Devenir membre
Devenir Membre

ou
Connexion
Se connecter

ou
Agrandir
Ajouter ce produit à
  • Mon ancien matos
  • Mon matos actuel
  • Mon futur matos
Native Instruments Kontakt 6
Photos
1/140

Test de Native Instruments Kontakt 6

Sampler et lecteur d'échantillons virtuel de la marque Native Instruments appartenant à la série Kontakt

Prix public : 399 € TTC
test
96 réactions
Reprise de Kontakt
8/10
Award Valeur sûre 2018
Partager cet article

Après sept ans de bons et loyaux services, le vénérable Kontakt 5 va pouvoir prendre une retraite bien méritée. Kontakt 6 vient enfin prendre la relève et l’on espère que cette longue attente va être récompensée comme il se doit.

Test de Native Instruments Kontakt 6 : Reprise de Kontakt

Dans l’his­toire du sampling, on a connu la préhis­toire maté­rielle où l’Akaio­don a dura­ble­ment assis sa totale domi­na­tion sur l’EMU­sau­rus, l’En­so­niqus ou le Rolan­do­saure, mais s’est reposé sur ses lauriers au point de ne pas voir la météo­rite logi­cielle Giga­Sam­pler surgir et préci­pi­ter son extinc­tion. Giga­Sam­pler lui-même ne connut qu’un règne assez bref, voyant ses parts de marché assez vite dévo­rées par de jeunes fauves aux dents longues : HALion de Stein­berg, EXS24 d’eMa­gic, Mach­Five de MOTU et enfin Kontakt de Native Instru­ments, dont la première version sort en 2002. Près de 17 ans plus tard, c’est ce même Kontakt qui est devenu le leader écra­sant du secteur, pas forcé­ment pour des raisons tech­niques vu que le Falcon d’UVI (le descen­dant de Mach­Five) ou le HALion de Stein­berg n’ont rien à lui envier sur ce point, mais parce que le sampleur logi­ciel de Native jouit aujour­d’hui de la plus vaste « samplo­thèque » du marché… et de loin !

Le mérite en revient évidem­ment à l’édi­teur qui a bien mené sa stra­té­gie de conquête. En premier lieu, il a très vite envi­sagé son produit comme une plate­forme et non seule­ment comme un simple sampleur, mettant sa tech­no­lo­gie à la dispo­si­tion de socié­tés tierces en échange de royal­ties, s’as­su­rant ainsi de la produc­tion conti­nuelle de nouvelles banques, au point que l’on peut parler d’éco­sys­tème Kontakt voire de stan­dard comme on n’en avait plus connu depuis Akai. Mais c’est plus sûre­ment avec le bundle Komplete, regrou­pant chaque année la quasi-inté­gra­lité des logi­ciels de Native Instru­ments pour un prix extrê­me­ment agres­sif, que la marque est parve­nue à s’im­po­ser face à ses concur­rents. Pour à peine plus cher que les sampleurs logi­ciels concur­rents, la Komplete permet­tait de mettre la main sur Kontakt d’une part, mais aussi sur des centaines d’ins­tru­ments et d’ef­fets accom­pa­gnés de centaines de Go de samples. Ajou­tez à cela un marke­ting de terre brûlée n’hé­si­tant pas à propo­ser plusieurs fois par an des rabais à 50% sur tel produit ou telle mise à jour, et vous aurez compris que Kontakt s’est vite retrouvé au sein d’un cercle vertueux encore effi­cace aujour­d’hui : plus les gens achètent la Komplete, plus il y a d’uti­li­sa­teurs de Kontakt, pous­sant des éditeurs à propo­ser leurs banques de sons à ce format et rendant Kontakt et la Komplete toujours plus attrac­tifs. Bien entendu, le modèle du bundle a fait recette et, chez Artu­ria comme UVI, on en récolte aussi les fruits, mais Native a quelques longueurs d’avance sur le sujet et Kontakt demeure, à l’heure où sont écrite ces lignes, un logi­ciel dont il est dur de se passer dans le contexte de l’in­for­ma­tique musi­cale. En dehors de rares mais belles excep­tions que Native tente de fédé­rer avec le format NKS (Acous­tic­samples, East­West, Garri­tan, Sample Mode­ling, Synthogy, Spec­tra­so­nics, Vien­na…), les plus grands éditeurs d’ins­tru­ments samplés recourent en effet au sampleur de Native Instru­ments pour réali­ser leurs instru­ments virtuels : 8dio, Audio­bro, Best Service, Cine­ma­tic Instru­ments, Cine­samples, e-instru­ments, Ember­tone, Fable Sounds, Heavyo­city, Ilya Efimov, Impact Sound­works, Indi­gi­nus, Orange Tree Samples, Orches­tra Tools, Output, Project­SAM, Prominy, Sample­lo­gic, Scar­bee, Sonic­cou­ture, Sono­ki­ne­tic, Sound Dust, Soun­di­ron, Spit­fire, Vir2, Zero-G, et ce ne sont là que quelques noms parmi des centaines d’autres, dont les produits sont utili­sés sur quan­tité d’al­bums comme pour des musiques de films ou de jeux vidéo. L’offre en matière de banques pour Kontakt est telle qu’on y trouve même pléthores de choses gratuites ou pas chères du tout prove­nant de tous petits éditeurs indé­pen­dant (à voir sur Kontakt Hub, la place de marché qui leur est dédiée), et quan­tité d’ins­tru­ments qui n’existent pas sur les plate­formes concur­rentes, de la guitare à réso­na­teur à la scie musi­cale en passant par le Bazan­thar ou quan­tité d’ins­tru­ments des musiques du monde.

