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Akai Professional MPC KEY 61
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Test Akai Professional MPC KEY 61

Workstation de la marque Akai Professional appartenant à la série MPC

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Elle est pour Key cette MPC ?
8/10
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Akai, la marque fétiche des beatmakers, s'ouvre au marché de la workstation avec la MPC Key 61, vendue aux alentours de 1999 €. Après l'hybridation contrôleur/DAW opérée il y a quelques années, Akai tenterait-elle l'hybridation beatmaker/claviériste ?

Tour de l’ex­té­rieur

La boîte contient, outre le MPC Key 61 lui-même, un câble d’ali­men­ta­tion de type C13, un câble USB 3 pour la connexion à un ordi­na­teur, un poster avec le rappel des prin­ci­pales fonc­tion­na­li­tés de l’ins­tru­ment, les tradi­tion­nelles instruc­tions de sécu­rité, et un petit chif­fon pour entre­te­nir l’écran tactile de l’ap­pa­reil.

Le MPC Key 61 présente, de l’ex­té­rieur, toutes les carac­té­ris­tiques d’une works­ta­tion de taille moyenne. L’ins­tru­ment mesure 986 mm x 313 mm x 97 mm pour un poids de 8 kg. Il dispose d’un clavier de 61 touches semi-lestées sensibles à la vélo­cité et à l’af­ter­touch par canal, ainsi que des 16 pads clas­siques des MPCs, sensibles à la vélo­cité et à l’af­ter­touch poly­pho­nique. À la gauche du clavier, on trouve les deux molettes tradi­tion­nelles de pitch-bend et de modu­la­tion. À la gauche des pads se situe un bandeau tactile accom­pa­gné de ses deux boutons de confi­gu­ra­tion, ainsi que d’un bouton de déclen­che­ment de la fonc­tion « note repeat ». Au-dessus se trouvent les quatre boutons de sélec­tion de banque des pads, à leur gauche, le bouton de volume géné­ral, et en dessous de lui les boutons de gestion du métro­nome et du tap tempo, de l’ar­pé­gia­teur et de la trans­po­si­tion d’oc­tave. Au centre de la partie supé­rieure du MPC Key 61, on dispose d’un écran de 6,9 pouces de diago­nale, capa­ci­tif et multi­point. À sa droite, on trouve les quatre tradi­tion­nels potards rota­tifs, sans fin, non cran­tés et sensibles au toucher, les fameux « Q-Links » que l’on retrouve sur toute la gamme MPC actuelle, accom­pa­gnés de leur sélec­teur de banques, du gros poten­tio­mètre cranté et cliquable qui permet de navi­guer dans les menus, de sélec­tion­ner des items ou de modi­fier n’im­porte quel para­mètre dési­gné à l’ins­tant « t », ainsi que deux boutons « + » et « - ». À droite se situent tous les boutons desti­nés à la gestion du trans­port, et au-dessus d’eux les boutons d’ac­cès directs à diverses fonc­tion­na­li­tés centrales de l’ap­pa­reil. Une très riche connec­tique garnit toute la face arrière de l’ap­pa­reil. arrière.JPG

On y trouve en effet, en plus de la prise d’ali­men­ta­tion et du bouton de marche/arrêt, une prise Ether­net pour une connexion réseau, une prise USB 3 type B pour la connexion à un ordi­na­teur, 2 prises USB A 3.0 pour connec­ter des unités de stockage supplé­men­taires, contrô­leurs externes, et même des inter­faces audio (oui, oui, c’est possible) si celle inté­grée ne vous suffit pas. D’ailleurs, puisque nous en parlons, nous arri­vons aux connec­tiques dédiées à l’in­ter­face audio du MPC Key, à savoir une sortie casque au format jack 6,35 mm, 4 sorties mono au même format, puis deux entrées hybrides XLR/jack accom­pa­gnées chacune d’un bouton de sélec­tion d’im­pé­dance ligne/instru­ment et d’un potard de gain.

MPC Key 61.JPGEnfin, de l’autre côté de la face arrière du clavier, nous avons 8 sorties CV/gate, un trio de prises MIDI DIN (IN, OUT, THRU) et les trois prises jack 6,35 pour connec­ter une pédale de sustain, une pédale secon­daire et une pédale d’ex­pres­sion. Pour ce qui est des ressources internes, on préci­sera que le MPC Key 61 fonc­tionne avec 4 Go de RAM, et 32 Go de stockage (dont 13 de contenu préins­tallé et 4 pour le système d’ex­ploi­ta­tion). Si cela nous semble chiche, nous avons non seule­ment la possi­bi­lité déjà évoquée de connec­ter un disque ou une clé externe, mais aussi celle d’étendre le stockage interne grâce à la connec­tique SATA inté­grée. Enfin, en plus de la prise Ether­net, le MPC Key 61 dispose pour la commu­ni­ca­tion externe, la mise à jour de son firm­ware et la connexion avec un éven­tuel compte Splice, du proto­cole WIFI ainsi que du proto­cole Blue­tooth, ce dernier étant pour l’ins­tant réservé à la connexion de claviers d’or­di­na­teurs et claviers-maîtres compa­tibles avec cette norme.

