ra­tion, parce que ça conti­nue… 

KSP8 inside

Le proces­seur d’ef­fets du PC3K repose sur le KSP8, hérité du DSP KDFX déve­loppé à l’ori­gine comme option pour le K2500 et inté­gré au K2600. Ce proces­seur dédié était d’une très grande puis­sance et d’une très haute qualité sonore, à tel point que certains ache­taient des K2500R équi­pés de KDFX pour les utili­ser en proces­seur dédié. Le KSP8 est en gros un double KDFX, le proces­seur du PC3K étant lui-même un peu plus qu’un KSP8. Mais l’équi­va­lence est telle que le mode d’em­ploi du PC3K ne se donne même pas la peine de détailler les effets et nous renvoie vers le manuel du KSP8, bon…

Kurzweil PC3K

En puis­sance d’ef­fets, seul le Kronos de Korg riva­lise à ce jour avec le PC3/PC3K. Sur le PC3K, chaque programme offre une chaîne d’ef­fets d’in­ser­tion et deux chaînes d’ef­fets auxi­liaires, avec envois réglables. Les effets d’in­ser­tion s’ap­pliquent soit à tout le programme, soit à certaines couches au choix, utili­sant jusqu’à 11 bus. Chaque chaîne d’ef­fets auxi­liaire peut être appliquée avant ou après effets d’in­ser­tion, ce qui offre une souplesse incroyable de routage. Une chaîne peut conte­nir jusqu’à 16 boîtes d’ef­fets distinctes et 15 points de modu­la­tion à choi­sir parmi tous les para­mètres d’ef­fets. Parmi les sources de modu­la­tion, on trouve 2 LFO, 2 ASR et 4 géné­ra­teurs de fonc­tions mathé­ma­tiques, tout cela spéci­fique aux effets, impres­sion­nant ! L’édi­teur permet d’ajou­ter / suppri­mer des blocs d’ef­fets à n’im­porte quel endroit de la chaîne, la seule limite étant la puis­sance totale du DSP (16 unités), donc la complexité de chaque effet (1 à 8 unités, les plus fréquents consom­mant 1 à 3 unités).

Au programme : réverbes, délais (simples, multiples), EQ (graphiques / para­mé­triques), proces­seurs de dyna­mique (compres­seurs, expan­deurs, gates simples ou multi­bandes), ensembles (chorus, flan­ger), filtres, distor­sions, Leslie / tremolo / auto­pan, modu­la­teurs en anneau, le tout en mono ou stéréo. Four­nis par le construc­teur comme base de départ, 745 chaînes d’ef­fets, 481 effets Presets, 212 algo­rithmes, chacun dispo­sant de plusieurs dizaines de para­mètres. Côté son, on est au niveau des meilleurs proces­seurs dédiés, genre Lexi­con PCM ou DSP Even­tide, du très grand art ! Là où le PC3K enfonce le clou, c’est dans ses modes multi­tim­braux (Setup ou Song). Dans ces modes, chaque piste offre une chaîne indé­pen­dante de multief­fets d’in­ser­tion. À noter que chaque effet consomme une certaine quan­tité de ressources DSP et qu’il est néces­saire d’ar­bi­trer entre les « gros » et les « petits » effets. Les 2 bus auxi­liaires sont, eux, communs au programme spéci­fié. À noter qu’il est possible d’écra­ser les valeurs de départ et les réglages pré/post stockés dans les programmes, afin d’af­fi­ner les réglages. Enfin, le PC3K propose une dernière chaîne en sortie prin­ci­pale, compo­sée d’un EQ et d’un compres­seur, dont l’ordre est para­mé­trable. Ah si seule­ment le PC3K avait eu des entrées audio !

Vitesse démul­ti­pliée

Kurzweil PC3K

Le PC3K est multi­tim­bral 16 canaux. Pour le jeu, c’est le mode Setup qu’il convient d’uti­li­ser pour gérer 16 zones Midi indé­pen­dantes en émis­sion / récep­tion. Les faders permettent de mélan­ger rapi­de­ment les volumes et autres para­mètres program­més dans la matrice de modu­la­tion, tandis que la couleur des diodes de la rangée de 9 boutons indique le statut des canaux (joués / mutés, le neuvième bouton permet­tant d’al­ter­ner entre les canaux 1–8 et 9–16). Pour chaque canal, on mémo­rise le programme, le canal Midi, la desti­na­tion de l’émis­sion (Midi, USB, locale), la tessi­ture, la fenêtre de vélo­cité, le pano­ra­mique, le niveau, les routages vers les effets (avec écra­se­ment possible des para­mètres réglés en mode programme). On trouve aussi tout ce qui concerne la réponse aux contrô­leurs physiques : Pitch­bend, molette de modu­la­tion, curseurs linéaires, pédales, pres­sion, contrô­leur de souffle, switch assi­gnable, contrô­leur à ruban… l’édi­teur s’avère à ce stade d’une aide précieuse pour visua­li­ser les diffé­rentes couches sonores ou les mélan­ger.

Kurzweil PC3K

C’est dans le mode Setup que se règlent les arpé­gia­teurs. Chaque canal a le sien, qui peut comman­der les programmes internes ou des modules externes via Midi. On trouve diffé­rents modes de jeu : haut, bas, alterné, ordre joué, aléa­toire, Shuffle, Walking, avec ou sans glis­san­do… la vélo­cité et la pres­sion peuvent modu­ler le son. Après chaque cycle, la hauteur des notes peut être déca­lée. Lorsqu’on relâche les notes, on peut produire diffé­rentes actions : stop­per, conti­nuer, ajou­ter des notes… de quoi se perdre, sans toute­fois ne jamais s’en­nuyer. Bien évidem­ment, diffé­rentes signa­tures tempo­relles sont prévues et tout ce beau monde se synchro­nise en Midi.

