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Korg Kronos 2 61
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Test Korg Kronos 2 61

Workstation de la marque Korg appartenant à la série Kronos

Prix public : 2 990 € TTC
Là-haut…
9/10
Award Valeur sûre 2015
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Lancé il y a près de 4 ans, le Korg Kronos vient de connaitre une évolution majeure, tant matérielle que logicielle. Le temps est donc venu pour nous de faire le point, histoire d’allonger notre plus gros test…

En 2011, le Korg Kronos a révo­lu­tionné l’uni­vers de la station de travail maté­rielle, inté­grant les déve­lop­pe­ments de l’Oasys dans une version plus abor­dable. Notre test publié en octobre 2011 décri­vait en détail les diffé­rentes pièces de ce puzzle aussi complexe que puis­sant, destiné aux aven­tu­riers de la synthèse et de la produc­tion musi­cale tout-en-un. Depuis son intro­duc­tion, Korg n’a pas campé sur ses lauriers : d’abord l’OS2, avec des évolu­tions majeures, notam­ment dans la géné­ra­li­sa­tion du strea­ming audio des échan­tillons utili­sa­teur ; puis la version X de 2013, avec une élec­tro­nique amélio­rée et des capa­ci­tés de stockage augmen­tées. Mais au NAMM 2015, c’est un nouveau Kronos qui a été présenté : nouveau maté­riel et nouveau logi­ciel (OS3). Pour les plus pres­sés, nous avons prévu deux enca­drés qui résument l’es­sen­tiel : le premier enca­dré est dédié aux amélio­ra­tions logi­cielles, entre l’OS1 (de notre test initial), l’OS2 (appor­tant des amélio­ra­tions majeures) et le présent OS3 (OS 3.0.3 testé) ; le second est consa­cré à la partie maté­rielle, qui retrace les évolu­tions entre la première mouture, la version X et l’ac­tuelle version que nous appel­le­rons Kronos 2 (c’est d’ailleurs ce qui est inscrit sur le carton d’em­bal­lage, « Kronos 2 61 » en ce qui concerne le modèle que nous avons testé). Pour les plus coura­geux, nous avons adapté le (terri­ble­ment long) test initial à cette nouvelle série, en tenant compte de l’évo­lu­tion de la tech­nique et des attentes des musi­ciens pour actua­li­ser notre avis… alors, plus est-ce long, plus est-ce bon ?

Nouvelle robe

Avec le Kronos 2, c’est toute la méca­nique et l’élec­tro­nique qui sont revues. Outre les flancs en bois clas­sieux (remplaçant le plas­toc gloss salis­sant fragile), la caisse a été redes­si­née : moins profonde, elle arbore une grille de venti­la­tion sur la partie arrière de la façade, histoire de refroi­dir les 60 Watts de puis­sance dont a besoin la machine. Les assem­blages sont nickels, la tôle­rie hyper résis­tante à la défor­ma­tion, en tout point, y compris pour la partie pliée sous les touches. On peut prendre le Kronos 2 à pleines mains et tenter en vain de le tordre (si, si, nous l’avons fait, pour que ce soit clari­nette !). D’ailleurs, la nouvelle série Kronos est plus lourde que l’an­cienne : 14,3 kg contre 12,5 pour le modèle à 61 touches, 21,1 kg contre 20,3 pour le modèle à 73 touches et 24,1 kg contre 23,0 pour le modèle à 88 touches.

Korg Kronos 2

En revanche, rien n’a changé sur le plan des commandes : même nombre, même fini­tion et toujours pas de pads (mais toujours moyen d’en ajou­ter via USB). Sur la partie gauche, les 2 joys­ticks se partagent la vedette : le premier, à ressort de rappel, est dédié aux modu­la­tions (Pitch bend hori­zon­tal et 2 modu­la­tions distinctes à la verti­cale) ; le second est dédié à la fonc­tion vecto­rielle, c’est-à-dire au mélange en temps réel de plusieurs sources sonores placées en 4 points cardi­naux (nous y revien­drons en détail). Ce joys­tick, en alu natu­rel, ne possède pas de ressort de rappel : il est de surcroît très léger, très sensible (mais solide) et évoque, dans son mode de réponse, celui de notre véné­rable Prophet-VS, mais en plus mou.

Pour modi­fier les sons en temps réel, le Kronos 2 offre un tas de contrô­leurs physiques, parmi lesquels un ruban court avec fonc­tion Lock (sensible unique­ment à la posi­tion, donc pas à la pres­sion contrai­re­ment à celui du véné­rable Trinity), 2 boutons assi­gnables (via les modu­la­tions matri­cielles), 8 poten­tio­mètres rota­tifs et 9 curseurs linéaires. Toutes ces commandes sont situées à gauche de l’écran et permettent de pilo­ter les para­mètres de synthèse, les arpé­gia­teurs Karma ou encore le mixage des diffé­rentes pistes (volume, pano­ra­mique, effets, EQ…).

La partie droite du panneau est dédiée à l’édi­tion (pavé numé­rique, enco­deur, entrée sortie, compa­rai­son), au choix du mode de jeu, à l’ap­pel des sons (pavé numé­rique et boutons de sélec­tion des banques), au trans­port du séquen­ceur, au contrôle du tempo (poten­tio­mètre dédié et bouton Tap) et au déclen­che­ment du sampling. Longs et fins, les poten­tio­mètres permettent une bonne préhen­sion et offrent une résis­tance parfaite. Les switches sont francs et fermes. Les curseurs linéaires 60 mm offrent une bonne résis­tance, le joys­tick est bien ancré et l’en­co­deur tient (désor­mais) bien en place. Brillante par son absence de ce tableau de contrôle, une petite section pads qui nous aurait tant ravis, même si Korg a inclus des pads virtuels dyna­miques sur le LCD (voir enca­dré)… tant que nous râlons, signa­lons aussi l’ab­sence de boutons dédiés à la trans­po­si­tion à la volée, il restait pour­tant de la place sur le panneau ! Le clavier 61 touches semi-lestées du modèle de test (iden­tique au M3–61) est sensible à la vélo­cité et à la pres­sion mono­pho­nique. Sa réponse est excel­lente, avec un effet de résis­tance progres­sive très agréable quand on enfonce les touches. Il existe par ailleurs deux modèles de Kronos 2 à touches lourdes, respec­ti­ve­ment de 73 et 88 notes, pour les pianistes et assi­mi­lés.

Exami­nons main­te­nant la connec­tique, essen­tiel­le­ment placée à l’ar­rière, sauf la prise casque judi­cieu­se­ment située à l’avant, à gauche du clavier. Sur le Kronos 2, aucune nouveauté à signa­ler côté connec­tique : tout à gauche, l’ali­men­ta­tion (interne) est assu­rée par une prise 3 broches univer­selle et un inter­rup­teur, Plus à droite, 3 prises USB 2.0 (2 prises de types A et 1 prise de type B) permettent de raccor­der le Kronos 2 à des mémoires de masse, un ordi­na­teur (données MIDI et audio, nous y revien­drons) et des contrô­leurs MIDI USB, tels que la série Nano ou le PadKON­TROL de Korg.

Korg Kronos 2

Enfin complè­te­ment à droite, on trouve la connec­tique pour les pédales, le MIDI et l’au­dio. Il y a 3 prises pédales : une prise Damper type piano (fonc­tion­nant en contrô­leur de Sustain simple ou continu), un inter­rup­teur simple et une pédale conti­nue. Pour le MIDI, il faudra se conten­ter d’un seul trio In/Out/Thru, le Kronos 2 ne gérant que 16 canaux, ce qui peut paraître un peu juste sur une works­ta­tion de 2015.

. Pour l’au­dio, nous avons l’em­bar­ras du choix : 2 entrées analo­giques jack 6,35 TRS avec atté­nua­teurs et gains indé­pen­dants réglables par poten­tio­mètres dédiés, 6 sorties analo­giques jack 6,35 TRS confi­gu­rables par paires stéréo et une paire d’en­trée/sortie numé­riques S/P-DIF optiques. Toutes les connec­tions audio travaillent à +4.0 dBu. Tiens, il y a une petite LED qui oscille lente­ment dans le « O » de « KORG » à gauche du panneau arrière ; on peut la désac­ti­ver.

