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Test du Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0 - Un plateau d’orchestre à demeure ?

Rédigé par un humain
8/10

Comment donner une impression d’unité et de réalité quand on utilise plusieurs banques orchestrales ? Une des premières solutions est peut-être d’utiliser un processeur permettant de placer les différents instruments dans un espace « virtuel réel », selon leur place dans la réalité. Enter VirtualSoundStage 2.

La réus­site d’un mockup orches­tral, c’est-à-dire une compo­si­tion mise en sons via des sono­ri­tés orches­trales virtuelles, qu’il s’agisse de biblio­thèques à base d’échan­tillons, d’ins­tru­ments utili­sant la modé­li­sa­tion ou parfois de logi­ciels faisant appel aux deux tech­niques, tient en plusieurs facteurs. Deux parmi les plus impor­tants : d’abord, la qualité de l’écri­ture et de l’or­ches­tra­tion, s’il s’agit d’un origi­nal, ou de la fidé­lité à l’œuvre d’ori­gine dans la resti­tu­tion des pupitres, divisi, timbres et diverses arti­cu­la­tions. Puis dans la réus­site de la repro­duc­tion de l’es­pace occupé par l’or­chestre, ainsi que de la simu­la­tion de sa propa­ga­tion sonore et des rapports des pupitres entre eux.

Plus la banque est riche/souple, plus grande est la faci­lité à repro­duire un phrasé. Cela dépen­dra bien sûr du porte­feuille de l’exé­cu­tant, tant les solu­tions virtuelles complètes sont chères, mais il est plutôt conseillé, pour éviter de se retrou­ver, par exemple, avec des pupitres de violons dépas­sant la centaine d’ins­tru­men­tistes, d’al­ler piocher ici et là les diffé­rentes sections consti­tuant les voix afin de créer du « mouve­ment », de la richesse qui manque parfois quand on ne prend les instru­ments qu’au sein d’une seule banque d’un même éditeur.

Mais cette richesse pourra de fait créer de la dispa­rité, un manque de cohé­sion sonore, notam­ment au niveau des envi­ron­ne­ments dans lesquels les banques auront été enre­gis­trées. L’édi­teur VSL a résolu son problème en enre­gis­trant toutes ses biblio­thèques dans un Silent Stage spéci­fi­que­ment conçu, n’ap­por­tant quasi aucune réver­bé­ra­tion. Puis il a réalisé quelques années plus tard MIR Pro, un proces­seur de réver­bé­ra­tion à convo­lu­tion dédié, permet­tant entre autres options de placer les instru­men­tistes à la posi­tion dans l’or­chestre de leur pupitre, bouger celle du chef, du spec­ta­teur, choi­sir diffé­rentes salles. L’adé­qua­tion entre la réverbe et les instru­ments de l’édi­teur est idéale, mais ne répond pas forcé­ment aux attentes lorsque l’on est utili­sa­teur de produits d’autres éditeurs, et son tarif ne la met pas non plus à la portée de tout le monde. On trou­vera le test de sa cadette, MIR Pro 24 ici.

Machine de test

MacPro Xeon 3,2 GHz
OS 10.10.1
Paral­lax-Audio Virtual­Sound­Stage 2.0
Logic Pro X 10.0.7

D’autres éditeurs comme Audioease ont proposé pendant un temps des présets simu­lant la posi­tion des instru­ments de l’or­chestre pour leur Alti­verb, tout comme East­West avec la QL Spaces et l’on peut aussi simu­ler des posi­tion­ne­ments avec des proces­seurs comme le Pano­rama de Wave Arts ou encore avec des réverbes « true stereo  » comme les VSS de TC Elec­tro­nic, la Breverb2 d’Over­loud, etc. L’Ircam Spat v3 semble lui aussi parti­cu­liè­re­ment appro­prié pour ce type de trai­te­ments, mais ne l’ayant pas testé, je n’en dirai rien de plus. 

Et puis déboule un petit éditeur, Paral­lax-Audio (telle­ment petit qu’il n’est consti­tué que d’un seul homme, Gabriel Hein­rich), et son produit Virtual­Sound­Stage 2.0 (abrégé en VSS2.0 pour conti­nuer, atten­tion de ne pas confondre avec les TC…), censé remé­dier à ces problèmes de loca­li­sa­tion et d’har­mo­ni­sa­tion des espaces sonores, et offrir les réponses aux ques­tions posées. Voyons ça.

