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test Tout d’un grand !

Test du Yamaha MOX6

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Présenté à Francfort au printemps, le MOX6 reprend l’essentiel des fonctionnalités du Motif XS. Va-t-il redéfinir le standard des workstations d’entrée de gamme ?

 

Yamaha MOX6

Mises à mal par l’offre logicielle pléthorique en matière de banques d’échantillons, les workstations doivent aujourd’hui trouver une nouvelle jeunesse. Jusqu’à maintenant, essentiellement deux logiques s’affrontent en la matière : d’un côté, la rationalisation de la gamme, de l’autre, l’offre en rupture. Yamaha a jusqu’à présent choisi la première, en se concentrant sur le son, délaissant au fur et à mesure les synthèses embarquées autres que la lecture d’échantillons (cartes plug-in PLG). Résultat, le Motif XF, gonflé à bloc de samples, d’effets et de séquences, est devenu fin 2010 la workstation haut de gamme jugée la plus musicale du marché. C’est donc fort logiquement qu’un nouveau modèle d'entrée de gamme apparaît quelques mois plus tard. La série MOX succède ainsi aux séries MM et MO. Elle repose sans surprise sur le modèle haut de gamme précédent, le Motif XS, déjà bien pourvu en la matière. Voyons si les compromis consentis pour maintenir un tarif démocratique vont permettre au petit nouveau de s’imposer sur ce segment de marché assez actif.

Music…

Intégration assurée

En mode Master, le MOX6 peut se transformer en clavier maître 4 zones, afin de piloter des générateurs sonores internes (programmes) ou externes (modules Midi, synthés virtuels…). On définit, pour chaque zone, la source sonore (interne et/ou externe), le canal Midi, la tessiture, la transposition (par demi-ton et octave), la réponse aux changements de programme, l’assignation des commandes temps réel, le filtrage Midi, le volume et le panoramique. Ce mode peut utiliser indifféremment les programmes Voice, Performance, Pattern et Song. 128 mémoires Master peuvent ainsi être utilisées.

Le mode Remote permet quant à lui de piloter différentes DAW, telles que Cubase, Logic, Sonar et Digital Performer. Cela se fait avec les 12 touches de fonction et les encodeurs (3 lignes x 4 paramètres, 6 lignes x 4 pour Cubase). En mémoire interne, 50 modèles de contrôle de VSTi sont disponibles pour ne pas partir de zéro, mais un éditeur est livré avec le MOX6, afin de créer ses propres modèles. L’intégration est encore plus poussée grâce à l’interface USB, capable de générer des signaux audio (4 entrées / 2 sorties) et le Midi, transformant le MOX6 en carte son indépendante sur Mac ou PC. Les entrées A/D ainsi que le générateur de sons interne peuvent ainsi être routées sur 2 pistes stéréo indépendantes via USB vers n’importe quelle DAW. En retour, le MOX6 récupère alors 2 pistes audio de la DAW via USB et les renvoie sur ses propres sorties stéréo.

La première chose qui frappe à la prise en main du MOX6 est sa très grande légèreté (7 kg, à comparer aux 15 kg d’un Motif XS6). La construction est intégralement en plastique fin, le dessous étant même évidé entre le clavier et le boîtier pour alléger la machine. Les flancs obliques ont un peu tendance à plier sous la contrainte, ce qui ne veut pas dire qu’ils cassent. Facile à trimbaler donc, mais nécessitant une certaine attention et une bonne housse de transport ! En revanche, les nombreuses commandes en façade inspirent confiance : les boutons sont francs, les encodeurs bien ancrés et les faders agréablement résistants. La façade représente une nette amélioration par rapport aux précédentes moutures. La première section à gauche est dédiée à l’audio : faders de volume interne et de contrôle d’une DAW (voir encadré), ainsi que potard d’ajustement de gain et touche mute pour une source audio externe. La saturation étant l’ennemi absolu de l’audionumérique, Yamaha a eu l’excellente idée de doter le MOX d’une rangée de 8 diodes (vertes, oranges et rouges) permettant un monitoring de contrôle des différentes sources audio (internes et/ou externes), bien vu !

