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Test du Roland Juno-Gi - Le GI Joe de la synthèse

Offrir au musicien une grosse banque d’échantillons et un multipiste audionumérique dans un clavier autonome facilement transportable, tel est l’objectif de Roland avec le Juno-Gi. Voyons comment est armé notre GI pour affronter les champs de bataille…

La série Juno nait dans les années 80, propo­sant une alter­na­tive simpli­fiée et abor­dable à la pres­ti­gieuse lignée des Jupi­ter. Mais le déclin de l’ère analo­gique est déjà amorcé. Sur les poly­pho­niques, les DCO remplacent les VCO, jugés trop capri­cieux, surtout sur scène. Les Juno évoluent rapi­de­ment : le numé­rique fait une percée, les mémoires appa­raissent, le Midi est ajouté, puis les commandes directes dispa­raissent au profit de l’al­pha-dial (enco­deur unique pour l’édi­tion des para­mètres). Ces instru­ments sont de véri­tables bêtes de scène, fiables, robustes et abor­dables. 20 ans plus tard, c’est-à-dire il y a quelques années, en plein revi­val analo­gique, Roland ressus­cite la série Juno, s’at­ti­rant rapi­de­ment les foudres des puristes ; car si le nom et le design évoquent incon­tes­ta­ble­ment la grande époque, le moteur sonore est en revanche pure­ment numé­rique. La série est tout de suite décli­née : D, G, Stage… tout récem­ment mis sur le marché, le Gi est une évolu­tion du modèle G. La machine est à la fois amélio­rée et repo­si­tion­née dans un esprit « tout terrain », ce que nous allons décou­vrir main­te­nant…

 

Poids plume

Roland Juno-Gi

La première surprise a lieu lorsqu’on prend posses­sion du colis : même encore emballé, le Juno Gi est vrai­ment très léger. Construit tout en plas­tique, il pèse à peine 6 kg tout mouillé et se porte avec 2 doigts. Si le poids est idéal pour le trans­port, la fragi­lité est un problème pour les musi­ciens maladroits ou peu soigneux : une housse de protec­tion s’im­pose. La séri­gra­phie reprend les codes couleurs propres aux Juno d’an­tan : lignes rouges et bleues, texte blanc sur fond noir. La façade est plutôt origi­nale : à gauche, une trappe permet d’ac­cueillir une clé USB pour y lire des fichiers Midi ou audio (plus de détail ci-après). On ne peut hélas rien y enre­gis­trer, dommage ! Vient ensuite le contrô­leur optique D-Beam cher à la marque, permet­tant de faire évoluer le son en temps réel (modu­la­tion d’ex­pres­sion, para­mètre de synthèse assi­gnable ou synthé mono program­mable au niveau global) en déplaçant la main verti­ca­le­ment. Le poten­tio­mètre de volume est en bonne place, suivi d’une section contrô­lant le mode de jeu : arpèges, clavier de commande, split, trans­po­si­tion et octaves. Nous appré­cions la présence de ces derniers contrôles en façade. Autour d’un LCD mono­chrome rétro-éclairé de 240 × 64 points, la section centrale est dédiée à l’édi­tion et à la navi­ga­tion : choix direct des banques ou par caté­go­rie, sélec­tion des pages menus, sélec­tion des para­mètres par touches logi­cielles sous l’écran et lance­ment d’un motif de démons­tra­tion pour chaque programme.

 

 

Inter­façage


Cachée sous une trappe à gauche de la façade, la prise USB (type A) permet d’ac­cueillir des clés USB pour lire des fichiers Midi avec une multi­tim­bra­lité de 16 canaux (SMF type 0 ou 1, taille 240 Ko maxi­mum) ou audio stéréo (mp3, wav, aiff – fréquence 44,1 kHz en 8–16–24 bits). On peut couper une piste des fichiers Midi et suppri­mer les fréquences centrales des fichiers audio (donc appli­ca­tion visée : le Karaoké). Dommage que cette inter­face ne puisse prendre en compte la sauve­garde des Live Sets ou du multi­piste audio… À l’ar­rière, une seconde prise USB 2 (type B) permet de relier le Juno-Gi au monde infor­ma­tique. Une fois le driver installé (XP / Vista / Seven, Leopard / Snow), le Juno-Gi agit comme une inter­face audio­nu­mé­rique bidi­rec­tion­nelle à très faible latence. Les entrées et sorties audio / Midi physiques sont égale­ment concer­nées par le trans­fert de données avec l’ap­pli­ca­tion infor­ma­tique. Seule restric­tion, l’au­dio over USB ne fonc­tionne pas simul­ta­né­ment à la lecture d’un fichier Midi / audio depuis la clé USB en façade.