Dans les entrailles du Kronos 2 réside un disque dur SSD 60 Go (mémoire de masse sans méca­nisme, donc avec très peu de latence et de risque d’usure préma­tu­rée) et 4 Go de RAM, dont 3 Go sont utili­sables par Linux, parta­gés entre l’OS et les échan­tillons (Rom, EXs). L’OS et la Rom en occu­pant 1 Go, il reste donc 2 Go pour travailler. Le Kronos 2 est équipé d’une carte PC avec proces­seur Intel Atom. Pour refroi­dir tout cela, il y a un petit ventilo, assez discret cette fois, même quand la machine est posée sur un stand et non sur ses patins en caou­tchouc… lors du test, on l’a surtout entendu lors de la séquence de boot, mais il se calme ensuite ; en tout cas pas de quoi couvrir le réac­teur du Memo­ry­Moog voisin !

Évolu­tions maté­rielles

En 2013, Korg intro­duit la série Kronos X. Les évolu­tions ne sont pas trop spec­ta­cu­laires, puisqu’elles concernent unique­ment la carte proces­seur et la mémoire de masse : on passe de 31 à 62 Go sur le SSD et de 1 à 2 Go de RAM dispo­nible. On pense qu’il s’agit surtout là de gestion d’ob­so­les­cence de pièces et d’une manière indi­recte d’in­ci­ter l’achat des nombreuses banques d’échan­tillons PCM déve­lop­pées par Korg et des tierces parties. La partie pure­ment méca­nique, elle, ne change pas. Avec le Kronos 2, c’est toute la méca­nique et l’élec­tro­nique qui sont revues. Outre les flancs en bois mat clas­sieux (en stan­dard et plus en série limi­tée), la caisse a été redes­si­née : moins profonde, elle arbore une grille de venti­la­tion sur la partie arrière de la façade, bien utile pour dissi­per la chaleur provoquée par les 60 Watts annon­cés de consom­ma­tion. Les assem­blages sont très propres et on ne déplore plus la moindre défor­ma­tion du métal sous les touches. Témoi­gnage de ce saut quali­ta­tif marqué, les diffé­rents modèles sont plus lourds (1 à 2 kg selon modèle). En revanche, rien n’a changé sur le plan des commandes : même nombre, même fini­tion et toujours pas de pads ! L’écran tactile semble un peu plus précis et rapide qu’au­pa­ra­vant (de mémoire), mais il n’est toujours pas multi-touch. Sur le panneau arrière, aucune nouveauté, que ce soit sur la concep­tion ou la connec­tique, à part la petite LED qui oscille lente­ment dans le « O » de « KORG ».

Superbe ergo­no­mie

Le Kronos 2 offre une ergo­no­mie très satis­fai­sante. Certes il n’a pas l’écran incli­nable ou les poten­tio­mètres cerclés de LEDs comme sur l’Oa­sys, mais il hérite de sa philo­so­phie limpide pour l’uti­li­sa­teur. Cela tourne en partie autour du grand écran couleur tactile 8 pouces au format SVGA, soit 800 × 600 pixels. Ce dernier semble ne pas avoir évolué sur le plan maté­riel depuis les premiers Kronos ; par exemple, il n’est pas multi-touch. Il offre un affi­chage précis et visible dans toutes les posi­tions. Il répond rapi­de­ment et apporte toujours beau­coup d’in­for­ma­tions : en contre­par­tie, la taille des carac­tères peut paraître un peu juste dans certaines fenêtres ; du coup, la préci­sion est indis­pen­sable pour atteindre le para­mètre souhaité.

Korg Kronos 2

Les amélio­ra­tions de l’OS3 ne sont hélas pas légion dans ce domaine. La mise à jour la plus notable est la fonc­tion glis­ser-dépla­cer, utile pour créer des patches virtuels sur les modu­laires (moteurs MS-20EX et MOD-7) ou bouger le couvercle des pianos modé­li­sés (moteur SGX-2). Le Kronos 2 renferme des milliers de para­mètres modi­fiables, il y a donc énor­mé­ment d’in­for­ma­tions à gérer. Heureu­se­ment, dans chaque mode de jeu, une première page Play permet de visua­li­ser synthé­tique­ment le(s) moteur(s) de synthèse utilisé(s) et modi­fier rapi­de­ment quelques dizaines de para­mètres essen­tiels du (des) son(s) en cours : volume, niveau, filtrage, modu­la­tions, effets… le débu­tant pourra ainsi commen­cer lente­ment son appren­tis­sage, avant de plon­ger dans l’édi­tion, en eaux profondes. Et pour ceux qui sont perdus, une aide contex­tuelle (en Anglais) est prévue, en appuyant sur la touche « Help ».

La machine est orga­ni­sée en pages de menus, elles-mêmes subdi­vi­sées en sous-pages. Il y a donc 2 rangées d’on­glets contex­tuels tactiles (un peu comme sur un clas­seur Excel) pour appe­ler ces diffé­rentes pages. Le graphisme utilise plei­ne­ment la réso­lu­tion du LCD : listes dérou­lantes, boîtes de dialogue, ascen­seurs, cases à cocher… mais aussi objets tels que curseurs linéaires, poten­tio­mètres à cliquer, patches virtuels (nous y revien­drons), photos d’ins­tru­ments, panneaux virtuels, graphiques, tableaux, courbes de réponse d’EQ, etc.

L’écran, qui nous a semblé plus précis que précé­dem­ment, reste toute­fois mono-touch ; on ne peut donc choi­sir qu’un seul para­mètre à éditer à la fois (puis l’édi­ter avec le curseur dédié, les flèches +/-, le pavé numé­rique ou le clavier). Quand les works­ta­tions haut de gamme inté­gre­ront-elles des écrans multi-touch, où on pourra zoomer, navi­guer, dépla­cer, connec­ter en combi­nant des mouve­ments de doigts ? en atten­dant, Korg a prévu quelques astuces pour assi­gner faci­le­ment un son à une touche ou défi­nir une tessi­ture en appuyant direc­te­ment sur le clavier, bien vu ! Autre point impor­tant d’er­go­no­mie, la gestion des diffé­rentes ressources système (poly­pho­nie, moteurs de synthèse, effets, direct-to-disc, etc.) : sur le Kronos 2, tout se fait en dyna­mique, avec indi­ca­teur en temps réel des ressources consom­mées, à surveiller quand on commence à empi­ler des modèles de synthèse très gour­mands. Enfin, cerise sur le gâteau pour celui qui programme beau­coup, la touche Compare n’a pas été oubliée, merci ! 

Évolu­tions logi­cielles

Lors de la sortie du Kronos, Korg s’était engagé à faire évoluer le moteur de sa puis­sante station de travail. En 4 ans d’exis­tence, nous avons pu assis­ter à diffé­rentes évolu­tions, dont l’OS2 et main­te­nant l’OS3. Tout cela s’est fait gratui­te­ment et le dernier OS tourne sur les toutes premières versions de Kronos. On peut donc dire que le construc­teur tient ses enga­ge­ments et nous l’ap­plau­dis­sons des deux mains. L’OS2 a apporté des fonc­tion­na­li­tés majeures : strea­ming des échan­tillons (Virtual Memory) permet­tant d’uti­li­ser des grosses banques PCM (tierces ou person­nelles) sans tout char­ger en RAM, nouveaux effets dans le moteur à modé­li­sa­tion d’orgues CX-3 (simu­la­teur d’am­pli, haut-parleur tour­nant, vibrato chorus), 12 nouveaux algo­rithmes d’ef­fets dans les multi-effets, Ether­net via USB et gestion d’un second SSD interne.

L’OS3 (3.0.3 testé) n’est tech­nique­ment pas aussi spec­ta­cu­laire, mais toujours bon à prendre. Déjà, le temps de boot a été pas mal raccourci (45 secondes pour le boot seul, 1 minute de plus pour les banques d’usine, soit 1 minute 45 secondes, à compa­rer aux 2 minutes 30 secondes consta­tées sur les premiers Kronos). On note aussi des amélio­ra­tions d’er­go­no­mie, à commen­cer par la section Set List : choix de la couleur d’af­fi­chage, affi­chage de la trans­po­si­tion, notes contex­tuelles avec connexion possible d’un clavier USB pour entrer le texte, ajus­te­ment de la taille des carac­tères, EQ graphique 9 bandes pour tailler le mix final. Notons égale­ment la fonc­tion glis­ser-dépla­cer sur l’écran (utile pour créer des patches virtuels ou bouger le couvercle des pianos modé­li­sés) et la fonc­tion Load Requi­red Samples permet­tant de char­ger d’un coup d’éven­tuels échan­tillons manquant dans un programme, une Combi ou une séquence (très pratique, vu les croi­se­ments possibles entre les échan­tillons et les banques). Autre point d’er­go­no­mie très bien­venu, la possi­bi­lité d’édi­ter les programmes dans leur contexte de Combi ou Song, que l’on n’avait pas retrouvé sur une station de travail Korg depuis le 01/W.

