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177 réactions

Test du Nord Lead A1 de Nord - Simply Red

Rédigé par un humain
9/10
Award Valeur sûre 2014
2014
Valeur sûre
Award

À peine le Nord Lead 4 en route vers le succès, Nord présentait le Lead A1 début 2014, un synthé VA embarquant un nouveau moteur et une approche simplifiée de la synthèse. Le rouge revisité ?

Depuis le Nord Lead de 1995, la marque Nord propose aujour­d’hui une gamme complète de pianos de scène (Elec­tro 4, Stage 2, Piano 2), de synthés VA (Lead 4, Lead 2X) et de produits divers (orgue modé­lisé C2D, péda­lier MIDI PK27 et module de percus­sions Drum 2). Les claviers de scène existent en diffé­rents types et tailles de clavier alors que les synthés sont décli­nés en modules rackables. La marque est deve­nue célèbre pour la qualité sonore, les banques sons addi­tion­nelles gratuites, la robus­tesse, la légè­reté et la trans­por­ta­bi­lité de ses produits. À tel point qu’il est devenu banal de voir rouge quand on se balade sur les scènes musi­cales d’ici et d’ailleurs. En 2013, c’est le Lead 4 et sa version module 4 R qui repre­naient le flam­beau de la gamme de synthés VA. Ce fut donc avec beau­coup de surprise que nous décou­vrîmes un nouveau modèle en ce début d’an­née, au NAMM 2014 : le Lead A1. Ques­tions immé­diates qui, en plus de nous mettre en mode passé simple, nous brûlèrent les lèvres et les doigts : pour­quoi un nouveau modèle, son posi­tion­ne­ment n’est-il pas trop proche du Lead 4, rempla­cera-t-il le 2X, est-ce un modèle réduit ? Un tableau compa­ra­tif des 3 synthés est d’ailleurs dispo­nible sur le site Nord. À part cela, peu de choses ont été publiées jusqu’à présent, les discus­sions sont rares et (encore) calmes. Il a donc fallu trou­ver un Lead A1 ; aussi­tôt dit, pas du tout aussi­tôt fait… Alors ça vaut bien un bon coup de rouge, non ?

Light métal

Bien­tôt 20 ans que Nord fabrique des synthés VA, avec carros­se­rie métal­lique peinte en rouge, aplat gris et noir, séri­gra­phie blanche, potards gris, boutons à diodes rouges ou vertes, pitch bend laté­ral en bois, molette en pierre, écrans à LED 7 segments, clavier 4 octa­ves… et bien d’autres points communs !

Nord Lead A1

La construc­tion du Lead A1 est toujours aussi soignée, les ajus­te­ments nickel. L’alu peint des flancs plats vissés a remplacé le bois du Lead 4. L’an­crage des 26 boutons, 23 potards et 3 enco­deurs inspire la plus grande confiance, c’est du très bon made in Sweden ! La connec­tique est, comme toujours, ramas­sée sur la moitié gauche de la façade, pour tenir dans un format rack et ainsi opti­mi­ser l’in­dus­tria­li­sa­tion. Cela permet d’avoir un clavier très compact de 86 cm de large pour moins de 5 kg, welcome on stage ! Les 49 touches Fatar répondent à la vélo­cité, mais pas à la pres­sion. Elles sont courtes (13 cm), mais de largeur stan­dard ; l’en­fon­ce­ment est léger et le rebond assez franc pour réali­ser des passages rapides sans se fracas­ser.

La version Lead A1R est un module qui se pose à plat (avec un angle parfait pour l’édi­tion) ou qui se visse en rack 19 pouces sur 4 U (avec connec­tique en retrait permet­tant de câbler sans perte de hauteur, bien vu !). À part le clavier, le pitch­bend et la molette, il conserve les mêmes carac­té­ris­tiques que le modèle clavier. Côté connec­tique, tout est parfai­te­ment vissé sur le panneau arrière : 5 prises audio au format jack 6,35 (1 sortie casque stéréo, 4 sorties sépa­rées asymé­triques confi­gu­rables en paires stéréo ou indi­vi­duelles), 2 prises pour pédales (tenue simple et contrôle continu), entrée/sortie MIDI (avec Soft Thru) et prise USB (pour le MIDI unique­ment, pas l’au­dio hélas !). De même il n’y a pas d’en­trée audio pour trai­ter des signaux externes, c’est très dommage, car les filtres sont excel­lents. Le Lead A1 est parfai­te­ment à l’aise avec les CC MIDI qu’il émet et reçoit via ses prises DIN ou USB. L’ali­men­ta­tion est interne, donc il y a un connec­teur stan­dard IEC 3 broches, du sérieux !