Dans ce contexte, Inutile de dire que la sortie d’une nouvelle version de Kontakt tient de l’évé­ne­ment, à plus forte raison lorsque l’on sait que le précé­dent Kontakt 5 est sorti il y a 7 ans et qu’il n’était pas lui-même une grosse évolu­tion de Kontakt 4 sorti 2 ans aupa­ra­vant. Si Native ne s’est pas tourné les pouces depuis et a publié de nombreuses mises à jour gratuites de son logi­ciel, lui appor­tant plusieurs petites amélio­ra­tions ça et là, on espère que cette sixième mouture appor­tera au moins autant de choses que Reak­tor 6 en a apporté à Reak­tor 5 il y a trois ans de cela, d’au­tant qu’en 7 ans, on a eu bien le temps de trou­ver des défauts au logi­ciel et de le voir dépassé sur certains aspects par ses concur­rents directs : HALion est par exemple le seul à pouvoir réel­le­ment sampler depuis le logi­ciel même et se pare de fonc­tions d’ar­ran­ge­ment évoluées héri­tés des arran­geurs Motif de Yamaha, tandis que Falcon est autre­ment plus complet sur le plan des outils de synthèse et propose un langage de script clai­re­me­ment plus évolué : le LUA.

Vieux pot, vieille soupe ?

Première nouveauté à l’ho­ri­zon : Kontakt 6 est désor­mais livré avec 4 nouvelles banques en plus de sa banque géné­ra­liste habi­tuelle de 55 Go qui, elle, n’a pas chan­gée d’un iota. Rappe­lons-le à l’in­ten­tion de ceux qui ne connaissent pas Kontakt, cette dernière propose un ensemble assez varié d’ins­tru­ments clas­sés par caté­go­ries (Band, Choir, Orches­tral, Synth, Urban Beats, Vintage et World). Tout cela n’est évidem­ment pas de première jeunesse, mais il y a là-dedans des choses qui demeurent exploi­tables à l’oc­ca­sion, notam­ment du côté des instru­ments orches­traux qui reposent pour certains sur des samples signés Vienna. En marge de cette collec­tion, Native nous propose Retro Machines Mk2, une de ses anciennes excel­lentes banques formant une sorte de best of des sono­ri­tés de synthés analo­giques (Moogs, Jupi­ter, Prophet, etc), et enfin trois petits nouveaux inau­gu­rant la nouvelle gamme Kontakt Play Series : Analog Dreams (encore des sons de synthés), Ethe­real Earth (instru­ments ethniques et synthés) et Hybrid Keys (pianos élec­triques ou acous­tiques et… synthé). Nous revien­drons en temps utile sur ces derniers. Pour l’heure, place à l’ins­tal­la­tion du logi­ciel, des cinq banques et de l’uti­li­taire Crea­tor Tools dont nous repar­le­rons égale­ment.

