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Fred's Lab Buzzzy!
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Test Fred's Lab Buzzzy!

Synthé numérique en rack de la marque Fred's Lab

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La synthèse dard-dard
7/10
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Le Buzzzy est un synthé numérique multitimbral concentrant plusieurs moteurs de synthèse, des effets et des arpèges, dans un mini-module à prix serré. Les premiers backers viennent de recevoir leur exemplaire. Alors, partis pour une lune de miel ?

Passionné de musique et d’élec­tro­nique, Frédé­ric Meslin alias « marzac­dev » a parti­cipé à la concep­tion de synthés analo­giques et numé­riques pour des marques répu­tées telles que Waldorf et Artu­ria. Entre deux colla­bo­ra­tions, il a aussi déve­loppé diffé­rentes machines pour son propre compte. D’abord l’OP-A, une carte à synthèse FM multi­tim­brale commer­cia­li­sée via Kicks­tar­ter. Plus récem­ment la Quanta, une BAR numé­rique restée à ce jour au stade de proto­type avancé. Pour son troi­sième produit, il a imaginé un synthé numé­rique multi­mo­teurs et multi­tim­bral, alter­na­tive à la vague analo­gique défer­lant actuel­le­ment dans nos studios. Il a voulu son Buzzzy réso­lu­ment mini­ma­liste, abor­dable, avec certes peu de commandes, mais des commandes utiles. Voyons si sa première machine signée Fred’s Lab est capable de faire le buzz…

Taille de guêpe

Buzzzy_2tof 04.JPGLe Buzzzy est un module sonore embarqué dans un tout petit boitier en bois avec une façade en alu, mesu­rant 148 × 70 × 68 mm pour 200 grammes de légè­reté. On doit le graphisme de la séri­gra­phie à l’ami Serge alias « erew­hon », un véri­table tour de force telle­ment les commandes sont proches et que les para­mètres assi­gnés aux quatre poten­tio­mètres d’édi­tion varient selon le contexte. Les modes d’édi­tion sont sélec­tion­nés au moyen de mini-boutons assis­tés de LED, par simple appui, appui prolongé, main­tien ou combi­nai­son avec la touche Shift : choix de la partie sonore en cours, arpé­gia­teur, mode d’en­ve­loppe, effets, banque, program­me… Il faut un temps d’ap­pren­tis­sage pour sortir de cette rela­tive confu­sion. Ainsi, pour sélec­tion­ner un Multi, chan­ger le canal MIDI d’une partie, régler la plage de pitch­bend ou accor­der la machine, il faut enchaî­ner les combi­nai­sons de boutons. Tiens, il n’y a pas de trans­po­si­tion ou volume global au menu. Un petit tour par le manuel, traduit en français par l’ami Benoit alias « noiZe », est parfois utile.

A ce stade, il n’est pas prévu d’édi­teur, dommage pour ceux qui veulent tout contrô­ler d’un seul regard et d’un seul doigt. On peut cepen­dant imagi­ner que certains geeks talen­tueux fabrique­ront des télé­com­mandes virtuelles avec les CC MIDI, ce qui permet­tra non seule­ment d’ac­cé­der à tous les para­mètres, mais aussi de visua­li­ser leur valeur (surtout pour celles sélec­tion­nées avec les boutons-pous­soirs). La qualité de construc­tion est soignée : poten­tio­mètres vissés offrant une réponse précise, façade en alu séri­gra­phié, boitier en bois d’arbre et connec­tique vissée. Cette dernière, située à l’ar­rière, est tout aussi mini­ma­liste que la façade : sortie audio stéréo sur deux jacks 6,35, sortie casque sur mini-jack stéréo, simple entrée MIDI DIN et prise USB type B (jouant à la fois le rôle d’ali­men­ta­tion 5 V-75 mA – 375 mW faible consom­ma­tion et d’in­ter­face MIDI, mais pas audio). On peut donc alimen­ter le Buzzzy avec un PC, un bloc secteur 5 V ou une batte­rie USB. L’USB est donc le seul moyen de sortir des CC MIDI pour program­mer des auto­ma­tions ou envoyer le contenu de la mémoire interne par Sysex. Le Buzzzy est livré avec un simple cordon USB, mais pas d’ali­men­ta­tion.

