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Défilé de modèles
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Depuis la Musikmesse 2015, la série AIRA compte désormais un System-1m rackable et modulaire. Mais c’est le System-1 clavier, tout juste enrichi de l’OS1.2 et d’une troisième application de synthèse à modélisation analogique, que nous venons de tester.

Annon­cée au Dance­fair 2014, la série AIRA comp­tait initia­le­ment 4 modèles distincts : TR-8 (boîte à rythmes), TB-3 (séquen­ceur basse), VT-3 (proces­seur vocal) et System-1 (synthé à modé­li­sa­tion avec fonc­tion d’hôte). Nous avions testé les trois premiers modèles à leur sortie. Pour le System-1, nous atten­dions que les appli­ca­tions hôtes soit suffi­sam­ment nombreuses pour les passer en revue en détail. Au NAMM 2015, Roland a présenté un cinquième élément, sous forme de table de mixage : la MX-1. Simul­ta­né­ment, une troi­sième appli­ca­tion pour le System-1 a vu le jour : une modé­li­sa­tion du Promars. Mais ce n’était qu’un début, puisqu’à la Musik­messe 2015, pas moins de neuf nouveaux produits modu­laires viennent d’être présen­tés : un System-1m, 4 effets et une nouvelle gamme de modules analo­giques System-500. Pour couron­ner le tout, l’OS du System-1 est passé en 1.2, avec quelques nouveau­tés bien­ve­nues. Autant de bonnes raisons de se faire prêter un System-1 et toutes ses appli­ca­tions, qui consti­tuent un ensemble à synthèse VA tout à fait allé­chant… alors à nouveau, léchons ! 

Green Piece

Très compact et très léger (47 × 28 × 7 cm pour 2,4 kg), le System-1 embarque un clavier deux octaves entouré par un panneau couvert de commandes. On trouve ainsi 27 potards, 9 sélec­teurs rota­tifs, 10 curseurs linéaires et 25 pous­soirs lumi­neux. La qualité de construc­tion est correcte : façade en alu, coque en plas­tique dur, commandes de bonne résis­tance agréables à manier.

Roland System-1

La prise en main est immé­diate, puisque la plupart des para­mètres est direc­te­ment éditable (seules sont « cachées » quelques fonc­tions exotiques ou globales, telles que les réglages MIDI…). Les commandes sont regrou­pées en sections : LFO, oscil­la­teurs, mixeur, pitch, filtres, ampli, effets… impa­rable ! Juste au-dessus du clavier, on trouve les commandes de jeu (volume, porta­mento, legato, tempo), le mode manuel, le choix de moteur de synthèse et les touches mémoires. Les potards à valeurs bipo­laires ont une détente centrale, sympa.

Le System-1 fait partie d’une famille où le vert sur fond noir règne. Ici, toutes les commandes sont entou­rées d’un filet rétro-éclairé vert. On ne peut pas le désac­ti­ver, mais on peut en couper le mode veille, dans lequel le System-1 se trans­forme en sapin de Noël. Cela ne permet pas d’éco­no­mi­ser les piles, puisque la machine en est dépour­vue ; c’est bien dommage, car elle est faite pour être bala­dée.

Roland System-1

Le clavier a déjà fait couler beau­coup d’encre, nous ne serons pas origi­naux : si la taille des touches est stan­dard comme on peut le voir sur les photos (notam­ment System-1 et JP-8 du studio), leur course se limite en revanche à la moitié d’une course stan­dard (5 mm contre 10 envi­ron), avec une action molle, aller comme retour ; bref, un peu casse-gueule. Qui plus est, le clavier est tota­le­ment statique, donc on oublie le Prélude n°2 de Rach­ma­ni­nov.

Autre point d’aga­ce­ment, le Pitch bend réin­carné en molette Jog / Shut­tle digne de nos bons vieux magné­to­scopes, que les moins de vingt ans… le Jog fait office de Pitch­bend et le Shut­tle d’édi­tion de certaines valeurs. En dessous, on trouve une touche Hold, 2 touches de trans­po­si­tion d’oc­tave (bien vu, là, pour le coup !) et un simple inter­rup­teur pour la modu­la­tion (comme au bon vieux temps des premiers SH et Jupi­ter).