Tout cela se fait via le Native Access qui ne permet toujours pas de désins­tal­ler une banque, sachant que la vitesse de la procé­dure dépend de la qualité de votre connexion. La chose faite, nous voici prêt à décou­vrir le fils prodigue dans notre STAN, ce qui nous place face à deux surprises : une bonne et une mauvaise. La bonne, c’est qu’après 14 ans, Native a enfin compris l’uti­lité d’ap­pe­ler le fichier de l’ap­pli­ca­tion Kontakt et non pas Kontakt 6. De la sorte, lorsque le prochain Kontakt 7 sortira dans une dizaine d’an­nées, votre séquen­ceur ne vous posera plus de problème lorsque vous rouvri­rez un projet fait avec Kontakt 6 que vous aurez désins­tallé, puisque les deux instru­ments s’ap­pel­le­ront Kontakt. Merci pour ça.

kontakt6La mauvaise nouvelle ? En dehors de ce chan­ge­ment dans la façon de nommer l’ap­pli­ca­tion, on peine à croire qu’on soit en présence d’une nouvelle version et il faut affi­cher les crédits du logi­ciel pour s’as­su­rer que c’est bien Kontakt 6 qui nous fait face. Même logo que la version 5, même couleurs, même inter­face à tiroirs, même design des tiroirs en ques­tion, même typos minus­cules et parfois mal contras­tées : Kontakt 6 est le frère jumeau du vieux Kontakt 5 et c’est à se deman­der à quoi ont servi ces neuf années, sachant que l’er­go­no­mie de Kontakt 4 était très loin d’être irré­pro­chable à sa sortie, que celle de Kontakt 5 n’ap­por­tait guère d’amé­lio­ra­tion sur ce point, et que ce Kontakt 6 semble se satis­faire de son vieux costume élimé et rapiécé pour se présen­ter comme un jeune marié à l’au­tel.

Alors qu’on atten­dait une refonte de fond en comble à l’image de ce qui a été fait pour Reak­tor, avec une charte graphique s’ins­pi­rant des réali­sa­tions récentes de l’édi­teur (et notam­ment de Maschine ou de Komplete Kontrol), on se retrouve avec une inter­face dont le seul infime chan­ge­ment tient dans la suppres­sion de l’on­glet Data­base qui permet­tait une navi­ga­tion par critères dans la base d’ins­tru­ments. Pourquoi cette dispa­ri­tion ? Mystè­re…

Un brin échaudé par ce premier accueil, on ne se décou­rage toute­fois pas pour aller voir de quel bois se chauffent les nouveaux venus de la fameuse Play Series.

À l’est, rien de nouveau…

analogL’idée prési­dant à la réali­sa­tion de ces trois nouveaux instru­ments est simple : on dispose de deux lecteurs de samples A et B, d’un potard Blend pour morpher d’un son à un autre, d’un potard pour régler le volume en sortie, et de 6 potards centraux pour régler des trai­te­ments et effets qui varie­ront suivant le patch choisi : la plupart du temps, il s’agira d’un filtre réson­nant, accom­pa­gné d’un delay et d’une réverb.

Et c’est tout.

Pas de keys­witches car pas d’ar­ti­cu­la­tions, pas d’ar­pé­gia­teur, d’en­ve­loppes ou de modu­la­teur : juste deux sons mélan­gés (sauf erreur de ma part, il n’y a pas de multi­sam­pling pour gérer des couches de vélo­cité) et passés dans une section d’ef­fets souvent rudi­men­taire sur le chaî­nage de laquelle vous n’avez pas la main. 