Côté sons enfin, l’OS3 apporte une évolu­tion du moteur Piano acous­tique, rebap­tisé pour l’oc­ca­sion en SGX-2, capable désor­mais de modé­li­ser la réso­nance sympa­thique des cordes et le jeu Una Corda, en conjonc­tion avec les pédales de commande. Le Kronos 2 comprend ainsi de base le nouveau son de piano Bech­stein 12 couches sur 8,6 Go. Il comprend aussi de nouvelles banques PCM pour le moteur HD-1, à savoir l’ EXs 18 « Korg EXs Collec­tions », compre­nant une compi­la­tion de 900 Mo de cordes, chœurs et cuivre issues de trois autres collec­tions Korg (EXs11, 15 et 16) ; l’achat d’un Kronos 2 permet d’ob­te­nir gratui­te­ment la banque EXs 19 « KApro Private Collec­tions », compre­nant 117 multi­samples (1,3 Go) et 128 programmes compi­lés de dix banques du déve­lop­peur : Sympho­nic Dreams 1 et 2, Concert Organ, Analog Dreams, Digi­tal Dreams 2, Dyno­saur 1 et 2, Granu­lar Dreams, Modu­lar Dreams et Talking Synths and Compu­ters. Les proprié­taires d’an­ciens Kronos pour­ront évidem­ment acqué­rir toutes ces banques en ligne sur le site Korg dédié aux biblio­thèques de Kronos.

Toujours par neuf

Korg Kronos 2

Tout comme le Kronos, le Kronos2 embarque 9 moteurs de synthèse complé­men­taires. Nous regret­tons qu’après plusieurs années, aucun nouveau moteur de synthèse ne soit apparu. On pense notam­ment aux modé­li­sa­tions d’ins­tru­ments à vent (bois et cuivres) ou cordes frot­tées, pour­tant présentes sur d’an­ciennes machines comme le Trinity ou le Triton il y a plus de 15 ans ; peut-être que Korg n’a pas jugé les résul­tats suffi­sam­ment bons pour les réin­té­grer… Avant d’en­trer dans le détail des diffé­rents moteurs et des 2 560 programmes dispo­nibles (1 792 préchar­gés), il est impor­tant de bien comprendre la philo­so­phie géné­rale de la machine en mode programme : la struc­ture d’un programme dépend du type de synthèse utilisé. S’il s’agit de la synthèse HD-1 (lecture d’échan­tillons et de tables d’ondes), chaque programme peut utili­ser 1 ou 2 sources sonores simul­ta­nées (chaîne oscil­la­teur + filtres + ampli) ; s’il s’agit de l’une des 8 synthèses EXi (voir ci-après), chaque programme peut utili­ser 1 ou 2 synthèses simul­ta­nées, iden­tiques ou pas d’ailleurs. La limite à tout cela se pose à la fois en termes de poly­pho­nie et dans les modes multi­tim­braux, où certaines synthèses (EP-1 et CX-3) ont un nombre limité d’ins­tances simul­ta­nées, un programme compre­nant 2 moteurs comp­tant pour 2 instances (cf. para­graphes des moteurs de synthèse respec­tifs pour de plus amples détails).

Korg Kronos 2

Dans un programme, on peut simul­ta­né­ment lancer un module d’ar­pèges Karma (voir enca­dré), jouer une Drum Track (un pattern ryth­mique, tiré d’une des 1 000 mémoires dispo­nibles ou des 718 Presets, couplé à l’un des Drum Kits) et utili­ser un module Vector (permet­tant de mélan­ger 2 sources sonores ou 2 synthèses via le Joys­tick ou une enve­loppe dédiée multi-segments). Les programmes EXi possèdent même un séquen­ceur de type analo­gique à 32 pas (dont le sens de lecture est modu­lable) et 2 géné­ra­teurs de tracking globaux à 4 segments. Tout ce beau monde peut ensuite faire appel au module d’ef­fets, à savoir 16 multi-effets mis en perma­nence à dispo­si­tion, sous forme de 12 effets d’in­ser­tions, 2 effets maîtres et 2 effets globaux (voir para­graphe corres­pon­dant). La tran­si­tion entre les programmes est abso­lu­ment fluide, sans aucun arte­fact (ce que Korg appelle le Smooth Sound Tran­si­tion). C’est beau­coup mieux que ce que faisaient Kurz­weil et E-mu à la grande époque, puisqu’ici, même les tran­si­tions d’ef­fets sont abso­lu­ment fluides, y compris dans les modes multi­tim­braux (Combi­nai­son et Song). Du grand art que les musi­ciens live appré­cie­ront !  

Pianos acous­tiques SGX-2

Korg Kronos 2

Avec l’OS3 appa­rait un nouveau moteur de piano acous­tique, le SGX-2, utili­sant le strea­ming audio pour lire d’énormes échan­tillons stéréo non bouclés stockés sur le SSD. La poly­pho­nie de 100 voix doubles stéréo est toujours de mise (équi­valent de 400 voix mono). L’écoute des diffé­rents programmes internes de pianos acous­tiques laisse toujours sans voix : la capture est hyper soignée, le son est plein et réso­nant des basses aux aigus, les médiums sont puis­sants (souvent le défaut des pianos multi-échan­tillon­nés sur les stations de travail), la stéréo parfai­te­ment équi­li­brée, le niveau de détail impec­cable et les réglages propo­sés ne font pas gadget. Grâce au nouveau moteur SGX-2, jouer avec les pédales modé­lise la réso­nance sympa­thique des cordes et appelle des échan­tillons spéci­fiques au mode Una Corda. La réso­nance sympa­thique se produit lorsque la pédale de main­tien (à droite) est appuyée ; les cordes sont alors libres de réson­ner et lorsqu’on joue une note, les cordes qui contiennent des fréquences communes à la note jouée (à diffé­rentes octaves) se mettent à vibrer en même temps. Le jeu Una Corda (litté­ra­le­ment « corde unique ») est obtenu en appuyant sur la pédale de sour­dine (à gauche) : la méca­nique entière est déca­lée, de sorte que chaque marteau ne frappe plus qu’une ou deux cordes (au lieu de deux ou trois suivant la note jouée), ce qui produit un son plus filtré et moins puis­sant.

Le nouveau son de piano acous­tique EXs 17 « Berlin D Piano » tire parti de ces nouvelles fonc­tion­na­li­tés. Il s’agit d’un Bech­stein D 282 à queue occu­pant 8,6 Go de Ram, échan­tillonné en stéréo note par note sur 12 niveaux, sans aucun bouclage. Les deux pianos d’ori­gine sont évidem­ment toujours là : EXs6 « German D Piano » (Stein­way D à queue 9 pieds) et EXs7 « Japa­nese C Piano » (Yamaha C7 trois quarts de queue). Ils béné­fi­cient égale­ment d’un échan­tillon­nage stéréo touche par touche, jusqu’à l’ex­tinc­tion des feux ; ils se limitent à 8 niveaux de vélo­cité, avec des bruits de réso­nance sympa­thique enre­gis­trés chro­ma­tique­ment en multi­couche. Chacun occupe plus de 4 Go de samples. Anec­dote amusante, une seule couche d’une seule note d’un seul piano repré­sente à elle seule à peu près toute la mémoire de samples du M1 de 1988… 

Korg Kronos 2

En édition, on peut régler une petite quin­zaine de para­mètres, modé­li­sant le compor­te­ment du piano modé­lisé, photo à l’ap­pui : volume, pano­ra­mique, posi­tion de l’au­di­teur (pianiste ou audi­toire), octave, trans­po­si­tion, posi­tion de l’abat­tant du couvercle (brillance du son), temps de relâ­che­ment, courbe de réponse en vélo­cité et niveau de vélo­cité (bipo­laire). On trouve aussi un réglage modé­li­sant la réso­nance sympa­thique des cordes : déclen­che­ment des samples, niveau, bruit de la pédale de main­tien (acti­va­tion, niveau), bruit méca­nique (niveau, temps de relâ­che­ment). Quand on est sur l’on­glet de réglage de la réso­nance sympa­thique et de l’Una Corda, l’af­fi­cheur repré­sente le clavier du piano, les notes jouées et les cordes qui se mettent en réso­nance au fur et à mesure qu’on joue ; sans jeu de mots trivial, c’est très sympa­thique de voir « s’al­lu­mer » des cordes multiples en temps réel, mais c’est aussi et surtout péda­go­gique d’ob­ser­ver quelle corde fait réson­ner quelle(s) autre(s). Le mode Una Corda, quant à lui, peut être déclen­ché depuis l’on­glet d’édi­tion en appuyant sur le logo repré­sen­tant une pédale triple ; ceci complète le déclen­che­ment via une pédale spéciale, un CC MIDI, un switch au-dessus du joys­ti­ck… on a le choix ! Les poten­tio­mètres et boutons de commandes permettent aussi de pilo­ter direc­te­ment ces para­mètres.

