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Korg Kross 2-61
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Test Korg Kross 2-61

Workstation de la marque Korg appartenant à la série Kross

Puissance démocratique
8/10
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Avec le Kross2, Korg nous livre une nouvelle version plus puissante de sa workstation démocratique. De quoi refaire un tour complet du propriétaire…

Le marché des works­ta­tions maté­rielles connait une phase de déclin. Les construc­teurs ont globa­le­ment ralenti les mises à jour de leurs produits et proposent rare­ment de véri­tables nouveau­tés. Chez Roland, la série FA date de 2014. Chez Yamaha, le Montage s’éloigne, à notre sens, du concept de works­ta­tion tout-en-un (c’est-à-dire un clavier inté­grant à minima un moteur de synthèse + des multief­fets + un séquen­ceur complet + un sampler ou une fonc­tion d’im­port de samples), même si des modèles d’en­trée de gamme restent au cata­logue (MOXF et MX, datant respec­ti­ve­ment de 2014 et 2013). Chez Kurz­weil, certains claviers de scène sont en réalité de puis­santes works­ta­tions qui évoluent lente­ment mais sûre­ment (séries Forte et PC3K, datant respec­ti­ve­ment de 2014 et 2010). Chez Korg, on trouve trois gammes : série Kronos tout en haut, intou­chable depuis 2011 (version 2 sortie en 2015), seule works­ta­tion en rupture tech­no­lo­gique déri­vée de la plate­forme Oasys ; série Krome, qui méri­te­rait bien une mise à jour depuis 2012 ; puis la série Kross dans l’en­trée de gamme. C’est à cette dernière, datant de 2013, que le construc­teur vient de donner une suite. Raison suffi­sante pour mettre à jour notre test, en insis­tant sur les nouveau­tés.

En noir et noir

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Le Kross 2 est décliné en deux modèles : 61 touches légères et 88 touches lourdes, unique­ment sensibles à la vélo­cité. Les claviers n’ont pas changé depuis le premier Kross. Nous avons testé la version 61 touches, munie d’un clavier au rebond un peu collant. Prix serré oblige, le Kross 2–61 est tout en plas­tique, avec une robe noire ; une série limi­tée rouge et noir marbré est par ailleurs annon­cée. La construc­tion est bonne : façade rigide, enco­deurs et poten­tio­mètre bien ancrés, boutons francs, molettes (pitch et modu­la­tion) soli­de­ment axées et carte de connec­tique vissée sur la face arrière. Cela conforte l’idée qu’une construc­tion de qualité est possible en entrée de gamme. Le design a été revu pour le modèle 61 touches, avec un profil à la fois angu­leux et galbé du plus bel effet. Le synthé est compact, Korg ayant placé les molettes au-dessus du clavier ; incom­pré­hen­sible que ce ne soit pas le cas sur le modèle 88 touches, s’agis­sant d’un nouveau design : peut-être un problème pour faire coha­bi­ter en hauteur le loge­ment pour les piles et le clavier à méca­nique lourde NH ?

Outre les 3,8 kg (12,3 kg pour le modèle 88 touches), le côté portable est accen­tué par la trappe pour les 6 piles AA, située sous la machine du modèle 61 touches et en façade du modèle 88 touches. Korg annonce une auto­no­mie éten­due jusqu’à 7 heures. A part la prise casque placée à l’avant gauche sur le modèle 88 touches, toute la connec­tique est située sur le panneau arrière. Là, rien d’ex­tra­or­di­naire : 3 prises pour pédales (tenue avec half-damper, conti­nue, switch), entrée/sortie MIDI, connec­teur SD Card (SD/SDHC de 2/32 Go maxi­mum, pour les programmes et l’au­dio), prise USB (MIDI et main­te­nant audio), sorties audio gauche/droite stéréo (jack 6,35 TS), sortie casque (Kross 2–61, jack 6,35 stéréo), entrée ligne (format mini-jack stéréo), entrée pour micro dyna­mique (jack 6,35 TS) et coin alimen­ta­tion (borne pour transfo externe 9V fourni, bouton pous­soir et passe-câble). Le logo Korg peut être rétroé­clairé avec contraste ajus­table, ce qui le rend visible du fond des salles obscures !