etherealPropo­ser des instru­ments simples part d’un très bon senti­ment car à l’heure de faire de la musique, on n’a pas forcé­ment envie de se retrou­ver face aux usines à gaz que sont Razor, Prism ou Skan­ner XT pour ne citer qu’eux, et comme on le voit avec Spec­tra­so­nics ou Output, une poignée de bons presets bien desi­gnés permet souvent d’ex­ci­ter la machine à idées dès que l’on commence à jouer. Hélas, de simple à simpliste, il n’y a qu’un pas que nos trois bougres semblent fran­chir allè­gre­ment. Dans n’im­porte lequel des trois, on fait ainsi défi­ler les presets sans grande exci­ta­tion, écou­tant des sons dont on a l’im­pres­sion qu’ils existent depuis des lustres dans la Komplete, et comme les moyens d’in­ter­agir avec les presets se réduisent à 7 boutons aux effets bien conven­tion­nels, qu’au­cune macro complexe n’est à l’œuvre derrière ces boutons la plupart du temps, on se retrouve vite gagné par une impres­sion de déjà entendu. En gros, tout cela ressemble à des multis qu’on aurait fait avec des patches de base de n’im­porte quel instru­ment de la Komplete.

00:0000:00

hybridkeysCe n’est pas que les trois petits nouveaux soient fonciè­re­ment mauvais, et vu que certaines chan­teuses font des tubes avec les boucles de base de Logic, il est même possible qu’un jour un morceau soit composé en se servant d’un des sons qu’ils proposent, mais on a un peu cette impres­sion d’être face à trois instru­ments de remplis­sage, réali­sés à la va-vite pour gros­sir arti­fi­ciel­le­ment la dote du marié mal frin­gué dont nous parlions. Quand on sait de quoi Native Instru­ments est capable lorsqu’il s’en donne les moyens, c’est un peu déce­vant et, à moins d’une sérieuse révi­sion du concept, on n’est pas trop pres­sés de voir débarquer les volumes suivants des Play Series…

Du coup, l’in­té­rêt se reporte sur la redé­cou­verte du vieux Retro Machines Mk2 qui réunit les sons les plus iconiques des plus légen­daires synthés analo­giques. Un parfait petit couteau suisse dans la mesure où tout sonne bien et qu’on ne passe pas des heures à trou­ver ce qu’on est venu y cher­cher. Préci­sons-le pour finir : la banque de base n’a pas changé dans sa compo­si­tion comme dans ses inter­faces, bien vieillottes elles-aussi.

Inutile de dire qu’à ce stade du test, on commence à avoir des doutes sur les apports de cette V6. Fort heureu­se­ment, comme l’écri­vait Saint Exupery avec ses chapeaux cachés dans des boas, « l’es­sen­tiel est invi­sible pour les yeux » et c’est dans les entrailles de ce Kontakt 6, ou dans ses à-côtés, que se trouvent les choses les plus inté­res­santes.

Addi­tion de tables

wavetableDepuis le succès du Serum de Xfer, on le sait, la mode est reve­nue au synthé à tables d’ondes. Tous les séquen­ceurs s’ef­forcent ainsi d’avoir le leur tandis que, du côté des sampleurs, Falcon n’avait pas attendu la mode pour être pourvu sur ce point et qu’HA­Lion s’est mis à la page il y a quelque temps déjà. Avec un peu de retard, c’est donc au tour de Kontakt de jouer la carte Wave­table et dans l’édi­tion d’ins­tru­ment, on dispose ainsi désor­mais d’un mode Wave­table en plus des modes DFD et Sampler. Voilà qui devrait permettre bien des choses inté­res­santes en termes de synthèse dans les prochaines librai­ries à venir, vu qu’il n’est pas bien évident que les nouvelles Play Series en fassent usage…

Dans le sillage de cet ajout, on saluera égale­ment l’ad­di­tion de quatre nouveaux effets : Cry Wah, une Wah Wah de type Cry Baby, Replka Delay, un delay basé sur le fameux Replika XT de l’édi­teur, et trois nouvelles réverbes : Room Reverb, Hall Reverb et Plate Reverb. Il n’y a pas de raison de ne pas accueillir ces derniers avec bien­veillance car plus les créa­teurs d’ins­tru­ments auront de briques à leur dispo­si­tion, plus ces briques sont de qualité, et plus ils pour­ront produire des choses inté­res­santes. Kontakt 5 avait d’ailleurs fait de même à sa sortie en ajou­tant les Solid G-EQ, Solid Bus Comp et Tran­sient Master, mais aussi en ajou­tant 37 nouveaux filtres…

