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Reason Studios Reason 6
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Test Reason Studios Reason 6

Séquenceur généraliste de la marque Reason Studios appartenant à la série Reason

Reason sur la balance

Chaque nouvelle version de Reason comprend son lot de surprises, récompensant - parfois - les nombreuses attentes de ses utilisateurs. Voici les changements apportés par Propellerhead au sein de Reason 6.

Depuis sa sortie en 2000, et comme tout bon logi­ciel qui se respecte, Reason a connu de nombreuses versions, et chacune d’entre elles a apporté amélio­ra­tions, correc­tions de bugs (plutôt très peu nombreux en géné­ral, surtout si l’on compare avec les autres DAW ou assi­mi­lées) et nouveau­tés, notam­ment en termes d’élé­ments modu­laires. Ainsi, en ce qui concerne ces derniers, la 2.0 (2002) voyait l’ap­pa­ri­tion des Malm­ström et NN-XT, la 2.5 (2003) nous a offert trois effets (Scream 4, RV7000, BV512) et deux routeurs (Spider Audio et CV). La 3.0 (2005) a rajouté entre autres MClass Maste­ring Suite et Combi­na­tor ; on trou­vera le test ici. Plus récem­ment la version 4 (2007) a fait forte impres­sion avec un excellent synthé poly­pho­nique faisant appel à plusieurs synthèses, Thor, et les ReGroove et RGP-8. Enfin, avant-dernière en date, la version 5 (2010) a béné­fi­cié des instru­ments Kong et Dr. Octo­rex (le test complet est ici).

Chaque version a donc rajouté un vrai plus (sachant que l’on ne s’est arrêté ici qu’aux instru­ments, effets et routeurs), et le séquen­ceur et son rack virtuel auto­suf­fi­sant sont deve­nus de plus en plus puis­sants. Sans répondre toute­fois aux vieilles attentes de certains de ses utili­sa­teurs (d’autres se contentent plei­ne­ment des fonc­tions actuelles), à savoir l’in­clu­sion de l’en­re­gis­tre­ment audio et le support de plug-ins externes. La possi­bi­lité de l’échan­tillon­nage réel apporté par la version 5 a suggéré une arri­vée proche d’une gestion de l’au­dio, d’au­tant que l’édi­teur a montré une certaine maîtrise de l’en­re­gis­treur audio­nu­mé­rique multi­piste avec Record sorti en 2009.

Eh bien, c’est chose faite avec cette version 6, Propel­le­rhead a rassem­blé ses deux logi­ciels, en rajou­tant d’autres fonc­tions et éléments. Revue de détail.

Intro­du­cing Propel­le­rhead Reason 6

Propellerhead Reason 6

Reason 6 est proposé à la vente sous forme physique, c’est-à-dire sur DVD, dans une boîte conte­nant aussi l’Ig­ni­tion Key (une clé stockant l’au­to­ri­sa­tion d’usage du logi­ciel), et quelques autres docu­ments. Je ne peux être plus précis sur ces points, ayant reçu la version pour le test par télé­char­ge­ment (3,68 Go). L’ins­tal­leur présente toujours un dossier Reason à copier dans Appli­ca­tions (sous Mac), dossier compre­nant la docu­men­ta­tion (la doc papier ayant disparu avec Reason 5), l’ap­pli­ca­tion elle-même et les deux Refill sans lesquelles on ne peut utili­ser Reason, Factory Sound Bank et Orkes­ter.

