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Line 6 fait son Show
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Depuis son annonce en janvier dernier lors du Winter NAMM, la StageScape M20d n’a cessé d’intriguer, du musicien à l’ingénieur du son. Et pour cause ! Après avoir révolutionné le monde de la guitare avec entre autres son fameux POD, Line 6 s’attaque au marché des consoles numériques pour la scène. Et le fabricant californien promet un mixeur "intelligent" conçu pour les musiciens. De quoi reléguer les ingénieurs du son Live au placard ? C’est ce que nous allons voir…

Behind the scene

Line 6 StageScape m20d

La StageS­cape M20d est une console numé­rique compacte tout-en-un. Son poids plume de 5,5 kg ainsi que ses dimen­sions modestes la rendent faci­le­ment trans­por­table et un kit option­nel permet de l’in­sé­rer dans un rack stan­dard 19" pour peu que vous ayez 8 unités de libres. Livrée avec un guide de démar­rage rapide multi­lingue, un câble d’ali­men­ta­tion et un câble USB pour la relier à un ordi­na­teur, cette table de mixage présente un aspect solide qui met immé­dia­te­ment en confiance et laisse augu­rer d’une excel­lente durée de vie.

Au niveau de la connec­tique, la bête propose 12 entrées micro/ligne (combo Jack/XLR), 4 entrées ligne symé­triques (Jack), une entrée auxi­liaire stéréo (mini-Jack), 4 sorties moni­tor pour retours actifs (XLR), 2 sorties prin­ci­pales pour enceintes actives (XLR), une sortie casque (Jack) avec réglage de niveau indé­pen­dant, un connec­teur USB pour disque dur externe, un autre pour relier un PC, un slot pour carte SD, un connec­teur L6 Link pour les enceintes Stage­Source de la marque, et enfin 2 entrées Foots­witch (Jack).

Line 6 StageScape m20d

Plutôt géné­reux pour une machine de ce gaba­rit. Nous remarque­rons tout de même l’ab­sence de point d’in­ser­tion par canal ou de circuit auxi­liaire dédié, bien que nous puis­sions palier à ce dernier en câblant par exemple une unité de réver­bé­ra­tion stéréo avec une des sorties moni­tor et une paire d’en­trées. Ceci étant, ces « oublis » n’en sont pas vrai­ment vu la philo­so­phie tout-en-un qui inclut une batte­rie d’ef­fets numé­riques suffi­sam­ment large pour couvrir tous les besoins. Mais nous verrons cela plus loin.

Tout ce beau monde se pilote via 12 enco­deurs rota­tifs sans fin, 5 boutons de navi­ga­tion entre les divers modes, un gros poten­tio­mètre pour le volume géné­ral, le switch « Mute All » qui coupe immé­dia­te­ment l’en­semble des sorties, le switch « Mute Mics » qui réduit au silence les entrées micro, et bien sûr l’écran tactile couleur de 7" qui de prime abord semble légè­re­ment sous-dimen­sionné.

Le portrait dressé est fort allé­chant, voyons voir main­te­nant ce que le monstre a dans le ventre !

On stage

Line 6 StageScape m20d

Après avoir parcouru distrai­te­ment le guide de démar­rage rapide, nous nous lançons plein de confiance dans la sono­ri­sa­tion d’un premier concert. Seul filet, le manuel complet au format PDF récu­péré sur le site du construc­teur que nous avons soigneu­se­ment chargé dans notre télé­phone portable, sait-on jamais. Ce dernier n’est dispo­nible que dans la langue de Shakes­peare, tout comme l’in­ter­face graphique de l’écran tactile d’ailleurs… Les anglo­phobes appré­cie­ront. 