Vient ensuite une section de commandes en temps réel, dotée de 2 rangées de 4 encodeurs crantés (dont 2 assignables), 2 boutons assignables (pour les modulations en temps réel, tel le contrôle des articulations de sons, permettant notamment d’améliorer le réalisme du jeu d’instruments acoustiques), 2 boutons de transposition par demi-ton (bien joué !) et 2 boutons de transposition d’octave. Chaque rangée d’encodeurs offre 6 lignes de commandes (3 en mode normal et 3 en mode Remote, voir encadré). La première rangée est orientée synthèse (filtre, enveloppes, mixage…) et la seconde orientée effets / arpèges (EQ, chorus, réverbe, gate, octave, tempo…). Ensuite, on dispose d’une section liée aux choix des effets (insertion, système, maître) et aux commandes de transport (permettant de piloter le séquenceur interne ou des DAW externes, nous y reviendrons).

…and lights

Yamaha MOX6

Au centre de la façade trône un LCD rétro éclairé monochrome 240 x 64 points, surmontant 2 rangées de 6 touches. La navigation est identique à l’ensemble de la série Motif : la première rangée sélectionne une page menu, la seconde les sous-pages relatives. La navigation se fait de manière classique avec la section située à droite de l’écran (4 touches de direction, gros encodeur…).  Vient ensuite la section relative aux modes de jeu, à l’édition et à la gestion des fichiers, sans oublier la touche Job sans lequel le MOX6 ne serait pas un Yamaha, on ne le dira jamais assez ! Le MOX6 opère selon différents modes : Voice (programmes), Performance (combinaisons de 4 programmes), Master (arrangements de sons ou séquences), Song (morceaux complets), Pattern (motifs rythmiques) et Mixing (mixage des Songs / Patterns). S’y ajoutent les fonctions File (gestion des fichiers), Utility (paramètres généraux de la machine) et Quick Setup (création de configurations du séquenceur pour rappels rapides). Des touches dédiées bien pratiques permettent de créer immédiatement des splits, layers ou d’assigner un drumkit à un programme. Enfin, tout à droite, un ensemble de boutons permet de sélectionner les très nombreux programmes internes, classés par banque et par catégorie ; ces boutons peuvent également permettre de sélectionner / activer / muter des parties, des canaux et des arpèges en temps réel, idéal pour le jeu live.

Yamaha MOX6

Globalement, l’ergonomie est bien pensée et les commandes judicieuses, ce qui signifie une prise en main assez rapide vis-à-vis de la profondeur de la machine. Nous avons testé la version 61 touches semi-lestées, la gamme comprenant également une version 88 touches lourdes. Le clavier est uniquement sensible à la vélocité ; les touches se prolongent sous la coque par une lamelle en plastique souple qui relie plusieurs d’entre elles ; la réponse est bien meilleure que les précédentes productions de la marque dans cette gamme. Les 2 molettes sont larges et rainurées (tradition Motif), permettant un bon contrôle des modulations. Le panneau arrière comprend l’ensemble de la connectique, plutôt complète pour cette gamme : sorties au format jack 6,35 stéréo, prise casque, entrées A/D jack stéréo, 3 prises pédales, un trio Midi, 2 prises USB (vers hôte et vers mémoire de masse, nous y reviendrons), un interrupteur et une borne pour alimentation externe (il ne faut pas rêver non plus !).