Machine de test
MacPro Xeon 3,2 GHz
MacBook­Pro i7 2,3 GHz
OS 10.6.8
Reason 6.0.2
Reason Essen­tials 1.0.2
Balance

L’au­to­ri­sa­tion se fait en ligne via la clé Igni­tion, et le serveur Autho­ri­zer. Depuis la version 4, il n’est plus possible d’uti­li­ser plei­ne­ment Reason sans cette clé, ce que l’on peut regret­ter. D’au­tant qu’au lieu d’avoir une clé proprié­taire (un port USB en plus), l’édi­teur aurait très bien pu choi­sir une clé type Syncro­soft/Stein­berg, voire iLok, ou rien du tout, ce qui serait encore mieux…

Cepen­dant, Propel­le­rhead permet d’uti­li­ser Reason sans sa clé, de façon complète si vous dispo­sez d’une connexion inter­net en ayant au préa­lable enre­gis­tré Reason sur le site de l’édi­teur, ou en mode Demo, ce qui permet d’en­re­gis­trer et sauve­gar­der ses créa­tions, mais pas de les rouvrir.

En dehors de la réunion des deux logi­ciels et donc de la dispo de l’en­re­gis­tre­ment multi­piste au sein de Reason ainsi que des éléments modu­laires précé­dem­ment exclu­sifs à Record (Neptune, ID-8, les modé­li­sa­tions Line-6), l’édi­teur a ajouté trois nouveaux effets, Pulve­ri­ser Demo­li­tion, The Echo Delay et Alli­ga­tor Filte­red Gate, augmenté le contenu de la banque d’usine, inclus la console issue de Record (et selon l’édi­teur modé­li­sée d’après une SSL 9000K), le support 64-bits (y compris pour le ReWire) et d’autres amélio­ra­tions.

Mise en route

Propellerhead Reason 6

Le temps d’adap­ta­tion à la nouvelle inter­face est très court. En effet, l’édi­teur n’a pas oublié les prin­cipes simples de rack virtuel qui consti­tuent Reason depuis le départ. Raccour­cis clavier pour affi­cher telle ou telle section ou fenêtre (série des F3, F4, etc.), bascu­le­ment entre rack et séquen­ceur en gardant la console en haut de l’in­ter­face, possi­bi­lité de déta­cher les fenêtres afin de donner la plus grande visi­bi­lité possible (grand écran, voire deux écrans néces­saires), grand affi­cheur de niveau d’en­re­gis­tre­ment faisant aussi office d’ac­cor­deur, très pratique si l’on enre­gistre loin de l’ordi, sachant que l’im­plé­men­ta­tion et la gestion des surfaces de contrôle ont toujours été un des points forts de Reason.

Propellerhead Reason 6

Grâce à la fenêtre Outils que l’on peut main­te­nir en posi­tion flot­tante, la créa­tion de pistes audio ou instru­ment est très rapide, et la connexion directe à la console est assu­rée, une tranche étant auto­ma­tique­ment créée. Lors d’un clic sur Créer Piste Audio, le rack se dote d’un module façon Combi­na­tor, offrant en version mini­male le nom, les boutons Mute et Solo, le choix de l’al­go­rithme de Stretch (nouveauté conjointe à l’ap­pa­ri­tion de l’au­dio, logique) parmi trois possi­bi­li­tés (Allround, Melody, Vocal) et un indi­ca­teur de niveau sans indi­ca­tions. Lorsque l’on passe en version complète du module Audio Track, on gagne l’échelle de mesure du VU-mètre (dommage qu’à l’in­verse du Big Meter on ne puisse le bascu­ler en affi­chage PPM ou Peak), la sélec­tion des entrées audio (la carte est parfai­te­ment recon­nue, et l’on peut choi­sir d’uti­li­ser les entrées mono ou stéréo, le couplage se faisant dans Reason, bien vu) et trois boutons permet­tant d’af­fi­cher le Program­mer (outil habi­tuel de Combi­na­tor), les effets d’in­sert ainsi qu’un Bypass géné­ral de ces mêmes effets (pratique).

Voici un exemple des diverses quali­tés du Stretch inclus (on enten­dra d’abord le fichier origi­nal puis ses décli­nai­sons trai­tées), en notant qu’on ne peut impor­ter de fichiers audio par un simple glissé-déposé, ce qui est bien domma­ge… Cet import se fait sur la piste sélec­tion­née, à la posi­tion de la tête de lecture.