À l’al­lu­mage, la StageS­cape M20d met à peine 25 secondes pour arri­ver sur l’écran d’ac­cueil. Là, nous avons le choix entre vision­ner une démo, une présen­ta­tion de l’in­ter­face, une rubrique d’aide, ou commen­cer direc­te­ment à utili­ser la console. Nous choi­sis­sons cette dernière option et nous retrou­vons donc sur la page Setup qui permet de confi­gu­rer les entrées/sorties. Cette première étape est vrai­ment un jeu d’en­fant ! En bran­chant un câble à une entrée, un système de détec­tion auto­ma­tique crée instan­ta­né­ment une voie adap­tée (ligne ou micro) et place à l’écran une icône sur la repré­sen­ta­tion virtuelle de la scène. L’un des 12 poten­tio­mètres s’illu­mine alors d’un beau vert et sert à régler le niveau de la voie en lieu et place de l’ha­bi­tuel fader. La démarche est exac­te­ment la même pour le câblage des retours, à ceci près que le potard asso­cié s’éclaire alors en bleu. Pratique ce code couleur ! À partir de là, c’est sur l’écran tactile que ça se passe. Nous pouvons renom­mer les pistes, leur asso­cier une icône corres­pon­dant à l’ins­tru­ment sono­risé (à piocher parmi une large palette d’illus­tra­tions), et enfin régler leurs tailles et les dépla­cer afin de repro­duire la dispo­si­tion des musi­ciens. Il est égale­ment possible d’ac­ti­ver l’ali­men­ta­tion fantôme via la partie du bandeau supé­rieur de l’écran repro­dui­sant les entrées/sorties physiques. Malheu­reu­se­ment, cela se fait unique­ment par groupe de 6.

Montre en main, il n’aura fallu qu’une tren­taine de minutes pour mettre sur pied un set rock compre­nant 2 guita­ristes, un batteur, un bassiste, un clavier, un chan­teur et 2 choristes. Pas mal pour une première utili­sa­tion « décou­verte ». L’in­ter­face est vrai­ment intui­tive et les petits tuto­riels acces­sibles à tout moment par l’icône en haut à droite de l’écran rendent la chose vrai­ment simple. Cerise sur le gâteau, si vous sono­ri­sez souvent les mêmes groupes et/ou lieux, les confi­gu­ra­tions sont mémo­ri­sables. Du coup, il n’y a plus qu’à bran­cher les câbles, char­ger votre set, et hop, une demi-heure de gagnée !

À ce stade du test, nous nous permet­tons tout de même de glis­ser quelques petits bémols. Tout d’abord concer­nant l’écran tactile. Ce dernier se révè­lera effec­ti­ve­ment assez juste si le groupe à sono­ri­ser est consé­quent. D’autre part, pour ceux qui ont l’ha­bi­tude des tablettes et autres télé­phones tactiles, son toucher est loin d’être aussi agréable, sensible et précis. Rien de catas­tro­phique toute­fois, mais un temps d’adap­ta­tion sera néces­saire.

Line 6 StageScape m20d

Enfin, bien que l’er­go­no­mie paraisse pour l’ins­tant excel­lente, il y a une fonc­tion bien utile qui est fort mal réali­sée. Imagi­nez que vous ayez confi­guré l’en­trée 1 pour une guitare, mais que celle-ci soit en fait bran­chée sur l’en­trée 4. Il existe un moyen d’in­ter­chan­ger les réglages des pistes, ce qui évite de revoir vos bran­che­ments. L’idée est louable, mais pour réali­ser cela il faut sélec­tion­ner à l’écran la voie à réas­si­gner, toucher le bandeau supé­rieur des entrées physiques pour qu’il s’agran­disse, puis en pres­sant l’icône de l’en­trée cible le tour est joué. Là où le bât blesse, c’est que dans ce bandeau, pour souli­gner l’en­trée asso­ciée à la voie active, elle est cerclée de vert… sur une icône déjà verte. C’est tout simple­ment illi­sible et l’on préfè­rera donc bien souvent se conten­ter de recâ­bler.

Main­te­nant que tout est prêt, il est grand temps pour les musi­ciens d’en­trer en piste. C’est parti pour la balance !

Sound­check

Line 6 StageScape m20d

Nous allons tout d’abord nous occu­per du gain d’en­trée de chacun. Et d’em­blée, Line 6 fait très fort avec l’Auto Trim qui règle ça presque tout seul ! Il suffit d’en­clen­cher la fonc­tion, de sélec­tion­ner les pistes concer­nées dans la fenêtre qui appa­raît, puis de deman­der aux zicos de jouer à leur niveau sonore maxi­mum et nous lançons l’ana­lyse. Une tren­taine de secondes plus tard, le logi­ciel nous propose des gains d’en­trées opti­mi­sés que nous vali­dons pour les appliquer. Et voilà ! Il est bien sûr possible de gérer cela manuel­le­ment, mais à l’usage, cet Auto Trim nous a paru diable­ment effi­cace pour obte­nir un très bon rapport signal/bruit en un temps record. De plus, une autre fonc­tion bapti­sée Trim Tracking se char­gera de bais­ser auto­ma­tique­ment le gain d’en­trée si quelqu’un envoie plus durant le concert afin de préve­nir tout clip­ping. Que demande le Peuple ?