Lead for speed

Nord Lead A1

Le premier parti pris de Nord pour diffé­ren­cier le Lead A1 du Lead 4 est l’ap­proche ergo­no­mique. Le construc­teur a étudié l’usage des nouvelles géné­ra­tions de synthé­tistes et a décou­vert que la demande avait évolué en faveur d’un nombre restreint de commandes, mais des commandes effi­caces. Résul­tat, pour une puis­sance équi­va­lente au Lead 4 (voire supé­rieure dans certains domaines), 20% de commandes en moins ! Les yeux aguer­ris obser­ve­ront immé­dia­te­ment une section oscil­la­teurs dépouillée et des enve­loppes tron­quées. Il ne s’agit donc pas de suppri­mer des modules vitaux (il y a bien 2 oscil­la­teurs dispo­nibles, par exemple), mais de simpli­fier l’ex­pé­rience de la synthèse, réduire certaines fonc­tion­na­li­tés et accé­lé­rer les moyens pour fabri­quer des sono­ri­tés variées. Véri­ta­ble­ment redé­fi­nir le marché en bous­cu­lant les approches tradi­tion­nelles, pour atti­rer de nouveaux types d’uti­li­sa­teurs ou d’usages, ce que les stra­tèges appellent Océan Bleu (le Mini­Brute d’Ar­tu­ria est un exemple de cette approche).

Nord Lead A1

Autres points d’er­go­no­mie en vrac, il est immé­diat d’as­si­gner des potards à une source de morphing, de trans­po­ser par octave (mais pas par demi-ton), de créer des splits/couches, de copier/muter/isoler des parties, de créer des sons aléa­toires (fonc­tion Rando­mize) ou des muta­tions sonores plus progres­sives (fonc­tion Mutate), ou encore de prendre une photo virtuelle de l’état de la façade avant de passer à autre chose (fonc­tion Like qui crée 50 instan­ta­nés en mode Programme et 50 en mode Perfor­mance, sur lesquels on peut reve­nir à volonté). En mode Perfor­mance, on peut même éditer plusieurs parties en même temps (fonc­tion « Multi Focus »). Un biblio­thé­caire gratuit permet de gérer les banques à partir d’un PC/Mac via l’in­ter­face USB, cool.

Tout n’est cepen­dant pas parfait en termes d’er­go­no­mie : outre l’ac­cès déli­bé­ré­ment limité à certains para­mètres de synthèse lié au posi­tion­ne­ment du Lead A1, on déplore l’unique mode Snap des potards (saut de la valeur stockée à la valeur physique dès qu’on les bouge), l’ab­sence de vrai LCD (notam­ment pour nommer les sons ou visua­li­ser les valeurs stockées en plus de celles en cours d’édi­tion) et le recours fréquent à la touche Shift pour atteindre les para­mètres dits secon­daires. Pour le reste, l’er­go­no­mie est au top !

Rouge son

Nord Lead A1

La poly­pho­nie initia­le­ment de 24 voix a été portée à 26 voix depuis l’OS 1.20 (1.32 testé), donc supé­rieure au Lead 4 ! Pour se mettre en appé­tit, on peut piocher dans les 400 programmes et 200 perfor­mances à 4 parties, dont les trois quarts contiennent des réglages d’usine, en majo­rité d’ex­cel­lente facture. Premiers constats, le Lead A1 est un camé­léon, capable de sonner vintage, moderne, gras, froid, doux, âpre… c’est surpre­nant ! Nous avons présenté diffé­rents exemples audio courts, mais nombreux, afin de démon­trer nos propos sur l’éten­due des terri­toires sonores couverts, la variété des filtres, l’in­té­gra­tion des effets et l’in­té­rêt des empi­lages et splits. Des nappes clas­siques aux textures éthé­rées, des sons FM typiques DX aux basses rondes ou acides, des solos très purs aux distor­sions exagé­rées, le Lead A1 se montre parti­cu­liè­re­ment docile et à l’aise.