Alors, comment sonne-t-il, ce nouveau piano acous­tique ? Compa­ra­ti­ve­ment au German Piano, il se révèle beau­coup plus plein et plus ample. Les graves sont nette­ment plus brillants quand on joue fortis­simo, on entend mieux la réso­nance métal­lique des cordes ; on a le senti­ment de gagner en puis­sance et en réponse dyna­mique. Les médiums sont plus tran­chants et les aigus plus ouverts. Bref, on gagne en réponse globale ; on appré­cie d’au­tant plus ce réel gain en brillance que le mode Una Corda étouffe les aigus, par défi­ni­tion ; les nuances sont donc meilleures et le réalisme bluf­fant. Ce nouveau Berlin Piano ne fait donc pas double emploi avec son compa­triote ; les deux se complètent même mieux que prévu, le German Piano étant plus sombre. Les deux pianos germa­niques sont beau­coup plus ronds et pleins que le Yamaha, plus court sur les tenues après attaque, mais aussi plus percu­tant et métal­lique. Les trois modèles sont donc tout à fait complé­men­taires. Trois sons de pianos acous­tiques de concert, c’est bien, surtout de ce niveau de qualité ; ceux qui en veulent davan­tage pour­ront instal­ler l’op­tion EXs 12 « Austrian Piano », un Bösen­dor­fer Impe­rial (8 octaves – 97 touches) géné­reu­se­ment multié­chan­tillonné sur 6,1 Go. Ce dernier ne tire toute­fois pas parti du nouveau moteur SGX-2. À quand un Bösen­dor­fer porté en SGX-2 ou un somp­tueux Fazioli F308, pour complé­ter ce qui consti­tue à notre goût les meilleurs pianos acous­tiques que l’on puisse trou­ver sur une station de travail, suscep­tibles de taqui­ner de très bons logi­ciels dédiés ? 

KR SGX 1 German Stein­way 1
00:0002:04
  • KR SGX 1 German Stein­way 1 02:04
  • KR SGX 1 German Stein­way 2 00:32
  • KR SGX 1 German Stein­way 3 00:38
  • KR SGX 1 Japan Yamaha C7 1 02:04
  • KR SGX 1 Japan Yamaha C7 2 00:32
  • KR SGX 1 Japan Yamaha C7 3 00:38
  • K2 SGX2 Berlin Bech­stein 1 02:04
  • K2 SGX2 Berlin Bech­stein 2 00:33
  • K2 SGX2 Berlin Bech­stein 3 00:39
  • K2 SGX2 Berlin Bech­stein 4 00:42
  • K2 SGX2 Berlin Bech­stein 5 00:22

Pianos élec­triques vintage EP-1

Korg Kronos 2

Inchangé depuis le premier Kronos, l’EP-1 modé­lise diffé­rents pianos élec­triques vintage tels que Rhodes et Wurlit­zer. La poly­pho­nie maxi­male est de 104 voix et on peut utili­ser jusqu’à 18 instances du moteur EP-1 en mode multi­tim­bral. Tout comme les pianos acous­tiques, le réalisme et l’ex­pres­si­vité sont saisis­sants, que ce soient les sons de Rhodes ou de Wurlit­zer. Il y a beau­coup de détails dans la resti­tu­tion sonore, de l’at­taque au relâ­che­ment ; les effets inté­grés font partie inté­grante du réalisme (phaser, compres­seurs, chorus…) et collent parfai­te­ment aux ambiances recher­chées. Adap­ter un programme à son goût se fait en quelques secondes et il est très diffi­cile de prendre en défaut le modèle. Contrai­re­ment à la plupart des pianos élec­triques échan­tillon­nés sur les works­ta­tions concur­rentes, les tran­si­tions de son sont inau­dibles en termes de vélo­cité, de la plus faible à la plus forte. Concer­nant la tessi­ture, on peut déce­ler quelques petites varia­tions de timbre çà et là en tendant l’oreille, faisant appa­raître qu’il y a du multié­chan­tillon­nage à la base de la modé­li­sa­tion.

Korg Kronos 2

L’EP-1 propose 4 modèles de Rhodes Fender (type Tine) et 2 modèles de Wurlit­zer (type Reed). Chaque modèle est composé d’un oscil­la­teur harmo­nique (son tenu) et d’un oscil­la­teur de bruit (pour les parties attaque et relâ­che­ment). Dans un modèle Tine, la sortie des oscil­la­teurs passe dans un effet interne d’in­ser­tion, un simu­la­teur de préam­pli, des réglages de tona­lité, un vibrato et ampli, puis se jette dans l’EQ global. Dans un modèle Reed, on commence par le préam­pli, puis le vibrato, puis l’ef­fet d’in­ser­tion, puis l’am­pli, avant de rejoindre l’EQ. L’os­cil­la­teur harmo­nique dispose de réglages pour le niveau, le déclin et le relâ­che­ment, chacun étant modu­lable via l’AMS. L’os­cil­la­teur de bruit permet de gérer le compor­te­ment de l’at­taque, du relâ­che­ment, de la brillance de l’at­taque et de la taille du marteau. Là encore, tout se module par l’AMS. Les effets d’in­ser­tion sont tota­le­ment inté­grés au modèle et ne consomment pas de ressources du proces­seur d’ef­fets prin­ci­pal, comme pour les autres moteurs de synthèse à effets inté­grés. On trouve un certain nombre de simu­la­tions de pédales vintage célèbres tout parti­cu­liè­re­ment appré­ciées sur les pianos élec­triques modé­li­sés : Small Phase (Small Stone signée EHX), Orange Phase, Black Phase, Vintage Chorus, Black Chorus, EP Chorus, Vintage Flan­ger, Red Comp et Vox Wah. Tous ces effets sont para­mé­trables et modu­lables en temps réel, tout comme l’en­semble de la chaîne du trai­te­ment du signal. Au rayon modu­la­tions juste­ment, on dispose de l’en­semble des sources AMS et de 2 mixeurs AMS, au cas où on se sente à l’étroit. L’af­fi­chage des photos des pianos élec­triques et des effets d’in­ser­tion modé­li­sés ajoute une touche de nostal­gie à cette formi­dable modé­li­sa­tion, là encore un gros point fort du Kronos 2, inégalé à ce jour.