Avant de pous­ser plus avant notre test, il me semble impor­tant de rappe­ler à tous ce qu’est réel­le­ment une MPC.

Pads.JPG

MPC… mais keskecé ?

Le système MPC, c’est déjà tout simple­ment l’ins­tru­ment mythique né à la toute fin des années 80, sans lequel le hip-hop et une bonne part de la musique popu­laire actuelle n’exis­te­raient pas telles que nous les connais­sons. Il s’agis­sait au départ d’une boîte à rythmes auto­nome comme toutes les boîtes à rythmes et les appa­reils de l’époque. Elle embarquait entre 750 ko et 1,5 Mo de RAM, ce qui lui permet­tait d’en­re­gis­trer et de repro­duire des échan­tillons en 12 bits et 40 kHz. Ces échan­tillons étaient déclen­chés via 16 pads sensibles à la vélo­cité et propo­sant une poly­pho­nie pouvant aller jusqu’à 16 voix. Ces échan­tillons pouvaient être arran­gés en séquences, et ces séquences en morceaux entiers. Ceux qui souhaitent se rensei­gner plus en détail sur le fonc­tion­ne­ment et le work­flow de la MPC peuvent consul­ter le para­graphe que j’y ai dédié lors du banc d’es­sai de la MPC Touch.

La MPC Touch a été d’ailleurs l’un des symboles de l’évo­lu­tion de la philo­so­phie MPC. Elle a en effet été le premier vrai succès de la marque dans le domaine des systèmes hybrides basés sur un contrô­leur physique pilo­tant un logi­ciel installé sur un ordi­na­teur pour la géné­ra­tion des sons et leur séquençage, après les essais en demi-teinte de la MPC Renais­sance et de la MPC Studio première du nom. Elle était égale­ment la première à propo­ser un écran tactile. Akai Profes­sio­nal a pour­suivi ensuite dans cette voie-là avec la MPC Live, la MPC X et le MPC Force, trois modèles qui reprennent de nombreuses carac­té­ris­tiques de la Touch (aspect hybride du concept, écran tactile), tout en retrou­vant égale­ment l’au­to­no­mie des premières machines de la série. On notera qu’avec ces appa­reils et les mises à jour du logi­ciel sont appa­rues de nouvelles fonc­tion­na­li­tés centrales comme la gestion des sorties CV/Gate et la possi­bi­lité de lancer des clips. L’évo­lu­tion géné­rale visant à réunir en un seul appa­reil une station de produc­tion auto­nome et un contrô­leur dédié à la DAW maison MPC2 se pour­suit aujour­d’hui avec le MPC Key 61. Toute­fois, c’est un nouveau palier qu’Akai Profes­sio­nal fran­chit aujour­d’hui, puisque pour la première fois, la marque affuble son produit phare d’un clavier, marchant ainsi allé­gre­ment et ouver­te­ment sur les plates-bandes des fabri­cants tradi­tion­nels de « works­ta­tions » tels que Roland, Yamaha ou Korg. Et en agis­sant de la sorte, Akai Profes­sio­nal fait le choix de sortir de sa zone de confort et de s’adres­ser à un public peut-être diffé­rent de celui qui consti­tuait sa clien­tèle jusque-là, à savoir les créa­teurs d’« instrus » pour le hip-hop et ses déri­vés.

Ce nouveau public, c’est poten­tiel­le­ment celui des musi­ciens de studio et de scène, des compo­si­teurs plus tradi­tion­nels qui souhai­te­raient se mesu­rer à de nouvelles manières de faire de la musique sans pour autant sacri­fier leur outil de créa­tion habi­tuel : le clavier.

Le clavier

Awakening.JPGCar oui, le MPC Key 61 est un clavier qui s’im­pose avec ses 61 touches, ses grosses molettes bien calées et ses multiples commandes. Les touches sont agréables à jouer, avec un lestage typique de synthé, ce qui tombe plutôt bien, car l’ins­tru­ment ne s’oriente clai­re­ment pas vers un usage pianis­tique pur et dur. Le para­mé­trage des carac­té­ris­tiques de jeu se fait d’ailleurs très simple­ment via le bouton « keyboard control » et l’écran tactile. Celui-ci s’avère bien lisible et réagit tout à fait correc­te­ment au toucher. On éprouve en fait un réel plai­sir à simple­ment jouer sur cet instru­ment, toutes les commandes tombant parfai­te­ment sous les doigts et répon­dant très bien. On appré­cie égale­ment le fait de béné­fi­cier à la fois de molettes et d’un bandeau tactile — là où la concur­rence ne propose souvent que l’un ou l’autre — ainsi que de la possi­bi­lité de bran­cher les pédales que l’on souhaite, ce que je me suis empressé de faire. Un petit détail à noter, mais qui simpli­fie gran­de­ment la vie : la présence de deux touches shift (et non pas qu’une seule comme c’est souvent le cas), permet­tant d’at­teindre le plus souvent d’une seule main la touche dont on souhaite acti­ver la fonc­tion alter­na­tive. Très pratique, surtout sur scène, s’il s’agit de conti­nuer à jouer avec l’autre main par exemple. Évidem­ment, ce n’est pas la première fois qu’Akai fabrique des claviers. La marque nous avait grati­fiés il y a quelques années de la série « Advance », une gamme de claviers maîtres desti­née à concur­ren­cer les Komplete Kontrol de Native, notam­ment sur la gestion ration­nelle et pratique des banques de plugins et de presets. Disons pour l’ins­tant qu’à ce sujet, le MPC Key 61 et l’« Advance » n’ont pas grand-chose en commun. J’y revien­drai.