Il nous semble que les niveaux audio des programmes sont moins élevés que sur le Lead 4, parti­cu­liè­re­ment hot en sortie, mais ce n’est peut-être qu’une impres­sion. En tout cas pas besoin d’at­té­nuer à la table, ni d’am­pli­fier d’ailleurs. En tripo­tant les filtres, on constate que les diffé­rents modes ont une réelle diffé­rence sur la couleur sonore, sur l’en­semble des plages de réglage. Une même source d’os­cil­la­teurs passée dans les 3 modes passe-bas 4 pôles donne des résul­tats très diffé­rents. La qualité audio est élevée. Avec les effets, le son prend son envol, que ce soit avec un effet d’en­semble, un délai subtil ou une réverbe pas trop débor­dante. Les sons avec inter­ac­tion d’os­cil­la­teurs ne produisent pas d’alia­sing notable, le nouveau moteur audio semble à la fois souple et bien dompté. Du très bon son !

NL A1 101

par Red Led23/07/14MP3
0:000:09
 

Oscil­la­teurs bridés

Nous avons vu que le Lead A1 était basé sur une approche simpli­fiée de la recherche sonore. Comment cela se traduit-il en matière de synthèse ?

Nord Lead A1

On a 2 oscil­la­teurs, 1 filtre, 1 ampli, 1 LFO, 1 vibrato et 2 enve­loppes par voix. Mais on n’ac­cède pas à tous les para­mètres, en parti­cu­lier pour les oscil­la­teurs : plutôt que mettre à dispo­si­tion les mêmes para­mètres pour les 2 oscil­la­teurs, le Lead A1 les orga­nise en confi­gu­ra­tions où leurs para­mètres et inter­ac­tions sont prédé­fi­nis. Cela permet, avec très peu de commandes et de temps, d’ac­cé­der à une large palette de modèles. On commence par choi­sir la forme d’onde du premier oscil­la­teur avec un enco­deur assi­gné à un petit écran à 2 carac­tères (diodes 7 segments) : il y a 4 ondes analo­giques modé­li­sées basiques (carrée, dent de scie, triangle et sinus), 7 ondes analo­giques modé­li­sées compo­sées, 3 ondes à impul­sion fixe (la largeur d’im­pul­sion reste constante quel que soit le pitch), 9 réglages de 9 tirettes harmo­niques virtuelles d’orgue, 5 ondes métal­liques, 8 spectres numé­riques, 4 ondes de pianos élec­triques (type Fender / Clavi­net) et 7 ondes à formants (diffé­rentes voyelles synthé­ti­sées).

Nord Lead A1

Une fois l’onde sélec­tion­née, on choi­sit l’une des 8 confi­gu­ra­tions d’os­cil­la­teurs à l’aide d’un second enco­deur avec son petit écran à 3 carac­tères (diodes 7 segments) : Pitch, Detune, Shape, Sync, FM, AM, Mix ou Noise. Pitch est une confi­gu­ra­tion simple à un oscil­la­teur dont le pitch est piloté par le LFO et l’en­ve­loppe assi­gnable ; Shape est une confi­gu­ra­tion à un oscil­la­teur dont le contenu harmo­nique (par exemple la largeur d’im­pul­sion pour les ondes éponymes) est modu­lable par le LFO et l’en­ve­loppe ; Sync crée un oscil­la­teur virtuel pour synchro­ni­ser l’os­cil­la­teur prin­ci­pal, avec LFO et enve­loppe pour modu­ler le contenu harmo­nique (pas la hauteur) ; Noise ajoute un bruit blanc à l’os­cil­la­teur prin­ci­pal, avec une balance comman­dée par le LFO et l’en­ve­loppe ; Detune ajoute un second oscil­la­teur à l’os­cil­la­teur prin­ci­pal (une copie pour les ondes analo­giques modé­li­sées, une sinus à la fonda­men­tale pour les autres ondes) dont l’ac­cord fin est piloté par le LFO et l’en­ve­loppe ; les 4 confi­gu­ra­tions Mix (Sine, Tri, Saw et Pulse) ajoutent à l’os­cil­la­teur prin­ci­pal un oscil­la­teur secon­daire décalé à inter­valle fixe (-1 octave, fonda­men­tale, harmo­nique 3–5–6–7ème, +1 octave, +3 octaves) dont la balance est pilo­tée par le LFO et l’en­ve­loppe ; FM crée une FM à 2 opéra­teurs modu­lée par le LFO et l’en­ve­loppe ; enfin, AM crée de la modu­la­tion d’am­pli­tude de l’os­cil­la­teur prin­ci­pal via une onde sinus dont la fréquence est contrô­lée par le LFO ou l’en­ve­loppe. On peut donc créer un vaste terri­toire sonore à partir de seule­ment 3 para­mètres combi­nables et 2 sources de modu­la­tion, au prix de la souplesse.