Ergo­no­mie simpli­fiée

La façade du Kross 2 a été pas mal revue par rapport à celle de son prédé­ces­seur. Il y a toujours les 2 molettes et leurs 2 switches de modu­la­tion au-dessus du clavier à gauche, mais on trouve désor­mais une petite section matri­cielle de commandes directes : en ligne, un sélec­teur de fonc­tions et en colonne, un switch et deux poten­tio­mètres de commandes. Ainsi, on peut modi­fier rapi­de­ment 6 para­mètres de synthèse, 3 réglages d’ef­fets, 6 para­mètres d’en­trée audio et 3 réglages de tempo (avec touche Tap). Pas mal…

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On retrouve ensuite les touches clas­siques de mode de jeu (Combi­nai­sons, Programmes, Séquences, Global/Média, Audio), l’écran LED mono­chrome 240 × 64 pixels à contraste ajus­table (non tactile) surplom­bant 4 touches logi­cielles, la section d’édi­tion (enco­deur, touches de navi­ga­tion, Exit/Enter) et les commandes simpli­fiées de trans­port du séquen­ceur. La partie droite du panneau comprend d’autres touches de mode (Step Sequen­cer, Favo­ris, Sampler, Audio Play) et 16 grands pads lumi­neux. Ces deniers permettent de sélec­tion­ner les programmes/combi­nai­sons/Songs audio (128 mémoires en tout), de program­mer le Step Sequen­cer ou de lancer des samples en temps réel (voir enca­dré lié à l’au­dio en fin de test). Pour faci­li­ter la sélec­tion des sons, le Kross 2 offre un enco­deur de sélec­tion par caté­go­rie (parmi 12, dont une pour les programmes utili­sa­teur). De même, il y a des touches pour créer immé­dia­te­ment un Split ou un Layer, lancer une piste de batte­rie, acti­ver un arpège ou jouer une séquence à pas.

La navi­ga­tion se fait sous forme de menus, avec des enchai­ne­ments de pages parfois inter­mi­na­bles… les 4 boutons situés sous l’écran permettent de faire défi­ler ou sélec­tion­ner ces pages ; ils sont secon­dés par 4 flèches de navi­ga­tion et un enco­deur de données. Bref, l’édi­tion est parfois lourde, d’au­tant que le Kross 2 n’est pas avare de para­mètres de synthèse, loin s’en faut ; pour faci­li­ter la vie, l’OS essaie de bien faire les choses : affi­chage de certains para­mètres sous forme de liste dérou­lante, repré­sen­ta­tion graphique des courbes d’en­ve­loppes, LFO ou couches d’échan­tillons, formes d’on­des… Les maniaques du clavier et de la souris seront heureux d’ap­prendre que le Kross 2 possède ses propres éditeurs gratuits, Stand Alone ou plug-in VST/AU pour PC/Mac (non testés). Ils tournent sous Windows 7/8/10 et Mac OSX 10.9 à 10.12. De nouveaux modes d’em­ploi vidéo sont dispo­nibles en ligne ; ils sont très bien faits. Dernier point d’er­go­no­mie, une fonc­tion permet de sauve­gar­der 4 banques de 16 programmes, combi­nai­sons ou séquences audio favo­ris pour rappel immé­diat, idéal pour le live.

