Yellow Tools Independence Pro
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Yellow Tools Independence Pro

Independence Pro, Sampler et lecteur d'échantillons virtuel de la marque Yellow Tools.

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test Déclaration d'indépendance

Test d'Independence Pro de Yellow Tools

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Award Valeur sûre 2008

Dans le monde logiciel, quand on pense 'échantillonneur', les premiers nommés sont en général Gigasampler, Kontakt, exs24, HALion, Emulator-X ou encore Structure. On entend plus rarement le nom d’Independence Pro. Pourtant les précédents instruments de Yellow Tools, Culture, Majestic et Candy étaient d’excellente qualité. Voyons donc ce que cette solution complète nous propose.

Ouverture

Yellow Tools décline Independence en plusieurs versions (dont une gratuite). C’est la version haut de gamme qui sera étudiée, Independence Pro 2 (version 2.1), qui regroupe Independence 2, une bibliothèque de 70 Go (!), Independence Live qui est un hôte dédié à la scène et Independence FX qui est un rack d’effets virtuel.

 

Le tout s’installe à partir de DVD, s’autorise via un numéro de série et un dongle matériel, la Yellow Tools Key à l’aide d’un Manager (façon Syncrosoft). Un dossier réunissant tous les éléments à l’exception des standalone et plug-ins sera installé à la destination de son choix. La bibliothèque de sons est propriétaire. Notons que Yellow Tools a inclus dans les 70 Go le contenu de ses précédents produits, Culture (percussions du monde), Majestic (basses acoustiques et électriques) et Candy (saxophones), trois instruments virtuels d’excellente qualité.

 

Concernant la qualité sonore, la réputation de l’éditeur n’est plus à faire : si l’on regarde avec attention les bibliothèques d’un certain nombre d’instruments virtuels, on retrouve souvent des samples de la maison... C’est donc sur l’originalité et les fonctionnalités du logiciel que les différences vont se faire, même si la banque contient d’abord des programmes multisamplés d’excellente qualité, mais aussi des programmes issus de matériaux sonores signés Kirk Hunter (pour les sons d’orchestre) et Shirokuma Ltd (pour l’orgue de Notre Dame de Budapest). Notons que l’éditeur met à disposition une version gratuite de Independence Convertor, qui permet de convertir au format de Independence (.ytil) les CD Akai S1000/3000 et les Soundfonts. Si l’on veut convertir plus de formats, il faudra acquérir la version dédiée de Translator signée Chicken Sys (49,95 $).

Independence live
Independence FX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Architecture

Les layers set

Commençons par l’architecture : Independence est un échantillonneur/workstation multitimbral et semi-modulaire qui regroupe les possibilités de gestion, d’édition, de mapping et d’import d’échantillons (mais pas de leur enregistrement) et de sons sous une autre forme (on y reviendra), un certain nombre de couches et sous-couches (Layers), des effets, une console de mix et diverses autres capacités.

Un Project contiendra des Layer Sets (jusqu’à 16), eux-mêmes regroupant un certain nombre de Layers (quantité illimitée !), qui sont constitués de Zones (un sample, un fichier Midi ou une boucle), Sections (ensembles de Zones), Alternates (ensemble de sections) et Modules et contiennent toutes les informations de l’instrument chargé, y compris les réglages de Mapping et de Performance. Le tout sera routé vers “l’extérieur” via une table de mixage très complète.

L’interface graphique est sobre, un peu austère, principalement constituée de zones d’affichage et de textes, plutôt que de boutons, sliders et autres rotatifs avec effets de transparence et relief. Mais on s’y fait très vite et l’un des avantages induits est une consommation en ressources négligeable.

Premier réglage d’un Layer, la réponse ou non à l’automation du Volume et à celle du Pan. La lecture de samples pouvant se faire en Ram ou en streaming, suivent les fonctions RAM Cleaner (qui enlève de la RAM les samples inutilisés) et RF-HDD, la technologie de streaming maison. Saluons les nombreuses possibilités d’accord, plus de 40, des pentatoniques Chinoises et Africaines aux tempéraments historiques européens (avec date de référence...). Enfin, le choix de la sortie. De mono à 8.1 Music (L R C LFE Ls Rs Cs L2 R2), il y a pas moins de 48 formats différents ! Sachant qu’Independence offre 64 sorties mono et 64 sorties stéréo simultanées...