Filtres modé­li­sés

Le filtre du Lead A1 reprend en partie les modes du Lead 4, à l’ex­cep­tion du passe-bas 8 pôles. Il reste donc les modes passe-bas 2 et 4 pôles, passe-bande, passe-haut, passe-bas 4 pôles Mini­moog et passe-bas 4 pôles TB-303. Ces deux derniers modes repro­duisent non seule­ment les carac­té­ris­tiques du filtre, mais égale­ment la modu­la­tion d’en­ve­loppe, les satu­ra­tions internes et le profil de l’en­ve­loppe d’am­pli­tude. Comme nous l’écri­vions pour le Lead 4, le filtre Mini­moog sature en entrée et résonne de manière pronon­cée et instable, alors que le filtre TB sature dans les basses, avec une belle réso­nance acidu­lée colo­rante et maîtri­sée qui n’entre pas en auto-oscil­la­tion.

Nord Lead A1

L’éten­due de la fréquence de coupure a été revue, puis­qu’elle varie de 14 Hz à 35 kHz. Elle est modu­lable par le suivi de clavier (Off – 1/2 – 2/3 – 3/3), le LFO et l’en­ve­loppe assi­gnable (ADR bipo­laire contrô­lable par la vélo­cité, nous y revien­drons). Un Drive fine­ment dosable permet de salir le son en sortie de filtre de manière plus ou moins violente. Le signal termine (presque) sa course dans l’am­pli, avec niveau, pano­ra­mique et enve­loppe ADR modu­lable par la vélo­cité. Les voix du Lead A1 peuvent être jouées suivant diffé­rents modes : poly, mono, legato (mono sans redé­clen­che­ment des enve­loppes), glide ou unis­son (3 types : 2 voix par note avec désac­cor­dage et élar­gis­se­ment stéréo légers, 4 voix avec désac­cor­dage et élar­gis­se­ment stéréo légers et 4 voix avec désac­cor­dage et élar­gis­se­ment stéréo pronon­cés).

Modu­la­tions réduites

Nord Lead A1

Certains construc­teurs proposent des tas de modu­la­tions, des matrices et des séquen­ceurs à pas. Chez Nord, c’est plutôt l’in­verse, avec une approche droit au but. Le Lead A1 est encore plus dépouillé que le Lead 4 : 2 enve­loppes, 1 seul LFO et 1 vibrato. Les enve­loppes sont réduites à de modestes ADR… Le temps d’at­taque varie de 0,5 milli­se­conde à 45 secondes (ça claque bien !), le Decay de 3 milli­se­condes à 45 secondes avec une posi­tion Sustain (temps infini) et le Release de 3 milli­se­condes à 35 secondes. L’une des enve­loppes est assi­gnée unique­ment au volume alors que l’autre, bipo­laire, est assi­gnable au filtre et aux oscil­la­teurs (para­mètre variable suivant la confi­gu­ra­tion d’os­cil­la­teurs). La vélo­cité peut contrô­ler la quan­tité de modu­la­tion de chaque enve­loppe. Le Lead A1 propose aussi un vibrato qui peut être déclen­ché à la molette ou après un certain délai (0,5 ou 1 seconde), dont la vitesse et la quan­tité de modu­la­tion sont para­mé­trables via le menu (une rare excep­tion).