L’exemple ne fait entendre que des ralen­tis­se­ments, l’ac­cé­lé­ra­tion étant en géné­ral bien trai­tée. Comme on ne trouve nulle part de crédits à un des habi­tuels four­nis­seurs d’al­go­rithmes de compres­sion/expan­sion tempo­relle, on peut suppo­ser que le Strech de Reason est fait maison…

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Propellerhead Reason 6

Les résul­tats sont hono­rables, ne pouvant être compa­rés à des logi­ciels ou plug-ins dédiés, mais de qualité semblable à ceux de bien des DAW. Les ralen­tis­se­ments extrêmes sur la voix, s’ils sont complè­te­ment inuti­li­sables dans un contexte de produc­tion, le sont par contre beau­coup plus dans le cadre de sound design et/ou d’in­clu­sion dans un sampleur pour être retra­vaillés.

Problème aussi, la loca­li­sa­tion française du logi­ciel est toujours étrange : je m’éton­nais de ne pas trou­ver dans le menu contex­tuel la désac­ti­va­tion du Stretch auto­ma­tique afin de pouvoir effec­tuer manuel­le­ment certaines opéra­tions, c’est parce qu’elle est nommée « Désac­ti­ver l’ex­ten­sion »…

Clip Safe, wow…

Fonc­tion unique­ment dispo­nible dans Reason et Reason Essen­tials, Clip Safe méri­te­rait d’être implé­men­tée dans d’autres DAW. Il s’agit en effet d’ef­fec­tuer un enre­gis­tre­ment paral­lèle à celui effec­tué, en y appliquant un gain moins élevé, mais de façon auto­ma­tique et tota­le­ment trans­pa­rente : il suffit d’ap­puyer sur le bouton dédié de Balance.

Après enre­gis­tre­ment, si l’au­dio a saturé, des petits marqueurs rouges l’in­dique­ront. Il suffira alors soit de cliquer sur le bouton CS qui est apparu, soit de deman­der la fonc­tion dans le menu contex­tuel pour que l’au­dio enre­gis­tré sans satu­ra­tion soit substi­tué aux endroits problé­ma­tiques et auto­ma­tique­ment mis au niveau corres­pon­dant. Seule chose à savoir, cela mobi­lise les deux canaux, donc on ne peut enre­gis­trer qu’un seul instru­ment à la fois.

Néan­moins, la fonc­tion est bien conçue, bien implé­men­tée et très utile. Rien de plus éner­vant en effet que de devoir refaire la partie vocale ou le solo « du siècle » pour un clip ou deux…

Bravo Propel­le­rhead !

Modules à gogo

Propellerhead Reason 6

Commençons par le Pulve­ri­ser Demo­li­tion, au nom promet­teur. Il s’agit d’un effet réunis­sant compres­sion, satu­ra­tion et filtrage, doté d’un suiveur d’en­ve­loppe et d’un LFO. Les réglages Squash et Release sont les consti­tuants acces­sibles de la compres­sion, Squash « réunis­sant » ratio, thre­shold et gain. Dirt et tone s’oc­cupent pour leur part de la satu­ra­tion. On dispose du choix du routing, plaçant le filtre avant les deux précé­dents étages, ou après. Ce filtre réso­nant multi­mode (LP24, LP12+­Notch, BP, HP et Comb) peut être modulé par Tremor, le LFO inclus. Ce dernier offre des réglages de vitesse, d’at­té­nua­tion de la forme d’onde (Lag), d’un choix entre neuf formes d’onde, de la synchro (Rate permet­tant alors de choi­sir une valeur de notes/mesure, de 16/4 à 1/32), d’un Spread ajou­tant une modu­la­tion stéréo au signal. Deux rota­tifs bipo­laires permettent respec­ti­ve­ment de modu­ler la fréquence du filtre et celle du signal final traité (le signal d’ori­gine n’étant pas modi­fié).