Plus de sons

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Le Kross 2 est capable de géné­rer 120 voix de poly­pho­nie avec 1 oscil­la­teur (60 avec 2) sur 16 canaux multi­tim­braux. C’est 50% de plus que son prédé­ces­seur. Il tire ses sons d’une Rom PCM de 128 Mo (496 multi­samples dont 7 stéréo et 1014 percus­sions dont 49 stéréo). La liste et la taille mémoire sont un peu plus impor­tantes que celles du premier Kross, des échan­tillons ayant été ajou­tés, rempla­cés ou retra­vaillés. Cela reste peu par les stan­dards actuels, où on commence à parler Go sur les works­ta­tions maté­rielles. On retrouve le piano acous­tique 4 couches stéréo du premier Kross. Le second son de piano acous­tique passe en stéréo ; il y a plus de couches de vélo­cité sur le CP80, le Wurlit­zer et les diffé­rents Clavi­net ; nous avons aussi repéré quelques ajouts au niveau des guitares acous­tiques et des cordes. Enfin, la liste de percus­sions pour les Drum kits a été pas mal éten­due, avec de nouvelles percus­sions EDM et asia­tiques (Shaku­ha­chi, Shami­sen, Koto). Pas évident de détec­ter tous les détails…

Globa­le­ment, le Kross s’en sort correc­te­ment au regard de la taille mémoire. Les pianos acous­tiques sont jouables, avec pour certains une couche de réso­nance sympa­thique échan­tillon­née déclen­chée par la pédale de main­tien. Les pianos élec­triques donnent satis­fac­tion, avec plusieurs couches de vélo­cité. La pano­plie d’orgues est géné­reuse, mais là rien de nouveau… Les instru­ments à vent sont assez bons dans l’en­semble, les cordes sont décli­nées en diffé­rentes tailles dont une large section stéréo et des instru­ments solos tout à fait corrects. On trouve aussi des voix clas­siques, pop et jazz. Les basses sont excel­lentes en présence et en punch et les guitares toujours pas terribles. Par rapport aux grosses works­ta­tions, la diffé­rence se fait globa­le­ment sur les couches de dyna­mique, la taille des boucles et le nombre d’échan­tillons. On notera aussi la présence d’échan­tillons de Mello­tron (cordes, voix, flutes). Les programmes synthé­tiques sont nombreux, variés et excel­lents, avec cette large bande passante dont Korg nous habi­tue depuis le Trini­ty… en tout, on dispose de 1280 programmes, 896 combi­nai­sons et 58 drum kits réins­crip­tibles (et des sons pour la compa­ti­bi­lité GM), en partie préchar­gés d’usine.

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  • Kross2 1audio 01 APia­no1 02:04
  • Kross2 1audio 02 APia­no2 00:43
  • Kross2 1audio 03 EP MkI 01:11
  • Kross2 1audio 04 EP Wurly 00:50
  • Kross2 1audio 05 EP Clavi­net 00:34
  • Kross2 1audio 06 Strings 01:28
  • Kross2 1audio 07 Combi1 01:48
  • Kross2 1audio 08 Combi2 02:07
  • Kross2 1audio 09 Combi3 01:23
  • Kross2 1audio 10 Combi4 01:19
  • Kross2 1audio 11 Combi5 01:05
  • Kross2 1audio 12 Combi6 01:30

Struc­ture de programmes iden­tique

La struc­ture sonore du Kross 2 est iden­tique à celle du premier Kross : en mode programme, on dispose d’un son, un arpé­gia­teur, une piste de batte­rie, un séquen­ceur à pas et 7 multief­fets ; en mode combi­nai­son et séquence, on dispose de 16 sons indé­pen­dants, deux arpé­gia­teurs, une piste de batte­rie, un séquen­ceur à pas et 7 multief­fets. On retrouve aussi l’en­re­gis­treur audio, cette fois complété par une nouvelle section sampling.

