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Kurzweil Forte
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Test Kurzweil Forte

Workstation de la marque Kurzweil appartenant à la série Forte

Kurzweil, ça va Forte
9/10
Award Valeur sûre 2015
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Nouveau clavier de scène conçu par Kurzweil, le Forte rassemble de nombreux atouts, tout du moins sur le papier. Voyons ce qu’il en est en situation.

On ne présente plus les instru­ments Kurz­weil. Et si l’on doit les présen­ter, autant se repor­ter aux diffé­rents tests parus ici chez Audio­fan­zine. Et notam­ment aux tests du PC3K et de l’Ar­tis, puisque Forte, le clavier présenté aujour­d’hui, emprunte aux deux, tout en propo­sant autre chose, sinon à quoi bon ? L’his­toire du créa­teur de ces instru­ments incroyables, Ray Kurz­weil, est tout aussi inté­res­sante, et l’on pourra consul­ter, si vous ne l’avez pas fait lors de la lecture du test de l‘Ar­tis, sa page Wiki et son site.

Intro­du­cing Kurz­weil Forte

Dans le carton, un cordon d’ali­men­ta­tion, une pédale de sustain, un câble USB, des mini pieds auto­col­lants et un manuel papier (en anglais) accom­pagnent le clavier de 88 notes, moins lourd qu’on aurait pu le croire (22 kg).

Kurzweil Forte

Instal­la­tion, bran­che­ment, et mains sur le clavier : déjà un très bon point, ce clavier. Car il s’agit d’un des hauts de gamme de chez Fatar, le TP/40L (le même que sur les PC3K). Ce clavier, le plus léger des lourds chez Fatar, permet aussi bien un jeu de piano que la maîtrise des sons d’orgue et de synthés, même si rien ne vaut réel­le­ment un water­fall ou un semi-weigh­ted pour ces deux derniers.

Ensuite, si le look est assez proche de l’Ar­tis (sans la bande alu de ce dernier, mais c’est vrai­ment un détail), le nouvel écran couleur saute aux yeux : enfin, Kurz­weil passe le cap, et nous offre une visua­li­sa­tion agréable et fonc­tion­nelle (482 × 272 pixels). Le tactile vien­dra certai­ne­ment bien­tôt…

À l’ar­rière, la connec­tique est complète : un trio MIDI (avec inter­rup­teur Thru/Out), deux paires de sorties symé­triques en jack TRS 6,35 (avec conver­tis­seurs N/A 24 bits), une entrée mini-jack pour flux audio (lecture unique­ment, hélas, ni trai­te­ment, ni échan­tillon­nage), deux entrées pour contrô­leurs conti­nus MIDI, trois entrées pour contrô­leurs switch (avec support du jeu demi-pédale) et deux ports USB, l’un pour l’in­ser­tion d’un péri­phé­rique de stockage, l’autre pour la liai­son avec l’or­di­na­teur (afin de profi­ter de l’édi­teur Mac/PC fourni, une véri­table centrale de sound design, très puis­sante et très bien conçue par l’édi­teur Sound­To­wer, puisque l’on peut synthé­ti­ser pratique­ment n’im­porte quel son et le sauve­gar­der dans l’un des empla­ce­ments utili­sa­teurs du Forte).

Kurzweil Forte

La prise casque est en façade (les fabri­cants ont enfin compris…), et les commandes sur la face supé­rieure sont légion : les deux clas­siques molettes, neuf tirettes (avec LED blanches du plus bel effet sur scène), neuf boutons assi­gnables, deux boutons (Varia­tion et Tap Tempo), deux pour la trans­po­si­tion, un EQ trois bandes (medium semi-para­mé­trique), un Compres­sor Master, tous deux dotés d’un bypass. L’écran est flanqué de plusieurs boutons de navi­ga­tion et sauve­garde, dont six sous l’écran dont les fonc­tions sont affi­chées sur ce dernier. En dessous, on trouve une rangée de dix boutons Favo­rites, permet­tant d’ap­pe­ler une sélec­tion de… favo­ris, parmi 16 banques program­mables. À droite, un pavé regrou­pant les familles de sons ainsi que le gros rota­tif de sélec­tion et ses boutons + et -, une constante de la marque. Bref, tout ce qui fait la force des claviers Kurz­weil en termes de commandes : acces­si­bi­lité, ergo­no­mie, foison­ne­ment et program­ma­tion.