 

Le Juno-Gi peut égale­ment opérer en mode clavier de commande. Les potards, faders et boutons sont alors capables d’en­voyer des contrô­leurs Midi type CC. En revanche, le multi­piste audio­nu­mé­rique, le D-Beam, les 2 boutons assi­gnables, la fonc­tion Chords et l’ar­pé­gia­teur ne fonc­tionnent pas dans ce mode, ce qui est très déce­vant ! De même, le Juno-Gi ne peut pas émettre simul­ta­né­ment sur 2 canaux Midi diffé­rents de part et d’autre du point de split, ce qui en fait somme toute un clavier de commande limité. Enfin, il existe une fonc­tion V-Link pour pilo­ter des images en synchro­ni­sa­tion avec des appa­reils compa­tibles avec ce format.

C’est à droite de cette section centrale que l’on découvre la grande nouveauté du Juno Gi : un multi­piste audio­nu­mé­rique 8 pistes, doté de commandes de trans­port complètes, de 6 faders et de sélec­teurs de coupure / acti­va­tion de piste. Les 8 pistes se partagent 4 faders (avec un bouton pour alter­ner entre les pistes 1–4 et 5–8), il y a un fader pour le volume global et un fader pour mixer un pattern Midi, que l’on peut ajou­ter en synchro à l’au­dio. Ceci permet de lancer les enre­gis­tre­ments audio avec un support ryth­mique, pas bête ! Tout à droite, 6 rota­tifs permettent de modi­fier le son en temps réel : niveau de réver­bé­ra­tion, EQ 3 bandes, coupure et réso­nance du filtre : c’est très déce­vant, il y avait de la place pour faire beau­coup mieux à cet endroit, pour les amou­reux de la synthèse intui­tive.

 

La qualité de construc­tion est variable : le synthé glisse sur notre support et les faders semblent très fragiles. Par contre, les boutons et les rota­tifs inspirent davan­tage confiance. Le clavier dyna­mique 5 octaves néces­site un temps d’ac­cli­ma­ta­tion car il est trop sensible ; par ailleurs, il n’a pas l’af­ter­touch, une décep­tion dans cette gamme tari­faire. À sa gauche, la section de modu­la­tion offre un stick Pitch­bend + modu­la­tion cher à Roland, enri­chi par 2 boutons de modu­la­tion assi­gnables (trans­po­si­tion d’oc­taves, tempo, porta­mento, enclen­che­ment de couches sonores, effets… en mode perma­nent ou momen­tané) et 2 boutons de sélec­tion / lecture des morceaux stockés sur la clé USB en façade.

 

 

 

Roland Juno-Gi

Utili­sa­tion facile

 

Roland Juno-Gi

La face arrière est très bien garnie : entrée / sortie Midi, sortie stéréo, prise casque, sortie « Song / click », 2 prises pour pédales, inter­face USB type B, poten­tio­mètre de contraste du LCD, lecteur de cartes SD/SDHC (cf. ci-après), prise pour alimen­ta­tion externe (type bloc au milieu) et inter­rup­teur marche / arrêt. La sortie « Song / click » permet d’en­tendre un métro­nome lorsqu’on lit des morceaux depuis le port USB en façade ; par contre, elle est inac­tive en lecture / enre­gis­tre­ment du multi­piste audio­nu­mé­rique. Dommage, cela aurait été bien pratique pour synchro­ni­ser un batteur live aux pistes audio. La section d’en­trées audio est un modèle du genre, qui permet au Juno-Gi de s’ac­com­mo­der avec tout type de source : entrée ligne stéréo (2 jacks) avec poten­tio­mètre de niveau et LED de crête couplée en façade, prise combo XLR / jack pour guitare (haute impé­dance) / micro avec sélec­teur de sensi­bi­lité et alimen­ta­tion Phan­tom pour micro statique (48 V / 10 mA maxi­mum). Exhaus­tif !