Au-delà des arpé­gia­teurs, il est aujour­d’hui fréquent de trou­ver des patterns ryth­miques sur les works­ta­tions et le PC3K n’échappe pas à la règle. Chaque canal offre un motif ryth­mique indé­pen­dant, baptisé riff. Un riff est importé à partir des pistes du séquen­ceur. On peut ainsi choi­sir quelles pistes doivent jouer, les synchro­ni­ser au tempo, les déclen­cher, les trans­po­ser (ou non), voire les déca­ler dans le temps, avec ou sans vélo­cité. Tout cela se fait dans une zone de tessi­ture à défi­nir. Au global, le mode Setup offre 2560 empla­ce­ments utili­sa­teur dont 150 pré-program­més d’usine, permet­tant de jouer 16 canaux, de pilo­ter 16 canaux Midi externes, tout en lançant 16 arpèges et 16 motifs. Ça, c’est du lourd !

Séquen­ceur quasi inchangé

Kurzweil PC3K

Le Mode Song place le PC3K au centre d’un arse­nal Midi et infor­ma­tique, grâce à sa prise USB. La réso­lu­tion du séquen­ceur culmine à 960 bpqn, ce que nous nous sommes empres­sés de ne toujours pas véri­fier ! La mémoire est sauve­gar­dée à l’ex­tinc­tion de la machine, Kurz­weil étant la première marque à notre connais­sance à permettre cela, depuis le K2000. Nous applau­dis­sons des 2 mains ! La machine travaille sur 16 canaux Midi. Chaque piste offre les réglages clas­siques de volume, pano­ra­mique, tessi­ture, avec filtrage des contrô­leurs physiques.

La capa­cité maxi­male est de 220.000 événe­ments, soit 110.000 notes. Côté enre­gis­tre­ment et édition, on trouve les clas­siques du genre : punch in et out, mode boucle et over­dub, quan­ti­sa­tion à l’en­trée et à la sortie, enre­gis­tre­ment multi­ca­nal, édition d’évè­ne­ments, copie / suppres­sion de parties, compa­rai­son de la séquence initiale / éditée… La version 2.03 de l’OS ajoute le mode Unloop emprunté aux séries K, permet­tant d’étendre auto­ma­tique­ment l’en­re­gis­tre­ment de pistes déjà bouclées quand on enre­gistre une piste plus longue (sorte d’ex­ten­sion auto­ma­tique de l’en­re­gis­tre­ment), les connais­seurs appré­cie­ront… L’édi­tion a toute­fois pas mal vieilli, comparé aux grands écrans graphiques que l’on trouve à la concur­rence. À l’usage, on aura même du mal à oublier son séquen­ceur logi­ciel préféré. Comme tous les objets en mémoire, le mode Song offre jusqu’à 2560 empla­ce­ments utili­sa­teur, de quoi voir venir…

Télé­char­gez les fichiers sonores : flac.zip

Conclu­sion

Avec le PC3K et la version 2 de l’OS, Kurz­weil apporte une nouvelle touche (finale ?) à sa gamme, avec ce qui lui faisait vrai­ment défaut : l’ou­ver­ture aux échan­tillons utili­sa­teur grâce à la Flash­Ram inté­grée. La qualité de construc­tion est encore amélio­rée, avec une très belle fini­tion jusque dans le trai­te­ment des flancs. Certains programmes d’usine ont été retra­vaillés par rapport au PC3, en parti­cu­lier le mode KB3, devenu très convain­cant. La modé­li­sa­tion VA n’est pas en reste, avec des programmes de synthèse revi­si­tés, accom­pa­gnés d’ex­cel­lents bonus pour ceux qui ont la bonne idée de se four­nir en France. L’édi­tion, toujours aussi abys­sale, est plus simple qu’il n’y paraît, même si l’in­ter­face date un peu. La qualité sonore, basée sur une Rom loin d’af­fi­cher des Giga-octets de sample, reste tout à fait robuste et d’une grande musi­ca­lité. D’au­tant que l’ou­ver­ture aux samples utili­sa­teurs et aux banques Kurz­weil (même si la conver­sion est partielle) permet judi­cieu­se­ment d’étendre la pano­plie sonore. Au final, le PC3K est un très bel instru­ment, encore plus works­ta­tion que clavier de scène, à l’aise dans tous les envi­ron­ne­ments où la musi­ca­lité doit primer.

9/10
Points forts
  • Musicalité globalement excellente
  • Qualité audio top niveau
  • Connectique très complète
  • FlashRam 128 Mo intégrée
  • Compatibilité avec les banques série K
  • Possibilité d’importer des samples et d’éditer certains paramètres
  • Synthèse modulaire très poussée
  • Oscillateurs à modélisation analogique VA-1 sans aliasing
  • Modélisation d’orgues KB3 améliorée
  • Qualité et puissance des multieffets
  • Arpégiateurs et motifs multitimbraux
  • Séquenceur en mémoire permanente
  • Polyvalence studio / scène
  • Excellent clavier de commandes
  • Belle qualité de construction
  • Editeur PC/Mac inclus
Points faibles
  • Rom et FlashRam assez limitées de nos jours
  • Interface avec écran un peu austère de nos jours
  • Pas de gabarits simplifiés de synthé type VA
  • Edition directe des samples un peu légère
  • Effets des banques des séries K non compatibles
  • Pas d’entrées audio pour traitements internes
  • Pas d’audio over USB
Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.


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