L’unique LFO est assi­gnable au filtre et aux oscil­la­teurs ; sa fréquence peut varier de 0,03 à 523 Hz (pas mal du tout !) et peut se synchro­ni­ser à l’hor­loge maîtresse suivant diffé­rentes divi­sions tempo­relles (de 4 mesures à 1/64 de note, y compris les valeurs ternaires). Il est mono­dique et offre 5 formes d’onde basiques : carrée, dent de scie, rampe, triangle et S & H. Dispa­rus les 60 motifs addi­tion­nels présents sur le LFO du Lead 4 ! On gagne toute­fois un sympa­thique mode enve­loppe, où le LFO évolue sur un cycle unique et devient poly­pho­nique. Les courbes dispo­nibles sont la porte, le déclin, l’at­taque, l’AD et le S & H (diffé­rentes valeurs aléa­toires). Enfin, le Lead A1 propose un petit arpé­gia­teur assez dépouillé, mais indé­pen­dant du LFO (mieux que le Lead 4 sur ce point). Il peut agir de 1 à 4 octaves et dispose de 4 sens de lecture : haut, bas, alterné et aléa­toire ; on perd donc le mode poly­pho­nique du Lead 4 qui permet de faire bascu­ler des accords, dommage. Le tempo peut être asservi à l’hor­loge maîtresse suivant diffé­rentes divi­sions tempo­relles (dont des valeurs ternaires).

Dose de morphing

Le Lead 4 nous avait enchan­tés par ses possi­bi­li­tés de morphing continu et par impul­sion. Le Lead A1 est moins perfor­mant, puis­qu’il ne comprend que le morphing continu, permet­tant de passer progres­si­ve­ment entre deux ensembles de réglages de para­mètres conti­nus. Il s’agit de tous les para­mètres assi­gnés à un potard (hormis le volume global). On repère faci­le­ment les potards concer­nés, puis­qu’ils sont équi­pés d’une diode verte qui est allu­mée quand le para­mètre est mis sous morphing. Cela repré­sente 22 potards et 25 para­mètres, dont les modu­la­tions d’os­cil­la­teurs, les para­mètres de filtre, les segments d’en­ve­loppes, les réglages de LFO, les tempos, les divi­sions tempo­relles, les dosages d’ef­fets…

Nord Lead A1

Le passage progres­sif entre les deux profils de morphing se fait à la vélo­cité de frappe et à la molette (ou pédale ou CC01 MIDI), qui ont chacune leurs réglages indé­pen­dants pour chaque Programme ou Perfor­mance. Seuls les dosages d’ef­fets ne sont pas dispo­nibles pour être modu­lés par la vélo­cité.

Pour program­mer un morphing, on main­tient le bouton de la source de modu­la­tion (molette/pédale ou vélo­cité) puis on touille tous les potards dans la posi­tion finale souhai­tée, c’est on ne peut plus simple. Il est possible d’ef­fa­cer tout ou partie des réglages de manière tout aussi intui­tive. Pour faci­li­ter la tâche et libé­rer les deux mains lors de la program­ma­tion, une fonc­tion de main­tien est présente. On trouve même un copier/coller et des fonc­tions Muta­tor/Rando­mize pour faire évoluer les réglages au gré du hasard. Voilà qui contri­bue à faire oublier l’ab­sence de matrice de modu­la­tion et renforce l’orien­ta­tion jeu live de la machine. 

Effets distinc­tifs

Nord Lead A1

Avec le temps qui passe, la section d’ef­fets des synthés Nord évolue. Le Lead A1 est diffé­rent du Lead 4 sur ce point. Globa­le­ment, on perd certaines armes de destruc­tion massive (Bit Crusher, Compres­sor, Talk, Comb), mais on gagne en puis­sance sur les effets d’en­semble au grand complet. Disons-le tout de suite, les para­mètres sont peu nombreux, mais la qualité est là. On commence par un premier multief­fet consa­cré aux Ring Mod, Flan­ger, Phaser, Chorus, Ensemble et Drive. Le seul para­mètre modi­fiable et modu­lable est la quan­tité ou la vitesse pour les effets qui tournent. Le Phaser est modé­lisé à partir d’une Mu-Tron vintage : bien, sans plus ; le chorus stéréo est ample, parfait sur les voix ; l’En­semble est modé­lisé à partir d’un orgue Eminent vintage, sort en stéréo et convient parfai­te­ment aux cordes ; le Drive simule un ampli à lampes et permet de passer de petites satu­ra­tions à de grosses distor­sions.

Le deuxième proces­seur d’ef­fets est entiè­re­ment consa­cré au Délai, cette fois plus détaillé. Outre le tempo (20 à 1500 milli­se­condes, synchro­ni­sable à l’hor­loge maîtresse, avec touche Tap), il propose 4 niveaux de feed­back, une option ping-pong, un mode de réponse clas­sique ou analo­gique et une balance Wet/Dry. Très bien ! Mais ce n’est pas terminé, puis­qu’on trouve un troi­sième et dernier proces­seur entiè­re­ment consa­cré à la réverbe, avec le choix de 5 types (Room, 2 Stage et 2 Hall) et une balance Wet/Dry. Cette réverbe est certes simpliste, mais tient bien sa place dans le contexte. Tous les effets possèdent un bouton de bypass, bien utile lors­qu’on programme. Bref, sur le Lead A1, c’est fromage ET dessert en ce qui concerne les effets !