Du MIDI

Temperaments


On continue avec les réglages Midi, permettant d’adapter le layer pour un usage multitimbral ou en couches sur le même canal : changement de programme, transposition (± 60 demi-tons), courbe de réponse (pour compenser celle de certains contrôleurs), retard, ambitus, plage de réponse à la vélocité (la note n’est jouée que si elle reçoit une vélocité comprise entre deux valeurs à définir), Scale qui permet de forcer la dynamique complète dans une plage de vélocité restreinte. Une fonction idéale si l’on veut jouer une seule plage d’un instrument à plusieurs couches, sans avoir à reprogrammer l’instrument.

Autre astuce, la fonction Vel. Offset qui ajoute ou retire à toute vélocité entrante une valeur fixe ; si vous avez un DX7, par exemple, vous pourrez dépasser sa limite de vélocité supérieure (100). On finit les réglages Midi avec le choix du contrôleur de sustain. Derniers paramètres, la plage dynamique audio et sa courbe de réponse.

Toutes ces options (tout comme celles qui vont suivre) sont assignables par Layer. Ainsi, au sein d’un même Layer Set, certains Layers seront lus en streaming, d’autres en Ram, certains pourront changer d’instrument en cours de route, d’autres non, leurs courbes de réponse seront indépendantes, tout comme leur format de sortie, les paramètres de la page Quick Edit, leur accord. Même leur sustain pourra être déclenché par des contrôleurs différents. Impressionnant.

Quick & Modules

Quelques formats surround


Afin de simplifier utilisation et automation, l’éditeur a prévu une page Quick Edit. Gros rotatifs et larges indications sont à l’honneur de trois sections. La première comprend Volume, Pan, Pitch et EQ Color, un cut aigu/boost grave (à gauche, et inversement à droite). En bas, on dispose d’un section Filter/Effect permettant un accès rapide aux paramètres de filtrage (filtres multimodes, multipentes, jusqu’à 72 dB/oct. !) et à une réverbe à impulsions (huit types de preset).

Le plus intéressant étant la section Custom Control, qui offre huit rotatifs et huit boutons assignables, dont la configuration se sauve sous forme de présets, chaque configuration étant totalement indépendante par Layer. Il suffit d’ouvrir le menu déroulant sur un contrôleur puis d’aller dans la page Quick Edit et cliquer sur le rotatif ou bouton désiré. On peut aussi assigner directement des contrôleurs Midi, internes ou ceux de l’hôte, s’il le permet, grâce à un accès aux numéros de contrôleur.

Passons à la page Modules. Deux parties : en haut, le Module Editor, en bas le Flexible Modifier Editor. Dans la partie haute, les réglages classiques, volume, pan, pitch, retard puis un ensemble permettant de peaufiner la réaction des sons au jeu selon le nombre de notes : Keys/Sel, la polyphonie par layer, Sel. Rel, le temps de release des notes mutées suite au dépassement de la polyphonie, Limit/Key correspond au nombre de notes simultanées possible, Independence coupant alors la plus ancienne en fonction d’un release réglé avec Key Rel. Ensuite la sortie du Layer, celle par défaut, ou l’un des Custom Channel que l’on peut créer (des canaux internes virtuels). Pourquoi des Custom Channels ? Parce que ça permet de diriger n’importe quelle section d’un Layer vers une sortie de son choix, donc des traitements séparés, une solution idéale pour les kits de batterie, mais pas seulement...

Modules II

Page Quick edit

 

En dessous, on trouve un paramètre de KeySwitch, qui permet de passer d’un Layer à l’autre, voire d’une section ou d’un Alternate à un autre via une touche Midi. Ensuite, une fonction rare, Playing Direction : le déclenchement d’une Section ou d’un Alternate suivant que l’on joue vers les aigus (Upwards) ou les graves (Downwards). Une utilisation toute simple : des samples harmonisés sur la gamme mélodique, qui seront toujours justes, car calés sur la gamme ascendante, ou la gamme descendante. Superbe fonction...