Vient alors le moment de régler les niveaux, pano­ra­miques, EQ, compres­seurs et consort. Moment fasti­dieux pour les musi­ciens s’il en est, et pour l’in­gé­nieur du son itou puisqu’il doit travailler malgré le flagrant ennui de ses petits cama­rades. Cepen­dant, les créa­teurs du célèbre hari­cot rouge nous ont encore une fois gâtés. C’est dans la page Tweak que ça se passe. En effet, en haut à droite de cette dernière se trouve le « Quick Capture » qui permet d’en­re­gis­trer à la volée jusqu’à 20 secondes de l’en­semble des instru­ments, en pistes sépa­rées qui plus est. Il est ensuite possible de lire cela en boucle afin de peau­fi­ner nos réglages pendant que les membres du groupe boivent un coup tranquille­ment. Un véri­table cauche­mar pour leur foie, mais une aubaine pour le sondier !

Au sein de cette page Tweak, nous nous occu­pons alors de chaque canal un par un. Le niveau de la voie et son pano­ra­mique se gèrent au moyen des deux premiers rota­tifs sur la gauche. Celui du dessus s’éclaire en rouge et contrôle la balance droite/gauche ; celui du dessous règle le niveau et s’éclaire du même vert que sur la page Setup. Au contact, ces poten­tio­mètres cran­tés sont fort agréables, mais leur course semble un peu lente. Cela permet­tra certes des ajus­te­ments fins, mais il faudra par exemple pas moins de 7 tours pour passer de l’ex­trême droite à l’ex­trême gauche.

Les trai­te­ments propo­sés en insert sont très nombreux : compres­seur clas­sique ou multi­bande, EQ 3, 4 ou 6 bandes, EQ dyna­mique, de-esser, noise gate, limi­teur, sub boost, méga­phone, delay. La chaîne spéci­fique à chaque canal dépend du préset que nous avons choisi dans la page Setup (voix fémi­nine ou mascu­line, guitare, basse, etc.), mais il est bien entendu possible de chan­ger tout cela en sélec­tion­nant un autre préset. Par contre, il n’est pas possible d’ajou­ter un trai­te­ment à la volée à la chaîne actuel­le­ment active, il faut impé­ra­ti­ve­ment char­ger un préset corres­pon­dant à vos désirs. Dommage. Mais ces presets sont bien faits et le clas­se­ment par caté­go­rie en faci­lite l’uti­li­sa­tion.

Au niveau des envois auxi­liaires, la StageS­cape M20d propose quatre proces­seurs virtuels dénom­més FX A, B, C et D. Le premier se consacre aux réver­bé­ra­tions dites « vocales » avec des algo­rithmes de type Hall, Plate, Cham­ber, etc. Le deuxième est dédié à des réverbes géné­ra­listes. Des effets de modu­la­tion (Flan­ger, Chorus, 2 et 4 voix) sont dispo­nibles dans le troi­sième. Enfin, le quatrième nous offre des effets de type delay. 

Line 6 StageScape m20d

Afin de para­mé­trer tout ça, la page Tweak propose deux modes de fonc­tion­ne­ment. Quick Tweak est le mode par défaut et ne permet pas de régler direc­te­ment chaque module de trai­te­ment. Nous nous retrou­vons à la place avec un système d’on­glets et de pad X-Y qui sera beau­coup plus parlant pour le néophyte. Ainsi, l’on­glet « Tone » se consacre à la couleur du son perçu et se règle via un pad X-Y où figurent aux quatre coins des termes comme Neutral, Clarity, Air, etc. L’on­glet « Punch », quant à lui, nous fait navi­guer entre Open, Control, Pump et Punch pour ce qui est de l’as­pect dyna­mique sonore. Et il en va de même pour tout le reste, du de-esser aux réver­bé­ra­tions, en passant par la modu­la­tion. Jetons donc une oreille à ce que cela donne dans les faits… 

Voici une boucle de grosse caisse. Nous passons la dyna­mique de Pump à Punch, Control, puis Open. Ensuite c’est au tour du 'Tone" de jongler entre Neutral, Scoop, Boom, Snap et Smack. Enfin, Sub Bass oscille de Open à Sub, Boom, et Thumb. Nous remarquons que certains réglages sont subtils, mais d’autres flirtent avec les extrêmes et ampli­fient parfois des défauts tels que le souffle. Prudence donc.