Intro­du­cing Paral­lax-Audio Virtual­Sound­Stage 2.0

Évidem­ment, qui dit V2.0, dit V1… VSS1.0 est sorti fin 2012, a bien existé quelque temps, mais n’est plus dispo­nible. Ses fonc­tions semblaient beau­coup plus limi­tées que celles de la V2.0, ceci dit sans pouvoir le véri­fier, puisque n’ayant jamais eu le logi­ciel entre les mains. Un upgrade existe pour les posses­seurs de cette première version.

Son succes­seur est dispo­nible unique­ment sur le site de l’édi­teur, Virtual­Sound­Stage 2.0 est proposé sous la forme de plug-ins AU, VST et AAX, pour Mac (à partir de 10.7) et Windows (à partir de Win7), en versions 32 et 64 bits. Pas de version auto­nome, mais l’on verra plus tard pour­quoi.  

On choi­sira la version Lite à 129 dollars (sans la TVA, qui est obli­ga­toi­re­ment appli­quée depuis le 1er janvier 2015, même depuis les pays non membres de l’U.E., ce qui promet un sacré b, hein, mais non j’l’ai pas dit…) ou la version Pro à 229 dollars (sans la TVA, qui est o…). Les deux se distinguent par le nombre d’es­paces et de confi­gu­ra­tions de micro­phones offertes, on y revient.

Aucun problème d’ins­tal­la­tion, on récu­père un KeyFile lors de l’achat vers lequel il suffit ensuite de poin­ter lors de la première ouver­ture. On pren­dra simple­ment soin de faire une copie de sauve­garde dudit KeyFile sur un support externe. On peut aussi véri­fier que les présets de VSS2.0 sont à jour, l’édi­teur promet­tant des nouvelles livrai­sons régu­lières (on verra plus tard à quoi corres­pondent ces présets).

De quoi s’agit-il-ce ?

Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0

Selon son concep­teur, VSS2.0 est un logi­ciel qui simule une pièce et toutes ses premières réflexions (les plus impor­tantes pour la loca­li­sa­tion d’une source) à quelque endroit que l’on se trouve, au sein duquel on vien­dra placer autant d’ins­tru­ments que dési­rés, selon des présets établis par rapport à un certain nombre de banques orches­trales du commerce ou en fonc­tion de ses envies et/ou outils orches­traux habi­tuels. Ces instru­ments exci­te­ront les pièces modé­li­sées par l’édi­teur, et seront dotés des premières réflexions censées se produire à l’en­droit précis où on les a placés.

Un premier aver­tis­se­ment : VSS2.0 n’est pas une réverbe complète, mais bien une chose hybride, entre un multi-panner et une demi-réverbe sophis­ti­quée trai­tant les éléments fonda­men­taux asso­ciés à la loca­li­sa­tion précise d’un son (et l’on sait comme cette fonc­tion oreille/cerveau est sensible et peut être très faci­le­ment pertur­bée).

Le prin­cipe d’uti­li­sa­tion est simple : on ouvre VSS2.0 sur une piste stéréo dotée d’un fichier audio ou d’un instru­ment virtuel, on sélec­tionne un préset ou l’on effec­tue ses propres réglages, et l’on pourra modi­fier ceux-ci par tranche active et de façon globale, sachant que chaque modi­fi­ca­tion affec­tant le fonc­tion­ne­ment global est réper­cu­tée à toutes les VSS2.0 indi­vi­duelles. Le logi­ciel est arti­culé autour de quatre sous-fenêtres : celle, centrale, permet­tant de visua­li­ser la pièce choi­sie, avec possi­bi­lité de zoomer, de se dépla­cer, etc. (en cela très proche de MIR). Celle placée tout à gauche, affi­chant toutes les VSS2.0 ouvertes dans le projet, avec leurs nom, code couleur et leurs boutons respec­tifs d’ac­ti­va­tion, Solo et Mute. La fenêtre infé­rieure offre tous les réglages indi­vi­duels, celle placée à droite tous les réglages globaux.

Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0

Une fois l’ef­fet inséré, on déter­mine la pièce dans laquelle l’or­chestre, le groupe seront censés être placés. La version Pro offre neuf salles, deux Concert Halls, deux Scoring Stages, un Studio, une Cham­ber, un Opera, une Church et une Cathe­dral. Les dimen­sions de la salle et de la scène sont indi­quées, et plus impor­tant, les temps de réverbe (RT, norma­le­ment le temps que met la réverbe à dimi­nuer de 60 dB), et ceux de pré-délai. Ces deux derniers seront très impor­tants lorsque l’on rajou­tera le logi­ciel (en Bus, de préfé­rence) dédié à la queue de réverbe ; peu importe qu’il soit algo­rith­mique ou à convo­lu­tion, l’im­por­tant étant d’ar­ri­ver à atté­nuer voire faire dispa­raître les premières réflexions (ce sont celles de la VSS2.0 qui importent) et n’uti­li­ser que la tail de la deuxième réverbe, en prenant soin d’ef­fec­tuer une tran­si­tion en douceur.

En appli­ca­tion

La mise en œuvre est assez simple : une fois l’ef­fet inséré sur la tranche, on effec­tue une première véri­fi­ca­tion de la qualité du signal grâce au module Input Offset, qui permet d’ajus­ter la diffé­rence de niveau et l’éven­tuel déca­lage entre les deux canaux afin de dispo­ser d’un signal propre­ment centré. Gain et Delay permettent la manœuvre, Pre-Listen la véri­fi­ca­tion des trai­te­ments et Auto-Detect l’ap­pli­ca­tion auto­ma­tique après analyse du signal des correc­tions idoines.

Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0

Le module suivant est dédié à la posi­tion des haut-parleurs stéréo virtuels, Spea­ker Setup, qui corres­pond à celle de l’émet­teur, permet­tant de repro­duire la diffu­sion d’un instru­ment (plutôt posi­tion­nés en mono, via le para­mètre Width), ou d’un pupitre (on ouvrira alors la largeur). On règlera leur angle, leur hauteur, et la posi­tion XY, leur direc­ti­vité (projec­tion vers l’avant ou rayon­ne­ment total, avec toutes les varia­tions entre les deux extrêmes), ainsi que le coef­fi­cient d’ab­sorp­tion ou d’aug­men­ta­tion des fréquences aiguës (via Air Absorp­tion). Deux faders permettent ensuite d’équi­li­brer les volumes respec­tifs des premières réflexions et du son direct, et un troi­sième règle si besoin le volume en fin de trai­te­ment. Tous les présets four­nis tirent bien entendu profit de ces réglages, et l’on verra ainsi se placer sur la scène les diffé­rents éléments de l’or­chestre. Bien sûr, ne sont pas réper­to­riées toutes les banques ou instru­ments exis­tants, même si l’on trouve au moins un élément de chacun des grands éditeurs (voir capture d’écran). 

Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0

La partie globale permet de sélec­tion­ner l’une des neuf pièces (via Room), la taille de l’or­chestre (aucune défi­ni­tion, Orches­tra Large, Medium, Cham­ber, Orches­tra + Choir, Choir, Big Band). Puis on trouve un Gain et un rapport Dry/Wet (son direct/premières réflexions) pour toutes les VSS2.0 du projet. Enfin vient le dernier élément fonda­men­tal pour le son global, la façon dont toutes les réflexions sont « enre­gis­trées » (n’ou­blions pas qu’il s’agit de modé­li­sa­tion). 14 place­ments diffé­rents sont propo­sés, ou plutôt huit et leurs varia­tions, des systèmes EBS, NOS, ORTF ou GHS (stéréo­pho­nie mixte), AB et Decca Tree (stéréo­pho­nie de phase) et XY et Blum­lein (stéréo­pho­nie d’in­ten­sité). Si l’on doit réduire ou diffu­ser sa musique en mono, il convien­dra de choi­sir parmi les varia­tions de ces deux dernières tech­niques, sous peine de perdre des infor­ma­tions sonores. Avec le choix de ces tech­niques appa­raissent le nombre de faders corres­pon­dant dans la section Mic Mixer, ce qui permet d’équi­li­brer si besoin est les pan et volume respec­tifs des canaux. On pourra aussi expé­ri­men­ter avec le fader Mid du Decca Tree pour donner une sensa­tion de largeur stéréo supplé­men­taire, en faisant néan­moins atten­tion à ne pas créer d’ef­fet non désiré (vos oreilles restent les juges ulti­mes…).