On passe au filtrage, avec un filtre global pour le Layer, LP, HP ou BP, 12, 24 ou 36 dB/oct. Le filtre global peut être complété par un filtre indépendant par Layer, auquel cas les pentes s’additionnent. La touche Abs. désactive le filtre global et ne garde actif que le filtre indépendant. Et ce, autant de fois qu’il y a de Sections, de façon totalement indépendante : encore une fois, beaucoup de souplesse. C’est d’ailleurs le cas aussi pour la fonction Skip, qui permet de décaler les points de départ des samples, sans avoir à retourner dans l’éditeur. On finit par une enveloppe AHDSR, chaque paramètre disposant d’un réglage temporel et d’un réglage de courbe ou de volume.

Flexible Modifiers

Modules haut

La partie basse offre l’accès aux Modifiers, des modules qui sont de trois types : External Sources, réagissant aux commandes Midi, Internal Sources, qui peuvent agir seuls ou déclenchés par les External Sources, et les effets d’insert, totalement indépendants de ceux du Mixer, et assignables par Layer, Section, Alternate ou Zone. Il faut juste s’y retrouver dans les appellations données par Yellow Tools : il n’est fait nulle part référence dans le plug à External ou Internal Sources. En fait, le menu Modifier présente les fonctions Midi (External), et les Internal sont regroupés dans un dossier Modulators.

On insère facilement un Modifier, des presets (avec sauvegarde) et un Bypass individuels sont disponibles, et l’interface se maîtrise rapidement. Dans le petit bloc, le champ de gauche héberge la source, celui de droite la destination (pour les sources externes et certains Modulators) ou le déclencheur (pour les Modulators internes) avec accès pour les deux champs à des menus déroulants. En dessous se trouvent les différentes valeurs, le Midi Learn fonctionne sans aucun souci, et quand le Modifier propose des paramètres supplémentaires, ceux-ci s’affichent dans la fenêtre de droite.

Côté commandes Midi : valeur fixe ou aléatoire, pitchbend, molette de modulation, aftertouch (mono et poly), les automations (Midi et celle de l’hôte, avec Midi Learn), les vélocités (y compris relâchement), les informations de notes (Key Position, un suivi de clavier, Key Distance, la distance entre différentes notes déterminant la valeur, Key Up et Key Down, pour forcer la réponse en fonction de la direction).

C’est très complet, puisqu’en dehors des commandes classiques (Pitch, velo, etc.) et des contrôleurs assignables grâce aux automations, le suivi de clavier et ses variantes permettent quelques programmations assez inhabituelles, en particulier des tempéraments “maison” très intéressants...

Flexible Modifiers, part. II

On trouve une mine de Modulators, permettant de créer un environnement selon ses désirs. Au menu, une enveloppe AHDSR semblable à l’enveloppe globale, et une Free, très intéressante, uni- ou bipolaire, et disposant d’un segment de bouclage (que l’on peut activer ou non), et d’un nombre illimité de segments, chacun disposant de ses réglages de volume et de position et de sa propre courbe ! De quoi faire des pads à l’évolution infinie...

Enveloppe free

Viennent ensuite un LFO (cinq formes d’onde, avec synchro et retard), un Glide avec courbe, limite de glissement d’une note à une autre (en demi-tons), temps de réalisation (de 0 ms à 99 secondes !), un Legato (le glide ne se déclenche que s’il y a superposition de notes) et un Chromatic (qui augmente le temps de réalisation en fonction de la distance entre deux notes jouées). Ce Glide peut être assigné à autre chose qu’au Pitch, à la fréquence ou la résonance du filtre par exemple, ce qui permet des effets assez intéressants...

On continue avec l’Arpeggiator, très complet, offrant un réglage de plage d’action, le respect ou non de la dynamique, la possibilité de boucler le cycle, un offset de la vélocité, une quantisation d’entrée (pour recaler sur le tempo de l’hôte), un sélecteur d’étendue (de une à cinq octaves), un sélecteur de mode (Up, Down, Up & Down, cinq variations chaque), un modificateur de vitesse d’exécution par rapport au tempo (de 1/4 à quatre fois), un délai de déclenchement (de 32 mesures au 1/64e de noire en triolet) et une fonction Shuffle (pour donner plus ou moins de balancement ternaire). Cerise sur le gâteau, la possibilité d’importer ses propres Midifiles (par menu déroulant ou drag’n’drop) ! Seul regret, pas de mode Hold (ou Latch). Quant au Gate, on compensera son absence par l’insertion d’une enveloppe.