KR EP 1 MkI 1
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  • KR EP 1 MkI 1 01:22
  • KR EP 1 MkII 01:22
  • KR EP 1 MkV 01:22
  • KR EP 1 W200 00:49
  • KR EP 1 W200A 00:49

Lecture d’échan­tillons HD-1

Korg Kronos 2

Baptisé HD-1, le premier moteur de synthèse est consa­cré à la lecture d’échan­tillons PCM. Ce moteur offre une poly­pho­nie de 140 voix maxi­mum. Le Kronos 2 peut utili­ser 4 types de multi­samples PCM : la Rom (perma­nente), les EXs (biblio­thèques de samples pré-char­gés ou pré-char­geables, à ne pas confondre avec les Exi qui sont les moteurs de synthèse addi­tion­nels), le Sampling Mod et les User Sample Banks. C’est avec ces dernières que l’on peut lire les samples en strea­ming audio (Virtual Memory), une grosse nouveauté appor­tée par l’OS2. En Rom, on dispose de 314 Mo de samples. Les exten­sions EXs dédiées au moteur HD-1 (c’est-à-dire hors exten­sions EXs6 et EXs7 et EXs17 dédiées au moteur SGX-2) tota­lisent 3,5 Go, à savoir : 274 Mo pour l’EXs1 « Rom Expan­sion », 361 Mo pour l’EXs2 « Concert Grand Piano », 714 Mo pour l’EXs3 « Brass & Wood­winds », 157 Mo pour l’EXs4 « Vintage Keyboards », 458 Mo pour l’EXs5 « Rom Expan­sion 2 », 170 Mo pour l’EXs8 « Rock Ambience Drums », 472 Mo pour l’EXs9 « Jazz Ambience Drums » et 900 Mo pour la nouvelle EXs 18 « Korg EXs Collec­tions ». Le Kronos 2 se démarque de ses concur­rents par une faible compres­sion sans perte de qualité pour le char­ge­ment des EXs. La réduc­tion ne corres­pond qu’à un modeste 10 %, rien à voir avec les facteurs 2 ou 3 couram­ment utili­sés par la concur­rence. À noter que le Ram sampling n’est pas utili­sée par les moteurs à strea­ming SGX-2, dont nous venons de parler.

Les banques PCM four­nies sont issues de l’an­cien Kronos (donc en partie de l’Oa­sys) et d’une banques addi­tion­nelle (EXs18). Cette dernière, bapti­sée « Korg EXs Collec­tions », est une compi­la­tion de 3 banques Korg pour Kronos : EXs11 « Legen­dary Strings » dédiée aux cordes (dont un sympa­thique Stra­di­va­rius), EXs15 « Clas­si­cal and Ambient Choir » compre­nant diffé­rentes sections de chœurs (mascu­lins, fémi­nins, mixtes, décli­nés en diffé­rentes voyelles sur tous les registres) et EXs16 « Funk and Soul Brass » orienté cuivres (solo et sections). Incon­tes­ta­ble­ment cet ajout vient combler quelques lacunes. Du coup, on monte d’un cran. Les cordes stéréo sont de bonne facture, décli­nées en plusieurs sections stéréo de diffé­rentes tailles, le joys­tick vecto­riel permet­tant de passer progres­si­ve­ment entre elles dans certaines combi­nai­sons. L’EXs18 apporte des ensembles de cordes supplé­men­taires joués dans diffé­rentes tech­niques et un Stra­di­va­rius legato convain­cant. Les voix sont bien fichues, musi­cales et décli­nées dans de nombreuses versions (clas­siques, pop, jazz, avec diffé­rentes voyelles ou arti­cu­la­tions). L’EXs18 amène de nouveaux ensembles stéréo (voyelles, syllabes, scats, murmures hommes et femmes). On trouve égale­ment de bonnes guitares en fouillant un peu dans le SSD et d’ex­cel­lentes basses, qui complètent celles modé­li­sées (cf. moteur STR-1).

Korg Kronos 2

Les ensembles de cuivres ont été revus et tirent parti de nouvelles sections de la banque EXs18 (cuivres, trom­pettes, cors) ; tant mieux, car le Kronos était moyen dans ce domaine. Les instru­ments solos (clari­nette, flûtes, sax, trom­pette, trom­bo­ne…) sont honnêtes, avec une couleur sonore très proche et une filia­tion évidente au M3 ; pas d’évo­lu­tion ici depuis le Kronos origi­nel. Les sons de batte­ries et de percus­sions acous­tiques sont très soignées et expres­sives à souhait : la patate assu­rée, de jolis timbres, une gestion de couches multiples par la dyna­mique de frappe, beau­coup de soin dans la capture des samples, une très grande varié­té… aussi à l’aise dans le pop, le rock, le jazz, les ambiances latines ou encore plus exotiques. Bref, un sans faute ! Les percus­sions élec­tro­niques sont du même niveau et tirent parti du multi-effet génial pour les trai­te­ments des diffé­rents sons au sein des kits. Quant aux sons de synthèse PCM, la collec­tion est impres­sion­nante, dans tous les domaines, en parti­cu­lier les nappes et les textures dont Korg a le secret. Et si cela ne suffit pas, on peut y ajou­ter la banque EXs19 « KApro Private Collec­tions », télé­char­geable gratui­te­ment pour les acqué­reurs de Kronos 2 ; elle compre­nant 117 multi­samples (1,3 Go !) prove­nant de plusieurs titres de la marque fondée par Kurt Ader : Sympho­nic Dreams 1 et 2, Concert Organ, Analog Dreams, Digi­tal Dreams 2, Dyno­saur 1 et 2, Granu­lar Dreams, Modu­lar Dreams et Talking Synths and Compu­ters. Des sons clas­siques et de magni­fiques banques vintage.

K2 EXs18 Choir 1
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  • K2 EXs18 Choir 1 00:31
  • K2 EXs18 Choir 2 00:23
  • K2 EXs18 Brass 00:20
  • K2 EXs18 Horns 00:45
  • K2 EXs18 Strings 1 00:40
  • K2 EXs18 Strings 2 00:32
  • K2 EXs18 Strings 3 00:40
  • K2 EXs19 Church 00:21
  • K2 EXs19 Orches­tral 00:43
  • K2 EXs19 Synth­Phase 00:23
  • KR HD 1 Brass 01:13
  • KR HD 1 Choir 02:48
  • KR HD 1 Strings 01:58

Comme nous l’avons dit en préam­bule, un programme HD-1 utilise 1 ou 2 sources sonores simul­ta­nées. En mode « normal », chaque source est compo­sée de 1 à 8 couches de multi­samples ou tables d’ondes (cf. enca­dré), repré­sen­tant autant de couches de vélo­cité avec fondus sur 2 couches adja­centes. Pour chaque couche on peut régler un offset de départ de lecture, un niveau, un mode de lecture (en avant bouclé ou en coup unique inversé), un seuil bas de vélo­cité et un niveau de fondu avec courbe de tran­si­tion. Un paquet de modu­la­tions est dispo­nible pour le pitch, soit direc­te­ment (tempé­ra­ment, suivi de clavier, enve­loppe dédiée de type multi-segments à temps et niveaux modu­lables, 2 LFO parta­gés, porta­men­to…), soit via les modu­la­tions matri­cielles AMS où l’on trouve toutes les sources physiques, internes ou MIDI imagi­nables. Bien souvent, les sources de modu­la­tions sont elles-mêmes contrô­lées par une source AMS tierce (modu­la­tion de modu­la­tion).

En mode « Drum Kit », on assigne de 1 à 8 samples par touche sur les 128 touches MIDI (C-1 à G9). Chaque touche aura alors un trai­te­ment de faveur séparé (mode de lecture, pitch, volume, pano­ra­mique, départ d’ef­fets, EQ, muta­tion par d’autres touches pour simu­ler les hi-hats, etc.). La mémoire du Kronos 2 renferme 264 Drum Kits (78 préchar­gés). Signa­lons que les tables d’ondes et les Drum Kits sont créés en mode Global, unique­ment à partir de samples en Rom, RAM ou EXs. Impos­sible, donc, d’uti­li­ser les autres moteurs de synthèse, dommage ! Les tables d’ondes consomment de la poly­pho­nie, pour gérer les fondus enchaî­nés.

Korg Kronos 2

Pour­sui­vons le parcours de notre signal sonore, qui passe main­te­nant dans un module de filtrage propo­sant 2 filtres multi­modes réso­nants. Ils sont tous deux capables de travailler en mode passe-bas (2 pôles), passe-haut (2 pôles), passe-bande (1 pôle) et réjec­tion de bande (1 pôle). Leur confi­gu­ra­tion est para­mé­trable : simple (1 seul filtre fonc­tionne), série, paral­lèle ou 24 dB/octave. Dans ce dernier cas, les 2 filtres sont mélan­gés pour n’en former qu’un à pente doublée : 4 pôles pour les modes passe-bas et passe-haut ; 2 pôles pour les modes passe-bande et réjec­tion. Les possi­bi­li­tés de modu­la­tion de la fréquence de coupure sont là encore nombreuses et multiples, soit direc­te­ment (1 enve­loppe dédiée par filtre, 2 LFO, 1 LFO global du programme, 1 géné­ra­teur de tracking de 4 segments modu­lables en temps réel), soit via les sources AMS. La réso­nance de chaque filtre peut égale­ment être modu­lée via les sources AMS, on ne s’en plain­dra pas !