editorC’est en pensant encore aux déve­lop­peurs d’ins­tru­ment que Native propose désor­mais les Crea­tor Tools, deux outils rassem­blés au sein d’un même logi­ciel pour leur simpli­fier la vie lors de la program­ma­tion des scripts KSP. Le premier est un debug­ger qui permet de collec­ter les messages d’er­reurs renvoyés par Kontakt pour faire les correc­tions qui s’im­posent dans le script. Le second est un éditeur d’ins­tru­ment qui offre une vue des variables utili­sées par le script sous la forme d’une arbo­res­cence. Il ne s’agit donc pas d’un éditeur de code à propre­ment parler, lequel demeure dans Kontakt même, mais plutôt d’un outil offrant une vue plus synthé­tique de l’ins­tru­ment.

Dans le sillage de ce dernier, on dispose égale­ment d’un outil pensé pour auto­ma­ti­ser certaines tâches fasti­dieuse via des scripts LUA, comme le mapping de samples par exemple, ou la répli­ca­tion de portions de code. C’est d’au­tant plus impor­tant que, pour demeu­rer acces­sible au plus grand nombre (voir enca­dré), le langage de script KSP utilisé par Kontakt conduit souvent à dupliquer des portions de code de façon assez bour­rine. À l’oc­ca­sion de cette nouvelle version, Native aurait parfai­te­ment pu rempla­cer KSP par LUA au sein de Kontakt, sachant que le scrip­ting dans Falcon est entiè­re­ment basé sur ce dernier, mais l’édi­teur alle­mand aurait alors perdu la rétro­com­pa­ti­bi­lité avec les anciennes librai­ries de Kontakt. On ne peut donc pas parler de révo­lu­tion dans le scrip­ting pour cette sixième version, mais d’un effort louable pour simpli­fier la vie des déve­lop­peurs à la sauce LUA : c’est déjà ça.

C’est déjà ça mais cela clôt aussi la liste des prin­ci­pales nouveau­tés de ce Kontakt 6 qu’on atten­dait plus nova­teur et plus géné­reux à tous les niveaux.

En atten­dant Kontakt 7

Que cela concerne la carros­se­rie, le moteur, le garage ou ce qu’on trouve dans le coffre et la boite à gants, on atten­dait une version autre­ment plus majeure après cette longue attente de 7 ans, 9 si l’on part du prin­cipe que Kontakt 5 n’était pas une mise à jour majeure de Kontakt 4.

Parlons carros­se­rie d’abord. Le plus déce­vant, c’est évidem­ment cette inter­face qui n’a pas évoluée et qui aurait pour­tant bien besoin d’une refonte tant sur le plan de l’es­thé­tique, que sur les plans tech­niques et ergo­no­miques. Sur le plan tech­nique parce qu’on sent bien qu’elle date d’une époque où les plus gros moni­teurs étaient des 24 pouces affi­chant une réso­lu­tion de 1280×1024 et que la révo­lu­tion du respon­sive design ou la prise en compte des affi­chages récents n’ont eu aucune réper­cu­sions logi­ciel : sur un 27 pouces en 2560, on conti­nue donc de s’écla­ter les yeux sur quan­tité d’in­ter­faces et au vu de ce dont Native est capable en termes d’er­go­no­mie sur ses autres logi­ciels, on s’at­ten­dait forcé­ment à mieux. Mais au-delà de cet aspect visuel, on déplo­rera que rien n’ait changé du côté de l’er­go­no­mie du soft : alors qu’on s’at­ten­dait à voir débarquer un navi­ga­teur à tags avec des petites vignettes comme dans Komplete Kontrol / Maschine, on ne se retrouve avec les vieux wall­pa­pers toujours aussi pénibles à orga­ni­ser (et toujours pas Respon­sive d’ailleurs) en l’ab­sence d’un système d’ar­bo­res­cence, et la sépa­ra­tion bien lourde au quoti­dien entre les instru­ments Powe­red by Kontakt et ceux qui ne le sont pas, même si l’on comprend bien que c’est là un moyen pour Native de récom­pen­ser ceux qui payent la licence au détri­ment de ceux qui ne la payent pas et du confort de l’uti­li­sa­teur. Avec ses multiples sous-tiroirs dépliables, l’édi­tion des instru­ments s’avère toujours aussi labo­rieuse, obli­geant à scrol­ler dans un sens, puis dans l’autre, puis dans l’autre encore. La console de mixage du logi­ciel est elle-aussi toujours aussi minus­cule et rustique fonc­tion­nel­le­ment, même si l’on appré­ciera le fait que l’édi­teur se soit fendu d’une réor­ga­ni­sa­tion des effets utili­sables à ce niveau. Bref, on attend du mieux de ce côté depuis des lustres, et cette v6 fait craindre qu’il faille attendre des lustres encore.