 

Sous le capot, une trappe permet d’ac­cueillir 8 batte­ries rechar­geables Ni-MH type AA/HR6, ainsi notre GI a une auto­no­mie de 2 à 3 heures pour attendre les renforts. Une diode en façade indique l’état du stock de muni­tions. Les commandes sont globa­le­ment claires et les menus bien pensés. La prise en main est donc immé­diate. La navi­ga­tion est on ne peut plus simple à travers les diffé­rentes pages-écrans, diffi­cile de se perdre, malgré le nombre impor­tant de para­mètres dans certaines sections. Le souci de l’er­go­no­mie est poussé en profon­deur : repré­sen­ta­tion graphique sur le LCD, utili­sa­tion de la touche Shift pour accé­lé­rer l’ac­tion de l’en­co­deur lorsque la plage de la valeur éditée est impor­tante, défi­le­ment des banques possible sous forme de liste et par caté­go­rie, motif d’au­di­tion des programmes, sélec­tion / acti­va­tion / coupure des couches sono­res… bien vu !

 

Armada sonore

Roland Juno-Gi

Le Juno-Gi renferme plus de 1.000 sons prêts à l’em­ploi. Les pianos acous­tiques sont de bonne qualité, bien échan­tillon­nés sur plusieurs niveaux de dyna­mique. Les diffé­rentes décli­nai­sons (presque trop nombreuses) et plusieurs multi­samples permettent de couvrir une vaste pano­plie de style musi­caux : clas­sique, roman­tique, jazz ou rock. Certains tirent parti de l’ef­fet de réso­nance sympa­thique sur les cordes. Pour les pianos élec­triques, c’est presque un sans faute, avec diffé­rentes décli­nai­sons de Fender, Wurlit­zer, Clavi­net, DX / FM échan­tillon­nés en multi­couches, usant et abusant de l’ex­cel­lente section d’ef­fets (wah-wah, tremolo, over­drive, compres­sion…). Les guitares acous­tiques sont de qualité variable : les cordes nylon ne nous ont pas embal­lés, contrai­re­ment aux guitares folk et autres cordes acier bien plus convain­cantes. Les guitares élec­triques proposent diffé­rents modèles très bien program­més, avec des attaques très réalistes, utili­sant diffé­rents effets à modé­li­sa­tion (simu­la­teurs d’am­pli, over­drive, distor­sions… mais aussi délai et chorus). Les orgues peuvent égale­ment profi­ter des effets internes : haut-parleur tour­nant, ampli, over­dri­ve… toutes les époques sont repré­sen­tées, du B3 le plus cracra au Farfisa le plus « cheesy », en passant par les Vox…

 

 

Roland Juno-Gi

Les ensembles de cordes sont amples, larges et très musi­caux. La dyna­mique permet un contrôle satis­fai­sant des diffé­rentes tech­niques de jeu, surtout avec un clavier externe de grande qualité.  Les cordes solo sont cepen­dant à la ramasse, criardes et peu convain­cantes. Pour les cuivres, la pano­plie est vaste : ensembles jazz / rock / pop expres­sifs, larges et très dyna­miques ; solos (trom­pettes, trom­bones, diffé­rents saxes, cors…) soignés et bien rendus. Les bois béné­fi­cient du même soin que les cuivres solo : flûtes, shaku­ha­chi, clari­nette, haut­bois, basson… Les chœurs sont à tomber, avec des scats jazz à multiples couches et des chœurs clas­siques ultra amples (« Aah » et « Mmh » en parti­cu­lier). On sent encore la touche des banques Spec­tra­so­nics déve­lop­pées il y a au moins 10 ans. On retrouve avec plai­sir quelques samples de banques Fair­light typique­ment Art Of Noise. Les basses sont une réus­site, bien rondes et expres­sives : on entend les bruits d’ongle sur les cordes de la basse acous­tique ; les basses élec­triques offrent une très belle fret­less et diffé­rents jeux pick / pull / slap bien claquants ; les basses synthé­tiques sont bien program­mées, captu­rées sur des machines pres­ti­gieuses : Mini, OBX, TB-303, Jupi­ter, Juno… tant qu’on est aux sons synthé­tiques, le Juno-Gi en propose plusieurs centaines, là encore très bien program­més : un paquet incroyable de leads (il y en a presque trop !) avec clins d’œil non feints à certains gros modu­laires vintage, des nappes analo­giques / numé­riques / hybrides à perte de vue, de beaux cuivres synthé­tiques et quelques strings analo­giques typique­ment Jupi­ter / Juno / JX. Termi­nons par les percus­sions, couvrant tous les styles de jeu : kits acous­tiques, jazz / pop / rock – kits élec­tro­niques qui font la part belle aux TR vintage, percus­sions ethniques et orches­tra­les… bref, énor­mé­ment de sons internes en Rom (parfois trop de décli­nai­sons !), une qualité d’échan­tillon­nage globa­le­ment élevée et une program­ma­tion très rigou­reuse.