Roland System-1

À l’ar­rière, on découvre une connec­tique clas­sique, mais assez complète : sortie casque, paire de sorties stéréo, prises pédales (conti­nue et inter­rup­teur), entrée/sortie MIDI DIN, prise USB, inter­rup­teur secteur et borne pour alimen­ta­tion externe (four­nie et de type bloc à l’ex­tré­mité). L’USB 2.0 fait office d’in­ter­face MIDI et audio 24 bits ; une excel­lente initia­tive dont on ne pourra béné­fi­cier qu’après avoir installé un driver compa­tible Windows (Vista/7/8, donc pas XP) et OS X (10.6.8/10.7/10.8/10.9/10.10). Ah si seule­ment il y a avait eu une entrée audio analo­gique !

 

 

Moteur System-1

Roland System-1

Le System-1 est un petit synthé VA, qui d’une part possède son propre moteur, et d’autre part est capable d’hé­ber­ger une appli­ca­tion hôte (un « Plug-out » dans le jargon de Roland, nous y revien­drons plus tard en détail). Le moteur sonore du System-1 offre une poly­pho­nie de 4 voix (mono­tim­bral), basé sur la modé­li­sa­tion analo­gique. L’ar­chi­tec­ture est proche de ce que l’on trou­vait déjà sur les SH et Jupi­ter il y a 40 ans, repris depuis sur les plus récents synthés VA de la marque (JP-8000).

On trouve ainsi 2 oscil­la­teurs, 1 Sub-oscil­la­teur, 1 bruit, 1 HPF statique, 1 LPF réso­nant, 3 enve­loppes pré-assi­gnées et 1 LFO assi­gnable au pitch, au filtre et au volume. Commençons par les 2 oscil­la­teurs, en tout point iden­tiques : on peut en régler le pitch gros­sier (de 2 à 64 pieds) et les désac­cor­der ; depuis l’OS 1.2, on passe de 6 à 12 formes d’ondes : rampe (dent de scie ascen­dante), impul­sion, triangle, super rampe, super impul­sion et super triangle ; s’y ajoutent les ondes Noise Saw, opéra­tions logiques (ondes combi­nées), FM, FM + synchro, voyelles et CB (sons métal­liques). Nous n’avons pas pu tester les 6 dernières, le System-1 étant reparti juste avant l’an­nonce de la mise à jour. Chaque onde est conti­nuel­le­ment variable selon sa nature (contenu harmo­nique, largeur d’im­pul­sion, désac­cor­dage pour les super ondes, FM…) grâce au para­mètre Color. Ce dernier peut être modulé par le LFO, les trois enve­loppes, le Sub-oscil­la­teur (bien vu pour ce dernier, la modu­la­tion suivant le clavier) ou réglé à la main. L’in­ter­mo­du­la­tion des oscil­la­teurs est ici très géné­reuse, puisqu’on a Cross Modu­la­tion (sorte de double FM), Ring Modu­la­tion et synchro, les deux premières étant dosables.

Roland System-1

Vient ensuite l’étage de mixage, où le signal des 2 oscil­la­teurs est dosé et mélangé au Sub-oscil­la­teur (onde triangle à 1 ou 2 octaves sous la fonda­men­tale) et à un géné­ra­teur de bruit (blanc ou rose). Le pitch global dispose d’une enve­loppe AD, avec action bipo­laire dosable. Le signal ainsi mixé entre alors dans 2 filtres en série, à savoir un HPF statique et un LPF dyna­mique réso­nant travaillant en 2 ou 4 pôles. Sa fréquence de coupure peut être modu­lée par le suivi de clavier ou une enve­loppe ADSR sépa­rée (modu­la­tions bipo­laires). La réso­nance peut entrer en auto-oscil­la­tion. En sortie de filtre, on trouve une section ampli avec enve­loppe ADSR sépa­rée, un réglage de Tone et un Crusher (distor­sion numé­rique créant d’hor­ribles contor­sions, ce que le marke­ting maison appelle « un son moderne »). Le niveau global du programme est mémo­ri­sable (depuis l’OS 1.12).