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Commençons par le mode programme, assez proche de ce que l’on trouve sur le Krome, mais en moins puis­sant. Il fait usage d’un ou deux oscil­la­teurs à 4 couches dyna­miques (chacune pouvant accueillir un multi­sample mono ou stéréo, issus de 3 types de mémoire, voir enca­dré), ou bien un kit de percus­sions éditable en mode Global (chaque touche pouvant accueillir 1 à 4 couches d’échan­tillons mono ou stéréo). Les plus pres­sés pour­ront au préa­lable régler certains para­mètres de synthèse dans une page spéciale (filtre, enve­loppes) ainsi que l’en­trée audio. Les plus coura­geux seront servis par la profon­deur de synthèse dispo­nible, puisque le Kross 2 possède tous les modules dont on peut rêver sur un lecteur de samples : oscil­la­teurs, pitch, filtres, ampli, effets et un tas de modu­la­tions dyna­miques… Le pitch de chaque oscil­la­teur est large­ment modu­lable : tempé­ra­ment, suivi de clavier, enve­loppe multi­seg­ment à temps et niveaux modu­lables, 2 LFO, porta­mento ou encore des sources matri­cielles AMS (contrô­leurs physiques, para­mètres internes ou CC MIDI). Les modu­la­tions sont elles-mêmes modu­lables par une source AMS (Side­chain).

La section filtre dispose de deux filtres multi­modes réso­nants : passe-bas 2 pôles, passe-haut 2 pôles, passe-bande 1 pôle ou réjec­tion 1 pôle ; on peut les placer en mode simple, en série, en paral­lèle ou en mode double 24dB (le nombre de pôles est doublé). Les sources de modu­la­tion de la fréquence de coupure sont nombreuses : enve­loppe dédiée, 2 LFO + LFO global, géné­ra­teur de suivi 4 segments et sources AMS. La réso­nance peut aussi être modu­lée par l’AMS. On passe ensuite à la section ampli, avec volume et pano­ra­mique modu­lables. Le volume béné­fi­cie d’un trai­te­ment de choix : enve­loppe dédiée, 2 LFO, un géné­ra­teur de suivi 4 segments et des sources AMS. Au niveau global programme, on trouve quelques modu­la­tions supplé­men­taires : 2 géné­ra­teurs de suivi de clavier globaux à 4 segments, 1 LFO global et 2 mixeurs AMS (mélange de 2 modu­la­tions par addi­tion, multi­pli­ca­tion, déca­lage, fondu, morphing complexe, quan­ti­fi­ca­tion, porte). Donc rien de nouveau par rapport au premier Kross, hormis les échan­tillons retra­vaillés.

 

Arpé­gia­teurs iden­tiques

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Le Kross 2 reprend l’ar­pé­gia­teur du premier Kross, à savoir un puis­sant module poly­pho­nique 12 voix par 64 pas. L’ar­pé­gia­teur est dispo­nible en mode Programme (en 1 seul exem­plaire), Combi­nai­son (2 exem­plaires) et Séquence (2 exem­plaires). Il permet de créer des motifs ryth­miques complexes tels que lignes de basses, cocottes de guitares, riffs synthé­tiques ou ensembles de batte­rie… Il offre 5 motifs de base (haut, bas, alterné simple, alterné avec répé­ti­tion des notes extrêmes, aléa­toire) et 1280 motifs utili­sa­teur (dont 1024 préchar­gés). Ces motifs se créent en mode Global et s’ap­pliquent au programme, à la combi­nai­son ou à la séquence en cours. Pour chaque pas, on défi­nit la hauteur, la vélo­cité, le temps de Gate et le Fla (simu­la­tion de Strum­ming de guitare). On peut fixer certaines notes pour empê­cher leur trans­po­si­tion quels que soient les accords joués, idéal pour créer des patterns de percus­sions.

Au sein des programmes, combi­nai­sons ou séquences, on trouve les para­mètres de repro­duc­tion : Latch, tessi­ture (1 à 4 octaves), réso­lu­tion (en synchro à l’hor­loge, de la noire au trio­let de triple croche), Gate (0 à 100%), réponse en vélo­cité (globale, jouée ou par note), swing (-100 à +100%), ordre de tri des notes (suivant le jeu ou le pitch), mode clavier (notes arpé­gées jouée seules ou en plus des notes d’ori­gine), fenêtre d’ac­ti­va­tion (notes basse et haute)… on peut pilo­ter les arpèges en MIDI à partir d’un clavier externe ou arpé­ger un appa­reil MIDI à partir des arpèges produites par le Kross 2. Bref, rien à redire sur ce plan si ce n’est applau­dir des deux mains. 