 

 

Synths Mono
00:0001:17
  • Synths Mono01:17
  • Synths Arpeg01:35
  • Synths Poly01:30
  • Synths Pads01:34
  • Synths Artie00:24
  • Synths Cool00:55
  • Piano El101:11
  • Piano El201:02
  • Piano Ac01:13
  • Organs01:45
  • Clav-Harpsi00:48
  • Guitars Ac01:20
  • Guitars El01:40
  • Guitars ElDisto00:30
  • Bass Ac-El01:18
  • Bass Synth01:20
  • Strings01:28
  • Brass Solo01:20
  • Brass Ens01:15
  • Wood­winds01:33
  • Vibra00:38
  • Choirs01:28
  • Drums Ac01:16
  • Drums El01:19

 

 

Edition limi­tée

 

Roland Juno-Gi

Le moteur sonore du Juno-Gi est un lecteur d’échan­tillons utili­sant une Rom non exten­sible de 128 Mo, offrant 128 voix de poly­pho­nie. Le fonc­tion­ne­ment normal de la partie synthé est le Live Set. On en trouve 1379 en Rom et 256 en RAM. Pour s’y retrou­ver, les Live Sets sont orga­ni­sés en 10 caté­go­ries et 100 favo­ris. Chaque Live Set est une combi­nai­son de 1 à 4 Tones (programmes élémen­taires), que l’on peut arran­ger en 2 + 2 couches de part et d’autre d’un point de split program­mable. La mémoire renferme 788 Tones (256 au format GM2) et 14 kits de percus­sions (9 au format GM2). L’édi­tion s’ef­fec­tue par offset des para­mètres de ces Tones figés en Rom et la sauve­garde au sein des 256 Live Sets utili­sa­teur. Elle s’opère selon 2 modes : basique ou pro. En mode basique, on accède à peu de para­mètres : type de Tone (normal ou kit ryth­mique), mémoire d’ori­gine (Preset ou GM2), numéro de programme, volume, pano­ra­mique, acti­va­tion, réserve de poly­pho­nie, octave, pitch, accor­dage fin, réponse au Pitch­bend, routage vers les effets d’in­ser­tion ou les sorties physiques, niveau de départ chorus et niveau de départ réverbe. Une page est dédiée aux réglages précis de la tessi­ture, avec fondu haut et bas, mais pas de fenêtre de vélo­cité.

 

 

Roland Juno-Gi

En mode « pro », on rentre un peu plus dans la synthèse : para­mètres affec­tant le pitch (legato, porta­mento, enve­loppe dédiée 4 temps / 5 niveaux), filtre (3 types de passe-bas / 1 passe-haut / 1 passe-bande / 1 peak, fréquence de coupure avec suivi de clavier, vélo­cité et enve­loppe multi­seg­ment avec suivi de clavier et vélo­cité sur diffé­rents segments, réso­nance avec action de la vélo­cité), volume final (vélo­cité, suivi de clavier, enve­loppe multi­seg­ment dyna­mique comme pour le filtre) et 2 LFO (vitesse, synchro à l’hor­loge Midi, actions sépa­rées sur pitch / filtre / volume et pano­ra­mique). Cette section dite « pro » est encore trop light à notre goût : on ne peut pas chan­ger les formes d’onde ni leur inter­ac­tion (synchro, modu­la­tion en anneau…), le réglage des valeurs se limite à des offsets des réglages d’usine (mis à part le type de filtre), il n’y a pas d’ac­cès aux formes d’ondes des LFO, pas de matrice de modu­la­tion… bref, on est plus proche du lecteur GM très amélioré que du véri­table synthé.