Un LFO peut être assi­gné sépa­ré­ment au pitch, au filtre et à l’am­pli (modu­la­tions bipo­laires), en plus de la modu­la­tion du para­mètre « Color » des oscil­la­teurs ; il offre 6 formes d’ondes (4 basiques, une S&H et une aléa­toire), un délai d’ap­pa­ri­tion progres­sive et une synchro à l’hor­loge interne/MIDI. Son cycle peut être libre ou redé­clen­ché à chaque nouvelle note. Un porta­mento avec legato et un mode unis­son permettent d’ajou­ter quelques fiori­tures sonores. En bout de chaîne, une petite section d’ef­fets (réverbe simple à dosage + durée réglables simul­ta­né­ment et délai synchro­ni­sable avec dosage séparé) vient habiller le son, sympa. On trouve enfin un arpé­gia­teur avec 6 motifs de base, 6 divi­sions tempo­relles et 10 effets Scat­ter, qui agissent sur le timing et certains para­mètres (comme le filtre), de manière plus ou moins pronon­cée (suivant la posi­tion du Jog) et prévi­sible (suivant le motif/Shut­tle).

Resident Evil

Roland System-1

Immé­dia­te­ment, nous avons été surpris par la qualité du moteur de synthèse propre au System-1. Les oscil­la­teurs sonnent gros et ils driftent natu­rel­le­ment, c’est bluf­fant et tout sauf gros­sier. Les inter­mo­du­la­tions ne laissent appa­raître aucune pollu­tion numé­rique ou quel­conque agres­si­vité non souhai­tée. Quand on pousse les niveaux du mixeur au-delà des trois quarts de la course, on obtient une belle satu­ra­tion natu­relle. Le filtre est musi­cal, avec un grain gras et chaud, ainsi qu’une réso­nance agréable jusqu’à l’auto-oscil­la­tion. Sur certains réglages, les modes de réponse 2 et 4 pôles sont diffi­ciles à diffé­ren­cier, un peu comme sur un JP-8, d’ailleurs. On aurait aimé plus de diver­sité dans leurs compor­te­ments respec­tifs, comme sur les gros poly­pho­niques Oberheim (OB-Xa / OB-8). Dans la section ampli, le para­mètre Tone ne se contente pas de chan­ger la brillance du son, il en modi­fie aussi le grain, pas mal du tout…

Roland System-1

Les enve­loppes sont rapides et certaines peuvent être inver­sées. Les effets sont simples, mais joignent l’utile à l’agréable. Très rapi­de­ment, on parvient à créer des stan­dards de la synthèse (ainsi que des sons plus barrés, notam­ment ceux qui abusent de Cross Modu­la­tion et de Crusher). Le moteur de base du System-1 se révèle d’une grande poly­va­lence, de quoi remplir les 64 mémoires dispo­nibles (depuis l’OS 1.2) de basses, nappes, strings, cuivres, leads, percus­sions et autres effets. On peut aussi dumper le contenu mémoire et utili­ser les CC MIDI en émis­sion/récep­tion. Quelques banques gratuites sont d’ailleurs dispo­nibles en télé­char­ge­ment sur le site du construc­teur. Bref, voici une (première) excel­lente surprise sur le plan pure­ment sonore.

System 1 01
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  • System 1 01 00:25
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Plug-out mania

Roland System-1

Comme nous l’avons dit précé­dem­ment, le System-1 est capable d’hé­ber­ger, en complé­ment à son propre moteur de synthèse, une appli­ca­tion bapti­sée Plug-out. Char­ger une telle appli­ca­tion dans la machine néces­site plusieurs étapes assez labo­rieuses : avant toute chose, instal­ler le driver System-1 sur son PC/Mac (avec OS compa­tible comme déjà dit) ; ensuite, télé­char­ger l’ap­pli­ca­tion (version gratuite, version d’es­sai ou version payante suivant le modèle, nous y revien­drons) ; puis l’ins­tal­ler sur son ordi­na­teur ; ensuite, char­ger le Plug-in corres­pon­dant dans une STAN (compa­tible VST2.4/3.6 sur PC ; VST3/AU V2 sur Mac) ; après, acti­ver le Plug sur le site Roland (sur 3 ordi­na­teurs simul­ta­nés au maxi­mum) ; puis l’ache­ter le cas échéant, avec numéro de série à enre­gis­trer ; enfin, envoyer l’ap­pli­ca­tion vers le System-1 via MIDI/USB (cela prend une petite minute). On aurait fran­che­ment préféré se passer d’une STAN, surtout quand on tourne sur des appli­ca­tions ou des OS qui datent un peu et qui ne sont donc pas compa­tibles (genre notre véné­rable Cubase SX2 sous XP). Ceux qui espé­raient pouvoir se passer d’in­for­ma­tique seront déçus…