Machine de test

Kurz­weil Forte (OS v. 3.21)
Forte Soun­dE­di­tor Mac v. 1.00
MacPro Xeon 3,2 GHz
OS 10.10.2
Logic Pro X 10.1.1

On retrouve les 128 voix de poly­pho­nie avec allo­ca­tion dyna­mique, les 16 Parts MIDI, les quatre Zones program­mables et les plus de 1000 confi­gu­ra­tions d’ef­fets, compo­sées des 32 four­nis. Concer­nant les sons, du nouveau (on y revient) et du connu : une sélec­tion de sons des PC3 et et de l’ex­ten­sion Kore 64, répar­tis en Programs (332 présets d’usines, 1024 empla­ce­ments utili­sa­teur) et Multis (186 d’usine, 1024 empla­ce­ments utili­sa­teur). Les diffé­rents tests, notam­ment ceux de l’ami synth­wal­ker, ont fait entendre ces sono­ri­tés et leurs effets, nous n’y revien­drons pas, nous conten­tant de passer en revue ce qui est nouveau.

Un comparo de poids…

Retour du proto­cole de mesure de l’en­voi de la vélo­cité : courbe de réponse à la vélo­cité linéaire (quand c’est possible), neuf lâchers d’un poids de 100 grammes sur la même touche blanche (le bord du poids est à la verti­cale de celui de la touche, le poids est posé sur la touche sans le lais­ser peser, suivi d’un lâcher brusque), puis moyenne des neuf, avec indi­ca­tion des valeurs les plus faible et plus forte.

Voici tous les résul­tats déjà mesu­rés : 

Non seule­ment du German, mais aussi du Japan

Kurzweil Forte

Kurz­weil a précé­dem­ment réussi à faire tenir ses sons dans quelques Mo d’échan­tillons, en utili­sant au mieux les prin­cipes de l’échan­tillon­nage (au moins la fréquence double de la plus haute fréquence échan­tillon­née), même si l’Ar­tis voyait une (mini) révo­lu­tion avec ses 128 Mo de stockage. Autant dire que l’an­nonce d’un stockage de 16 Go est, elle, une vraie révo­lu­tion. Deux nouveaux pianos, un German 9’ (oh, mais de quelle marque peut-il bien s’agir ?) et un Japan (oh, mais de quelle marque peut-il bien s’agir ?) sont consti­tués chacun de 4 Go d’échan­tillons.

Commençons par le test habi­tuel, celui du passage d’une couche de vélo­cité à l’autre. On enten­dra dans l’ordre le Rich 9Ft Grand, puis le Rich 7ft Grand et enfin le Roof­top 73 Rhds, les effets ayant été désac­ti­vés pour tous les instru­ments. Chaque piano dispose d’un nombre de layers confor­table, puisque dans l’ordre, on en compte 18, 20 et 14. Il faut cepen­dant savoir que ces programmes ne sont pas consti­tués unique­ment de layers de vélo­cité : on y compte aussi les layers d’échan­tillons de pédale, de release, de bruits divers. En suite, tout comme pour l’Ar­tis, l’édi­teur crée ses programmes en n’uti­li­sant pas unique­ment des échan­tillons de l’ins­tru­ment : par exemple le programme Roof­top 73 Rhds inclut trois layers de Celeste (la synthèse VAST fait le reste), une excel­lente idée pour figu­rer les brillances des tines de l’ins­tru­ment. Il faut abso­lu­ment rentrer dans l’édi­teur afin de comprendre comment les sons sont conçus, tant les possi­bi­li­tés sont vastes (ha, ha…).

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Kurzweil Forte

Certes, cela ne sonne pas aussi lisse qu’avec les super pianos consti­tués de plusieurs dizaines d’échan­tillons, certes. Mais quel est le résul­tat en situa­tion ? À l’at­ten­tion des lecteurs décou­vrant ce test et n’ayant pas lu les précé­dents (pianos virtuels ou pseudo-virtuels), je rappelle que j’uti­lise toujours les mêmes fichiers afin de permettre la compa­rai­son entre les produits, sans modi­fi­ca­tion aucune de la vélo­cité ni de la réponse des instru­ments.

Commençons par la « Romance en La b Majeur » de Rimsky-Korsa­kov, avec les programmes Solo 9 ft Grand, puis Solo 7 ft Grand. 

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On conti­nue avec les programmes New Orleans, puis Soul Piano, pour le « Triplets Boogie ».

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Puis le plus ciné­ma­tique « Emotio­nal », avec le programme Elegant Grand.

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Ensuite, un extrait d’une impro, avec les programmes Rich 9Ft Grand, puis Rich 7ft Grand.

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Kurzweil Forte

Il faut recon­naître que les instru­ments s’en tirent très bien, mieux que ceux de l’Ar­tis et des géné­ra­tions précé­dentes de produits Kurz­weil, sans forcé­ment riva­li­ser avec un Ivory II ou les True Keys, notam­ment pour tout ce qui est réso­nance sympa­thique, produc­tion d’har­mo­niques, etc., mais en mobi­li­sant beau­coup moins de ressources. Et, une fois sur scène, le son sera là, peut-être plus perti­nent qu’un instru­ment extrê­me­ment détaillé, tant les façades et les condi­tions live sont tota­le­ment diffé­rentes du travail en studio.