Flexible Modifiers, part. III

On passe au Step Sequencer, disposant des fonctions de quantisation, de retard, de shuffle, de Time (de 1/2 à deux fois la vitesse), de bouclage, etc. Un mode Hold est présent, ainsi que le nombre de pas (de un à 64), un réglage de vitesse et un Sustain. On arrive à créer des boîtes à rythmes complètes, jouant des patterns déclenchés par le clavier (chaque pattern déclenchant un seul instrument), tout en gardant la possibilité d’intervenir en direct avec les sons répartis sur le reste du clavier. On peut très bien imaginer une song complète (grooves, breaks, fills, etc.), dont les patterns et les sons sont répartis sur un 88 notes. Dommage que l’on ne puisse renommer le Module, ce qui crée un manque de lisibilité.

Accords arranger

L’éditeur fournit un certain nombre de patterns de batterie, ainsi que des programmes très intéressants de cordes spiccato, jouant des figures rythmiques en utilisant les versions Up et Down des coups d’archet (grâce à Performance). Le Step Sequencer respectant parfaitement la vélocité, on arrive à des figures complexes, jouées en temps réel, avec la possibilité de jouer des tenues à d’autres octaves, en programmant les Layers idoines. Encore une réussite.

Vient ensuite l’Arranger, un module qui permet l’assignation de Midifiles (ceux d’origine ou des fichiers faits maison...) à des accords : tel type d’accord déclenche tel fichier Midi, le transpose en temps réel en fonction de l’accord joué, et ainsi de suite. On peut assigner un fichier différent pour chaque type d’accord, sachant que Yellow Tools n’a pas lésiné sur le type d’accord reconnu, même s’il manque à mon goût les 9e b et # (voir capture d’écran). Un éditeur avec de nombreux paramètres d’humanisation permet de peaufiner les réglages, la reconnaissance d’accord allant du simple au plus sophistiqué (trois modes, Easy, Medium et Complex), la durée, la hauteur, la vitesse, le swing, le mode de déclenchement, etc. pouvant être modifiés. On va décidément de surprise en surprise, car en additionnant les diverses possibilités et celles offertes par Performance, on n’est pas loin de certains scripts de Kontakt, sans toutefois égaler ce qui fait la véritable force du logiciel de Native.

On termine avec un Step Modulator, uni- ou bipolaire, offrant 128 pas (!), avec synchro ou réglage de la fréquence en Hz, lissage des pas (X-fade), retrig (force la lecture depuis le début) et lecture simple ou en boucle (y compris avant-arrière) et un Time Modulator qui permet par exemple de spécifier le temps de déclenchement d’un sample de relâchement, afin d’éviter tout effet incongru.

Ouf... C’est extrêmement complet, tout en restant simple d’utilisation et très performant. Ne manque qu’un suiveur d’enveloppe, peut-être.

Des effets à gogo

Step modulator

Derniers éléments de modification du son, les effets. Et là aussi, l’éditeur n’a pas lésiné : EQ (deux paramétriques, un vintage 3 bandes), filtres (six types plus deux pour le surround), processeurs de dynamique (un compresseur, un gate et un limiteur), effets de modulation (chorus, flanger, phaser et vinylizer), distorsion (time clipper, bit reduction, dual band et tube), délais (sample delay, delay simple, filter delay, echo et doubler), deux réverbes algorithmiques, des outils (volume, pan, inversion de phase, divers vumètres, un métronome, un accordeur, Calibration pour le surround, un gestionnaire de canaux et un panner surround). Et dans le dossier Special, une réverbe à convolution (Origami) et sa version light (Origami LE), un Preamp Modeler, un Cabinet Modeler et un Mic Modeler.

Plus, énorme surprise, tous les plug-ins VST de votre système ! Enfin, presque tous, car certains ne passent pas la validation qui s’effectue la première fois qu’on lance Independence. Lors du scan des plugs, il arrive qu’Independence se bloque ou quitte. Le problème est que le scan s’effectue sans aucune indication témoin (un équivalent de ce que propose Logic pour la validation AU serait idéal), ce qui fait qu’on ne sait pas quel plug fait planter le soft. Il faut aller fouiller dans l’historique des rapports, enlever le plug, et recommencer jusqu’au prochain plantage. D’autre part, certains plugs sont reconnus, mais une fois ouvert, ont des problèmes d’interface (voir encadré).