XS inside

Yamaha MOX6

Le MOX6 est un lecteur d’échantillons reprenant intégralement la Rom et les programmes du motif XS, à savoir 355 Mo de formes d’ondes (en équivalent 16 bits linéaires), ce qui représente un total de 2670 multisamples et 1270 programmes. La polyphonie est toutefois limitée à 64 voix, contre 128 pour le Motif XS. Dès les premiers programmes, la qualité sonore saute aux oreilles. Les niveaux audio semblent toutefois un peu moins élevés que  sur le Motif XF que nous avions testé il y a peu, qui lui était très chaud ! Renseignements pris, le MOX6 emprunte les mêmes convertisseurs que les Motif XS/XF, mais le calibrage est différent, car l’alimentation externe fournit moins de patate. On perd donc quelque 3 dB de niveau de sortie, mais le rapport signal / bruit reste comparable. Quoi qu’il en soit, on est plusieurs crans au-dessus des précédentes machines d’entrée de gamme, c’est du très bon ! Le piano acoustique principal est un multisample du piano de concert 9 pieds Yamaha CFIIIS, ample et polyvalent. Un beau CP70 est également de la partie, bien défini et chaleureux à souhait. La panoplie de pianos électriques est vaste, allant des variations de Fender aux Wurlitzer, en passant par les DX. La section effets est bien évidemment mise à contribution (saturation d’ampli, wah-wah, flanger, panoramique…), comme les exemples audio le démontrent. Les guitares acoustiques et électriques constituent un véritable point fort : une très belle expressivité (articulations « XA » d’échantillons multicouches capturés dans différentes techniques de jeu, bruits, harmoniques…) et une utilisation conjuguée intelligente des arpèges. Idem pour les basses, rondes et punchy. En revanche, les orgues ne nous ont pas particulièrement impressionnés ; ils font le job, mais sans plus… difficile pour de simples échantillons de lutter face aux techniques de modélisation ; c’est pourquoi Yamaha livre le MOX6 avec un nouveau plug-in VSTi modélisant les orgues à tirettes harmoniques (voir encadré).

 

Yamaha MOX6

Piano CP
00:0000:16
  • Piano CP00:16
  • Piano Classic02:04
  • Piano Jazz01:04
  • Piano E01:22
  • Clavinet00:26
  • Harpsi00:25
  • Wurly01:08
  • Strings01:29
  • Brass01:00

 

Suite logicielle

Outre les driver audio / Midi, le MOX6 est livré avec une suite logicielle compatible PC (XP / Vista / Seven, en versions 32 et 64 bits) et Mac OSX : à commencer par Cubase AI, version 48 pistes du séquenceur signé Steinberg (propriété de Yamaha) ; il y a aussi Prologue, un synthé VA à 128 voix et 3 oscillateurs par voix signé Steinberg et propulsé par un moteur Virsyn ; enfin YC-3B, une modélisation VSTi d’orgues à roues phoniques et tirettes harmoniques type Hammond B3. On peut considérer ces 2 logiciels comme une réponse de Yamaha adressée à ceux qui lui reprochent d’avoir délaissé les cartes plug-in PLG sur les premiers Motif.

Le MOX6 vient également avec un éditeur stand alone et VSTi ; dans ce dernier cas, il s’intègre parfaitement comme un simple VSTi (sans latence additionnelle ni mobilisation de ressources au niveau de l’hôte). Cet éditeur est graphiquement bien réussi, ce qui ne gâche rien. Avec l’application Mediabay de Cubase, on peut même ajouter les programmes du MOX6 dans la bibliothèque globale VST et tout gérer indifféremment, matériel comme logiciel.

Nous avons beaucoup apprécié les ensembles de cordes du MOX6, déclinées en petites, moyennes et grandes sections. Expressivité, musicalité et ampleur sont au rendez-vous. Les instruments à vent (cuivres et bois) sonnent également de manière tout à fait satisfaisante, en section comme en solo. Là encore, des échantillons multicouches reprennent différentes techniques de jeu pour un réalisme accru. Les kits de percussions sont très complets et généreusement multisamplés. De très belles caisses claires acoustiques ont ainsi retenu notre attention, mais le volet électronique n’est pas en reste. Enfin, les sons synthétiques d’hier et d’aujourd’hui sont légion, que ce soit au niveau basses, solos et polysynths. Les exemples audio de différentes Performances (écouter plus bas) démontrent ce que le MOX6 est capable de produire en la matière, sur uniquement 4 pistes. Au final, une belle brochette de sons sans point véritablement rédhibitoire.