Roland System-1

Une fois chargé dans la machine, le Plug-out devient complè­te­ment auto­nome. Les deux moteurs de synthèse peuvent alors être alter­nés en appuyant sur la touche corres­pon­dante, mais ils ne peuvent coha­bi­ter simul­ta­né­ment. Lorsqu’on bascule en mode Plug-out, seules les commandes exploi­tables sont rétro-éclai­rées en façade, un bon point d’er­go­no­mie. C’est d’au­tant plus appré­ciable que certaines machines émulées n’ont qu’un oscil­la­teur ou un filtre. Bien évidem­ment, on peut utili­ser le Plug-in pour envoyer des sons vers le System-1 (et réci­proque­ment), contrô­ler le Plug-in depuis le System-1 ou utili­ser le System-1 comme inter­face audio USB (en sortie). Dans ce cas, il n’y a aucune diffé­rence sonore entre le Plug-out et le Plug-in. Préci­sons au passage qu’il n’existe pas de version Stan­da­lone de ces appli­ca­tions. Le Plug-out possède ses 64 mémoires propres, c’est-à-dire en plus des 64 mémoires du moteur System-1, ouf ! 

Plug SH-101 (offert jusqu’au 31 mai 2015)

Roland System-1

Le SH-101 est un synthé mono datant de 1982, que l’on pouvait utili­ser à plat ou en bandou­lière, avec un petit acces­soire de contrôle pouvant s’ajou­ter à main gauche (le fameux Modu­la­tion Grip). Il possède un son plas­tique bien « cheesy » très recon­nais­sable, avec son VCO, son Sub-oscil­la­teur, son unique filtre, son unique enve­loppe et son petit LFO, tout cela animé par un arpé­gia­teur et un séquen­ceur program­mable.

Le Plug SH-101 est livré de base avec la machine, du moins jusqu’au 31 mai 2015. Lorsqu’il est activé sur le System-1, tous les contrôles non assi­gnés s’éteignent (ou sont réduits). Mais certains n’ont plus les mêmes fonc­tions : par exemple dans le mixeur, les commandes qui servaient à doser le niveau des oscil­la­teurs ajustent main­te­nant les formes d’ondes indi­vi­duelles. Il faudra donc mémo­ri­ser ces petits détails pas si anodins. 

Au menu, on trouve un oscil­la­teur capable de géné­rer simul­ta­né­ment une rampe et une impul­sion à largeur variable. Il est accor­dable de 2 à 64 pieds. Un Sub-oscil­la­teur vient complé­ter le tout, à l’oc­tave infé­rieure (onde carrée) ou à deux octaves infé­rieures (onde carrée ou rectangle). La largeur d’im­pul­sion peut être modu­lée par les 2 enve­loppes, le LFO ou réglée manuel­le­ment. Un géné­ra­teur de bruit rose s’ajoute au mixeur, avant que tout ce petit monde parte attaquer le filtre passe-bas réso­nant. La fréquence de coupure est modu­lable par le suivi de clavier, une enve­loppe ADSR dédiée (bipo­laire) et le LFO. Ce dernier, qui offre 4 ondes cycliques et une onde aléa­toire, peut aussi modu­ler le pitch ; on peut lui substi­tuer le géné­ra­teur de bruit. En sortie, l’am­pli dispose d’une enve­loppe ADSR dédiée (ce que n’a pas le SH-101 origi­nel), redé­clen­chée par les touches ou le cycle du LFO (unique­ment libre). Ici aussi, on conserve la synchro de tout ce qui bouge, le porta­mento/legato, l’ar­pé­gia­teur et les effets du System-1 (Tone, Crusher, délai, réverbe). Par contre, on perd le séquen­ceur du SH-101 origi­nel, qui n’est pas repro­duit ici.

Le son obtenu est vrai­ment carac­té­ris­tique : les quali­fi­ca­tifs qui viennent à l’es­prit sont plas­tique, aigre­let, acidulé (surtout quand on pousse la réso­nance du filtre). La réponse des commandes est parfai­te­ment limpide, notam­ment la fréquence de coupure du filtre qui est très lisse (on pour­rait dire lissée). Avec un son très parti­cu­lier, le Plug SH-101 est donc un bon complé­ment au moteur System-1.