On pardonne aisément une fois que tout est en place, car c’est une occasion unique que de pouvoir bénéficier des plugs tierce partie au sein d’un sampleur, non seulement pour les effets, mais aussi pour les instruments virtuels ! En effet, on peut très bien ouvrir un VSTi, lui appliquer les Modulators internes, le mélanger avec des Layers et d’autres instruments VST, mixer le tout avec un mélange plugs internes/tierce partie, etc. La seule limite étant la puissance de la bécane hôte...

Effets, toujours

Origami

Origami, la réverbe à convolution maison, est une réverbe d’excellente qualité, offrant une sélection d’IR signées Inspired Acoustics, allant de mono au 5.1 (DTS, Dolby Digital et Music), sachant qu’Origami les traitera en temps réel en étant compatible jusqu’au format 8.1. Je ne m’étendrai pas sur cette gestion des formats, ne disposant pas d’un système multicanal.

On dispose de réglages de prédélai, de durée, de chute et sa courbe et d’un filtre coupe-haut. Le bouton True active la gestion des IR True Stereo et True Surround. En cliquant sur Positioner, on ouvre un écran qui permet de se déplacer dans la pièce, grâce à une icône que l’on fait glisser sur un damier. En dessous se trouve un EQ 4 bandes, deux shelves et deux paramétriques, avec bypass global et individuels. On finit par un réglage Wet, un Dry et un volume global.

On peut importer ses propres IR, par le menu ou par glissé-déposé, à condition de les avoir placées dans le dossier Audio Files du dossier global d’Independence. C’est une contrainte d’ailleurs pour tout fichier audio, ce qui est pénalisant et à la limite pénible, puisque cela peut conduire à avoir plusieurs exemplaires d’un même fichier sur le même disque dur, les alias n’étant pas reconnus... Une bonne nouvelle cependant, on peut importer les fichiers Wave et AIFF, par exemple les IR de la Space Designer de Logic.

Les effets sont de bonne qualité, sans être non plus à la hauteur de processeurs dédiés. Ainsi, on ne fera pas sonner une combi disto-preamp-cabinet comme un Guitar Rig, un Amplitube, un Rock Amp Legends ou un Eleven, mais l’ensemble sera quand même supérieur à ce qu’on trouve d’origine dans les DAW. Et comme de toute façon, on peut utiliser les simulateurs cités dans Independence (à l’exception d’Amplitube et Eleven), cela relativise le problème.

Les filtres sont de très bonne qualité, les effets temporels aussi, délais, modulations, et la possibilité de créer des configurations de plug-ins est aussi bien vue, sachant que l’on peut mélanger plugs VST et internes. Bref, même sans plugs commerciaux, et en prenant en compte le nombre de plugs gratuits de qualité que l’on peut trouver sur le net, on dispose d’une solution réellement autonome en termes d’effets.

D’autant que la suite comprend Independence FX, véritable machine à construire des multieffets, de façon très simple, selon le même principe de menus et presets, les mêmes compatibilités surround, des possibilités d’automation très complètes, etc.

Mais quelles sources ?

Mapping

Quelles sont donc les sources sonores utilisables ? D’abord les instruments VST externes compatibles. Par exemple, on regrette que tel ou tel synthé virtuel n’ait pas d’arpégiateur, d’arrangeur ou de step sequencer (seuls modules disponibles pour les instruments VST) ? Aucun problème, on l’ouvre au sein d’Independence et le tour est joué.

Ensuite, direction la page Mapping pour la gestion des échantillons, des boucles et des fichiers Midi. C’est là que l’on assemblera les zones pour former des Sections, Layers, Alternates, etc.

La fenêtre est séparée en trois parties, à gauche Content, en haut à droite une fenêtre d’édition des samples et en dessous une fenêtre d’édition de zones. On commence par créer un Layer vierge, puis on peut commencer à importer les fichiers, édités ou non. Un glissé-déposé suffit, à condition que le fichier soit déjà dans le fameux dossier Audio Files...