Ménage à 8

Yamaha MOX6

Le MOX6 hérite de la synthèse sonore du Motif XS, basée uniquement sur la lecture d’échantillons. Le mode Voice comprend 2 types de programmes, normal et drum. En mode normal, on peut empiler jusqu’à 8 couches de multi-échantillons mono ou stéréo indépendantes : les éléments. Chaque élément est constitué d’une chaîne classique pitch / filtre / ampli. On commence par régler une tessiture et une fenêtre de vélocité. Les voix peuvent être jouées legato, en cycle (rotation des éléments), aléatoirement, ou encore avec un certain retard (en tempo). Le pitch peut être modulé par le suivi de clavier et une enveloppe 5 temps / 5 niveaux ; temps et niveaux sont eux-mêmes modulables par la vélocité ; un suivi de clavier peut également agir sur les temps. On arrive ensuite dans la section filtre de l’élément ; on y trouve les 18 algorithmes devenus classiques sur la série Motif : LPF24D, LPF24A, LPF18, LPF18s, LPF12, LPF6, HPF24D, HPF12, BPF12D, BPFw, BPF6, BEF12, BEF6, Dual LPF, Dual HPF, Dual BPF, Dual BEF, LPF12+BPF6. On peut deviner les modes de réponse (Low Pass, High Pass, Band Pass, Band Elimination), les pentes (24, 18, 12, 6 dB/octave), les modèles (« A » pour analogique, « D » pour numérique, « s » pour doux » et « w » pour « large ») et les combinaisons (« Dual » en parallèle et « + » en série).

Yamaha MOX6

Incontestablement, les modélisations analogiques sont plus chaudes et plus douces, avec une résonance musicale, alors que les modèles numériques sont plus agressifs et sifflants. Côté modulations, la vélocité peut agir sur la fréquence de coupure et la résonance ; s’ajoute un bien utile suivi de clavier sur la fréquence de coupure (permettant par exemple d’ouvrir le filtre au fur et à mesure que l’on gravit le clavier), une enveloppe 5 temps / 5 niveaux identique à celle du pitch, ainsi qu’un générateur de tracking à 4 points (permettant de faire varier la réponse en fréquence suivant une fonction affine par morceaux). Vient enfin la section ampli, dotée de sa propre enveloppe 4 temps / 4 niveaux, d’un générateur de tracking à 4 points (analogue à celui du filtre) et d’un générateur de panoramique (réglages de valeur fixe, de suivi de clavier, mode aléatoire…). Pour chaque élément, un LFO à 3 formes d’ondes classiques permet d’agir sur le pitch, le filtre et le volume avec des intensités indépendantes. Vient enfin un EQ élémentaire pour parachever le tout (2 bandes semi-paramétriques, 1 bande paramétrique ou boost global de +6 / +12 / +18 dB). Rappelons que tout cela, c’est pour l’un des 8 éléments d’un programme !

 

Tronc commun

Yamaha MOX6

Un programme offre aussi un certain nombre de paramètres communs : choix de la catégorie (principale et secondaire), volume, panoramique, pitch, polyphonie, réponse au Pitchbend, portamento, tempérament (13 Presets), paramétrage des 2 encodeurs assignables et réponse des 2 touches assignables. Une page complète est dédiée à la matrice de modulations, permettant de relier 6 sources à 6 destinations avec une quantité de modulation bipolaire. Les sources reprennent l’ensemble des contrôleurs physiques : les molettes de modulation, les pédales, les boutons assignables… rappelons que les enveloppes, le LFO et la vélocité sont assignés par ailleurs dans les pages spécifiques à chaque élément. Il y a 101 destinations, parmi lesquelles tous les paramètres d’effets d’insertion, les départs effets, les enveloppes, les LFO, le pitch, la coupure du filtre, la résonance, le volume, le panoramique, le portamento, le délai de départ de lecture des sons… avec comme toujours, sur les Motif récents, la possibilité d’embrayer / débrayer chaque élément pour chaque point de modulation.