 

Arpé­gia­teur & Co

Roland Juno-Gi

Le Juno-Gi dispose d’une fonc­tion mémoire d’ac­cords ; on peut ainsi jouer diffé­rents types d’ac­cords préré­glés à partir du clavier (17 types couvrant chaque touche sur une octave), dans diffé­rents modes de repro­duc­tion, dont un astu­cieux mode guitare, qui permet d’égre­ner un accord progres­si­ve­ment en fonc­tion de la vitesse de frappe, dans un ordre à défi­nir. Pas mal… Mieux, un puis­sant arpé­gia­teur est présent. Il offre 128 styles en Rom, chacun pouvant conte­nir plusieurs varia­tions, 10 modes de jeu (diffé­rents ordres de repro­duc­tion des notes, modes accord, glis­sando, phra­ses…), un réglage de réponse à la vélo­cité, une éten­due de jeu sur plus ou moins 3 octaves, un Shuffle program­mable (inten­sité et réso­lu­tion) et un canal de desti­na­tion en cas de split (Lower, Upper ou les deux). Il est même possible d’im­por­ter ses propres motifs d’ar­pèges à partir de fichiers stockés sur une carte SD et de les stocker dans l’une des 64 mémoires RAM. Il faut donc un lecteur de cartes SD et un ordi­na­teur pour ce faire. On peut impor­ter des fichiers SMF type 0 (exten­sion « mid »), à concur­rence de 500 notes. Dommage qu’on ne puisse direc­te­ment utili­ser les 2 ports USB, peut-être à l’oc­ca­sion d’une mise à jour d’OS ou de la mise sur le marché d’un éditeur…

 

Audio­nu­mé­rique à bord

Roland Juno-Gi

Le Juno-Gi intègre une section multi­piste audio­nu­mé­rique 8 pistes, avec chacune 8 pistes virtuelles, travaillant à 44,1 kHz avec un codage maison pour la réso­lu­tion. On peut donc enre­gis­trer un total de 64 pistes et en sélec­tion­ner 8 pour la repro­duc­tion. La lecture se fait à partir des commandes temps réel (trans­port et mixage). Pour chaque piste, on accède via le menu aux réglages du volume, du pano­ra­mique, du départ vers la réverbe globale, des 3 bandes de l’EQ (bandes extrêmes semi-para­mé­triques et bande centrale para­mé­trique) ; on choi­sit aussi laquelle des 8 pistes virtuelles est à repro­duire. Un mode « Stereo Link » permet de régler simul­ta­né­ment les para­mètres de 2 pistes adja­centes. La lecture peut se faire entre 2 points au choix, en linéaire ou en boucle. Pour enre­gis­trer, c’est très simple : choix de la source – interne ou externe, ajus­te­ment des niveaux (contrôle avec diode de satu­ra­tion en façade et affi­chage graphique du niveau à l’écran) et choix de la (des) piste(s) de desti­na­tion parmi les 8 × 8 pistes. On peut enre­gis­trer 2 pistes simul­ta­né­ment, avec effet d’in­ser­tion + réverbe sur la source. L’en­re­gis­tre­ment s’opère en linéaire ou en boucle, avec possi­bi­lité de faire des punch in / out manuels ou auto­ma­tiques. Une fonc­tion Undo / Redo permet de reve­nir sur une action, mais il n’y a qu’un seul niveau d’an­nu­la­tion. Il est égale­ment possible de remixer plusieurs pistes en mono ou stéréo, avec appli­ca­tion de l’ef­fet d’in­ser­tion ou de réverbe.