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Même exer­cice sur une caisse claire cette fois. Cycle iden­tique pour la dyna­mique. La couleur sonore « Tone » passe ensuite de Neutral à Scoop, Fat, Snap et Crack.

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Sur une guitare élec­trique, nous avons testé les effets de modu­la­tion flan­ger et chorus, puis un delay type rocka­billy.

gtrdry
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  • gtrdry 00:21
  • gtrflan­ger 00:21
  • gtrcho­rus 00:21
  • gtrs­lap 00:21

Voici main­te­nant une voix trai­tée avec l’ef­fet méga­phone, l’un des rares que nous ayons trouvé brouillon. Ensuite, nous lui ajou­tons une petite réverbe de type Hall. Et enfin notre chou­chou, un écho.

voix­dry
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  • voix­dry 00:26
  • voix­me­ga­phone 00:26
  • voix­re­verb 00:25
  • voixe­cho 00:25
 

Pour finir, afin de consta­ter si ce mode Quick Tweak était vrai­ment adapté à tous, nous avons demandé à la bassiste du groupe de mixer un morceau batte­rie, guitare, voix. Il faut savoir que cette jeune demoi­selle n’a aucune notion de sono­ri­sa­tion, juste une oreille de musi­cien. Réalisé en trois coups de cuillère à pot, le résul­tat n’est certes pas parfait, mais reste large­ment exploi­table.

mixdry
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  • mixdry 00:46
  • mixwet 00:46
Line 6 StageScape m20d

Le deuxième mode de para­mé­trage de la page Tweak s’in­ti­tule Deep Tweak et s’adresse cette fois-ci aux ingé­nieurs du son plus aguer­ris. Nous avons alors accès à l’en­semble des réglages usuels pour chacun des trai­te­ments au travers d’in­ter­faces typiques de ce que nous croi­sons dans le monde du plug-in. Les mani­pu­la­tions s’ef­fec­tuent soit à l’écran, soit via les poten­tio­mètres. Ces derniers adoptent alors le même code couleurs que les para­mètres sur l’écran pour mieux s’y retrou­ver. Pratique. Autre détail bougre­ment utile, l’af­fi­chage en temps réel du spectre audio sur les modules d’éga­li­sa­tion. Ce retour visuel se révèle bien utile pour repé­rer d’éven­tuels problèmes fréquen­tiels. 

Ce mode permet égale­ment de peau­fi­ner les réglages en entrée. L’on­glet Input offre ainsi la possi­bi­lité d’ajus­ter le gain d’en­trée, une inver­sion de phase, un filtre passe-haut et le Trim Tracking vu plus haut. Nous avons égale­ment droit à une fonc­tion FBS pour Feed­back Suppres­sion, autre­ment dit suppres­sion de larsens. Cette dernière semble effi­cace puisque lors de notre test, aucun larsen n’a fait d’in­ter­ven­tion inopi­née.

Enfin, sachez que c’est aussi au sein de cette page Tweak que nous pouvons bidouiller les inserts des sorties prin­ci­pales et des retours avec un égali­seur, un compres­seur et un limi­teur.

À l’usage, cette page Tweak est une réus­site. La simpli­cité du mode Quick Tweak convien­dra ample­ment aux novices tandis que Deep Tweak permet­tra d’al­ler beau­coup plus loin pour ceux qui ont un mini­mum de connais­sances audio. Nous regret­tons toute­fois l’ab­sence de petites fonc­tions bien utiles comme la désac­ti­va­tion de tous les inserts d’un canal en une seule fois, la possi­bi­lité de trai­ter les groupes de pistes, ou bien encore un compa­ra­teur A/B. Rien de rédhi­bi­toire cepen­dant, d’au­tant que le son obtenu est clair et dyna­mique sans sacri­fier le bas du spectre. Il est bien loin le temps où numé­rique était syno­nyme de froi­deur !

Line 6 StageScape m20d

Avant de pouvoir clôtu­rer cette séance de balance, il nous reste encore à nous occu­per des retours. Cela se déroule on ne peut plus simple­ment sur la page Moni­tor. Il suffit de toucher à l’écran le retour à régler, puis de régler le niveau de chaque canal par le biais de l’en­co­deur rota­tif lui étant asso­cié. Une petite anima­tion nous montre alors quel instru­ment est envoyé vers quel retour, impos­sible de se trom­per. Détail qui a son impor­tance, il est possible d’en­voyer dans les retours le son des effets auxi­liaires. 