Pour l’ins­tant, je vous invite à explo­rer ce que la dernière version du logi­ciel MPC au cœur du système nous propose – un certain nombre de ces nouveau­tés étant bien entendu direc­te­ment lié à la nature « clavié­resque » de l’ins­tru­ment.

De nouvelles habi­tu­des…

Akaï Profes­sio­nal a édité la dernière version de sa DAW — la 2.11 — il y a envi­ron deux mois. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne s’agit pas d’une mise à jour mineure. Le logi­ciel tour­nant à la fois sur ordi­na­teur et au sein des machines auto­nomes de la marque, les nouveau­tés se répar­tissent sur les deux plate­formes.

… pour l’ordi

Commençons par l’or­di­na­teur, et par une bonne nouvelle pour les posses­seurs de Macs. MPC 2 prend doré­na­vant en charge nati­ve­ment les puces M1 de chez Apple, ce qui devrait assu­rer un gain certain de perfor­mances. Les utili­sa­teurs d’Able­ton Live sur les deux plate­formes salue­ront le fait que MPC 2 soit main­te­nant compa­tible avec la version 3 d’Able­ton Link, la dernière itéra­tion en date du proto­cole de synchro­ni­sa­tion sans fil de l’édi­teur alle­mand. Enfin, MPC 2 s’en­ri­chit main­te­nant de nouvelles inter­faces graphiques pour les plugins.

… pour le contrô­leurgros bouton.JPG

Cet enri­chis­se­ment visuel, les MPC auto­nomes ou non en profitent égale­ment, notam­ment au sein du nouveau brow­ser qui affiche main­te­nant de jolies minia­tures graphiques pour chacun des instru­ments virtuels de la marque. On clique du doigt sur lesdites minia­tures et l’on accède ainsi aux presets, rangés ou non selon leurs caté­go­ries. Oui, j’écris « rangés ou non » et c’est bien le problème : nous y revien­drons plus bas. Une fois qu’on a choisi un preset, on peut immé­dia­te­ment accé­der à l’in­ter­face de l’ins­tru­ment virtuel concerné, effec­tuer les modi­fi­ca­tions sonores souhai­tées et sauve­gar­der le nouveau preset dans un empla­ce­ment réservé aux favo­ris, l’une des fonc­tions propo­sées par cette nouvelle inter­face. Cette dernière propose encore bien des choses inté­res­santes. On peut ainsi sauve­gar­der des raccour­cis vers nos propres dossiers de fichiers person­na­li­sés. Tout comme on peut se créer une « setlist » afin d’avoir sous les yeux tous les projets que l’on souhaite, et de pouvoir y accé­der d’une simple pres­sion du doigt sans navi­guer des heures dans des sous-menus. Très bien vu, notam­ment s’il s’agit d’opé­rer de rapides chan­ge­ments de projets sur scène. Enfin, ladite inter­face propose le char­ge­ment de templates un peu parti­cu­liers, les « perfor­mances ». Il s’agit là d’as­sor­ti­ments de presets d’ins­tru­ments et de batte­ries « prêts à jouer » afin de démar­rer immé­dia­te­ment dans un style donné. Mais le plus inté­res­sant là-dedans, à mon sens, c’est que ces dites « perfor­mances » tirent partie d’une autre grande nouveauté de la version 2.11 du logi­ciel MPC : les « layers » d’ins­tru­ments. En s’ins­pi­rant assez loin­tai­ne­ment des « instru­ment racks » d’Able­ton Live — nous revien­drons égale­ment sur les limi­ta­tions de la « version Akai » — ce nouvel outil permet de super­po­ser des sons et d’or­ga­ni­ser les splits de clavier de manière très simple et visuelle. On pourra même filtrer les messages MIDI selon les diffé­rentes couches instru­men­tales de plugins de drum programs, de keygroups… Et puisque l’on parle de drum programs et de keygroups, féli­ci­tons-nous qu’Akai ait enfin comblé le retard incom­pré­hen­sible des MPC par rapport aux Maschine de Native Instru­ments : on peut main­te­nant trans­for­mer n’im­porte quel sample d’un drum program en keygroup, c’est-à-dire en sono­rité auto­ma­tique­ment trans­po­sée et jouable sur l’in­té­gra­lité du clavier !