De la caros­se­rie, nous passe­rons au moteur : l’ajout de nouveaux effets et de la possi­bi­lité de gérer les tables d’onde est une très bonne chose, mais en termes de synthèse, Kontakt est encore loin de pouvoir riva­li­ser avec Falcon ou HALion qui proposent tous deux une modé­li­sa­tion physique des roues phoniques utili­sés par les orgues élec­tro­mé­ca­niques par exemple, entre autres modules dédiés à la synthèse. Et tandis qu’HA­Lion permet désor­mais de réel­le­ment sampler un instru­ment depuis son inter­face, renouant avec le concept premier de l’échan­tillon­neur. Là encore, les choses ont bougé dans le bon sens mais Kontakt est loin d’être le premier de la classe que son statut de leader lais­se­rait suppo­ser.

Parlons garage ensuite, avec les fameux outils propo­sés aux déve­lop­peurs : si l’on comprend le main­tien du script KSP et s’il est très louable de vouloir faci­li­ter malgré cela la tâche aux déve­lop­peurs, on notera que le véri­table éditeur de scripts propre­ment dit, en plus d’être dans une typo minus­cule et non redi­men­sion­nable, s’avère loin de propo­ser un confort auquel les déve­lop­peurs sont habi­tués depuis long­temps : pas d’ou­ver­ture de fichiers multiples dans des onglets, pas de colo­ra­tion syntaxique… Bref, du progrès est encore attendu de ce côté, tout comme dans l’ « éditeur » qui nous est livré ici et qui, lui aussi, pour­rait gagner gran­de­ment en lisi­bi­lité en propo­sant une colo­ra­tion des variables en fonc­tion de leur type. Enfin, on aurait appré­cié que la concep­tion d’in­ter­faces utili­sa­teur soit simpli­fiée par un utili­taire s’ins­pi­rant du Kontakt GUI Maker 2 de Rigid Audio comme on ne crache­rait pas non plus sur une solu­tion du type Sample Robot pour simpli­fier le sampling. La marge de progres­sion est donc bien confor­table à ce niveau encore.

Finis­sons avec le contenu du coffre et de la boîte à gants, soit les banques de sons livrées avec ce Kontakt. Si l’on comprend le main­tien de la vieille banque Kontakt Factory Library pour assu­rer la rétro­com­pa­ti­bi­lité avec les anciens projets l’uti­li­sant, la refonte de certaines inter­faces de ces instru­ments n’au­rait pas été du luxe, et l’on aurait préféré dispo­ser d’un digest des meilleures choses sorties par Native au fil de ces dernières années plutôt que ces Play Series qui n’ap­portent pas grand chose au schmil­blick. Il faut d’ailleurs le souli­gner : pour un logi­ciel dont le premier inté­rêt est juste­ment la recréa­tion virtuelle d’ins­tru­ment acous­tiques ou élec­tro-acous­tiques (au rayon synthèse, sans parler de FM8, Massive ou ABsynth, Reak­tor est autre­ment plus perti­nent et permet de mettre la main sur des centaines d’ins­tru­ments), on souli­gnera qu’entre les Play Series, le Retro Machine Mk2 et les réper­toires Synths, Vintage et Urban Beats de la Factory Library, la balance des sons livrés avec Kontakt pèse désor­mais sévè­re­ment du côté du synthé, avec pas mal de choses redon­dantes.