Bour­don­ne­ments variés

Le Buzzzy est un synthé numé­rique poly­pho­nique 16 voix et multi­tim­bral 4 parties, ce qui est bien pour le prix serré, les fabri­cants ayant la fâcheuse tendance à oublier la multi­tim­bra­lité sur les récents synthés numé­riques. Il y a 16 mémoires internes de Multi à quatre parties. On ne peut hélas sauve­gar­der que sur le Multi en cours, ce qui oblige à repar­tir de zéro à chaque fois ou de jongler avec les dumps MIDI. Les commandes ont une préci­sion de 10 bits, ce qui assure une réponse extrê­me­ment fluide des poten­tio­mètres. En CC MIDI, elle tombe logique­ment à 7 bits, mais un lissage des signaux entrants est inté­gré, super !

Buzzzy_2tof 25.JPGCe qui surprend agréa­ble­ment, c’est la palette sonore variée dont est capable la machine, en quelques tours de poten­tio­mètres (et de combi­nai­sons de bouton !). Cela va des grosses PWM tant prisées en EDM aux sono­ri­tés FM cris­tal­lines, aux ondes spec­trales évolu­tives, sans oublier les bruits (percus­sions, drones, tempêtes, effets…). Les poten­tio­mètres fonc­tionnent unique­ment en mode saut, ce qui est décon­cer­tant lorsqu’on change de fonc­tion ou de partie sonore en live. Les modes seuil ou rela­tif ne sont pas au programme, dommage.

Un arpé­gia­teur multi­tim­bral permet de faire tour­ner jusqu’à quatre motifs mono simul­ta­nés. La multi­tim­bra­lité permet aussi d’em­pi­ler des sono­ri­tés diffé­rentes sur des parties de même canal MIDI ; on peut même les désac­cor­der ou les trans­po­ser pour élar­gir le spectre ou créer des inter­valles, tout en les plaçant au choix dans le champ stéréo. La section effets inté­grée apporte des ambiances très variées, allant des grands espaces au tube réso­nant, sans oublier les ensembles stéréo. Un filtre global par partie permet de créer des sons dans la veine analo­gique (en bougeant les commandes à la main ou via CC MIDI car il est statique) ou d’éli­mi­ner les arte­facts numé­riques présents sur certaines ondes numé­riques modu­lées dans les aigus. Le moteur interne tourne en 24 bits / 48 kHz, ce qui assure une qualité sonore très bonne et un rapport signal / bruit annoncé de 100 dB. La sortie audio peut sembler un peu faible sur certains moteurs ou types d’ondes, c’est un compro­mis permet­tant une réserve de dyna­mique pour la multi­tim­bra­lité. Comme le bruit de fond est bas, cela ne pose aucun problème d’am­pli­fier un peu à la console ou à la carte son au besoin. Au passage, les exemples sonores du test ont été fait avec le Buzzzy seul, piloté par une séquence MIDI program­mée dans Cubase sur 3 ou 4 canaux MIDI, captu­rés direc­te­ment en une prise à la sortie stéréo. 

Buzzzy_1audio 1 Multi Laye­red
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  • Buzzzy_1audio 1 Multi Laye­red02:16
  • Buzzzy_1audio 2 Multi Chased01:59
  • Buzzzy_1audio 3 Multi Asia00:56
  • Buzzzy_1audio 4 Multi Four02:19

Quatre ailes

Buzzzy_2tof 08.JPGChacune des quatre parties sonores est consti­tuée d’un moteur de synthèse, une enve­loppe de volume, une section effets et un arpège. On règle le canal MIDI de chaque partie de manière globale, par combi­nai­son de touches et envoi de note. Les 16 voix de poly­pho­nie maxi­mum sont allouées dyna­mique­ment aux 4 parties, en fonc­tion des besoins ; l’uti­li­sa­tion de certains moteurs et effets gour­mands tend à réduire rapi­de­ment le nombre de voix dispo­nibles, en pratique on se retrouve souvent sous les 8 voix, ce qui contraint à certains arbi­trages corné­liens pour éviter un impi­toyable vol de voix. Pour chaque partie, on commence par choi­sir un moteur de synthèse, parmi quatre types très diffé­rents : Pulse, FM, Wave, Noise. Le moteur Pulse permet de choi­sir parmi 16 types d’im­pul­sions, combi­nant des largeurs diffé­rentes (compris carré parfait) et des modu­la­tions cycliques prédé­fi­nies (lentes, rapides). Il est tout à fait recom­mandé pour les sons clas­siques ou EDM.