L’in­ter­face que je veux (ou presque)

Akai va encore plus loin dans la refonte de son inter­face utili­sa­teur, car on a main­te­nant la possi­bi­lité de custo­mi­ser complè­te­ment l’écran « Menu » dans lequel appa­raissent tous les éléments de base du fonc­tion­ne­ment de la MPC (éditeur de samples, step sequen­ceur, brow­ser, etc.). Cela modi­fie non seule­ment l’ordre dans lequel ces éléments sont affi­chés sur l’écran, mais égale­ment le pad auquel chacun d’eux sera affecté pour y accé­der le plus rapi­de­ment possible. Pour complé­ter cette volonté de person­na­li­sa­tion, une nouvelle barre de raccour­cis fait son appa­ri­tion lorsque l’on balaie l’écran de la gauche vers la droite. Celle-ci est tota­le­ment para­mé­trable et permet d’ac­cé­der à cinq éléments de son choix sans devoir repas­ser par l’écran « menu ». J’ai à titre person­nel très vite pris l’ha­bi­tude de l’uti­li­ser. Bien évidem­ment, chacun jugera de la perti­nence ou non de la chose selon ses propres habi­tudes ergo­no­miques. Mais personne ne pourra repro­cher à Akai de déve­lop­per, au sein de gamme de produits MPC, un effort constant pour offrir à l’uti­li­sa­teur de nombreux moyens diffé­rents d’ob­te­nir un même résul­tat.

À tout hasard…

Enfin, pour termi­ner avec les nouveau­tés de la dernière version en date du logi­ciel MPC, notons deux évolu­tions majeures dans le séquen­ceur MIDI. Il y a tout d’abord la fonc­tion « ratchet » qui permet de créer à la volée des effets de répé­ti­tions rapides de notes, très pratique notam­ment lorsqu’il s’agit de créer des fills de batte­rie. Mais surtout, le logi­ciel MPC se dote enfin d’une fonc­tion de rando­mi­sa­tion des événe­ments MIDI grâce à un pour­cen­tage que l’on pourra attri­buer à chacun d’eux et qui déter­mi­nera leur chance respec­tive d’être déclen­ché. Un moyen toujours pratique d’ajou­ter faci­le­ment de la vie à vos boucles et qui faisait cruel­le­ment défaut dans l’uni­vers MPC.

Une MPC qui fait de l’ef­fet

La nouvelle mouture du logi­ciel MPC n’ap­porte pas unique­ment des amélio­ra­tions ergo­no­miques ou de work­flow, mais égale­ment de nouveaux outils de trai­te­ment sonore, tous déve­lop­pés par AIR, le studio de déve­lop­pe­ment désor­mais atti­tré d’Akai. Outre un petit accor­deur bien pratique, MPC Tuner, nous avons deux nouveaux plugins : Amp Sim et Flavor. Le premier est comme son nom l’in­dique un simu­la­teur d’am­plis, qui propose une gamme plutôt éten­due de confi­gu­ra­tions. Jugez plutôt. On dispose de 6 caté­go­ries (guitare clean, avec disto, basse, voix, batte­ries, et synthé), chacune regrou­pant entre 7 et 28 presets de têtes d’am­plis et d’en­ceintes de tous formats, du 1×8 » au 4×12 » en passant par le 2×12 ». Un outil de ce genre est toujours pratique à avoir dans sa besace sonore et manquait clai­re­ment dans l’offre MPC : bien vu.

Et si les amplis sont des outils cruciaux de façon­nage sonore, le second plugin en fait carré­ment sa raison d’être prin­ci­pale. « Flavor », comme son nom l’in­dique, est là pour donner rapi­de­ment une couleur Lo-Fi à vos produc­tions, à l’aide de quelques commandes simples et effi­caces : « distor­sion », « flut­ter » (pleu­rage), « noise » et « monofy » (pour trans­for­mer un signal stéréo en mono), dont les para­mé­trages sont réunis au sein de 17 presets aux noms évoca­teurs tels que « rust » (rouille), « old vinyl » ou « cassette tape » (dois-je vrai­ment traduire ?). Un petit outil bien pratique qui rendra de fiers services. Mais nous n’en avons pas terminé avec les plugins d’ef­fets.

molettes.JPGÇa me laisse sans voix !

Car avec la sortie du MPC Key 61, Akai en a remis une couche en propo­sant la « Vocal suite », un ensemble de trois modules dédiés au trai­te­ment de la voix. Le premier est « Vocal Tuner » et sert à corri­ger la hauteur d’un signal audio entrant et plus spéci­fique­ment de la voix humaine. Il dispose de 5 algo­rithmes de détec­tion de désac­cord et se propose de corri­ger ceux-ci en se basant sur quelques critères que nous lui donnons, comme une indi­ca­tion globale de la tessi­ture de la voix sur laquelle il doit agir, la tona­lité, la fréquence du « La » de réfé­rence, etc. Atten­tion, on n’est pas du tout ici en présence d’un Melo­dyne, mais vrai­ment beau­coup plus d’un auto­tune. L’ou­til est plutôt effi­cace. Mais à titre person­nel, j’ai été vrai­ment très agréa­ble­ment surpris par les deux autres plugins. « Vocal Doubler » et « Vocal Harmo­ni­zer » proposent en effet tous les deux de multi­plier le signal audio et de déca­ler les signaux audio résul­tants entre eux à la fois dans le temps et la tona­lité. On obtient à mon sens des résul­tats très natu­rels avec vrai­ment peu, voir pas d’ar­te­fact.
Je vous en propose ici quelques exemples. N’étant moi-même pas chan­teur du tout, je me suis permis de me rabattre momen­ta­né­ment sur Omni­sphère de Spec­tra­so­nics et sur sa banque vocale « Clas­si­cal Tenor Ah » pour trou­ver une belle voix mascu­line et lui fabriquer une petite mélo­die à chan­ter.