4 par 4

Le Lead A1 peut assem­bler jusqu’à 4 programmes indé­pen­dants au sein du mode Perfor­mance. Grâce à 4 touches, on peut faci­le­ment sélec­tion­ner, acti­ver/muter/isoler, copier/coller n’im­porte quelle partie. La fonc­tion Multi Focus permet d’édi­ter toutes les parties acti­vées à la fois, nous l’avons déjà dit, mais nous le répé­tons, car c’est bien agréable !

Nord Lead A1

Il est très facile d’as­si­gner les parties en couche ou split. En mode Split, les slot AB et CD sont placés respec­ti­ve­ment de part et d’autre du point de sépa­ra­tion program­mable pour être direc­te­ment jouées sur le clavier ; il n’y a donc pas de multi­zones ou de fenêtres de vélo­cité. En revanche, chaque partie peut rece­voir sur son propre canal MIDI (notes, CC) quel que soit son statut (acti­vée ou pas) et ainsi être pilo­tée indé­pen­dam­ment par un séquen­ceur externe ; les canaux MIDI sont réglés de manière globale.

Excel­lente nouvelle, chaque programme d’une Perfor­mance conserve ses réglages d’ef­fets et d’ar­pé­gia­teur, pas besoin de sacri­fier des mémoires en mode Programme, c’est parti­cu­liè­re­ment appré­ciable. Mieux, toutes les éditions faites en mode Perfor­mance sont mémo­ri­sées indé­pen­dam­ment du mode Programme, au sein de 200 empla­ce­ments. Enfin, on peut router chaque partie vers l’une des 4 sorties indi­vi­duelles ou par paire stéréo (1&2 ou 3&4). C’est bien, mais cela reste un réglage global, comme les canaux MIDI. Les messieurs de chez Nord pour­raient-il revoir cela dans un futur OS ?

Nouvelle approche

Pour conclure, le Lead A1 tient bien ses promesses : il permet de créer très rapi­de­ment des sono­ri­tés variées et riches en couleurs : de l’ana­lo­gique à grain vintage ou moderne, du numé­rique à texture évolu­tive ou FM bien trem­pée, des orgues ou pianos élec­triques synthé­ti­ques… il est à l’aise partout et son nouveau moteur sonore nous a convain­cus. Certains raccour­cis nous ont quand même un peu coin­cés par moment, notam­ment lorsque nous avons voulu modu­ler le pitch et la largeur d’im­pul­sion d’un oscil­la­teur ; la simpli­fi­ca­tion vire parfois au simplisme, mais c’est beau­coup moins fréquent que ce que nous crai­gnions. Au final le Lead 1 (1622€ prix de vente conseillé), c’est la synthèse revi­si­tée, aussi bien pour les débu­tants, les produc­teurs pres­sés ou les synthé­tistes nomades, mais certai­ne­ment pas pour les nuls ! Nous lui desser­vons l’Award Valeur Sûre 2014.

Télé­char­gez les fichiers sonores (format FLAC)

 

Notre avis : 9/10

Award Valeur sûre 2014
2014
Valeur sûre
Award

Points forts

  • Qualité et diversité sonores
  • Construction tout métal
  • Compact et léger
  • Ergonomie réussie
  • Polyphonie confortable
  • Variété des formes d’onde
  • Interactions d’oscillateur
  • Excellents filtres modélisés
  • Enveloppes très rapides
  • Morphing avec destinations multiples
  • Arpégiateur multitimbral
  • Effets bienvenus
  • Multitimbralité à 4 couches
  • MIDI over USB
  • Fonctions Mutate, Randomize et Like
  • L’indépendance Programmes/Performances
  • Gestionnaire de programmes

Points faibles

  • Accès simpliste aux oscillateurs
  • Compromis dans les modulations
  • Paramètres d’effets limités
  • Arpégiateur dépouillé
  • Mode Performance assez rigide
  • Aftertouch aux abonnés absents
  • Pas d’entrée audio
  • Pas d’audio over USB
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