Le moteur FM offre 16 algo­rithmes simples à deux opéra­teurs, capables de produire des timbres FM cris­tal­lins ou satu­rés (pianos élec­triques, marim­bas, basses, leads…). Le porteur peut être une onde sinus, triangle ou dent de scie, alors que le modu­la­teur est toujours une onde sinus. On ne peut rien chan­ger au sein d’un algo­rithme, pas même le type d’onde ou le ratio FM. Le moteur Wave permet quant à lui de produire 16 ondes numé­riques basse réso­lu­tion type Prophet-VS ou PPG. Certaines sont auto-modu­lées par un LFO interne dont la fréquence est un multiple du tempo de l’ar­pé­gia­teur. Enfin le moteur Noise est capable de produire six bruits plus ou moins sales passés dans diffé­rents filtres, avec diffé­rentes coupures répar­ties sur une octave (utile pour fabriquer un mini-kit de percus­sions sans trop consom­mer de parties sonores). Il n’y a donc qu’un para­mètre éditable par moteur : le type d’onde ou l’al­go­rithme, basta ! Du coup, on pour­rait résu­mer les sources à 54 formes d’onde préré­glées auto-modu­lées (pour certaines). Point de décep­tion, le chan­ge­ment d’onde (type de moteur + forme d’onde) ne se fait qu’après redé­clen­che­ment de note, ce qui ralen­tit l’édi­tion et empêche de mettre du mouve­ment sur des notes tenues.

Mini méta­mor­phose

Une fois l’onde choi­sie, on règle le volume et le pano­ra­mique avec le poten­tio­mètre idoine et la touche Shift pour le second para­mètre. Ces réglages se font cette fois en temps réel, pas besoin de redé­clen­cher les notes pour les entendre. En envoyant des CC MIDI, on peut aussi trans­po­ser l’os­cil­la­teur sur +/-64 demi-tons et le désac­cor­der fine­ment sur +/-64 centièmes (merci d’avoir ajouté ces deux para­mètres après-coup, content d’avoir été un peu casse-buzzzy sur ce coup-là !).

Buzzzy_2tof 07.JPGLe volume peut ensuite être modulé par une enve­loppe ADR ou AHDR, le segment Hold étant activé avec le bouton éponyme. Les temps varient entre 1 ms et 18 secondes, sachant que le Decay et le Release sont réglés en même temps, mais qu’on ne peut pas désac­ti­ver le Release. L’en­ve­loppe peut aussi être bouclée (appui long sur le bouton Hold, dont la LED se met à cligno­ter), unique moyen pour créer des modu­la­tions cycliques, faute de LFO. Dans le moteur FM, l’en­ve­loppe agit simul­ta­né­ment sur l’opé­ra­teur modu­la­teur, ce qui rend le timbre plus vivant, sans qu’on puisse toute­fois doser la quan­tité de modu­la­tion.

Un bouton dédié permet d’ac­tion­ner la vélo­cité sur le volu­me… et c’est tout pour la synthèse ! Pas de LFO assi­gnable, pas de Glide, pas de pres­sion, on doit se conten­ter du pitch­bend, de la molette de modu­la­tion (vibrato) et des CC MIDI assi­gnés aux para­mètres de synthèse pour modu­ler le son en temps réel. Ainsi, il faut soit tour­ner les potards, soit pilo­ter le Buzzzy via une unité externe (séquen­ceur / clavier de commande) si on veut chan­ger le son de manière dras­tique sans se prendre les doigts dans les commandes. Et pour jouer des sons empi­lés ou spli­tés, il faut un clavier de commande doté de fonc­tion­na­li­tés de pilo­tage multi­ca­nal, puisqu’on ne peut pas sauve­gar­der les canaux MIDI par Multi ou créer des zones de notes.

Gelée royale

Buzzzy_2tof 09.JPGChaque partie sonore dispose de ses propres effets. Ils sont de trois types : filtre, réverbe et délai, avec trois algo­rithmes par type. Le filtre est placé en premier et en série. Il est toujours dispo­nible, alors que les effets réverbe et délai sont exclu­sifs. On sélec­tionne le type d’ef­fet avec l’un des trois mini-boutons dédiés. Ensuite, on choi­sit l’al­go­rithme avec la touche Shift + le bouton d’ef­fet. Commençons par le filtre. Il possède quatre pôles et fonc­tionne en modes LP, BP ou HP. On peut en régler la fréquence de coupure, la réso­nance et la vitesse d’un LFO sur la fréquence. Nous avons trouvé que l’éta­lon­nage des para­mètres rendait les réglages un peu ardus, pas toujours évident de trou­ver le sweet spot. En pous­sant le niveau sonore, le filtre sature, ce qui permet d’ar­ron­dir les pics élevés de réso­nance (qui au passage ne va pas jusqu’à l’auto-oscil­la­tion), appor­tant une couleur inté­res­sante. Dommage que ce filtre ne puisse être modulé par une enve­loppe, même globale. Rappe­lons ici la réponse bien lisse des poten­tio­mètres, merci !