SH 101 01
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  • SH 101 01 00:36
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  • SH 101 03 00:38
  • SH 101 04 00:34
  • SH 101 05 00:42

Plug SH-2 (option­nel)

Le SH-2 est un synthé mono­dique à 2 VCO et 1 Sub-VCO produit à partir de 1978, que l’on entend souvent sur les premiers titres New Wave. Très simple d’em­ploi, il est carac­té­risé par de grosses basses épaisses, obte­nues lorsqu’on désac­corde les 2 VCO et qu’on active le Sub-VCO.

Roland System-1

Le Plug SH-2 est une appli­ca­tion payante (110 €, rame­nés à 75 € pour les proprié­taires de System-1). Tout comme les autres appli­ca­tions, elle peut tour­ner en Plug-in sur les STAN compa­tibles ou en Plug-out auto­nome dans le System-1. Tech­nique­ment, il s’agit d’une fidèle modé­li­sa­tion du modèle vintage, enri­chie en possi­bi­li­tés de modu­la­tions. L’unique voix est consti­tuée de 2 oscil­la­teurs à 3 formes d’ondes (rampe, impul­sion ou sinus pour le premier ; rampe, impul­sion et bruit blanc pour le second), auxquels on peut ajou­ter un Sub-oscil­la­teur (onde carrée à –1 octave). La plage d’ac­cor­dage est éten­due de 2 à 64 pieds, avec accor­dage gros­sier et fin pour le second oscil­la­teur. La largeur de l’onde impul­sion est modu­lable par un tas de sources (Sub oscil­la­teur, 2 enve­loppes, auto­bend, LFO) ou à la main. Les oscil­la­teurs ne peuvent par contre pas inter­agir.

Un mixeur permet de doser les 2 oscil­la­teurs et le Sub-oscil­la­teur avant d’at­taquer un unique filtre passe-bas réso­nant, comme sur le SH-2 origi­nel. La fréquence de coupure est modu­lable par le suivi de clavier, le LFO ou l’en­ve­loppe dédiée (modu­la­tions toutes bipo­laires). Contrai­re­ment au SH-2 vintage, on peut cette fois utili­ser 2 enve­loppes ADSR distinctes, redé­clen­chées par le jeu ou le cycle du LFO. Ce dernier possède un délai, 4 formes d’onde basiques et un mode aléa­toire ; son cycle est unique­ment libre. Ici aussi, on conserve la synchro de tout ce qui bouge, le porta­mento/legato, l’ar­pé­gia­teur et les effets du System-1 (Tone, Crusher, délai, réverbe). Le son obtenu est gros, gras, percu­tant, brut, sur toute la tessi­ture. On tire rapi­de­ment d’ex­cel­lentes basses gras­souillettes avec filtre ouvert, des pads à la quinte évoca­teurs, avec filtre medium et réso­nance légère, ainsi que de beaux leads coupant dans le mix, filtre ouvert comme fermé. Le Plug SH-2 complète très bien le SH-101, avec un carac­tère sonore très diffé­rent.

SH 2 01
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  • SH 2 01 00:40
  • SH 2 02 00:27
  • SH 2 03 00:12
  • SH 2 04 00:24
  • SH 2 05 00:42

Plug Promars (option­nel)

Roland System-1

Le Promars est un synthé mono­dique à 2 VCO et 2 Sub-VCO produit à partir de 1979, souvent décrit (en partie à tort) comme un JP-4 à une voix. Il est carac­té­risé par un son puis­sant et gras, obtenu lorsqu’on désac­corde les 2 VCO. Il béné­fi­cie de 8 empla­ce­ments mémoires (valeurs figées une fois sauve­gar­dées), d’où le terme « Compu­pho­nic » séri­gra­phié en façade.