Vient enfin la section ampli/drive, compo­sée d’un Drive, d’un Low Boost pour renfor­cer les basses, d’un volume et d’un pano­ra­mique. Là encore, tous les para­mètres dispo­nibles sont modu­lables, soit via les sources AMS, soit en direct (1 enve­loppe de volume dédiée, 2 LFO, 1 géné­ra­teur de tracking 4 segments…). Bref au rayon modu­la­tions, le Kronos 2 pousse encore plus loin les possi­bi­li­tés et la complexité, sachant que tout cela, c’est pour une source sonore HD-1 ! Pour affi­ner une dernière fois le signal avant d’at­taquer les effets, un EQ 3 bandes (avec médium semi-para­mé­trique) est dispo­nible. Ah si, nous allions oublier le géné­ra­teur de tracking global de 4 segments par programme (qui accom­pagne le LFO global) et les 2 mixeurs AMS, permet­tant de mélan­ger 2 modu­la­tions suivant diffé­rentes fonc­tions mathé­ma­tiques (addi­tion, multi­pli­ca­tion, déca­lage, fondu, Shape, quan­ti­sa­tion, Gate). En s’ar­rê­tant là (et après un énorme raccourci des 2 000 pages que tota­lisent les manuels), nous pour­rions déjà consi­dé­rer avoir l’une des plus puis­santes works­ta­tions du marché entre les mains, mais il reste encore 8 moteurs de synthèse tout aussi sophis­tiqués, si ce n’est plus, à décou­vrir ! 

Banques option­nelles

Si cela conti­nue ainsi, il y aura bien­tôt plus de banques d’échan­tillons pour Kronos qu’il n’y en avait à la grande époque pour le S1000 Akai, avec lequel tous les autres construc­teurs de samplers avaient fini par rendre compa­tibles leurs machines. Mais cette fois, au lieu de parler en Mo, on parle en Go… Si les 21 Go livrés de base ne suffisent pas, on trouve ainsi plusieurs dizaines de collec­tions propo­sées par Korg, Bolder Sounds, Irish Act, K-Sounds, KApro, KARO, Kelfar, Kid Nepro et Purga­tory Creek. Et il y en a pour tous les goûts : PCM d’ins­tru­ments acous­tiques et élec­tro­niques large­ment multi-échan­tillon­nés (plus de 120 banques EXs à ce jour) ou programmes/combi­nai­sons/séquences purs tirant parti des diffé­rents moteurs de synthèse du Kronos (pas loin de 100 banques KRS). Certaines banques sont d’ailleurs pré-instal­lées sur le SSD du Kronos 2 en version démo. Toutes les infor­ma­tions ici.

Outre ces four­nis­seurs offi­ciels, les membres Audio­fan­zine ont du talent dans le Sound Design. Cette fois, c’est l’ami coyo­te14 (Laurent Pelle­tier), qui est à l’hon­neur avec sa banque Tantale, une collec­tion de 66 programmes utili­sant les diffé­rents moteurs de synthèses Exi. Elle est dispo­nible sur le site de l’ami barben­zinc dont on connait déjà les talents pour la program­ma­tion sur les machines Kurz­weil. On vient tout juste de nous préve­nir qu’une deuxième banque de l’ami coyo­te14, dédiée au moteur MOD-7, est sur le point de voir le jour, dans le courant de l’été. Et tant qu’on fait de la pub pour les copains, une mention spéciale pour www.krono­sco­pie.fr, le meilleur site dédié au Kronos de cet univers, mené de main de maître par l’ami fran­cois-uk (François Rossi). Au menu, des infos, un forum, des médias, des trucs & astuces, des sons…

 

Modé­li­sa­tion analo­gique AL-1

Le moteur AL-1 est un synthé à modé­li­sa­tion analo­gique poly­pho­nique de 80 voix maxi­mum, sans limite d’ins­tances en mode multi­tim­bral. Par rapport aux moteurs de synthèse MOSS des précé­dentes works­ta­tions Korg, c’est la grosse baffe ! Des enve­loppes très rapides appor­tant des basses claquantes à souhait, des couleurs sonores très inté­res­santes et une excel­lente poly­va­lence (basses rondes ou acides, pads dark ou brillants, leads expres­sifs)… les exemples audio donnent un rapide aperçu de ce que la machine sait faire…

KR AL 1 1
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Korg Kronos 2

Inchan­gée depuis le premier Kronos, l’AL-1 est composé de 2 oscil­la­teurs, un sub-oscil­la­teur, un géné­ra­teur de bruit et une entrée audio (externe ou bus interne). Le premier oscil­la­teur offre toutes les formes d’ondes clas­siques : dent de scie, impul­sion, triangle, double dent de scie, dents de scie désac­cor­dées (avec et sans oppo­si­tion de phase) et des combi­nai­sons dent-de-scie/impul­sion, carré/triangle. Il existe un para­mètre de morphing pour les combi­nai­sons d’ondes. On peut égale­ment régler et modu­ler, via l’AMS, la largeur variable de l’im­pul­sion, le dépha­sage de la double dent de scie et le detune des dents de scie désac­cor­dées. Le second oscil­la­teur est pratique­ment simi­laire au premier, à ceci près qu’il ne possède pas les ondes triangle et carrée. La plage de réglage de la fréquence va de 2 à 32 pieds, avec réglages plus ou moins fins. Les 2 oscil­la­teurs peuvent être désac­cor­dés (de manière clas­sique) ou déca­lés en fréquence (batte­ment constant sur toute la tessi­ture, comme sur un Moog Taurus). Le sub-oscil­la­teur est calé une octave sous le premier oscil­la­teur ; il offre les ondes triangle ou carrée. Le pitch peut être rando­misé pour simu­ler les fluc­tua­tions des VCO analo­giques. Un para­mètre Edge permet de contrô­ler la brillance des hautes fréquences des oscil­la­teurs, simu­lant ainsi diffé­rents compor­te­ments de synthés vintage (par exemple, les synthés améri­cains plus chauds et ronds dans les aigus que certains synthés japo­nais plus brillants).

Les diffé­rentes sources audio peuvent inter­agir de plusieurs façons : modu­la­tion en anneau (clas­sique, inver­sée, modu­la­tion d’am­pli­tude, clip­ping) de l’os­cil­la­teur 1 par l’os­cil­la­teur 2 ou par une source audio externe (analo­gique ou numé­rique). De même, on trouve la FM (1 module 2) et la synchro (1 synchro­nise 2), tout cela modu­lable par l’AMS. Si les oscil­la­teurs sont à très faible niveau d’alia­sing (bravo !), leurs inter­ac­tions n’en sont pas toujours exemptes lorsqu’on pousse les fréquences très haut. À ce jour, le Kronos 2 ne détrône pas, dans ce domaine, le Sola­ris de John Bowen, travaillant à 32 bits/96 kHz. Le géné­ra­teur de bruit est à couleur variable, grâce à un filtre 1 pôle dédié. Il possède un para­mètre de satu­ra­tion, utile pour les gros orages.

Korg Kronos 2

Par la suite, un mixeur permet de doser et modu­ler via AMS les niveaux de chaque source et leur balance d’en­voi vers les 2 filtres A et B. Ces derniers sont de type multi­mode réso­nant 2 pôles et disposent des mêmes modes et routages que la synthèse HD-1. Ils vont toute­fois un peu plus loin dans leur simu­la­tion du compor­te­ment des synthés analo­giques vintage. Ainsi, en mode passe-bas 4 pôles, la réponse de la réso­nance dans les hautes fréquences de coupure dispose d’un para­mètre permet­tant de boos­ter le pic d’auto-oscil­la­tion. Dans les basses fréquences de coupure, on peut égale­ment choi­sir la colo­ra­tion de la réponse : restreinte et foca­li­sée comme sur un Mini­moog ou accen­tuée comme sur un Prophet-5. Lorsqu’on n’est pas en mode 24 dB/octave, il existe un mode Multi Filter dans lequel on peut inter­ve­nir simul­ta­né­ment sur les para­mètres des 3 modes de filtrage (LP, HP, BP), un peu comme sur un Andro­meda. Ce mode offre 16 diffé­rentes combi­nai­sons des 2 ou 3 profils de filtrage, certaines propo­sant des inver­sions de phase ; on peut même faire du morphing entre 2 combi­nai­sons de filtres et modu­ler le passage de l’une à l’autre en temps réel (AMS). On se croi­rait presque chez E-mu avec les filtres Z-Plane ! Chaque filtre dispose d’un nombre impor­tant de modu­la­teurs de fréquences, comme pour la synthèse HD-1, avec dans certains cas une modu­la­tion de la quan­tité de modu­la­tion par une source secon­daire, histoire de perdre les quelques newbies qui suivaient enco­re… 

La sortie des filtres peut être placée indif­fé­rem­ment dans l’es­pace stéréo, ce place­ment étant, comme la plupart des para­mètres de synthèse, modu­lable en temps réel. La section Ampli/Drive offre drive stéréo, Low Boost et pano­ra­mique. Bien évidem­ment, tout cela est modu­lable par l’AMS, avec un soin tout parti­cu­lier pour le volume (points multiples, enve­loppe dédiée, géné­ra­teur de tracking 4 segments comme pour le filtre).