Pour­sui­vons par la réverbe. On trouve une pièce à taille variable, une pièce à réflexions modu­lables et un espace à taille variable. On peut régler la balance signal traité / signal sec (Shift + Range), la longueur de réver­bé­ra­tion et la taille de pièce / quan­tité de modu­la­tion (suivant algo­rithme). Le bouclage de l’ef­fet est très prononcé, le canton­nant aux réflexions courtes, aux effets spéciaux ou aux ambiances métal­liques. Termi­nons par le délai, qui rappe­lons-le ne peut être utilisé simul­ta­né­ment avec la réverbe sur une partie sonore donnée. Là aussi, on peut régler la balance signal traité / signal sec. Les délais ont des longueurs accor­dées suivant une loi expo­nen­tielle, ils peuvent du coup être utili­sés comme filtres en peigne ou réso­na­teurs (délais courts). Une fois le type de délai choisi (mono ou ping­pong), on en règle la fréquence et le feed­back. Le délai renferme aussi un mode chorus / flan­ger, dont on peut modi­fier la vitesse de rota­tion et le feed­back. On appré­cie la largeur stéréo de cet effet et les réglages de feed­back pronon­cés qui, mariés au filtre, enri­chissent consi­dé­ra­ble­ment la palette sonore. Point d’er­go­no­mie à signa­ler, quand l’ef­fet filtre est activé, ses commandes ont la prio­rité, donc ne peut plus éditer la réverbe ou le délai ; il faut donc couper le filtre pour éditer les autres effets sans filtre, puis le réac­ti­ver ensuite, argh !

Ruche hour

Chaque partie sonore du Buzzzy dispose d’un petit arpé­gia­teur indé­pen­dant, de quoi faire tour­ner des motifs en boucle. Les notes sont répé­tées dans l’ordre où elles ont été jouées, avec leur vélo­cité, avec possi­bi­lité d’en ajou­ter tant qu’on en main­tient au moins une, y compris les notes déjà entrées (un peu comme un séquen­ceur, mais non mémo­risé avec les programmes). Il n’y a pas de motif d’ar­pège prédé­fini (genre haut, bas, alterné, aléa­toire, dommage). On peut main­te­nir l’ar­pège en cours de lecture (appui prolongé sur le bouton Arp), histoire de garder les mains libres pour faire autre chose.

Le tempo est ajus­table et dès que le Buzzzy reçoit un message d’hor­loge MIDI, les quatre arpèges se synchro­nisent auto­ma­tique­ment, suivant l’une des huit divi­sions tempo­relles prévues. C’est d’ailleurs le seul moyen de synchro­ni­ser avec préci­sion les motifs d’ar­pèges entre les quatre parties, ce qui est très frus­trant en pratique, si on veut utili­ser le Buzzzy seul ou en maître. On peut aussi chan­ger le nombre de répé­ti­tions des notes arpé­gées (de 1 à 16) et la durée de Gate (de 0 à 100%), c’est le rôle du para­mètre Pattern, contrai­re­ment à ce que son nom indique. Tous ces para­mètres sont une nouvelle fois modi­fiables via les quatre poten­tio­mètres, dès lors qu’on main­tient le bouton Arp enfoncé, ce qui néces­site adresse et dexté­rité.

Happy culture ?