Yamaha MOX6

On continue ce mode commun à chaque programme avec un LFO global plus costaud que les LFO élémentaires : 12 formes d’onde parmi lesquelles des S&H et une onde programmable à 16 segments ; on peut aussi en régler le délai, la durée de modulation, les fondus de début et de fin, le mode One Shot, le reset, la phase, la synchro Midi… ce LFO offre une modulation matricielle, avec 3 destinations parmi 70 paramètres, dont tous les paramètres d’effets d’insertion, le pitch, la coupure du filtre, la résonance, le panoramique et la vitesse des LFO des éléments. Pour chacun des 8 éléments, on peut régler l’intensité de modulation et le décalage de phase de ce LFO… C’est aussi dans ce mode commun que se règlent l’arpégiateur et les effets d’insertion, dont nous reparlerons plus tard… ce qu’il manque, ce sont des possibilités d’interaction entre différents éléments, genre synchro, modulation en anneau, AM, FM… bref, tout ce qui permet de créer de nouvelles harmoniques plutôt que filtrer celles existantes dans les samples de base…

Mode drum

Yamaha MOX6

Ce second mode du mode Voice permet d’assembler différents échantillons sur chaque touche du clavier et de les traiter indépendamment, afin de créer des kits de percussions. Tout comme le mode normal, on a un éditeur séparé par touche (et non plus par couche) et un mode commun. Le gros problème que Yamaha ne traite toujours pas, c’est qu’il n’y a qu’une seule couche par touche, donc en dehors des samples de percussions en Rom déjà traités en multicouche, on ne peut pas créer des effets de vélocité multiple en piquant des samples çà et là. Et comme le MOX6 n’échantillonne pas…

Pour chaque touche, on peut définir le choix du sample, son pitch (modulable par la vélocité), le mode de déclenchement (exclusif, note off, tenue), l’assignation aux effets d’insertion, les niveaux de départ vers les 2 effets maîtres (chorus / réverbe), la coupure du filtre passe-bas (modulable par la vélocité), la résonance, la coupure du filtre passe-haut, le volume (modulable par la vélocité et une enveloppe 3 temps / 2 niveaux), le panoramique (fixe, balayage automatique, aléatoire) et l’EQ (identique au mode normal). Quant aux paramètres communs, il s’agit de versions logiquement très simplifiées du mode normal. En tout et pour tout, le MOX6 renferme pas moins de 1664 programmes (dont 384 utilisateur) et 97 drumkits (dont 32 utilisateur), ce qui est très confortable !

Pack de 4

Yamaha MOX6

Le mode Performance permet de regrouper 4 programmes indépendants, tout comme sur les précédents Motif. Là encore, pas d’évolution… Dans ce mode, chaque partie émet et reçoit sur son propre canal Midi. On peut facilement modifier en live certains paramètres de mixage et de synthèse pour chaque canal, en isoler ou en couper certains, déclencher des arpèges… L’édition concerne les catégories de recherche, les effets maîtres et les canaux : mixage, paramètres de synthèse (offsets), panoramique, accord, fenêtre de vélocité, portamento, assignation / départs effets, réponse des contrôleurs physiques, arpèges…

On peut aussi paramétrer l’entrée audio externe, qui vient s’ajouter aux 4 parties. Une astucieuse fonction permet d’exporter les réglages de ces 4 canaux vers un Pattern ou une Song, tout comme enregistrer directement le jeu issu d’une Performance. Au total, la mémoire interne renferme 256 Performances utilisateur, préchargées d’usine. Quelques exemples audio permettent de voir ce que l’on peut en tirer, en synchronisant différents motifs rythmiques et arpèges simultanément.

 

Perf1
00:0001:25
  • Perf101:25
  • Perf201:36
  • Perf301:05
  • Perf402:05

Arpèges musclées

Yamaha MOX6

Le MOX6 reprend les arpégiateurs du Motif XS, avec pas moins de 6 720 motifs complexes, certains polyphoniques, classés en 18 catégories. On est très loin des sempiternels up&down des premiers arpégiateurs. Certains utilisent les MegaVoices internes, multi-échantillons multi-couches permettant d’améliorer le réalisme de jeu de d’instruments acoustiques tels les guitares et les basses (exemples audio à la clé). Au-delà du déclenchement des notes, un tas d’événements Midi est pris en compte, tels certains paramètres de synthèse et de mixage, les zones de jeu, la vélocité, les accords, le swing, tout cela en temps réel, un peu comme sur un arrangeur.