Voix seule
00:0000:31
  • Voix seule00:31
  • voix doublee00:31
  • voix harmo­ni­see00:31

 Après avoir fait le tour des nouveau­tés ergo­no­miques et des effets audio, il est venu main­te­nant le temps de nous pencher sur les nouveaux plugins de géné­ra­tion sonore qui accom­pagnent le MPC Key 61.

Du ! Son ! Du ! Son !

Le MPC Key 61 intègre non seule­ment les géné­ra­teurs sonores déjà exis­tants de la marque, tels que « Hype », « Tube­synth », « Odys­sey », Solina », « Mello­tron », « Bass­line », « Elec­tric » et « Drum­synth ». Mais il arrive égale­ment avec un certain nombre de nouveaux instru­ments virtuels : « OPX 4 », « Organ », « Studio Strings », « Stage piano », « Stage EP » et — atten­tion — « Fabric XL », « Fabric », « Fabric piano, et « Fabric elec­tric piano ». Vous aussi, vous trou­vez que cela fait beau­coup de « Fabric » et de « pianos » ? Ne vous en faites pas, on va éclair­cir tout cela, mais procé­dons par ordre et inté­res­sons-nous tout d’abord à OPX 4.

Opx4

OPX 4 est un synthé FM 4 voix, mais qui au-delà d’être déjà bien pourvu en opéra­teurs, s’offre le luxe de nous offrir un petit rompler en plus. Très bien vu pour ajou­ter par exemple une touche un peu plus brute et « concrète » à une sono­rité FM parfois jugée froide. On notera toute­fois que le module rompler ne dispose pas d’al­go­rithme de time-stretch. Chacun des opéra­teurs est inté­gra­le­ment program­mable, tout comme leurs inter­ac­tions entre eux au sein de la matrice qui les régit. Concer­nant les modu­la­tions, nous avons 32 chemins de modu­la­tion possibles, avec 35 sources et une infi­nité de para­mètres en cible. Enfin, on dispose de 3 slots d’ef­fets indi­vi­duels offrant un choix de 12 effets, et de 2 slots d’ef­fets globaux à choi­sir parmi 27. Ce synthé est une très bonne surprise, il offre un grand nombre de presets et une belle qualité audio ! Ici, quelques exemples :

OPX 4 1
00:0000:24
  • OPX 4 100:24
  • OPX 4 200:16
  • OPX 4 300:32
  • OPX 4 400:20

Studio StringsStudio Strings.JPG

Le deuxième module proposé en nouveauté avec le MPC Key 61, ce sont les Studio Strings. Il s’agit ici d’une banque de samples de cordes qui réunit violon, alto, violon­celle et contre­basse. Pour chaque preset, on peut choi­sir de faire jouer chacun de ces instru­ments sépa­ré­ment ou bien tous ensemble. Il n’est en revanche pas possible de choi­sir violon + contre­basse par exemple. On dispose égale­ment de trois formats diffé­rents : solo, orchestre de chambre et orchestre sympho­nique, ce qui donne une diver­sité sonore assez inté­res­sante. Les deux vrais défauts sont inti­me­ment liés et trouvent leur origine dans l’ab­sence d’ar­ti­cu­la­tion dyna­mique. D’une part, vous devrez char­ger à chaque fois un preset diffé­rent par arti­cu­la­tion. D’autre part AIR a cher­ché à combler partiel­le­ment cet incon­vé­nient en affec­tant à l’af­ter­touch et à la molette de modu­la­tion une fonc­tion vibrato logi­cielle au rendu très arti­fi­ciel, à éviter à tout prix !

Violons 1
00:0000:11
  • Violons 100:11
  • Violons 200:12
  • Violons 300:12
  • Violons 400:12

 

On notera que le module est affu­blé d’un certain nombre de para­mètres tels que filtre, enve­loppe, et dosage de l’ac­tion de la molette et de l’af­ter­touch sur le vibrato (qui ne le rendent pas moins arti­fi­ciel pour autant, dommage !)