Korg Kronos 2

Pour ceux savent nager et qui aiment les chiffres, il y a 5 enve­loppes et 4 LFO dans le moteur AL-1. Tout comme pour l’en­semble des moteurs du Kronos 2, les enve­loppes sont de type multi­seg­ment avec modu­la­tion dyna­mique AMS sur les temps et les niveaux ; elles offrent chacune plus d’une tren­taine de para­mètres ; par rapport aux enve­loppes MOSS (pour ceux qui connaissent les Trinity, Z1 et Triton), elles sont vrai­ment très rapides. Quant aux LFO, ils possèdent chacun une ving­taine de para­mètres : 18 formes d’ondes, modi­fi­ca­tion du profil des ondes avec modu­la­tion AMS, phase, délai, fondu, déca­lage, modu­la­tions de fréquence (2 entrées), synchro (interne, MIDI avec facteur multi­pli­ca­tif), coup unique… Bref, plus de 250 para­mètres à portée de doigt rien que pour les enve­loppes et les LFO ! L’AMS dispose égale­ment de ses 2 mixeurs pour mélan­ger 2 sources de modu­la­tion. Toujours au rayon modu­la­tions, un Step Sequen­cer de 32 pas dédié est prévu par instance AL-1, en plus du Step Sequen­cer global EXi. Tout ce beau monde est parfai­te­ment synchro­ni­sable à l’hor­loge interne/MIDI, comme tout ce qui tourne tempo­rel­le­ment dans le Kronos 2.

Avec le recul, cette synthèse est d’une très grande profon­deur et peut rapi­de­ment dérou­ter, notam­ment les inter­ac­tions entre oscil­la­teurs, les filtres multiples à morphing, les nombreux niveaux de modu­la­tion et le nombre incroyable de para­mètres. Nous décon­seillons aux débu­tants de commen­cer l’ap­pren­tis­sage de la synthèse par l’AL-1, fran­che­ment pas assez ratio­na­li­sée pour eux. Nous leur recom­man­dons plutôt de commen­cer leurs premiers pas dans la vie synthé­tique par le moteur Poly­sixEX, que nous analy­se­rons un peu plus tard.

À table !

Démo­cra­ti­sée brillam­ment par Wolf­gang Palm sur les systèmes PPG au tout début des années 80, la synthèse à tables d’ondes a fait quelques émules : on peut citer Waldorf (Micro­wave I & II, Wave, Q, Blofeld…), Enso­niq (VFX, TS-10, Fizmo…), puis Korg lui-même, il y a une ving­taine d’an­nées (WaveS­ta­tion). Le prin­cipe de cette synthèse est d’en­chaî­ner diffé­rentes formes d’ondes, au contenu harmo­nique proche ou tota­le­ment distinct, avec des tran­si­tions plus ou moins douces, puis de faire bouger la lecture de la table ainsi consti­tuée en temps réel (bouclage, inver­sions, répé­ti­tions).

Le Kronos 2 offre 598 tables d’ondes de 32 pas (Wave Sequences) en mémoire, consti­tuées d’échan­tillons (Rom, Ram ou EXs). 187 d’entre elles sont pré-char­gées d’usine, histoire de ne pas partir de zéro. Ces tables sont unique­ment utili­sables avec le moteur HD-1, comme les multi­samples ou les Drum Kits. La lecture de chaque table est basée sur un tempo (synchro­ni­sable au MIDI), une synchro à l’en­fon­ce­ment de touche (chaque nouvelle pres­sion pouvant faire passer au pas suivant), un facteur de swing, un pas de démar­rage, un pas de fin, un pas de départ de bouclage, un pas de fin de bouclage, une direc­tion de lecture (avant, arrière, alter­née) et un nombre de répé­ti­tions de boucle… sont modu­lables (le pas de démar­rage, la posi­tion de lecture et la vitesse). Pour chaque pas, on défi­nit le statut de jeu (multi­sample, silence, liai­son), le point de départ de lecture du multi­sample (offset de la forme d’onde), le volume, la durée, le fondu d’en­trée (avec courbe) et le fondu de sortie (avec courbe égale­ment). Bref, de quoi créer aussi bien des patterns ryth­miques que de lentes varia­tions spec­trales, le tout large­ment modu­lable en temps réel et en parfaite synchro­ni­sa­tion avec tout ce qui bouge dans le Kronos 2. 

Modé­li­sa­tion d’orgues CX-3

Inchangé depuis l’OS2.1 qui a amélioré la section d’ef­fets (cf. ci-après), le moteur CX-3 est basé sur le clavier éponyme de la marque, dédié à la modé­li­sa­tion des orgues à roues phoniques type Hammond B3. Il intègre ses propres effets, qui s’ajoutent aux 16 multi-effets sépa­rés. En contre­par­tie, on ne peut utili­ser « que » 8 occur­rences de CX-3 en mode Combi­nai­son, ce qui en fait le moteur le plus gour­mand en ressources DSP ; ceci, conve­nons-en toute­fois, devrait large­ment suffire. La poly­pho­nie maxi­male accep­tée par le moteur CX-3 est de 200 notes, ce qui là aussi semble suffi­sant ! La modé­li­sa­tion est soignée et musi­cale, on pense notam­ment à diffé­rents programmes de B3 repre­nant les réglages de grands stan­dards inter­na­tio­naux. Il y a beau­coup de soin mis dans la repro­duc­tion du compor­te­ment des tirettes harmo­niques, dans l’in­ter­ac­tion des roues (Leakage), dans les satu­ra­tions, dans le compor­te­ment des percus­sions et dans la modé­li­sa­tion du haut-parleur tour­nant.

KR CX 3 B3
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  • KR CX 3 B3 00:44
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Korg Kronos 2

Le CX-3 fonc­tionne selon 2 modes distincts : le mode normal (9 tirettes harmo­niques et une harmo­nique de percus­sion) et Ex (13 tirettes harmo­niques à fréquence variable par demi-ton de 16 à 1/4 de pieds et 5 harmo­niques de percus­sions ajus­tables). On peut régler le type de roue phonique ou plutôt son âge (vintage ou clean), la réponse en volume des roues, le timbre (brillance des roues), le Leakage (inter­ac­tion entre les notes, suivant le nombre de notes jouées), la simu­la­tion du bruit de fond, le Gate (permet­tant de géné­rer un petit bruit addi­tion­nel à l’ap­pa­ri­tion ou l’ex­tinc­tion du son) et le Key Click (modé­li­sa­tion de l’ef­fet de contact à l’en­fon­ce­ment et au relâ­che­ment des touches). Il y a en réalité 2 manuels spli­tables par instance de CX-3 (main gauche/main droite), le point de split étant program­mable et modu­lable en temps réel (ce qui permet de l’ac­ti­ver via un contrô­leur temps réel, par exemple). La percus­sion (mono­pho­nique comme sur les orgues modé­li­sés) est large­ment program­mable, avec niveaux haut et bas, modu­la­tion, atté­nua­tion, Decay modu­lable et harmo­nique modu­lable. Même son entrée en action est modu­lable en temps réel !