Bass FetS
00:0000:50
  • Bass FetS00:50
  • Bass AetE00:50
  • Guitar A01:05
  • Guitar A arp01:35
  • Guitar E01:00
  • Guitar E cocotte01:21

Les arpèges en Rom sont différents selon que le programme est de type normal ou drum. Il y a également 256 emplacements pour les motifs utilisateur. Ces derniers se créent sur 4 pistes de 16 notes, à partir de l’un des séquenceurs (Pattern ou Song). Chaque programme offre 6 variations d’arpèges, que l’on peut appeler et enchaîner parfaitement à partir des touches de fonction situées sous l’écran. En mode Performance, Pattern ou Song, on peut utiliser un maximum de 4 arpèges polyphoniques simultanés ; si cela convient parfaitement en mode Performance, un arbitrage est toutefois nécessaire en modes Pattern ou Song, qui tournent sur 16 pistes comme nous allons le voir très bientôt. Il conviendra simplement de choisir les 4 canaux auxquels assigner les arpèges, pour pouvoir les reproduire indifféremment en jeu ou en enregistrement.

Patterns et Songs

Yamaha MOX6

Les premières déclinaisons des grosses workstations vers l’entrée de gamme se traduisaient souvent par la perte du séquenceur. Sur le MOX6, il n’en est rien, puisqu’il reprend l’intégralité des caractéristiques de celui du Motif XS (hors fonctions sampling). Il fonctionne donc selon 2 modes : Pattern et Song. Chacun offre 16 pistes Midi, totalisant 226 000 événements, avec une résolution de 480 bpqn. La polyphonie maximale est de 124 notes, on pourra donc piloter des synthés ou logiciels externes à partir du MOX6. En mode Pattern, on travaille sur 256 blocs élémentaires au maximum, générés à partir de 16 sections de 16 pistes Midi bouclées. Un Pattern est donc une sorte de matrice 16x16 dont toutes les cases ne sont pas forcément remplies. En lecture, on peut créer des listes, avec pour chaque pas le numéro de section, le calage dans le temps, les pistes activées / coupées. Le résultat peut être envoyé dans une Song pour un montage plus linéaire. En enregistrement, on travaille en pas-à-pas ou temps réel, avec punch in / punch out, mode bouclage, overdub ou remplacement, quantisation. L’arpégiateur peut entrer en action et être capturé à la volée. L’édition peut se faire par liste déroulante, avec accès par événement, insertion / suppression, transposition, ajout de Glide ou de roulement, remixage, découpage, édition des contrôleurs Midi… 5 instantanés permettent de mémoriser les réglages principaux d’un Pattern pour les rappeler à l’aide des touches de fonction sous l’écran. On peut mémoriser 64 Patterns de 256 mesures en interne.

Yamaha MOX6

Complément au mode Pattern, le mode Song permet une approche linéaire des séquences plutôt que sous forme de blocs élémentaires. Cela n’empêche toutefois pas de boucler les séquences, avec des durées différentes pour chaque canal. Mixages et chaînages sont également présents. L’enregistrement se fait en temps réel ou pas-à-pas et l’édition détaillée par liste d’événements, de manière similaire au mode Pattern. Chaque Song dispose de 6 scènes pour rappeler des réglages spécifiques (sons, arpèges…). La mémoire vive du MOX6 peut contenir 64 morceaux de type Song. Pour faciliter les tâches de mixage des modes Pattern et Song, il suffit de passer en mode Mixing : c’est là que l’on paramètre les 16 canaux à la volée : programmes, canal de réception Midi, tessiture, vélocité, paramètres de mixage et effets (assignation aux effets d’insertion et départs vers les effets chorus / réverbération). L’entrée audio dispose aussi d’une configuration spéciale, un peu comme une piste supplémentaire. Toujours dans ce mode Mixing, on peut éditer les programmes dans leur contexte, ce qui est très appréciable. Il suffit d’actionner la touche de fonction correspondant au programme pour basculer dans l’éditeur Voice. Pour éviter d’écraser systématiquement les programmes d’origine, le MOX6 peut mémoriser 256 programmes supplémentaires indépendants (appelés « voix de mixage ») et les assigner à n’importe quel canal de Mixing. Une voix de mixage peut ainsi être sauvegardée avec chaque Pattern ou Song, sympa !