Stage piano et Stage EP

Les deux modules suivants pour­raient presque être réunis en un seul, telle­ment leur inter­face est proche. De fait ils se distinguent bien sûr comme leurs noms l’in­diquent par les instru­ments dont ils repro­duisent les sono­ri­tés, à savoir le piano acous­tique pour le premier et élec­trique pour le second. Le premier se base sur quatre instru­ments : le C7 de Yamaha, le modèle D de Stein­way, le piano droit Bech­stein et une gale­rie de sons typiques de « pianos acous­tiques » issus de works­ta­tions clas­siques. On peut choi­sir le type de rendu (« hard », « soft », « bright », etc.), le type d’ac­cor­dage, et enfin le niveau de poly­pho­nie, dont Akai reste assez discret concer­nant le niveau maxi­mal en se conten­tant d’in­diquer « max » lorsque l’on atteint la limite. Sachant que le degré précé­dent est 45, je ne me fais guère d’illu­sion sur la poly­pho­nie qui ne dépasse certai­ne­ment pas 64 voix, donc le mini­mum pour un piano numé­rique. On peut gérer le compor­te­ment des pédales, la couleur géné­rale du son, ajou­ter un compres­seur et des effets de délai et de reverb.

Yamaha
00:0000:32
  • Yamaha00:32
  • Stein­way00:32
  • Bech­stein00:32

 

Pour ce qui est du Stage Elec­tric piano, le prin­cipe est proche. Ici aussi, on a diffé­rents modèles de base : Rhodes, Rhodes Hot, Suit­case, Wurlit­zer et Pianet. On accède ici aussi à diffé­rents types de rendus (« hard », « soft » et « real » ici), avec le choix entre la reprise de sons réels via micro­phone et la synthèse FM, un chorus, un trémolo et un simu­la­teur d’am­pli avec une dizaine de modèles diffé­rents. Les sono­ri­tés sont riches, puis­santes, et chaudes, sans doute parmi les meilleures parmi les banques propo­sées ici (meilleures que celles du Stage Piano à mon sens), une carac­té­ris­tique qu’il partage avec le module Organ.

EP 1
00:0000:34
  • EP 100:34
  • EP 200:33
  • EP 300:33
  • EP 400:36

 

Organ

Organ est à mon sens l’une des autres réus­sites sonores de cette collec­tion. Il s’agit de l’ému­la­tion d’un orgue élec­trique type Hammond, avec neuf tirettes, une dizaine de choix pour les roues phoniques, un vibrato, une Leslie et une section d’ef­fets conte­nant un délai et une réverbe. Ici aussi le résul­tat sonore est riche et puis­sant.

Organ 1
00:0000:21
  • Organ 100:21
  • Organ 200:32
  • Organ 300:18

 

FabricXL, Fabric, Fabric Piano et Fabric Elec­tric Piano

Fabric XL.JPG

Fabric XL est présenté par Akai comme le plat de résis­tance des nouveaux géné­ra­teurs sonores de la marque. Il s’agit d’un instru­ment virtuel basé sur une archi­tec­ture déjà éprou­vée, notam­ment par Hybrid, l’un des synthés précé­dents d’AIR, à savoir un système qui repose sur deux layers, chacun conte­nant un géné­ra­teur de son et ses propres para­mé­trages asso­ciés. À la diffé­rence de Hybrid, FabricXL n’in­tègre pas de géné­ra­teurs de synthèse, mais unique­ment des lecteurs de samples – samples qui peuvent d’ailleurs être des formes d’ondes, mais qui ne peuvent évidem­ment pas être modi­fiées comme avec un « vrai » synthé­ti­seur virtuel. Cela n’em­pêche pas les para­mé­trages dispo­nibles d’être très riches, avec filtres, enve­loppes, LFOs et tutti quanti. On dispose égale­ment d’un chorus, d’un trémolo et d’un phaser globaux, ainsi que d’un EQ, d’un simu­la­teur d’am­pli, d’un délai et d’une réverbe inté­grés.

Les presets propo­sés couvrent à peu près tous les styles et les instru­ments, leads, pads, chœurs, guitares acous­tiques et élec­triques, basses, FX, percus­sions, etc.

À mon sens, les sons pure­ment synthé­tiques sont les plus inté­res­sants. En ce qui concerne les sono­ri­tés qui se veulent plus réalistes, la qualité audio est un peu infé­rieure. Notam­ment les pianos acous­tiques et élec­triques sont moins quali­ta­tifs que ceux des modules Stage Piano et Stage Elec­tric Piano. Enfin, au sein de la version « non-XL » de Fabric, les banques sonores se trouvent encore amai­gries. Cela tient au fait que Fabric « tout court » est une version du plugin qui permet de ména­ger les ressources de votre MPC, là où la version XL sera davan­tage à son aise sur un ordi­na­teur (atten­tion, elle reste tout à fait utili­sable sur une machine auto­nome, juste qu’elle ne permet­tra pas d’ajou­ter autant d’autres plugins). Et les modules Fabric Piano et Fabric Elec­tric Piano regroupent les presets des deux instru­ments concer­nés issus de la version non-XL de Fabric. Comme on le voit, il n’est pas forcé­ment facile de s’y retrou­ver, un sujet qui peut éven­tuel­le­ment enclen­cher une réflexion plus globale.