 

Roland Juno-Gi

L’édi­tion des enre­gis­tre­ments audio est limi­tée, sur le Juno-Gi : copie de portion de piste avec répé­ti­tion, dépla­ce­ment, extrac­tion, échange, suppres­sion, import depuis une carte SD (wav, aiff), export (en format wav 16 bits / 44,1 kHz). On est loin d’un logi­ciel dédié. Heureu­se­ment, on peut expor­ter / impor­ter des pistes stéréo pour édition externe, comme nous le verrons plus tard.  La sauve­garde des données s’opère sur carte SD unique­ment. Une carte de 2 Go est incluse, offrant 12 heures d’en­re­gis­tre­ment. La machine est compa­tible avec des cartes SD/SDHC de 1 à 32 Go, soit 192 heures maxi­mum. L’ana­lyse de ces chiffres montre qu’il y a une compres­sion interne des données d’un facteur 2 envi­ron. Signa­lons au passage quelques limi­ta­tions : un morceau ne peut dépas­ser 2 Go, soit 1 heure 30 en 8 pistes, ce qui devrait suffire ; en utili­sant plusieurs pistes simul­ta­nées, on divise d’au­tant la durée, même si certaines portions sont silen­cieuses. Aux 8 pistes audio, on peut ajou­ter une piste ryth­mique Midi, histoire de s’ac­com­pa­gner en enre­gis­tre­ment ou relec­ture. C’est d’ailleurs le seul moyen de repro­duire une séquence avec l’au­dio, le Juno-Gi n’em­barquant pas de véri­table séquen­ceur multi­piste. La piste ryth­mique se décom­pose en patterns assem­blés en arran­ge­ments. L’édi­tion se fait avec une grande préci­sion et affi­chage graphique des notes (type piano roll), on peut impor­ter des fichiers SMF à partir de la carte SD ou partir d’un des 371 patterns en Rom. On sauve­garde ensuite son travail dans l’une des 99 mémoires en RAM ou au sein d’un morceau. Le Juno-Gi peut ainsi gérer 99 morceaux audio / ryth­mique Midi en mémoire.

 

Effets pour tous

Roland Juno-Gi

La partie synthé offre 4 proces­seurs d’ef­fets : 2 multi-effets d’in­ser­tion, 1 chorus et 1 réverbe. Comme nous l’avons déjà vu, chaque Tone d’un Live Set peut être routé vers un multief­fet et dispose d’un réglage de départ vers le chorus et la réverbe. Les 2 multief­fets stéréo peuvent être routés en série ou en paral­lèle. Chacun offre 79 algo­rithmes variés et de grande qualité, avec bien souvent plus de 10 para­mètres par effet. Dans la liste, on trouve des EQ et leurs variantes (multi­bandes stéréo para­mé­triques ou graphiques, suppres­seurs, filtres, Enhan­cer), des modu­la­tions (wah-wah, haut-parleur tour­nant, formants de voix, phasers, modu­la­teur en anneau, tremolo, pano­ra­mique, slicer, flan­ger, chorus, effet 3D), effets guitares (OD, distor­sion, simu­la­teur d’am­pli), effets non linéaires (compres­seur, limi­teur, gate), délais, effets lo-fi, pitch Shif­ter, réverbe, réso­nance sympa­thique, effets doubles et voco­deur. Ouf ! Le voco­deur utilise l’en­trée micro appliquée sur un son de synthé interne, ce qui est limité compte tenu des nombreuses entrées audio. Les para­mètres tempo­rels sont synchro­ni­sables à l’hor­loge Midi. Suivant l’al­go­rithme, certains para­mètres présé­lec­tion­nés sont assi­gnables à des CC Midi ou à des contrô­leurs physiques, merci ! Les effets chorus (3 types) et réverbe (5 types) globaux sont un peu moins four­nis, mais leur niveau de qualité reste élevé.