Propellerhead Reason 6

Follo­wer, le suiveur d’en­ve­loppe (idéal pour tous les effets wah ou de balayage) offre lui un bouton Trig auto­ri­sant la commande manuelle, un seuil (Thre­shold) afin de régler le déclen­che­ment ainsi qu’une Attack et un Release. Deux autres rota­tifs bipo­laires sont dispo­nibles pour modu­ler le filtre et/ou la vitesse du LFO (pour faire des trémo­los dyna­miques, par exemple). La section de sortie offre un volume global ainsi qu’un dosage Dry/Wet, auto­ri­sant ainsi en interne la compres­sion paral­lèle, bravo. Enfin, la face arrière du module recèle bien entendu le lot habi­tuel d’en­trées et sorties CV, une des richesses de Reason.

Voici quelques exemples de trai­te­ments appliqués à la boucle de guitare déjà enten­due.

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Puis à la boucle de batte­rie, avec des passages en compres­sion paral­lèle, grâce au Blend.

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Puis sur divers claviers :

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Très riche de possi­bi­li­tés, Pulve­ri­ser est aussi à l’aise dans les trai­te­ments subtils que dans les grosses destruc­tions sonores. On pourra peut-être lui repro­cher de manquer de varié­tés de satu­ra­tion, même si l’on peut aussi jouer avec Scream 4, sans toute­fois profi­ter des modu­la­tions internes (on peut s’en appro­cher grâce aux E/S CV). Il faut cepen­dant faire atten­tion au fait que le module colore le son même si ses réglages sont neutres.

Alli­ga­tor, gate par trois

Propellerhead Reason 6

On conti­nue avec le deuxième élément créa­tif ajouté, Alli­ga­tor. En passant par ce multi­gate, le signal est envoyé vers trois canaux simul­ta­né­ment, chacun doté d’un Gate et d’un filtre réso­nant pouvant être modulé par LFO et enve­loppe (trois canaux, trois filtres, HP, BP et LP), puis d’un ensemble d’ef­fets, Drive, Phaser, Delay et de commandes de Pan et Volume, le tout renvoyé vers un Main Output avec mélange possible avec le son direct.

Nonobs­tant ses quali­tés sonores propres, c’est la possi­bi­lité d’uti­li­ser ce triple gate via un système d’au­to­ma­tion qui en fait un outil très créa­tif. Ainsi l’édi­teur a inclus un lecteur de patterns (64 diffé­rents, détaillés dans le manuel), avec rajout de Shuffle (en rela­tion avec celui établi dans ReGroove), Reso­lu­tion en valeur de notes (de la croche à la triple croche, avec valeurs ternaires inter­mé­diaires) et un réglage de déca­lage Shift (déca­lage bipo­laire par valeurs en double-croche). Mais on peut aussi déclen­cher ces Gates via trois boutons sur l’in­ter­face (donc aussi avec un contrô­leur externe), via trois notes Midi (F#1, G#1, A#1) ou via les entrées CV évidem­ment présentes. Ces choix d’ac­tion permettent déjà d’en­tre­voir les possi­bi­li­tés de l’en­gin.

Le passage du signal dans la suite du trai­te­ment après ouver­ture du Gate sera d’abord modi­fié par l’en­ve­loppe de volume ADR. On peut choi­sir d’ac­ti­ver ou non les filtres réso­nants. On dispose de deux dosages de modu­la­tion bipo­laires. Le premier règle le taux du LFO, lui-même offrant neuf formes d’onde, un réglage de fréquence pouvant être synchro­nisé au tempo de l’hôte. Le deuxième corres­pond à l’en­ve­loppe du filtre, indé­pen­dante, et elle aussi à trois segments ADR.