Nous sommes alors fin prêts. Le silence se fait dans la salle. Des pico­te­ments enva­hissent nos corps dési­reux de donner le meilleur de nous-mêmes. Que le spec­tacle commence !

Show­time

Line 6 StageScape m20d

Pendant la durée du concert, la gestion du son s’ef­fec­tue prin­ci­pa­le­ment sur la page Perform. Exempte de tout super­flu, celle-ci présente une version expur­gée des musi­ciens sur scène. Un bandeau infé­rieur sert à visua­li­ser au choix le niveau, le pano­ra­mique, le gain d’en­trée, ou l’en­voi vers les auxi­liaires des diffé­rentes voies que nous réglons une fois de plus via le potard asso­cié. Il est égale­ment possible de gérer le niveau des retours. Enfin, sur le côté droit, un vumètre indique le niveau de sortie global. À noter que si le besoin s’en fait sentir, il est très facile de retour­ner rapi­de­ment sur la page Tweak d’un canal en appuyant 2 fois sur son poten­tio­mètre. Bien vu !

Cette page Perform permet égale­ment de gérer les « Scènes ». Une « Scène » est l’en­semble des réglages (niveaux, pan, mute, effets, etc.) d’un Setup. Imagi­nez que vous ayez eu le temps de faire des balances parti­cu­lières pour chaque morceau, vous les sauve­gar­dez dans des « Scènes » et pouvez donc les rappe­ler en un clin d’œil. Tout simple­ment diabo­lique ! 

En condi­tion, tout cela est fort bien ficelé. Cepen­dant, nous nous retrou­vons dans l’obli­ga­tion de jeter systé­ma­tique­ment un œil à l’écran avant chaque mani­pu­la­tion afin d’être sûr de soi. Du coup, nous passons moins de temps à regar­der la scène pour répondre aux éven­tuelles demandes des musi­ciens. D’autre part, lors de la pres­ta­tion, l’ab­sence de faders s’est cruel­le­ment fait sentir. En effet, l’être humain ne possé­dant que 2 pouces, il est de fait impos­sible de régler plus de 2 niveaux à la fois via les potards. Alors qu’avec des faders, il n’est pas rare de voir les plus agiles d’entre nous ajus­ter jusqu’à 10 faders en même temps. Ajou­tez à cela le problème de course lente des enco­deurs cité précé­dem­ment et vous pouvez vous retrou­ver avec des situa­tions diffi­ciles à conte­nir. Bref, il y a un coup à prendre avant d’être aussi à l’aise qu’avec une console stan­dard.

Live recor­ding

Il y a une page dont nous n’avons pas encore discuté, la page Record. Figu­rez-vous que non content d’être un mixeur numé­rique complet, le dernier joujou de Line 6 embarque égale­ment un système d’en­re­gis­tre­ment multi­piste. Ce dernier vous donnera la possi­bi­lité d’en­re­gis­trer au choix l’en­semble des pistes sépa­rées pre-fader (sans trai­te­ment), la sortie stéréo prin­ci­pale, ou les deux. Cette fonc­tion néces­site bien entendu une solu­tion de stockage externe. Il s’agira soit d’un disque dur USB, soit d’une carte SD. Atten­tion toute­fois, l’uti­li­sa­tion d’un disque dur externe néces­site que celui-ci soit alimenté sépa­ré­ment, le bus USB de la console ne déli­vrant pas le courant suffi­sant. Détail amusant, le manuel indique qu’il est impos­sible d’en­re­gis­trer sur une clé USB, or pour avoir essayé malgré tout, cela marche parfai­te­ment. Les fichiers obte­nus sont au format 24bit/48kHz et se logent tout simple­ment dans le dossier que vous aurez choisi dans la fenêtre de confi­gu­ra­tion d’en­re­gis­tre­ment. Ces fichiers sont nommés suivant le nom des pistes et clas­sés dans des dossiers corres­pon­dants aux prises succes­sives.

Il est égale­ment possible de trans­fé­rer les signaux audio direc­te­ment vers un ordi­na­teur relié via le port USB dédié. Cela néces­si­tera l’ins­tal­la­tion préa­lable de pilotes (Mac ou PC) dispo­nibles sur le site du construc­teur. Ainsi, dans votre DAW préfé­rée, la StageS­cape M20d sera recon­nue comme une carte son 20 entrées qui corres­pondent aux 16 entrées micro/ligne, l’en­trée stéréo auxi­liaire et la sortie stéréo prin­ci­pale.