 

Roland Juno-Gi

La section effets serait on ne peut plus clas­sique si elle se limi­tait là. Mais le Juno-Gi offre une seconde série d’ef­fets dédiés à la section multi­piste : un multi-effet d’in­ser­tion, une réverbe et une boîte à outils de maste­ring. Le multi-effet comprend des programmes pour 3 types d’ins­tru­ments : guitare, micro et ligne. Il est très sophis­tiqué, puisqu’on peut combi­ner plusieurs programmes en algo­rithmes avant de les sauve­gar­der en mémoire interne. Par exemple, la banque guitare offre des chaînes du type Amp -> EQ -> Noise Suppres­sor -> Compres­sor -> Delay -> Stereo Chorus => Stereo Reverb. Pour la banque micro, on des combi­nai­sons du type Compres­sor -> Enhan­cer -> EQ -> Noise Suppres­sor -> Delay. Et pour la banque ligne stéréo, on trouve des choses du genre Input => 3-Band Compres­sor => Mixer => Limi­ter => Output. Les programmes sont très sophis­tiqués, avec souvent plus de 10 para­mètres par effet. Certains utilisent des effets COSM, modé­li­sa­tion de machines célèbres telles que des amplis Fender, Vox, Matchless, Mesa Boogie, Marshall, Hughes & Kett­ner… L’ef­fet global de réverbe est analogue à celui de la section synthé.

 

Roland Juno-Gi

Enfin, la boîte à outils de maste­ring permet de fina­li­ser en stéréo les pistes audio 2 par 2. Là encore, on dispose d’un certain nombre d’al­go­rithmes chaî­nant plusieurs effets orien­tés maste­ring, par exemple Input => 3-Band Compres­sor => Mix => Limi­ter => Output. Les effets d’in­ser­tion peuvent être sauve­gar­dés en mémoire interne ou dans l’un des 99 morceaux. Le résul­tat de l’opé­ra­tion de maste­ring peut être exporté au format « wav » 16 bits / 44,1 kHz sur la carte SD, avec une limite de 6h40 en mono ou 3h20 en stéréo (ce qui corres­pond à 2 Go de données). On pourra ainsi échan­ger les données audio avec la version 8.5 de Sonar LE de Cake­walk livrée avec la machine et fina­li­ser un morceau sur CD. Pour termi­ner la visite de cette formi­dable section effets, signa­lons la présence d’un EQ maître 3 bandes (là aussi, bandes extrêmes semi-para­mé­triques et bande centrale para­mé­trique), qui vient globa­le­ment affi­ner le son de l’en­semble des sections du Juno-Gi, idéal pour donner une touche finale suivant l’en­vi­ron­ne­ment sonore dans lequel on se trouve. Les barou­deurs appré­cie­ront…

 

Conclu­sion

Au final, le Juno Gi est une machine assez complète et origi­nale, dotée d’une banque sonore qui tient très bien la route, un arpé­gia­teur bien pensé, un multi­piste audio­nu­mé­rique pour travailler avec des instru­ments acous­tiques, un lecteur de morceaux audio / Midi, plein d’ef­fets variés, un inter­façage avec le monde infor­ma­tique… bref, autant d’atouts qui lui permettent de se sentir à l’aise sur tous les terrains. On regrette toute­fois le manque de profon­deur de la section synthé et la dispa­ri­tion du séquen­ceur, segmen­ta­tion oblige avec la gamme Fantom. Nous restons donc un cran en dessous de la works­ta­tion clas­sique, si l’on s’en réfère à la puis­sance globale, l’ab­sence de sampling et la qualité de construc­tion. Bref, un synthé orienté live assez poly­va­lent et mobile, pour peu qu’on prenne soin de bien l’em­bal­ler, qui pourra égale­ment inté­res­ser les compo­si­teurs multi-instru­ments sur tous les fronts musi­caux.

 

  • Prise en main aisée et intuitive
  • Commandes directes bien pensées (hors section synthèse)
  • Effets de qualité et en nombre suffisant
  • Compacité, légèreté et autonomie
  • Multipiste audio numérique intégré
  • Connectique complète
  • Nombre des programmes
  • Qualité sonore générale
  • Audio et Midi over USB
  • Puissant arpégiateur intégré
  • Commandes directes insuffisantes pour la section synthèse
  • Interface USB en façade limitée à la lecture de fichiers Midi / audio
  • Edition « pro » limitée pour la section synthé
  • Edition trop basique pour le multipiste audio
  • Qualité sonore moyenne de certaines guitares nylon et cordes solo
  • Absence de séquenceur
  • Pas d’import de samples
  • Pas d’éditeur dédié fourni
  • Clavier spongieux et sans aftertouch
  • Construction un peu light

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