Effets multiples

Yamaha MOX6

La section effets du MOX6 est déclinée du Motif XS. En mode Voice, elle offre 2 effets d’insertion, 2 effets système (chorus et réverbe), un effet maître et un EQ maître. On y retrouve, avec délectation, les algorithmes à modélisation VCM issus des produits audionumériques de la marque. Les 2 effets d’insertion sont les plus puissants : chaque moteur (A et B) offre 54 algorithmes, chacun pouvant compter jusqu’à 16 paramètres modulables en temps réel, avec parfois des chaînes d’effets en série. Leur combinaison est modifiable : en série (A vers B ou B vers A) ou en parallèle. Parmi les algorithmes, on trouve des réverbes, des délais, des effets d’ensemble, des compresseurs, des simulateurs d’ampli, des distorsions, des EQ, différents effets technoïdes… Le mode vocodeur utilise les 2 blocs d’effets A et B. Il s’agit d’un modèle 10 bandes, le signal d’analyse étant véhiculé par l’entrée audio (micro ou boîte à rythmes, par exemple) et le signal de synthèse par le programme en cours (celui du canal 1 en mode multitimbral). Il offre compression / gate à l’entrée, décalage de formants, générateur de bruit, filtre passe-haut et accès aux gains des 10 bandes. Chaque élément d’un programme normal ou chaque note d’un programme drum peut être routé(e) vers l’un des 2 effets d’insertion.

Les 2 multieffets globaux sont plutôt orientés chorus et réverbe. Le premier offre une vingtaine d’algorithmes de chorus, flanger, phaser et réverbes simples, alors que le second offre une vingtaine de réverbérations et délais complexes, donc 2 algorithmes Rev-X de haute qualité, tirés du SPX2000. On peut régler l’envoi du chorus vers la réverbération, ainsi que les retours et les panoramiques de ces derniers. L’effet maître global peut être activé ou non pour tous les programmes. On y trouve 9 algorithmes, dont des délais, compresseurs et différentes armes de destruction massive du son. Enfin, l’EQ global est de type paramétrique 5 bandes, avec les modes Peaking / Shelving (bandes centrales) et Shelving (bandes extrêmes). En mode multitimbral, on dispose de 3 blocs d’effets d’insertion A/B (le Motif XS en possède 8), donc 6 multieffets. On ne pourra donc pas traiter séparément les 4 canaux d’une Performance, encore moins les 16 pistes d’une séquence, mais dans cette gamme de prix c’est déjà très bien. S’ajoutent aux 3 blocs de 2 effets d’insertion les 2 effets système (chorus et réverbe avec départs séparés par canal), l’effet maître et l’EQ maître (mémorisables par Performance ou séquence). Sans oublier les EQ 3 bandes disponibles par canal ou partie multitimbrale ! Assurément une section bien dimensionnée.

Conclusion

Au final, le MOX6 offre des caractéristiques tout à fait complètes, à savoir tous les sons, arpèges et séquences du Motif XS, avec globalement autant de mémoires internes, pour un tarif tout à fait abordable. Les compromis concernent la polyphonie, une partie des processeurs d’effets d’insertion en mode multitimbral, le sampling, le grand écran, le clavier FSX avec aftertouch, quelques commandes, la connectique évoluée et la construction métallique. En revanche, on gagne une interface audio USB 4 entrées / 2 sorties, une taille plus compacte et un poids divisé par 2. Tout cela pour 2,5 fois moins cher ! C’est une véritable workstation tout à fait complète, pleine de qualités et, non des moindres, qui sonne excellemment bien. Assurément un nouveau standard dans cette gamme de prix !

Points forts Points faibles
  • La qualité sonore indéniable
  • La qualité audio (convertisseurs)
  • Les commandes, bien pensées
  • La section synthèse, profonde
  • Les effets de qualité, avec vocodeur
  • Les arpégiateurs très puissants
  • Le séquenceur bien conçu
  • La taille des mémoires
  • Les capacités de clavier maître
  • L’audio et le Midi over USB
  • La suite logicielle fournie
  • Le rapport qualité / prix
  • Le poids plume…
  • … et donc la construction un peu light
  • Pas d’interactions entre oscillateurs
  • Une seule couche par touche en drumkit
  • Les Performances limitées à 4 canaux
À propos de nos tests
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