Le Buzzzy est un petit module pensé pour appor­ter de la nouveauté dans un secteur qui tend à se forma­ter. Nous avons appré­cié les diffé­rents moteurs de synthèse, la multi­tim­bra­lité, les effets sépa­rés, les arpé­gia­teurs indé­pen­dants, les CC MIDI et les mémoires. Tout cela lui confère un côté immé­diat appré­ciable, un peu gâché par le fait que la sélec­tion des moteurs de synthèse et des types d’ondes ne se fasse pas en temps réel. Le prix très abor­dable n’a pas enta­ché le sérieux de fabri­ca­tion. C’est donc sur le nombre de commandes directes, donc de para­mètres acces­sibles, que les plus grosses impasses et les compro­mis ont été faits : filtre global sans enve­loppe, modu­la­tions limi­tées, absence de para­mètres globaux cruciaux, arpèges non synchro­ni­sables en interne, gestion des mémoires inexis­tante. De même, la réponse des poten­tio­mètres en mode saut ne faci­lite pas la tâche en live, tout comme l’ab­sence d’af­fi­cheur néces­site une tête bien faite. Du coup, un éditeur aurait été appré­ciable pour les synthé­tistes aller­giques aux combi­nai­sons de touches et autres Shif­te­ries. Le Buzzzy convien­dra à ceux qui recherchent un synthé multi­tim­bral aussi peu ruineux qu’en­com­brant, centré sur l’es­sen­tiel, propo­sant une alter­na­tive à la synthèse sous­trac­tive, au prix de certains compro­mis dans l’er­go­no­mie et les fonc­tion­na­li­tés. Un départ encou­ra­geant pour Fred’s Lab !

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Inter­view

Frédé­ric Meslin est un ingé­nieur en élec­tro­nique talen­tueux, dyna­mique et un rien têtu ; toutes les quali­tés pour réus­sir dans son entre­prise. Il s’est livré à une petite inter­view inti­mis­te…

Frédé­ric, quel est ton parcours ?

J’ai commencé à m’in­té­res­ser vrai­ment à la musique et plus spéci­fique­ment aux tech­niques de synthèse sonore pour les besoins de jeux vidéo amateur, que je déve­lop­pais durant la période collège / lycée. J’ai suivi un cursus d’in­gé­nieur en élec­tro­nique et infor­ma­tique indus­trielle, c’est à dire BAC S-SI, classes prépa­ra­toires (ratées), puis école d’in­gé­nieur INSA, en admis­sion post­bac… pas très connecté à la musique ! En 2011, j’ai fait ma première expé­rience en stage chez Artu­ria grâce à une annonce postée sur AF. Je devais déve­lop­per des inter­faces graphiques, mais après quelques jours, voyant mon inté­rêt, Frédé­ric Brun m’a réas­si­gné au projet Mini­Brute.

Mes études termi­nées, j’ai mis les voiles et me suis expa­trié en Alle­magne. Je ne parlais pas la langue et n’avais aucun contact sur place, mais un stage / travail d’in­gé­nieur en poche à Waldorf Music. J’y ai appris mon métier. Avec mon bureau d’étude Fred’s Lab, je parti­cipe toujours à quelques projets de ces entre­prises mais à mon rythme, selon mes dispo­ni­bi­li­tés et je peux désor­mais propo­ser mes propres instru­ments.

Pourquoi avoir décidé de te mettre à ton compte ?

En toute fran­chise, c’est poli­tique. Le système de produc­tion et de consom­ma­tion actuel avec tous ses impacts (société, santé, ressources, pollu­tion…) néfastes me déplaît et je m’écœure d’en être souvent acteur. Fred’s Lab, c’est l’op­por­tu­nité de pouvoir exer­cer mon métier d’in­gé­nieur en adéqua­tion avec mes valeurs.

En compen­sa­tion des risques et sacri­fices commis, je décide de mes projets, je défi­nis mon plan­ning, je choi­sis mes clients et four­nis­seurs, mes maté­riaux … Pour d’abord opti­mi­ser mon bien être person­nel, mon impact sur l’en­vi­ronnent et mes rela­tions. Je n’ai pas d’objec­tif de résul­tat annuel et je dis non quand je veux. J’ai trouvé ma liberté.

Quelles sont tes acti­vi­tés présentes ? 

La concep­tion d’al­go­rithmes et de plate­formes ARM de trai­te­ment du signal, le conseil et les passages en labo­ra­toire pour l’ob­ten­tion de rapports de confor­mité aux direc­tives CE / FCC, le design des instru­ments Fred’s Lab… Et actuel­le­ment, la produc­tion des Buzzzy, l’ad­mi­nis­tra­tion, le légal, le nouveau site web de la société ; je cumule beau­coup de casquettes !

A quand remonte le projet Buzzzy ? 