On finit par la section effets, offrant trois réglages de taux, Drive, Phaser (qui béné­fi­cie en plus de deux para­mètres, vitesse et feed­back) et Delay (avec les para­mètres les plus complets, temps, synchro, feed­back et pan). Après les Pan et Volume, on trouve le Volume géné­ral, auquel s’ajoute le signal non traité si besoin : pour cela, on dispose d’un réglage Ducking, qui appliquera les para­mètres de l’en­ve­loppe Amp mais inver­sés, d’un Pan et d’un Volume.

Ne reste plus qu’à écou­ter ce que cela donne.

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Très simple à confi­gu­rer, le plug sonne et fait ce qu’il est censé faire. Et n’ou­blions pas que tout cela peut, comme tous les autres effets instru­ments, être modulé en temps réel via contrô­leurs externes, auto­ma­tion de piste, etc., le tout se faisant toujours très simple­ment.

Beauté cachée du délai

Propellerhead Reason 6

Dernier élément modu­laire, The Echo. Derrière son inter­face très inspi­rée des antiques Roland, se cache un délai modulé, dont les fonc­tion­na­li­tés seraient aussi à rappro­cher des Lexi­con. Mais voyons ce que permettent les nombreux boutons de la façade. D’abord la section Mode, où l’on règle le compor­te­ment du délai, normal (en insert ou bus), Trig­ge­red déclen­ché par le bouton (qui peut être assi­gné à un contrô­leur externe) et Roll, dépen­dant du curseur du même nom qui permet de boos­ter d’un coup le feed­back en coupant le son direct, avec un effet de quasi Freeze sur le son.

En voici un exemple :

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La section Delay permet bien sûr le réglage de durée (en ms ou valeur de note si Sync est activé), du déca­lage du canal droit, de la valeur de Ping Pong, c’est-à-dire d’al­ter­nance des échos dans le champ stéréo, un coup à gauche un coup à droite, avec largeur de l’ef­fet et possi­bi­lité de le désac­ti­ver. Et on finit avec un bouton Keep Pitch, qui permet d’an­nu­ler l’ef­fet de saut d’ac­cord que l’on trou­vait sur les vieux échos quand on bougeait les valeurs tempo­relles, et qui est émulé ici.

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La section Feed­back offre quant à elle un régla­ge… Feed­back, ainsi qu’un Offset bipo­laire, permet­tant de faire se bala­der le feed­back d’un canal à l’autre. Diffu­sion offre un prin­cipe proche de celui des réverbes, avec un rota­tif Spread pour la largeur de l’ef­fet et un Amount pour sa propor­tion. Ensuite, Color permet de filtrer et/ou satu­rer le signal. On dispose donc d’un filtre passe-bande réso­nant, et de quatre simu­la­tions depuis la compres­sion d’un limi­teur analo­gique à la distor­sion à lampes. On peut ainsi complè­te­ment salir le signal répété, pour des effets, ou dans une approche de renfor­ce­ment du son en jouant sur la balance Dry/Wet.

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Ensuite on modu­lera le signal grâce à la section Modu­la­tion, qui propose une Enve­loppe bipo­laire faisant varier la hauteur des répé­ti­tions, Wobble qui est censé repro­duire les fluc­tua­tions d’une bande magné­tique et un LFO avec Rate et Amount. Enfin, un réglage Dry/Wet et un Ducking, qui fait rentrer le délai en action en fonc­tion du volume du signal non traité, excel­lente idée, bravo !