Independence ouvre alors une fenêtre demandant quel type de mapping l’on souhaite, avec création de Sections/Alternates automatique (débrayable) : One Key, qui permet l’import simplifié de fichiers, un par un ; Chromatic, qui place les notes automatiquement sur le clavier à partir d’une note librement déterminée ; Multi Keys, qui permet d’importer toutes les notes de programmes multicouches, en les superposant (il faudra alors cocher l’option de création de Sections, afin de pouvoir réassigner la bonne vélocité) ; et enfin X-Y-Z, le système Yellow Tools, un fichier nommé selon ce principe se verra automatiquement placé à la bonne hauteur (X), dans la couche de vélocité correcte (Y) et dans la Section/Alternate choisie (Z). Ce type de renseignement peut aller assez vite, si l’on se sert d’un logiciel comme Renamer4Mac, par exemple. La programmation dans Independence sera encore plus rapide.

On passe d’une Section à l’autre par menu déroulant, ce qui permet de les éditer facilement. Le menu est d’ailleurs plus que complet, puisqu’on dispose de toutes les fonctions (copier, coller, déplacer, importer, inverser la vélocité, etc.) y compris un Undo/Redo. La sélection via Midi est aussi possible, et on peut désactiver le déplacement de la Root Key (la note de référence du sample), grâce au bouton Auto Move R.K.

Édition

Crossfade zones

Dans l’éditeur de zone, on dispose des réglages suivants : Root Key, tessiture, plage de vélocité, volume, pan, accord, les utiles Solo, Mute et Reverse (bien vu), le suivi de clavier (transposition du sample ou non) ainsi que quatre réglages d’édition de crossfade assez fabuleux, puisque graphiques. Un réglage Top, un Bottom, avec chacun sa courbe d’intensité et l’on visualise les changements dans l’écran, par un effet de fondu de couleur, ce qui est bien plus simple et efficace que de rentrer des données en termes de temps, de vélocité, etc.

Au-dessus se trouve l’éditeur de sample, complet, mais un peu petit malgré ses fonctions de zoom horizontal et vertical. Une fenêtre séparée aurait été appréciable. Sinon, les réglages habituels sont là : début et fin de sample, volume, pan, accord, plus fonction de lecture et d’arrêt.

On peut éditer en mode slice, qui n’a rien à voir avec un Rex ou Apple Loops, puisqu’il n’applique pas de Time Stretch en temps réel. En revanche, on peut, après avoir placé les Slices (manuellement et/ou avec un réglage de sensibilité, avec effacement et verrouillage), appliquer une commande de découpe du fichier et son assignation chromatique sur le clavier, tout en créant le Midifile correspondant. Et là, à la lecture, un Stretch semble entrer en action, mais je n’ai pas pu obtenir plus d’informations.

MIDI playing

Slices


Mais Independence fait encore plus fort, puisqu’on peut choisir de découper le fichier audio puis d’importer directement le fichier Midi généré, qui se verra alors en vert dans la fenêtre du Mapping. On a ainsi créé une boucle qui peut être lue à n’importe quel tempo (celui d’Independence ou celui de l’hôte), en appuyant simplement sur la touche du clavier à laquelle vous avez assigné le Midifile. Sachant qu’on peut en importer plusieurs au sein d’un même Layer, par exemple des variations créées à partir des mêmes samples en changeant la place des notes dans le fichier (à faire au sein d’un DAW puis le réimporter).

 

Slices et fichiers MIDI

On peut très bien ne mettre que quelques samples externes (une BD, une Snare, un Hi-Hat) et importer plein de fichiers Midi complexes de grooves, si l’on respecte le mapping GM. Eh hop, une boîte à rythmes complète au clavier, en 10 minutes de programmation à tout casser... On peut, même si c’est un peu long, importer l’intégralité du CGP (Culture Groove Pack) que l’éditeur avait sorti pour Culture.

On dispose d’un certain nombre de fonctions relatives au jeu ou à l’interprétation du fichier. D’abord la métrique, ensuite un offset de notes (transpose tout le fichier Midi), un offset de vélocité, un retard (mise en lecture différée), un réglage de vitesse (de 1/2 à 2 fois le tempo maître), un Note Filter (ne joue pas les notes sous la division rythmique choisie, j’ai eu du mal à le faire fonctionner correctement...), Play Range (plage de vélocité des notes jouées) et Scale Vel (qui permet de forcer la vélocité complète dans un champ réduit) et le choix entre lecture unique et en boucle. Le menu du bas offre la possibilité de faire correspondre la vélocité du fichier Midi à celle entrante, de le maintenir (Hold), d’activer le Midi Thru, de limiter à un seul les fichiers Midi lus simultanément dans le Layer en cours et de forcer la priorité du fichier Midi en cas de superposition avec un fichier audio (ce qui permet d’avoir 88 samples et 88 fichiers Midi sur un clavier maître). On finit par des réglages Shuffle et trois réglages aléatoires, qui rajoutent un décalage temporel, des variations de vélocité ou qui vont chercher des notes au hasard et une quantisation d’entrée selon quatre modes.