Au 10 janvier 2019. Le proto­type (hard­ware + logi­ciel basique) étaient termi­nés le 22. J’avais l’idée depuis long­temps mais il fallait agir vite car entre la réali­sa­tion d’un proto­type et une mise en produc­tion, il faut bien souvent des mois de travail achar­nés. Avant cela, le projet OP-A avait servi à « tester » le fonc­tion­ne­ment de Kicks­tar­ter et aussi à jauger de l’in­ves­tis­se­ment néces­saire pour réali­ser un projet sous ces contraintes. C’était un projet ballon, non rému­néré.

Quelles contraintes as-tu rencon­tré et comment les as-tu surmon­tées ?

Peu de contraintes, mais beau­coup de contra­rié­tés :-) !

En étant indé­pen­dant et sans inves­tis­seurs externes, à l’ex­cep­tion des précom­mandes du Kicks­tar­ter et de géné­reux dons, les deux contraintes prin­ci­pales sont les fonds et le moral. La variable d’ajus­te­ment, les heures passées au bureau. Il faut déve­lop­per une vraie rigueur de travail et se concen­trer en perma­nence sur l’objec­tif. Les sources de distrac­tion, de doutes et de perte de temps sont innom­brables et insis­tantes, il ne faut pas hési­ter à les éloi­gner ou les exclure. Exit Face­book, Twit­ter, le télé­phone. Il faut savoir aussi prendre des pauses et se réser­ver du temps pour soi, c’est plus simple à dire qu’à faire.

Les inter­ven­tions régu­lières de erew­hon (graphisme), de noiZe (tests logi­ciel) et d’Emi­lie Gillet [Mutable Instru­ments, NDLR] (conseils), ainsi que le soutien de mes proches (Fanny, Neal, parents et amis) ont apporté le regard exté­rieur néces­saire, le soutien moral irrem­plaçable et ont permis à ce projet d’at­teindre un niveau de qualité que j’au­rais été inca­pable de produire en autar­cie. C’est sincè­re­ment eux qui ont levé les contraintes.

De quelles compé­tences t’es-tu entouré pour déve­lop­per le Buzzzy ?

J’ai confié le graphisme de l’in­ter­face à erew­hon. Je trouve que son design simple et verdoyant a donné une vraie iden­tité à l’ins­tru­ment. L’as­pect coloré contraste avec les gris tristes que l’on voit souvent sur les machines actuelles. Dans un set de machines, le Buzzzy détonne et ça me plaît.

Pour la produc­tion, je suis reparti avec des entre­prises (alle­mandes) locales (R&D Elek­tro­nik GmbH & Co. KG, Formu­lor GmbH…) avec qui je travaille depuis plusieurs années. Pour l’usi­nage et l’im­pres­sion de la face avant, j’ai fait appel à un nouveau parte­naire (Wolf-Kreutz­feldt-Mecha­nik GmbH). Nous avons rencon­tré quelques problèmes au début (toute la produc­tion a été renvoyée) mais ils ont su recti­fier le tir :-) Je n’ai pas d’as­so­ciés ou de déve­lop­peurs tiers, je veux rester entiè­re­ment maître et respon­sable de ces deux secteurs-clefs.

Quels sont tes projets pour l’ave­nir ?

Propo­ser des instru­ments « boutique » abor­dables, produits arti­sa­na­le­ment en Alle­magne avec des concepts et des appli­ca­tions plutôt « niche ».

Que fais-tu en dehors du déve­lop­pe­ment de synthés ? 

Je réserve le temps restant pour ma petite famille et, parfois, je contri­bue à la scène des jeux indé, j’écris des biblio­thèques open-source, gesti­cule sur YouTube et donne des coups de main à des groupes de musique locaux.

7/10
Points forts
  • Sonorités originales et variées
  • Approche droit au but
  • Multitimbralité quatre parties
  • Plusieurs moteurs de synthèse
  • Canaux stéréo
  • Effets séparés par partie
  • Arpégiateur multitimbral
  • Réponse aux CC MIDI
  • Mémoires de Multi
  • Dump Sysex des programmes
  • Construction soignée
  • Ultra léger et compact
  • Prix compétitif
Points faibles
  • Polyphonie vite consommée
  • Niveau de sortie audio parfois faible
  • Réverbes bouclées trop court
  • Commandes directes spartiates
  • Potentiomètres uniquement en mode saut
  • Pas d’afficheur
  • Peu de paramètres de synthèse et de modulations
  • Un seul type d’arpège
  • Pas d’horloge interne pour synchroniser les arpèges
  • Filtre global par partie et sans enveloppe
  • Canaux MIDI globaux
  • Gestion des mémoires internes perfectible
Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.


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J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.

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