Motifs drums iden­tiques

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Comme sur toutes les works­ta­tions Korg, le Kross 2 permet de jouer une piste de percus­sions pilo­tant un Drum Kit, synchro­ni­sée (ou pas) à tout ce qui bouge dans la machine : la Drum Track. Celle-ci est dispo­nible dans les programmes (second canal), combi­nai­sons (canal 16) et séquences (piste 16). On choi­sit le motif dans une liste de 772 Presets parta­gés avec les motifs des Songs du séquen­ceur MIDI. Le motif peut partir dès qu’on appuie sur une note et béné­fi­cie du mode Latch. Comme avec l’ar­pé­gia­teur, on peut défi­nir la zone d’ac­ti­va­tion de la Drum Track et la vélo­cité (impo­sée par la note de départ).

Le Kross 2 offre égale­ment une méthode simple pour créer ses propres motifs de percus­sions : le Step Sequen­cer. Les patterns sont poly­pho­niques 12 voix (donc 12 percus­sions diffé­rentes) sur 64 pas de long et sauve­gar­dés au sein des programmes, combi­nai­sons et séquences. La program­ma­tion est de type grille lumi­neuse, à l’aide des 16 pads et de la touche de banque (pour atteindre les 64 pas). L’écran affiche une grille graphique du motif obtenu. Là encore, on peut entrer des facteurs de vélo­cité, swing et accent pour affi­ner la ryth­mique.

Multief­fets iden­tiques

Le Kross 2 hérite de la même section effets que le premier Kross. Il s’agit de 7 multief­fets, dispo­nibles dans tous les modes : 5 multief­fets d’in­ser­tion (IFX) et 2 multief­fets maîtres (MFX). Ils regorgent de possi­bi­li­tés de routage et de modu­la­tions en temps réel, ainsi qu’une édition graphique bien utile pour orga­ni­ser les départs/retours. La mode étant toujours au vintage, le Kross 2 contient des algo­rithmes modé­li­sés de marques célèbres, déve­lop­pés initia­le­ment pour le Kronos : phasers, flan­gers, chorus, ensembles, wahwahs, compres­seurs de type vintage imitant des effets Vox, EH, Black, Orange, Red, Korg (Poly­six). Sans oublier une pano­plie complète de déci­ma­teurs, proces­seurs de dyna­mique, voco­deurs, EQ, filtres, distor­sions, ensembles, délais (limi­tés à 500 ms pour les plus longs), réver­bé­ra­tions… simples ou enchaî­nés en série et/ou en paral­lèle.

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Parmi les 134 algo­rithmes dispo­nibles, 14 plus puis­sants consomment le double de ressources (donc 2 unités d’ef­fets). Les algo­rithmes ont de nombreux para­mètres (grosso modo de 5 à 25) avec une moyenne à plus de 10. Les modu­la­tions sont présentes, soit par synchro MIDI des temps, soit par modu­la­tion dyna­mique (D-Mod). Signa­lons que les effets de délai et réverbe sont unique­ment réser­vés aux effets maîtres, ce qui marque la diffé­rence avec le Krome ou le Kronos. Certains effets, tels que le limi­teur, le Gate ou le voco­deur, offrent des Side­chains stéréo pour modu­ler leur action sur le signal par un autre signal. Concer­nant les routages d’ef­fets, on est dans la tradi­tion des works­ta­tions Korg : on enchaîne les IFX ou on les place en paral­lèle par paire. En mode combi­nai­son/séquence, chaque canal/piste peut être routé/(e) vers l’un des 5 IFX, avec créa­tion de cascades d’ef­fets suivant le point de routage. En même temps, chaque canal/piste offre 2 départs réglables vers chaque MFX placés sur des bus globaux. La qualité est à la hauteur de la quan­tité, le Kross 2 béné­fi­ciant de la longue expé­rience acquise par Korg en la matière.