Fabric XL 1
00:0000:26
  • Fabric XL 100:26
  • Fabric XL 200:26
  • Fabric XL 300:20
  • Fabric XL 400:17

 

Alors oui, mais…

Avant toute­fois d’abor­der ce thème, je souhai­te­rais rele­ver un certain nombre de choses

Tout d’abord, quelques petits défauts mineurs. On peut ainsi s’éton­ner de la dispa­ri­tion du lecteur de carte SD par rapport à la MPC Live par exemple, une dispa­ri­tion à mon sens d’au­tant moins perti­nente que si ce clavier est destiné à être emmené sur scène, un disque dur externe se trouve quand même nette­ment moins sécu­risé dans ce contexte qu’une petite carte SD bien à l’abri dans la coque du clavier, si l’on a besoin d’une exten­sion de l’es­pace de stockage. Mais soit.

On pourra égale­ment s’aga­cer du fait que le passage via le mode Song implique toujours une inter­rup­tion du flux sonore, ou bien qu’il soit toujours impos­sible d’en­re­gis­trer une auto­ma­tion sur les effets de la piste master, ce qui inter­dit dans les deux cas la créa­tion d’un morceau complet à la volée comme on peut le faire par exemple avec Able­ton Live. Le système MPC main­tient ici malheu­reu­se­ment toujours son retard sur ce sujet précis.
Un autre domaine où le système d’Akai est encore un peu à la traîne malgré les récents efforts, c’est au niveau du multi-laye­ring d’ins­tru­ments. Si la nouvelle fonc­tion est vrai­ment bien­ve­nue et pratique d’uti­li­sa­tion, elle manque encore de matu­rité. En effet, les layers ne se déclenchent de manière diffé­ren­ciée que via les splits de clavier. Il n’y a pas pour l’ins­tant pas de déclen­che­ment diffé­ren­cié selon la vélo­cité par exemple. Ce qui est d’au­tant plus regret­table que le multi-laye­ring de samples sur la même machine fonc­tionne selon ce prin­cipe ! Bon, mais saluons tout de même l’ar­ri­vée de cette fonc­tion­na­lité parti­cu­liè­re­ment pratique !


Une chose qui me semble déjà un peu plus surpre­nante, c’est que contrai­re­ment à ce que l’on pour­rait imagi­ner, le clavier et les pads ne sont pas affec­tables à des pistes diffé­rentes, alors qu’un clavier externe bran­ché à l’en­trée USB ou MIDI du MPC Key peut quant à lui être affecté libre­ment à toute autre piste diffé­rente. On peut imagi­ner que cela fera l’objet d’une mise à jour – on l’es­père en tout cas ! – car en l’état c’est parti­cu­liè­re­ment frus­trant !


Tout comme il est égale­ment très frus­trant de consta­ter qu’Akai n’a pas profité de la refonte de son brow­ser pour y inté­grer des tags et un range­ment plus ration­nel des éléments. Un non-choix d’au­tant plus incom­pré­hen­sible qu’il y a quelques années, InMu­sic, la maison mère d’Akai, avait déve­loppé le logi­ciel VIP en réponse au Komplete Kontrol de Native Instru­ments qu’il dépas­sait même sur un certain nombre de points, par exemple la capa­cité de gérer des formats de plugins au-delà du NKS. Pour en reve­nir à l’in­ter­face qui nous est propo­sée ici, elle ne permet même pas pour l’ins­tant de pré-écou­ter les sons et presets, ce que sait faire encore heureu­se­ment l’an­cienne inter­face toujours incluse et vers laquelle on finit par se retour­ner dans le quoti­dien de la produc­tion. Car non, Akai, les jolis visuels ne font pas tout ! On espère juste que ce n’est qu’une ques­tion de temps avant qu’une mise à jour ne vienne corri­ger tout cela et amener la nouvelle inter­face à réali­ser tout son poten­tiel, bien réel.

On regret­tera égale­ment que le produit ne soit pas forcé­ment très ouvert à la concur­rence, puisqu’en dehors d’un mode MIDI assez tradi­tion­nel, aucun template n’est pour l’ins­tant prévu pour pilo­ter des DAWS autres que la DAW proprié­taire, MPC 2. D’un autre côté, quand on propose un produit aussi complet, avec quasi­ment tous les éléments d’un home studio réunis en une seule machine, on peut leur pardon­ner cet oubli.