Petite surprise

Propellerhead Reason 6

Repre­nant l’in­té­gra­lité des possi­bi­li­tés de Record, Reason 6 offre aussi une petite nouveauté maté­rielle, l’in­ter­face Balance, livrée avec Reason Essen­tials, une version « légère » du logi­ciel (pour la compa­rai­son entre les deux versions de Reason, c’est ici). Le design est très réussi, la matière mate légè­re­ment caou­tchou­teuse est agréable au toucher (mais marque quand même un peu, le sand­wich avalé vite fait en cours de travail peut faire des dégâts en termes d’em­prein­tes…). Les couleurs noir et blanc et la forme rappellent les chaus­sures d’un chaus­seur à la mode… La qualité de fabri­ca­tion semble bonne, même si notre exem­plaire n’était pas tout à fait stable, la partie avant étant légè­re­ment de biais par rapport à la partie arrière. La carte étant compa­tible CoreAu­dio, elle est recon­nue dès connexion, et utili­sable avec tous les logi­ciels audio à cette norme. Pour Windows, un driver Asio est fourni.

Propellerhead Reason 6

Petite astuce, Propel­le­rhead a inté­gré une clé Igni­tion dans sa carte, ce qui la trans­forme, une fois la licence char­gée, en dongle. Une bonne carte audio vaut surtout par ses connexions, et aussi par ces fonc­tion­na­li­tés. Du côté des premières, la face arrière offre un port USB, deux préam­plis micro, entrées XLR, avec alimen­ta­tion fantôme 48V indi­vi­duelle, une entrée Guitar double avec Pad (-9 dB) sur jacks asymé­triques, deux entrées stéréo ligne symé­triques et une sortie stéréo symé­trique, jack TRS. La conver­sion permet deux canaux simul­ta­nés E/S en 24 bits, de 44,1 à 96 kHz. Tout est alimenté via le port USB 2, donc atten­tion lors d’uti­li­sa­tions avec un portable.

Côté fonc­tion­na­li­tés et contrôles, la face avant incli­née offre deux gros rota­tifs pour le niveau casque (avec prise stéréo sur le côté droit), et pour le niveau géné­ral. Entre les deux, un bouton Mute/Direct Moni­to­ring permet d’ac­ti­ver ou désac­ti­ver cette fonc­tion d’écoute en zéro latence, ou de couper les sorties audio, selon le temps d’ap­pui. On sélec­tion­nera deux entrées simul­ta­nées grâce aux huit contac­teurs (quatre par canal), chacune dispo­sant alors de son réglage de gain, flanqué de trois LED indiquant le niveau de Signal/Clip (vert/rouge), l’ar­me­ment de la piste d’en­re­gis­tre­ment (unique­ment pour les Reason) et l’ac­ti­va­tion du 48V.

Propellerhead Reason 6

Par curio­sité, bidouille sur un connec­teur XLR (court-circuit point chaud-point froid) et connexion à l’em­base, ce qui permet de ne garder que le bruit propre du préam­pli et gain à fond : les crêtes-mètres de Reason ont affi­ché en mode Peak/PPM un bruit de –70 dB. Même mani­pu­la­tion sur la MBox 2 Mini habi­tuel­le­ment utili­sée avec le portable, et là c’est –64 dB. Pour finir sur la TC SK48, rien, pas un bruit « visible », le crête-mètre ne descen­dant que jusqu’à –95 dB, impos­sible de savoir ce qu’il se passe en-dessous. Du coup, par curio­sité aussi, j’ai ouvert Logic, en utili­sant le TR Meter d’IK Multi­me­dia, et vu des petits frémis­se­ments entre –98 et –86,2 dB pour la TC, entre –63 et –65,3 dB pour la Digi et de –69,2 à –73,7 dB pour Balance. Notons aussi une très légère diffé­rence de niveau entre les deux canaux à partir d’une même source (entre 1 et 2 dB), qui peut s’avé­rer gênante lors d’en­re­gis­tre­ment stéréo.