Cette fonc­tion Record est un plus très appré­ciable, elle vous permet­tra de garder une trace de vos pres­ta­tions scéniques, voire de remixer les pistes sépa­rées dans votre DAW pour produire un disque Live. La qualité sonore est plus qu’ho­no­rable, pour preuve les exemples audio four­nis précé­dem­ment.

Icing on the cake

Voilà, nous venons de faire en gros le tour de la bête. Bien sûr, cette machine est telle­ment dense que pour nous concen­trer sur l’es­sen­tiel nous avons dû passer sous silence quelques fonc­tions. Par exemple le Media Player qui permet de créer et diffu­ser des play­lists à partir des MP3 d’une clé USB afin de remplir l’avant concert. Ou bien encore les entrées pour foots­witch qui pour­ront être entre autres assi­gnées au chan­ge­ment de « Scènes ».

Ceci étant, avant de clôtu­rer cet article, il reste encore un « one more thing » façon Steve Jobs… Si vous êtes l’heu­reux proprié­taire d’un iPad, sachez que Line 6 vous a concocté une appli­ca­tion gratuite pour pilo­ter la StageS­cape à distance via Wi-Fi. Pour cela, il vous faudra cepen­dant acqué­rir une clé USB Wi-Fi compa­tible (voir manuel). Parti­cu­liè­re­ment effi­cace, ce logi­ciel donne accès à l’en­semble des para­mètres. Et mine de rien, cela peut rendre de fiers services. En effet, il n’est pas rare que dans les petites salles la console soit placée à un endroit loin d’être opti­mum pour mixer correc­te­ment. Mais avec cette solu­tion, vous pouvez travailler de n’im­porte où ! Au début, nous avions peur que ceci ne soit qu’un « gadget marke­ting » bancal. Sur le terrain, la stabi­lité et la fiabi­lité du système nous ont vite fait rava­ler nos préju­gés. Bien sûr vous ne serez jamais à l’abri d’un décro­chage Wi-Fi, et pour préve­nir cela mieux vaut inves­tir dans un bon routeur. Néan­moins, dans les rares cas où vous perdriez la connexion, la console conti­nuera, elle, à fonc­tion­ner norma­le­ment, ce qui laisse ample­ment le temps de reve­nir aux mannettes. D’autre part, plusieurs iPad peuvent être connec­tés simul­ta­né­ment. Vous pouvez donc imagi­ner un scéna­rio dans lequel chaque musi­cien gère son propre retour via cette solu­tion. Une remarque toute­fois, les musi­ciens ont alors accès à l’en­semble des para­mè­tres… Atten­tion aux fausses mani­pu­la­tions. De plus, il aurait été judi­cieux de la part de la marque de faire une appli­ca­tion iPhone ne permet­tant de pilo­ter que les retours pour plus de simpli­cité. 

Conclu­sion

Le moins que l’on puisse dire c’est que cette petite StageS­cape M20d en a sous le coude ! Bien sûr elle n’est pas parfaite, mais hormis l’ab­sence de faders, il faut se dire que tout le reste peut éven­tuel­le­ment être résolu au gré d’une mise à jour de l’OS. Avec ce système de mixage tout-en-un, Line 6 signe là un bel exploit, celui d’of­frir une solu­tion qui convien­dra autant aux musi­ciens qu’aux ingé­nieurs du son plus poin­tilleux. Les proprié­taires de petites salles de concert devraient égale­ment l’en­vi­sa­ger comme un très bon inves­tis­se­ment.

Télé­char­gez les fichiers sonores (format FLAC)

8/10
Points forts
  • Solution tout-en-un compacte
  • Le son
  • Simplicité d'utilisation
  • Détection automatique des entrées/sorties
  • Auto Trim et Trim Tracking
  • Suppresseur de larsen FBS
  • Boutons Mute All et Mute Mics
  • Potards lumineux
  • Quick Capture
  • Quick Tweak et Deep Tweak
  • Qualité et quantité des effets
  • Nombre de presets
  • Enregistrement multipiste
  • Pilotable via iPad
Points faibles
  • Pas de fader
  • Course lente des potards
  • Écran tactile pas agréable
  • Alimentation fantôme par groupe de 6
  • Pas d'ajout d'insert à la volée
  • Impossible de traiter les groupes
  • Pas de comparatif A/B
  • Pas de désactivation globale des inserts d'un canal
  • Réassignation des entrées confuse
  • Pas d'application iPhone
  • Manuel et interface en anglais

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