Combi­nai­sons iden­tiques

Tout comme son prédé­ces­seur, le Kross 2 dispose d’un mode Combi­nai­son de programmes sans compro­mis, loin devant la concur­rence dans cette gamme de prix. En effet, il main­tient la même multi­tim­bra­lité 16 canaux que ses aînés, en conser­vant la Drum Track (canal MIDI à spéci­fier), les 2 arpé­gia­teurs poly­pho­niques (A et B à assi­gner à n’im­porte quels canaux, au choix et sans limite), tout en ajou­tant le Step Sequen­cer (activé ou non sur le canal 16). La gestion des 16 canaux se fait en récep­tion (assi­gna­tion de sons internes) comme en émis­sion (assi­gna­tion de canaux MIDI externes), ce qui fait du Kross 2 un excellent clavier maître à 16 zones indé­pen­dantes en émis­sion (tessi­ture, fenêtre de vélo­cité, canal MIDI sépa­rés) ; en outre, le modèle 88 touches lourdes est un candi­dat sérieux et très abor­dable pour pilo­ter une instal­la­tion MIDI complexe, en live notam­ment.

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La visua­li­sa­tion simul­ta­née des 16 canaux n’est pas aussi complète et graphique que sur les séries Krome/Kronos, mais c’est l’une des rares conces­sions dans ce mode. Pour chaque canal, on accède aux réglages deve­nus habi­tuels chez Korg : caté­go­rie du programme, origine (interne/externe), canal MIDI, mode de jeu (mono/poly/legato/1 ou 2 oscil­la­teurs), volume, pano­ra­mique, trans­po­si­tion, accor­dage, tempé­ra­ment, tessi­ture (fondus infé­rieurs et supé­rieurs compris), fenêtre de vélo­cité (fondus égale­ment), délai. L’édi­tion des programmes dans leur contexte de combi­nai­son se fait via une page dédiée « Tone Adjust » permet­tant de prendre la main sur 8 para­mètres de synthèse essen­tiels : coupure(s) du (ou des) filtre(s), réso­nance(s), inten­sité de l’en­ve­loppe de filtre, vélo­cité sur l’am­pli­tude, ADSR (enve­loppes de filtre et d’am­pli­tude réglées ensemble). Tout cela est mémo­risé au sein des combi­nai­sons, une alter­na­tive à l’édi­tion totale des programmes dans leur contexte de combi­nai­son, toujours plus au programme chez Korg depuis le 01/W. En MIDI, on peut filtrer certaines commandes (program change, after­touch, pédale de main­tien, porta­mento, molettes, switches, pédales, CC…). On peut égale­ment régler le routage vers les 5 effets d’in­ser­tion et les départs vers les 2 effets maîtres. Sans oublier les réglages et assi­gna­tion vers les bus d’ef­fets des signaux externes injec­tés via l’en­trée audio du Kross 2, puisqu’il y en a une (et même deux) ! Par contre, nous verrons plus tard que les samples assi­gnés aux pads ne peuvent pas passer par les effets en lectu­re…

Séquen­ceur quasi iden­tique

Le Kross 2 hérite du puis­sant séquen­ceur MIDI du premier Kross, auquel il ajoute la possi­bi­lité d’en­re­gis­trer les déclen­che­ments de pads de samples. Là encore, peu de conces­sions, si ce n’est l’édi­tion graphique et tactile des séries Kronos/Krome. La struc­ture du séquen­ceur est analogue au mode Combi­nai­son : 16 pistes MIDI en entrée et/ou sortie (+ piste tempo), 1 Drum Track, 2 arpé­gia­teurs, 1 Step Sequen­cer, 5 IFX et 2 MFX. Sans oublier la modu­la­tion dyna­mique des para­mètres de synthèse et d’ef­fets, l’ajus­te­ment de quelques para­mètres de program­mes…

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Le séquen­ceur a une capa­cité (inchan­gée) de 210.000 événe­ments MIDI répar­tis en 128 Songs, avec une réso­lu­tion de 1/480 BPQN. La mémoire est vola­tile, comme toujours… La fonc­tion Auto Song Setup permet, à partir d’un programme ou d’une combi­nai­son, de créer une séquence en assi­gnant auto­ma­tique­ment tous les réglages d’ori­gine (programmes, arpèges, effets…).