Même s’il est plutôt rare de devoir utili­ser un gain à son maxi­mum (peut-être faut-il dans ce cas se poser la ques­tion du chan­ge­ment de micro…), une fois redres­sée la diffé­rence de gain (plus ou moins 40 dB pour Balance et 50 dB pour la MBox), on s’aperçoit que les deux inter­faces font à peu près jeu égal. Ce que confirment les divers enre­gis­tre­ments réali­sés, voix, guitare et toutes sortes de choses qui traî­naient dans le studio. En revanche, on est loin de la qualité de la TC, dont les préam­plis (52 dB de gain sur les Impact II) sonnent plus silen­cieux, neutres et larges. Ce n’est pas le même prix non plus…

  • Design
  • Géné­reuse en E/S
  • Ergo­no­mie
  • Deux préam­plis micro
  • Trois LED d’ac­ti­vité
  • Fonc­tion Clip Safe, géniale
  • Appel du Big Meter/Tuner via bouton dédié
  • Fait office de clé Igni­tion
  • Offre d’up­grade vers Reason 6
  • Course des gains cran­tée
  • Bruit de fond à gain élevé
  • Légère diffé­rence de niveau entre les canaux
  • Une seule prise casque
  • Ni Midi, ni connec­tique numé­rique
  • Pas de possi­bi­lité d’ali­men­ta­tion autre que via USB
  • Qualité des prises XLR

Bilan

Comme à chaque nouvelle version de Reason, les nouveau­tés fusent, et il faut bien dire que pour la version 6, Propel­le­rhead a choyé ses clients. Dispo­ser au sein d’un envi­ron­ne­ment éprouvé (presque douze ans d’exis­ten­ce…), fami­lier, stable et puis­sant d’un enre­gis­treur multi­piste qui a montré en deux versions de nombreuses quali­tés ergo­no­miques et sonores est un avan­tage énorme. D’au­tant que l’on n’y perd abso­lu­ment pas en termes de philo­so­phie et d’er­go­no­mie. Les nouveau­tés sont à la hauteur des précé­dentes, Alli­ga­tor, Pulve­ri­ser et The Echo remplis­sant parfai­te­ment leur rôle.

Quant à la petite Balance, elle montre un design inté­res­sant, et une qualité sonore respec­table dans sa caté­go­rie, malgré quelques manques de connec­tique et du coup l’im­pos­si­bi­lité de futures exten­sions.

Bref, Propel­le­rhead a encore réussi son coup, et l’on se prend même à espé­rer des échanges tech­no­lo­giques avec d’autres éditeurs, du type de ce que fait UA avec des construc­teurs ou éditeurs célèbres, afin, non pas d’in­té­grer un format de plug-in ou un autre qui fragi­li­se­ront immanqua­ble­ment le logi­ciel (un modèle de stabi­lité), mais plutôt d’unir les savoir-faire pour rester au sein de ce logi­ciel qui ne fait que se boni­fier.

Points forts
  • Philosophie d’origine intacte
  • Ergonomie
  • Stabilité
  • De plus en plus autonome
  • Toute la puissance de Record maintenant disponible
  • Gestion des entrées audio en interne/par tranche
  • Nouveaux modules riches de possibilités
  • Encore plus de connexions CV...
  • Enfin une vraie console de mix
  • Sommation 64 bits
  • Pulveriser, créatif et efficace
  • Alligator, original
  • Système de pattern ou commande manuelle d’Alligator
  • The Echo, enfin un délai digne de ce nom
  • Comportement de type analogique
  • Fonction Ducking sur The Echo
  • Balance Dry/Wet sur les trois modules
  • Manuel complet avec moteur de recherche et hyperlinks mais...
Points faibles
  • ...Manuel en anglais seulement
  • Pas de possibilité de changer l’affichage du VU-mètre sur les pistes
  • Pas d’import audio par glissé-déposé
  • Qualité et performances du stretch variables
  • De plus en plus dur à utiliser sur un seul écran, a fortiori celui d’un portable
  • Il manque différents choix de disto/satu sur Pulveriser et Alligator
  • Zoom vertical en fenêtre Sequencer insuffisant
  • Localisation française toujours étrange
  • Clé Ignition propriétaire, un port USB en moins...

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