Bref, c’est complet, plutôt rarement rencontré et très efficace.

Alternate & Legato

Alternate

Le principe de classification adopté par Yellow Tools avec tous ses niveaux et sous-niveaux et leur indépendance trouve dans la profondeur de programmation et de réaction au Midi de nombreuses utilisations. On franchit une étape de plus avec le mode Performance. Ainsi, à partir des zones et Sections conçues dans Mapping, on va créer des Alternate, qui seront les réceptacles des Sections. Quand on charge un son d’usine, s’il dispose de Sections, le simple fait de créer un Alternate les rendra visibles dans les différents menus de la page. En cliquant sur le bouton Content, on affichera les Alternate déjà existants.

On peut alors passer d’un sample à un autre (par exemple deux versions d’une même note) simplement en assignant les Sections correspondantes dans l’un des 16 menus des Basic Steps. On dispose aussi de 16 Alternative Steps, que l’on utilisera conjointement pour les variations telles que, par exemple, un coup d’archet vers le bas, puis un coup d’archet vers le haut. On peut ainsi rapidement et simplement programmer un instrument complet, avec l’assurance de ne jamais jouer deux fois de suite le même sample, et passer d’une articulation à l’autre très facilement. Une Reset Key permet de forcer le retour au premier rang. Côté réglages, on dispose d’un temps de déclenchement entre deux Alternate, d’une tessiture, d’un choix de l’Alternate de départ, d’un taux de déclenchement aléatoire, et d’un temps réglable pour le déclenchement des Alternative Steps.

Legato

Bref, une fonction indispensable dans nos sampleurs actuels, et ici très bien implémentée. D’autant que rien n’empêche de la conjuguer avec les KeySwitches, bien au contraire.

Autre mode couramment utilisé, le Legato. Yellow Tools nous propose un système simple à mettre en route. On définit quel layer, Section ou Alternate sera concerné, puis on règle la portion d’attaque qui sera “effacée” (de 0 ms à 99 s) de manière fixe et/ou aléatoire, et le seuil et la courbe de volume des notes jouées legato. Ceci est bien entendu, encore une fois, totalement indépendant par Layer, Section ou Alternate. Ce qui fait qu’on peut avoir un Layer composé de multiples sons, chacun d’eux ayant son propre legato... Encore une fois, l’éditeur a prévu plus : on bénéficie aussi d’un Legato Option et d’un Legato Target. Le premier est dédié aux Layers de type bruits de mécanique, de glissés, etc. On pourra ainsi très précisément paramétrer l’effet d’un glissé sur le manche, puisque l’on peut assigner un Layer, Section ou Alternate selon que l’on joue en montant ou en descendant. Idem pour le Legato Target, dans lequel on sélectionnera les Sections désirées selon que l’on joue en montant ou descendant. Efficace, puissant, encore une réussite.

Mixage

Mix session batterie

Il fallait au regard de toutes les fonctions d’Independence une table de mixage à la hauteur. Devinez quoi ? C’est le cas... Faisons-lui le seul et unique reproche tout de suite, on en sera débarrassé : fenêtre de visualisation trop petite, comme les autres fenêtres du plug. Quand on veut se déplacer dans une configuration utilisant 16 Layers Sets, avec un certain nombre de Layers, de canaux Custom, de Bus, de sorties mono ou stéréo (64 de chaque, rappelons-le), ça devient un peu pénible, même si on dispose de filtres d’affichage, d’un bouton permettant d’afficher la table sur toute la surface du plug et qu’il est très simple de créer des groupes.

En dehors de ça, cette table virtuelle est extrêmement puissante : autant de canaux que l’on veut, de tous types (de mono à Surround), et déplacement des tranches de façon à faciliter la vision. On dispose de 5 Bus par tranche, d’effets d’inserts virtuellement illimités, on peut utiliser les effets inclus aussi bien que les VST compatibles, faire des presets de chaîne d’effets, créer des Bus pour groupes, sous-groupes, compression parallèle, etc.