Pour ne pas partir de zéro, Korg a doté le Kross 2 de gaba­rits préré­glés : 16 en Rom et 16 en Ram. En relec­ture, il existe une fonc­tion permet­tant de boucler certaines mesures indé­pen­dam­ment pour chaque piste. Concer­nant l’édi­tion, toutes les fonc­tions des précé­dentes works­ta­tions Korg sont là : couper, copier, dépla­cer, coller, insé­rer, suppri­mer… tant au niveau des pistes que des évène­ments (édition micro­sco­pique par liste). On perd toute­fois l’édi­tion tactile par « glis­ser-dépla­cer » et les modes Piano Roll / grille de percus­sions du Krome, mais l’es­sen­tiel est très large­ment préservé. Le Kross 2 peut expor­ter et impor­ter des SMF. Le séquen­ceur peut aussi enre­gis­trer des Sysex, y compris aux stan­dards GM, XG et GS.

Du nouveau côté audio

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Le Kross 2 reprend l’en­re­gis­treur audio de son prédé­ces­seur. Il permet de captu­rer tout ce que l’on joue et/ou tout ce qui entre en audio, via les entrées ligne stéréo ou micro, ainsi que l’au­dio USB (pour cela il suffit de raccor­der direc­te­ment le Kross 2 au PC en USB, sans driver). Il utilise pour cela le lecteur de carte SD avec enre­gis­tre­ment immé­diat (aucune sauve­garde n’est néces­saire). Tout signal externe connecté aux entrées ligne ou micro peut passer dans les effets (IFX et MFX), dont le voco­deur inté­gré. En revanche, l’en­trée audio USB est direc­te­ment enre­gis­trée sans effets. Le Kross travaille avec une réso­lu­tion et une fréquence interne fixe de 16 bits/48 kHz. Avec 200 Songs audio de 3 heures chacune maxi­mum (à concur­rence de la capa­cité de la carte SD connec­tée), il y a quoi voir venir… L’en­re­gis­tre­ment peut se faire suivant diffé­rents modes de déclen­che­ment : appui de note, touche lecture du séquen­ceur ou seuil audio (faible ou élevé). Il est possible de faire des prises multiples pour chaque Song, avec fonc­tions Undo/Redo permet­tant de passer d’une prise à l’autre. On peut aussi faire de l’Over­dub, en mixant l’au­dio préa­la­ble­ment enre­gis­tré à la perfor­mance en cours. Autre appli­ca­tion, faire des prises succes­sives, puis tout envoyer dans sa STAN pour recons­truire un enre­gis­tre­ment multi­piste, avec conser­va­tion du Time Code. L’ex­port se fait en fichiers WAV stéréo 16 bits/48 kHz. Réci­proque­ment, le Kross est capable d’im­por­ter des fichiers WAV stéréo 16 bits/44–48 kHz. Les Song audio sont assi­gnables aux pads (8 banques de 16 pads), avec possi­bi­lité de bouclage entre deux points à défi­nir. Les appuis succes­sifs sur un même pad lancent, arrêtent et reprennent le cours de l’au­dio. Appuyer sur un autre pad lance la nouvelle Song en coupant celle en cours.