Mais ce travail en studio pourra tout à fait être effec­tué, si l’on ne cherche pas à jouer des œuvres clas­siques en solo, mais que l’on intègre ces pianos dans un contexte pop, rock, voire jazz sous certaines condi­tions.

Quelques reproches : malgré l’al­lo­ca­tion dyna­mique des voix, il arrive que les tenues ne… tiennent pas. Et les stéréos sont parfois un peu larges, un problème assez courant sur les versions virtuelles des pianos, pouvant entraî­ner des problèmes de phase. On y remé­diera via une gestion appro­priée des pans et des effets (réverbe, etc.).

On conti­nue avec les autres nouveau­tés, d’abord les clavi­nets et clave­cins.

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Plutôt réus­sis, on entend clai­re­ment le bois sur quelques présets à certaines hauteurs. Et ensuite, les nouveaux pianos élec­triques.

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Kurzweil Forte

Là aussi, le fabri­cant fait assez fort. J’ai la chance de jouer deux fois par semaine sur un Rhodes en parfait état, via DI, ampli­fié, ou trafiqué par le Flux:FX d’Adrian Belew ou le VKFX d’Over­loud (en atten­dant de réins­tal­ler le mien), et je dois dire que le Forte est assez bluf­fant : brillance, satu­ra­tion, étouf­fe­ment, équi­libre timbral, dyna­mique, on s’y croi­rait. Les présets sont de plus très bien réali­sés (mais c’est une constante chez Kurz­weil), faisant un judi­cieuse utili­sa­tion des effets (les Drive sont très réus­sis). Seule diffé­rence notable, comme d’ha­bi­tude, la réponse du clavier. Il faudrait, tout comme pour le Clavi­net d’ailleurs, produire un jour un clavier-maître repre­nant exac­te­ment les sensa­tions des origi­naux, et l’illu­sion serait quasi parfaite. 

Et, enfin, un petit bonus, juste pour le plai­sir.

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Kurzweil Forte

Un reproche, tout de même. Lorsque l’on change de programme, il y a une petite baisse du volume, visi­ble­ment de façon à ce que les effets soient appliqués. C’est parfois gênant, mais on prend vite le coup. Et puis l’im­plé­men­ta­tion de Flash Play permet malgré tout une rapi­dité assez phéno­mé­nale dans les char­ge­ments (c’est instan­tané, sauf ce petit saut de volume), quand on pense au poids de certains programmes. 

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Bilan

Indé­nia­ble­ment, Forte est une belle réus­site. On trou­vera tout ce que l’on peut souhai­ter pour se produire sur scène, tout en dispo­sant d’une puis­sante station sonore en studio, grâce aux nombreuses fonc­tions de synthèse dont l’édi­tion est possible via l’ap­pli­ca­tion de Sound­To­wer (il semble de plus qu’un éditeur sous iOS soit en cours de déve­lop­pe­ment). Les seuls réels défauts sont le petit déca­lage lors du passage d’un son à l’autre. Mais il est bien plus court que le temps d’at­tente lors du char­ge­ment d’un programme d’un poids équi­valent dans Kontakt ou Mach Five. L’autre étant la zone de 5 mm entre le La –1 et le support des molettes, non proté­gée, et propice à lais­ser entrer la pous­sière, voire pire.

Certes, la machine affiche un certain prix. Mais un clavier avec un tel toucher, l’af­ter­touch, une banque de sons très réus­sie dont les pianos, tant acous­tiques qu’élec­triques, n’ont pas à rougir face aux autres claviers de scène (sans parler du KB3, qui, même ancien, fait toujours l’af­faire), autant de commandes sous les doigts d’un coup, plus des connexions très complètes, bref, on est ici face à un instru­ment haut de gamme, et le haut de gamme, eh bien, ça coûte, ce n’est pas plus compliqué que ça (pensez au prix d’achat d’une guita­re…). En tout cas, si je ne dispo­sais pas déjà d’un K2500X, nul doute que le Forte aurait trouvé sa place sur le support clavier du studio. Un Award Valeur Sûre, pour sûr.

Télé­char­gez les fichiers sonores (format FLAC)

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9/10
Award Valeur sûre 2015
Points forts
  • Qualité et fabrication Kurzweil
  • Clavier Fatar TP/40L
  • Nouveaux échantillons de pianos acoustiques et électriques
  • Flash Play 16 Go
  • Qualité du sound designing
  • Programs et Multis
  • Qualité et puissance des effets
  • Éditeur signé Soundtower pour PC/Mac (iOS à venir) surpuissant
  • USB intégré
  • Stockage/import via USB
  • Nombreuses connexions et commandes
  • Taille et qualité de l’écran couleur
Points faibles
  • Petit temps de chargement parfois entre deux sons
  • Entrée audio uniquement pour écoute
  • Zone entre le La -1 et le support des molettes non protégée (5 mm…)

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