Enfin, nous avons vu qu’Akai dans le para­graphe précé­dent qu’Akai entre­tient un certain flou autour de ses licences de plugins, et qu’il n’est pas forcé­ment simple de s’y retrou­ver. L’ar­gu­ment du gain de perfor­mance est effec­ti­ve­ment valable dans la compa­rai­son entre Fabric et Fabric XL. On peut être en revanche plus circons­pect sur la perti­nence de la présence de « Fabric Piano » et «  “Fabric Elec­tric Piano”, qui sont des versions iden­tiques à un layer prêt de ce qui se trouve dans Fabric XL. Akai aurait-il cher­ché à multi­plier les plugins de manière un peu arti­fi­cielle pour rendre le MPC Key 61 encore plus attrayant ? Le fait est que la marque vend égale­ment ces plugins de manière indé­pen­dante sur son site, et à un tarif un peu consé­quent : 249 € pour la Fabric collec­tion complète, 149 € pour chacun des autres éléments sépa­rés (Stage piano, Stage EP, Organ et Studio Strings). Offrons-nous une petite compa­rai­son : prenons le Stage Piano et le Stage EP. Ache­tés ensemble, on obtient un bundle d’en­vi­ron 300 €. Pour 50 € de plus, on a Keys­cape de Spec­tra­so­nics qui propose une qualité sonore plus impor­tante. Ne nous mépre­nons pas : les sono­ri­tés embarquées du MPC Key 61 ne sont pas mauvaises, beau­coup sont très correctes et certaines sont excel­lentes comme les pianos élec­triques et les orgues, mais d’autres ne sont pas au niveau de la concur­rence “ordi­na­teur”, par exemple les Studio Strings.
Alors vous me direz à juste titre qu’un Keys­cape n’est pas instal­lable sur le MPC Key, et ce pas unique­ment pour des raisons de pure incom­pa­ti­bi­lité infor­ma­tique qui pour­rait être faci­le­ment levée d’un coup de program­ma­tion. Non, on touche là à un problème de fond. Les banques pour ordi­na­teurs sont très gour­mandes en ressources et notam­ment en espace de stockage, et les stations de produc­tion auto­nomes disposent souvent de disques durs et de RAM ridi­cu­le­ment restreints par rapport à ce que le moindre ordi­na­teur dédié à la bureau­tique embarque aujour­d’hui. Je pense que les fabri­cants de cesdites stations de travail auto­nomes vont devoir sérieu­se­ment repen­ser leur stra­té­gie, au risque de perdre à terme la guerre de la qualité sonore.

Conclu­sion

Akai place la barre de ses ambi­tions très haut avec le MPC Key 61, c’est un fait. Il est tout à fait coura­geux de sa part de propo­ser un produit qui soit à la fois une MPC dans le sens tradi­tion­nel du terme, un clavier de scène, une works­ta­tion… on peut consi­dé­rer que pour envi­ron 2000 €, on a fina­le­ment tout ce qu’il faut pour compo­ser, aussi bien selon la bonne vieille méthode à base de samples comme le monde de la MPC la connaît depuis la fin des années 80, que selon des méthodes plus tradi­tion­nelles à base d’im­pro­vi­sa­tions clavie­resques et d’en­chaî­ne­ments d’ac­cords. Le fait est que les clavié­ristes comme moi auront du plai­sir à utili­ser cet instru­ment bien pensé sur de nombreux points, et que les habi­tués de la tradi­tion MPC retrou­ve­ront égale­ment faci­le­ment leurs petits… jusqu’à y retrou­ver égale­ment les défauts, comme le mode Song toujours un peu contrai­gnant, ou l’ab­sence obsti­née depuis toutes ces années d’un système cohé­rent de brow­sing et de tagging des presets. Une absence d’au­tant plus regret­table qu’Akai a lancé une refonte complète de son système de brow­sing avec une nouvelle inter­face graphique promet­teuse, mais qui réus­sit le tour de force de ne pas inté­grer de fonc­tion de pré-écoute, pour­tant présente sur l’an­cienne inter­face heureu­se­ment toujours dispo­nible. Comme on le voit, il y a encore du rififi chez Akai dans le domaine du brow­sing. Enfin, on pourra s’in­ter­ro­ger quand même sur les choix qui sont faits, et ce au-delà d’Akai, chez les fabri­cants de works­ta­tion lorsqu’il s’agit de consti­tuer la partie infor­ma­tique hard­ware de leurs maté­riels. Aujour­d’hui, 4 Go de Ram et 17 Go de stockage utili­sables pour des systèmes basés essen­tiel­le­ment sur le sample, c’est poten­tiel­le­ment des limi­ta­tions sur la qualité sonore dans les plugins propo­sés – limi­ta­tions que l’on retrouve dans les versions “Fabric” de certains modules propo­sés ici. Ce qui est dommage, car d’autres sono­ri­tés – notam­ment celles non opti­mi­sées pour écono­mi­ser les ressources, ou alors celles repo­sant sur de la synthèse pure, béné­fi­cient d’une plutôt bonne, voire très bonne qualité, comme c’est par exemple le cas pour les pianos élec­triques et les orgues.
Mais en tout cas et malgré les défauts consta­tés, il s’agit pour Akai d’un premier pas plutôt réussi dans le monde des works­ta­tions !

8/10
Fabrication (?) : Taïwan
Points forts
  • Le concept tout-en-un
  • Le plaisir de jouer sur cet instrument
  • Les nouveautés de MPC2.11
  • L'interface customizable
  • Les layers
  • Introduction de l'aléatoire dans le piano roll
  • La qualité audio de certains sons
  • La qualité des nouveaux effets
Points faibles
  • Les défauts récurrents de la gamme MPC
  • Un browsing qui reste lourd malgré une nouvelle interface plus graphique
  • ...car toujours pas de tags
  • ...car pas de pré-écoute sur la nouvelle interface
  • La qualité audio de certains sons

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