Un Browser très bien fait permet de s’y retrouver rapidement, d’autant qu’à la différence des Modules, on peut ici renommer les tranches, bus, sorties, etc. Et le nom se reflète dans les menus déroulants aussi bien que dans les départs et inserts, c’est impeccable. J’oubliais : automation complète, par Midi ou Host Learn, ou avec assignation manuelle des contrôleurs et sélection du port d’entrée du contrôleur Midi externe. Un véritable sans-faute.

Conclusion

Incompatibilités d’humeur

Voici une liste non exhaustive de plug-ins VST que l’on ne peut utiliser pour le moment au sein d’Independence, tout du moins sur un G5 bi 2 GHz, OS 10.5.5, 8 Go de Ram. D’abord ceux qui font planter l’application lors du scan initial (et lors de toute tentative future) : tous les UAD 5.1, tous les Waves 6.0.5, Arturia Jupiter-8V et Analog Factory, East West Play, G-Media M-Tron et impOSCAR (version non UB), IK Multimedia AmpliTube (toutes les déclinaisons), Native Instruments B4 II et B4FX, Absynth FX, Kore 2 et Kore 2 FX, Rob Papen Albino 3. Ensuite ceux qui présentent une interface graphique perturbée : elle est soit totalement blanche, soit blanche avec quelques indications, menus ou boutons, ou encore les réglages sont figés, ou l’interface du VST est celle du bandeau d’ouverture d’Independence, etc. Parmi eux, les Best Service série 120 (BPM, VCP, etc.), Camel Audio CA5000, tous les Elemental Audio, tous les dérivés de SampleTank d’IK Multimedia, iZotope PhatMatik, tous les Korg Legacy, MusicLab Real Guitar & Strat, tous les TC PowerCore et Konnekt, Wallander WIVI, tous les Wave Arts.

Le monde du sampleur virtuel est bien encombré. Pourtant nul doute que Independence va trouver sa place rapidement : tout d’abord, son nom n’est pas usurpé, puisqu’autant dans sa conception et sa gestion interne que dans ses possibilités par rapport à l’extérieur, l’indépendance reste le maître mot. Ensuite, le logiciel dispose de la totalité des fonctions que l’on attend d’un sampler, d’un environnement semi-modulaire et de bien plus encore.

Il lui manque cependant quelques petites choses : une fenêtre d’édition plus large, les scripts de son concurrent Kontakt (mais c’est aussi valable pour tous les autres sampleurs virtuels) et les banques en découlant. Et son absence de notoriété est en soi incompréhensible. J’avoue que lors de ce test, je suis allé de bonnes surprises en très bonnes surprises, découvrant les fonctions au fur et à mesure, pensant arriver à une limite, et la dépassant toujours. Une véritable découverte donc, à tel point que je commence déjà à faire migrer certaines banques anciennes de l’exs24 afin de leur faire profiter de toute la puissance d’Independence et leur redonner une seconde vie.

Alors que GigaStudio vient de disparaître de l’univers PC, et à l’heure où les sampleurs dépendants d’un logiciel (exs24mkII pour Logic, Structure pour Pro Tools) ne contentent pas forcément leurs utilisateurs, la solution complète offerte par Yellow Tools est assurément l’une des plus intéressantes : contenu sonore d’excellente qualité, dont les trois précédents instruments de l’éditeur, solutions pour le live et la création de multieffets, automation très complète et fonctions créatives totalement exclusives, gestion des VST et VSTi, consommation raisonnable, puissance de programmation absolument faramineuse et (pratiquement) sans aucune limite et stabilité exemplaire, tout le monde ne peut pas en dire autant.

Award Valeur sûre 2008
Points forts Points faibles
  • Tout !
  • Manque une barre de progression nominative du scan VST
  • Scan VST long
  • Obligation d’utiliser un dossier spécial pour les fichiers audio
  • Pas d’import intégré de formats d’autres samplers
  • Désignation parfois non cohérente entre manuel et plug
  • Pas de possibilité d’agrandir les fenêtres d’édition/mixage
  • Pas de possibilité de renommer les Modules
  • Pas de scripts
  • Pas de banques tierce partie
  • À quand l’import d’AU ?
  • Pas de version RTAS (incompatible avec le Wrapper)
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