Bref, comme vous le voyez, cette version 6 n’est pas forcé­ment à la hauteur des attentes qui se sont formées au cours de cette longue attente, ce qui ne remet toute­fois pas en cause le statut de Kontakt dans le domaine de l’in­for­ma­tique musi­cale, et donc son pouvoir d’at­trac­tion. Car à moins de ne faire que de la musique à base d’ins­tru­ments synthé­tiques auquel cas on peut plus faci­le­ment s’en passer, Kontakt demeure un must pour abor­der de nombreux genres musi­caux via du virtuel.

Conclu­sion

Il est bien dur de savoir si nous sommes face à Kontakt 6 ou à un Kontakt 5.9, le logi­ciel n’of­frant vrai­ment pas une grande diffé­rence avec Kontakt 5 du point de vue de l’uti­li­sa­teur. L’in­ter­face n’a ainsi pas bougé, que ce soit en termes de design comme d’er­go­no­mie, au mépris des très bonnes choses faites par ailleurs par Native sur ses réali­sa­tions plus récentes (Maschine et Komplete Kontrol notam­ment), et elle souffre toujours de quan­tité de problèmes dûs à son âge : pas de Respon­sive Design, typo diffi­ci­le­ment lisibles, etc. Pour détour­ner l’at­ten­tion de cet immo­bi­lisme diffi­ci­le­ment expli­cable, l’édi­teur propose trois nouveaux instru­ments qui peinent vrai­ment à convaincre en raison de concepts simplistes et d’un manque certain d’ins­pi­ra­tion en termes de Sound Design. Reste la bonne nouvelle : Kontakt est désor­mais capable de faire de la synthèse à tables d’ondes, ce qui nous promet bien des choses inté­res­santes pour les instru­ments à venir. On est ravi de voir aussi que l’édi­teur a à coeur de simpli­fier le travail des créa­teurs d’ins­tru­ments en four­nis­sant quelques précieux outils pour le débug ou l’au­to­ma­ti­sa­tion de certaines taches fasti­dieuses. Du coup, ce Kontakt semble pour l’heure plus promettre qu’il ne tient et ce sera sans doute aux éditeurs de tierce partie de nous prou­ver le bien­fondé de cette mise à jour.

Ces défauts ne remettent toute­fois pas en cause son statut de leader des sampleurs virtuels, et donc sa perti­nence à se retrou­ver sur le disque dur de tout bon home studiste qui se respecte. Voilà qui explique la note finale de 4/5 en dépit des vertes critiques présentes dans ce test, sachant que s’il avait fallu noter la mise à jour seule­ment, il n’est pas sûr que notre bon ami aurait atteint la moyenne. Le raison­ne­ment est le même pour l’Award : Kontakt 5 était il y a deux semaines encore la réfé­rence du marché, et il n’y a pas de raison que son frère jumeau soit décon­si­déré alors qu’il hérite de ce statut.

Parlons achat enfin : au prix de 400 euros où Kontakt est vendu, on aurait tort de ne pas l’ache­ter au sein de la Komplete 12 qui, pour 200 euros de plus, a telle­ment plus à propo­ser. Quant à savoir si la mise à jour du logi­ciel vaut le coup pour les utili­sa­teurs du seul Kontakt 5 qui ne sont pas éditeur de banques de samples, disons qu’il n’y a pas le feu au lac vu que, pour l’heure, aucun instru­ment n’ex­ploite encore ses possi­bi­li­tés et que la migra­tion se fera pour beau­coup grâce au pouvoir d’at­trac­tion de la Komplete 12 qui présente de plus solides argu­ments pour vous faire sortir la carte bleue. Bref, Kontakt 6 est sorti. Vive­ment Kontakt 7.