Le Plug Promars est une appli­ca­tion payante (110 €, rame­nés à 75 € pour les proprié­taires de System-1). Tout comme les autres appli­ca­tions, elle peut tour­ner en Plug-in sur les STAN compa­tibles ou en Plug-out auto­nome dans le System-1. Il s’agit d’une modé­li­sa­tion très fidèle du modèle vintage, avec quelques fonc­tion­na­li­tés addi­tion­nelles. L’unique voix est consti­tuée d’un double oscil­la­teur à 2 formes d’ondes (rampe ou impul­sion), auxquelles on peut ajou­ter un double Sub-oscil­la­teur (onde carrée). On peut accor­der les oscil­la­teurs sur une plage éten­due de 2 à 64 pieds, avec 2 niveaux de Detune program­mables pour le second oscil­la­teur (comme sur le Promars origi­nel). Le LFO peut agir sur le pitch ou la largeur de l’onde impul­sion, cette dernière étant égale­ment réglable manuel­le­ment ou pilo­table par 2 enve­loppes ADSR.

La section mixeur (nouvelle par rapport au Promars origi­nel) permet de mélan­ger les 2 oscil­la­teurs à un géné­ra­teur de bruit blanc. Le signal passe alors dans un HPF statique puis un LPF dyna­mique réso­nant, dont la fréquence de coupure peut être modu­lée par le suivi de clavier, un LFO et une enve­loppe ADSR dédiée (les modu­la­tions du LFO et de l’ADSR sont bipo­laires). L’am­pli dispose de sa propre enve­loppe ADSR. Le LFO possède 4 formes d’onde basiques et un mode aléa­toire ; son cycle peut être libre ou redé­clen­ché. Ici encore, on conserve la synchro de tout ce qui bouge, le porta­mento/legato, l’ar­pé­gia­teur et les effets du System-1 (Tone, Crusher, délai, réverbe).

Des basses et infra­basses solides, un filtre très effi­cace, des leads inci­sifs, une réponse limpide des commandes, peu de fiori­tures (pas d’in­ter­mo­du­la­tions d’os­cil­la­teurs), voilà qui carac­té­rise le son du Promars, là encore bien complé­men­taire aux autres modé­li­sa­tions. À quand, donc, un Plug poly­pho­nique du JP-4 et son sympa­thique chorus ?

ProMars 01
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  • ProMars 01 00:41
  • ProMars 02 00:36
  • ProMars 03 00:36
  • ProMars 04 00:14
  • ProMars 05 00:33
 

Système-D

Au final, le System-1 est une bonne surprise : facile à prendre en main grâce aux nombreuses commandes directes bien pensées, c’est un synthé VA qui sonne très bien, avec un drift natu­rel des oscil­la­teurs, une réponse limpide des commandes, des filtres chauds comme on les aime, des enve­loppes claquantes et une parfaite maîtrise du moteur audio. Par ailleurs, c’est une solu­tion évolu­tive, grâce à sa capa­cité d’hé­ber­ger de nouvelles appli­ca­tions (en l’oc­cur­rence, à ce stade, trois synthés mono­diques, le premier étant inclus dans l’offre de base jusqu’à une certaine date). La machine est suffi­sam­ment compacte pour être trim­bal­lée un peu partout, avec 128 sons à bord, ce qui suffit en live ; compacte certes, mais pas auto­nome, car il lui manque une alimen­ta­tion par piles ; de même, l’ajout de Plug néces­site un ordi­na­teur avec STAN compa­tible. Enfin le clavier, petit, statique et à course réduite, ne restera pas dans les annales. C’est donc une impres­sion globa­le­ment posi­tive qui se dégage de ce quatrième élément de la série Aira, s’in­té­grant parfai­te­ment à un setup itiné­rant, tant que l’or­di­na­teur n’est pas trop loin, fût-ce en coulisses.

Tarif recom­mandé : 545 €

  • Roland Aira System-1
  • Roland Aira System-1
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  • Roland Aira System-1
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  • Roland Aira System-1
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8/10
Points forts
  • Excellente qualité sonore
  • Modélisations très réussies
  • Moteur sonore exempt d’aliasing
  • Commandes nombreuses
  • Prise en main immédiate
  • Section oscillateurs musclée
  • Arpégiateur intégré
  • Petite section effets
  • Emission/réception de CC MIDI
  • Audio et MIDI via USB
  • Tarif assez abordable
  • Fonctionnalités Plug-out/Plug-in
Points faibles
  • Clavier plus que limite
  • Polyphonie limitée à 4 notes (modèle de base)
  • Chargement fastidieux des Plug-out, nécessitant une STAN
  • Mode d’emploi laconique inacceptable
  • Plug-out bornés à des synthés mono (pour le moment ?)
Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.


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