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Le Kross 2 intro­duit une nouvelle fonc­tion, bapti­sée Pad Sampler. Il s’agit, ni plus ni moins, d’un échan­tillon­neur stéréo qui capture ce qu’on joue sur le Kross 2 et/ou le signal des entrées audio (comme précé­dem­ment, avec mêmes possi­bi­li­tés de trai­te­ment et de routage, y compris l’au­dio USB). La grande diffé­rence, c’est qu’on peut jouer 4 pads simul­ta­nés, avec une limite de 14 secondes par pad. Là encore, la mémoire est orga­ni­sée en sessions de 8 banques de 16 pads, sauve­gar­dées sur la SD Card option­nelle au format KSF. Dommage que les pads soient statiques… En lecture, les samples ne sont pas routés vers les effets. On peut les relire en coup unique ou en boucle, unique­ment entre les points début/fin. Un éditeur inté­gré affiche le graphique de la forme d’onde (avec zooms verti­cal et hori­zon­tal), on peut alors tronquer le sample, le norma­li­ser ou régler son volume. Rien d’exo­tique comme le slice ou le time stretch. Il est possible de resam­pler les samples de pads en jouant sur les pads, mais pas une Song audio en même temps. On peut égale­ment impor­ter des ondes WAV depuis la carte SD (16 bit/44–48 kHz), c’est un peu longuet ; dans ce cas, les 14 premières secondes sont rete­nues et conver­ties. En modes Combi­nai­son et Séquen­ceur, le Pad Sampler est préas­si­gné au canal 15, mais on peut en chan­ger ou le désac­ti­ver. Enfin, les samples de pads peuvent être conver­tis en samples Ram pour être utili­sés au sein des programmes comme les PCM en Rom ; là c’est trèèèès long. Il faudrait aussi que Korg déve­loppe un éditeur interne de multi­samples, parce que là, les samples sont collés à la suite sur le clavier sans modi­fi­ca­tion possible des assi­gna­tions (ou alors on n’a pas tout capté…).

Conclu­sion

Le Kross 2 améliore le concept de works­ta­tion démo­cra­tique initiée par le Kross. Aussi abor­dable que son prédé­ces­seur à sa sortie, facile à trans­por­ter, auto­nome (piles), voici un instru­ment complet avec des combi­nai­sons 16 canaux, des facul­tés de clavier de commande 16 parties, 7 multief­fets, 2 arpé­gia­teurs poly­pho­niques, un séquen­ceur MIDI 16 pistes sans compro­mis, des fonc­tions split / layer rapides, un Step Sequen­cer, un voco­deur et un enre­gis­treur audio. Il pousse la partie audio avec le sampling vers les pads et l’USB audio. La Rom PCM a fait l’objet d’un toilet­tage, passant de 112 à 128 Mo. Elle reste toute­fois limi­tée, ce qui joue sur la longueur des boucles, les couches sonores et le nombre d’échan­tillons. Sans oublier la Ram de 128 Mo pour les samples utili­sa­teur ou les exten­sions option­nelles. Les claviers n’ont pas évolué et le modèle 61 touches est toujours aussi collant ; de même l’écran réduit est un goulot d’étran­gle­ment compte tenu du nombre de para­mètres à gérer, ce qui pèse encore sur l’er­go­no­mie. Mais lorsqu’on regarde l’étiquette, la même qu’au lance­ment du premier Kross, on se dit qu’il en donne vrai­ment beau­coup et on comprend qu’il puisse inté­res­ser les musi­ciens qui recherchent une solu­tion tout-en-un légère, auto­nome et poly­va­lente à budget serré…

Télé­char­gez les extraits sonores (format FLAC)

8/10
Points forts
  • Ultra compact et léger
  • Fonctions split et layer rapides
  • Profondeur de la synthèse
  • Mémoire PCM extensible
  • Modulations matricielles
  • Sept puissants multieffets
  • Deux arpégiateurs polyphoniques
  • Séquenceur à grille pour les drums
  • Séquenceur MIDI sans compromis
  • Effet vocodeur
  • Entrées audio micro et ligne
  • Enregistreur audio
  • Pad Sampler intégré
  • Audio (et MIDI) over USB
  • Clavier de commandes de 16 zones
  • Possibilité d’alimentation par piles
Points faibles
  • Peu de commandes directes
  • Beaucoup de fonctions dans les menus
  • Taille de la ROM limitée à notre époque
  • Clavier 61 touches assez collant
  • Pads statiques
  • Samples de pads non traités par les effets en lecture
  • Pas d’édition des multisamples utilisateur
Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.


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