8/10
Award Valeur sûre 2018
Points forts
  • Kontakt, le sésame pour quantité d’instruments virtuels de référence
  • Retro Machines Mk2, parfait petit digest de la synthèse analo vintage
  • L’appli s’appelle enfin Kontakt et non Kontakt 6 : Hallelujah !
  • Les outils pour les développeurs
  • La synthèse à tables d’onde : enfin !
  • Nouveaux effets
  • Les 3 instruments Play Series, offerts de bon coeur…
Points faibles
  • …même si ça n’a pas dû coûter trop trop cher…
  • Aucune évolution de l’interface et de l’ergonomie qui accusent leur âge
  • Probablement plus une V5.9 qu’une V6
Auteur de l'article Los Teignos

Si j'avais eu le physique, nul doute que j'aurais fait un grand Sumo, mais vu que je ne pèse que 80 kg, j'occupe mon temps comme je peux entre musique et littérature.


Vous souhaitez réagir à cet article ?

Se connecter
Devenir membre
Auteur de l'article Los Teignos

Si j'avais eu le physique, nul doute que j'aurais fait un grand Sumo, mais vu que je ne pèse que 80 kg, j'occupe mon temps comme je peux entre musique et littérature.

cookies
Nous utilisons les cookies !

Oui, Audiofanzine utilise des cookies. Et comme la dernière chose que nous voudrions serait de perturber votre alimentation avec des choses trop grasses ou trop sucrées, sachez que ces derniers sont fait maison avec des produits frais, bio, équitables et dans des justes proportions nutritives.
Ce que cela veut dire, c’est que les infos que nous y stockons ne visent qu’à simplifier votre usage du site comme à améliorer votre expérience sur nos pages et vous afficher des publicités personnalisées (en savoir plus).

Nous tenons à préciser qu’Audiofanzine n’a pas attendu qu’une loi nous y oblige pour respecter la vie privée de nos membres et visiteurs. Les cookies que nous utilisons ont en commun leur unique objectif qui est d’améliorer votre expérience utilisateur.

Tous nos cookies
Cookies non soumis à consentement
Il s'agit de cookies qui garantissent le bon fonctionnement du site Audiofanzine. Le site Web ne peut pas fonctionner correctement sans ces cookies. Exemples : cookies vous permettant de rester connecté de page en page ou de personnaliser votre utilisation du site (mode sombre ou filtres).
Google Analytics
Nous utilisons Google Analytics afin de mieux comprendre l’utilisation que nos visiteurs font de notre site pour tenter de l’améliorer.
Publicités
Ces informations nous permettent de vous afficher des publicités qui vous concernent grâce auxquelles Audiofanzine est financé. En décochant cette case vous aurez toujours des publicités mais elles risquent d’être moins intéressantes :) Nous utilisons Google Ad Manager pour diffuser une partie des publicités, des mécanismes intégrés à notre CMS pour le reste. Nous sommes susceptibles d’afficher des publicités provenant de notre propre plateforme, de Google Advertising Products ou encore de la régie Adform.

Nous tenons à préciser qu’Audiofanzine n’a pas attendu qu’une loi nous y oblige pour respecter la vie privée de nos membres et visiteurs. Les cookies que nous utilisons ont en commun leur unique objectif qui est d’améliorer votre expérience utilisateur.

Tous nos cookies
Cookies non soumis à consentement

Il s’agit de cookies qui garantissent le bon fonctionnement du site Audiofanzine. Le site Web ne peut pas fonctionner correctement sans ces cookies. Exemples : cookies vous permettant de rester connecté de page en page ou de personnaliser votre utilisation du site (mode sombre ou filtres).

Google Analytics

Nous utilisons Google Analytics afin de mieux comprendre l’utilisation que nos visiteurs font de notre site pour tenter de l’améliorer. Lorsque ce paramètre est activé, aucune information personnelle n’est envoyé à Google et les adresses IP sont anonymisées.

Publicités

Ces informations nous permettent de vous afficher des publicités qui vous concernent grâce auxquelles Audiofanzine est financé. En décochant cette case vous aurez toujours des publicités mais elles risquent d’être moins intéressantes :) Nous utilisons Google Ad Manager pour diffuser une partie des publicités, des mécanismes intégrés à notre CMS pour le reste. Nous sommes susceptibles d’afficher des publicités provenant de notre propre plateforme, de Google Advertising Products ou encore de la régie Adform.


Vous pouvez trouver plus de détails sur la proctection des données dans la politique de confidentialité.
Vous trouverez également des informations sur la manière dont Google utilise les données à caractère personnel en suivant ce lien.