Il est temps d’écou­ter quelques exemples audio. Voici d’abord un extrait d’un mockup créé pour le banc d’es­sai des Holly­wood Strings Silver, avec les limites de la banque, dans lequel j’ai remplacé certains des instru­ments East­West par des Kontakt, et inté­gré du Spit­fire, du VSL, du Orches­tral Tools, puis effec­tué un premier mix avec les instru­ments tels quels, sans pano­ra­mique (si on entend des place­ments, ce sont ceux choi­sis par l’édi­teur direc­te­ment dans les samples), en ne prenant que les micros en proxi­mité (Close) quand c’est possible (pas sur les Holly­wood Strings Silver de East­West) et sans aucune réverbe addi­tion­nelle. Voilà le résul­tat :

01 Hills­Dry

par Red Led27/02/15MP3
0:000:29

Ensuite, une VSS2.0 a été placée sur chaque piste, la procé­dure d’ali­gne­ment via Input Offset effec­tuée, ainsi que la sélec­tion des présets s’ils étaient dispo­nibles. Voici le résul­tat sans réverbe de bus dédiée à la queue, avec un Decca Tree placé à 3 mètres de distance et 2,5 m de haut, avec d’abord une Concert Hall B, puis Scoring Stage A, Studio et Cathe­dral et pour finir Cathe­dral avec l’arbre Decca placé à 8 mètres de distance et 4 mètres de haut.

02 HillsVSS2

par Red Led27/02/15MP3
0:002:28

Puis le résul­tat final en repre­nant les mêmes réglages, avec des réverbes prises dans la Space Desi­gner de Logic, afin de ne pas faire tout de suite rentrer en compte des réverbes haut de gamme (VSS3 de TC Elec­tro­nic ou Alti­verb).

0:002:35

Pour finir, les mêmes exemples via l’Al­ti­verb.

04 Hill­sAlti

par Red Led27/02/15MP3
0:002:42

Bilan 

Indé­nia­ble­ment, et même s’il doit beau­coup à celui de MIR PRO, le concept de la VSS2.0 est excellent et sa mise en appli­ca­tion très simple et très effi­cace. L’idée de commen­cer à partir d’un proces­seur dédié puis d’uti­li­ser une réverbe complé­men­taire permet un ajus­te­ment précis de l’es­pace en y ajou­tant une part de réalisme qu’il ne serait possible d’at­teindre qu’avec de multiples réverbes de type Source, avec les consé­quences évidentes sur la charge CPU, la lour­deur de mise en œuvre, les réglages méti­cu­leux des pano­ra­miques, des EQ, etc. Même si la mise en œuvre d’un mockup chargé, et l’ac­ti­va­tion de toutes ces réverbes peut aussi solli­ci­ter l’or­di­na­teur jusqu’à ses limites, tout en recon­nais­sant que les prin­ci­paux respon­sables des charges sont les instru­ments virtuels…

Les seuls reproches à formu­ler seraient l’ab­sence d’un manuel digne de ce nom et le petit nombre de présets actuel­le­ment dispo­nibles, tant on voudrait que l’ap­pli­ca­tion couvre toutes les biblio­thèques et instru­ments exis­tants. Mais il suffit d’un peu de patience, de véri­fier le place­ment des instru­ments en situa­tion réelle si besoin, et d’ef­fec­tuer les quelques mani­pu­la­tions pour prépa­rer ses propres pré-réglages en fonc­tion de ses goûts et outils. Une version de démo pour Mac et Windows est dispo­nible sur le site de l’édi­teur, faites-vous votre propre idée. Une belle réus­site, dont on est curieux de connaître l’évo­lu­tion.

 

  • Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0
  • Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0
  • Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0
  • Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0
  • Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0
  • Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0
  • Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0
  • Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0
  • Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0
  • Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0
  • Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0
  • Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0
  • Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0
  • Parallax-Audio VirtualSoundStage 2.0

 

Notre avis : 8/10

Points forts

  • Concept et mise en œuvre intéressants et réussis
  • Véritable solution alternative

Points faibles

  • Pas (encore ?) assez de présets correspondant aux produits existants
  • Manuel en ligne seulement, en anglais, et insuffisant
  • Zoom molette pas très précis
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