La section d’ef­fets dédiée comprend un simu­la­teur d’am­pli avec vibrato/chorus (plus de 30 para­mètres !) et un géné­ra­teur de haut-parleur tour­nant (plus de 30 para­mètres là aussi !). Pour la section d’am­pli, on peut notam­ment choi­sir la couleur, ajus­ter et modu­ler le gain en temps réel (AMS), bypas­ser la section (préam­pli) ou encore égali­ser (3 bandes simples). La section de vibrato/chorus peut s’ap­pliquer à chacun des 2 manuels. L’en­semble des para­mètres est modu­lable en temps réel (mode d’ac­ti­va­tion, inten­sité, vitesse de rota­tion). Enfin, le simu­la­teur de haut-parleur tour­nant occupe une page de menu à lui tout seul. On y règle la source de déclen­che­ment, le mode Cros­so­ver, la balance, les vitesses indé­pen­dantes du moteur et du haut-parleur (lente, rapide, temps d’ac­cé­lé­ra­tion, temps de ralen­tis­se­ment), le tout étant large­ment modu­lable via l’AMS. Même la distance du micro, l’éten­due du champ stéréo, la phase du haut-parleur, la phase du rotor et la balance haut-parleur (hautes fréquences) / rotor (basses fréquences) sont para­mé­trables ! Les amélio­ra­tions appor­tées par l’OS2.1 concernent la section d’ef­fets, avec un nouveau simu­la­teur d’am­pli, trois nouveaux modèles de haut-parleurs et une modé­li­sa­tion revue de la partie Vibrato/Chorus. On peut alter­ner entre ces nouveaux effets (Custom) et les anciens (CX-3). Bien évidem­ment, le niveau des tirettes harmo­niques est contrô­lable par les 9 curseurs situés à gauche du LCD, tout comme les poten­tio­mètres et boutons pilotent les fonc­tions clés (vibrato, chorus, haut-parleur tour­nant).

Karma Chame­leon

Le Karma est une tech­no­lo­gie de géné­ra­tion de motifs inter­ac­tifs complexes déve­lop­pée par le sound sesi­gner Stephen Kay. Il s’agit d’un mélange subtil de séquences, d’ar­ran­ge­ments et d’ar­pèges qui évoluent en fonc­tion des notes jouées, modu­lables avec un tas d’ou­tils (AMS, CC MIDI, contrô­leurs physiques y compris la surface de contrôle à gauche de l’écran entiè­re­ment para­mé­trable). Sont géné­rés non seule­ment des notes, mais aussi des événe­ments MIDI. Les modules Karma sont dispo­nibles dans tous les modes de jeu, avec tous les moteurs de synthèse : 1 instance en mode Programme, 4 instances en modes Combi­nai­son et Séquence.

Dans un module Karma, tout commence dans le géné­ra­teur d’ef­fets : le GE va produire des motifs complexes et évolu­tifs en fonc­tion des notes jouées, de la ryth­mique de jeu, des progres­sions d’ac­cords, de la vélo­cité, des CC MIDI reçus, des contrô­leurs tritu­rés… il y a au total 3 584 GE, compo­sés de 2 048 Presets et 1 536 mémoires utili­sa­teurs (12 banques de 128 GE). Ils sont heureu­se­ment clas­sés par caté­go­rie. Un GE peut modu­ler 32 para­mètres en temps réel parmi une liste de plus de 400. Des modèles de contrôle stan­dard de ces para­mètres (RTC) sont prévus dans chaque GE Presets. Il y a 4 grands types de GE : Gene­ra­ted-Riff (arpèges complexes, progres­sions d’ac­cords trans­po­sés), Gene­ra­ted-Gated (idem, mais toutes les notes ne sont pas répé­tées), Gene­ra­ted-Drum (idéal pour les motifs de percus­sions) et Real-Time (le jeu temps réel va créer de nouveaux motifs en live).

La plupart du temps, l’écran affiche graphique­ment la struc­ture des motifs et des modu­la­tions pour tenter de nous y faire voir clair… mais ce n’est pas chose facile, étant donné le nombre de pages de menu bour­rées de para­mètres éditables et modu­lables. Les sections dédiées au Karma sont présentes un peu partout dans les manuels du Kronos 2 et occupent large­ment plus de 100 pages, il est donc impos­sible d’en faire une descrip­tion plus détaillée ici ; de plus, il faut aussi avouer que bien souvent, on ne comprend pas tout ce qu’il se passe. Bref, le Karma néces­site beau­coup de temps et de travail pour être bien compris et utilisé à sa juste valeur. C’est sûr qu’il n’a pas d’égal, mais on se retrouve parfois à écou­ter le Kronos 2 jouer seul sans trop contrô­ler les choses. Cela fait long­temps que Korg a aban­donné le superbe arpé­gia­teur poly­pho­nique déve­loppé sur le Z1 et la complexi­fi­ca­tion du module Karma, depuis sa toute première incar­na­tion où il était déjà ardu, nous le fait parfois regret­ter un peu… et ce n’est pas avec le Kronos 2 que cela va chan­ger !

Modé­li­sa­tion de cordes STR-1

Le STR-1 est une modé­li­sa­tion physique de cordes pincées, permet­tant de modé­li­ser guitares, basses, clave­cins, harpes, clavi­net, pianos élec­triques, cloches, instru­ments du monde (sitar…) et un tas d’ins­tru­ments imagi­naires en tritu­rant les modèles. Avec ce moteur, la poly­pho­nie maxi­male est de 40 voix maxi­mum. L’écoute de quelques sons appelle immé­dia­te­ment des quali­fi­ca­tifs flat­teurs : dyna­mique, expres­si­vité, musi­ca­lité. La versa­ti­lité du modèle n’est pas en reste, dès qu’on pousse certains réglages dans leurs valeurs extrêmes. On passe ainsi des guitares acous­tiques (cordes nylon et acier) aux basses acous­tiques et élec­triques, puis au clavi­net, puis aux délires sonores les plus fous (cloches, drones, souf­fles…).

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Pour program­mer le moteur, on commence par choi­sir le type d’ex­ci­ta­tion de corde. Le Kronos 2 offre diffé­rents modèles : 2 guitares acous­tiques (dont l’une gère la posi­tion de l’ex­ci­ta­tion sur la corde), 3 guitares élec­triques plus ou moins brillantes/réso­nantes, 3 guitares jazz, 3 clavi­nets, un clave­cin et 4 modèles de synthèse plus ou moins riches en contenu harmo­nique et réso­nance. Un para­mètre aléa­toire permet d’hu­ma­ni­ser l’ac­tion d’ex­ci­ta­tions consé­cu­tives ; il est modu­lable via l’AMS et certains para­mètres du géné­ra­teur de bruit, tels que la satu­ra­tion et la fréquence du filtre. Le délai de mise en action, la surface de contact exci­tée et un géné­ra­teur de bruit (avec satu­ra­tion et filtre passe-bas 1 pôle) viennent complé­ter le modèle ; leurs para­mètres sont modu­lables par l’AMS. Mais on peut égale­ment utili­ser un lecteur de multi­samples PCM (avec strea­ming audio, depuis l’OS2), soit en direct, soit pour produire l’ex­ci­ta­tion de la corde. Il peut monter jusqu’à 4 multi­samples déclen­chés par la vélo­cité, une version simpli­fiée du HD-1. La corde peut alors être utili­sée comme filtre en peigne pour le géné­ra­teur PCM ! Les sources audio passent alors dans un « mixeur d’ex­ci­ta­tion » dyna­mique et modu­lable. On y règle le niveau des sources (avec modu­la­tion AMS) et le mode d’ac­tion du filtre d’ex­ci­ta­tion (de type multi­mode 2 pôles réso­nants entiè­re­ment modu­lable).

Korg Kronos 2

Vient alors la page dédiée à la corde, c’est-à-dire le réso­na­teur. On va y défi­nir la posi­tion où a lieu l’ex­ci­ta­tion (entre le cheva­let et le sillet de tête d’une guitare, par exemple), puis le mode de suivi de corde (corde ou clavier). Dans le premier cas, le contenu harmo­nique ne change pas globa­le­ment en fonc­tion de la posi­tion, contrai­re­ment au second cas. Ceci permet tout aussi bien de simu­ler des guitares avec réalisme que des instru­ments dont les cordes changent systé­ma­tique­ment avec le pitch (genre clave­cin). On peut égale­ment simu­ler la créa­tion d’har­mo­niques lors qu’on appuie plus ou moins fort sur la corde. Le temps de déclin après relâ­che­ment de corde et la non-linéa­rité créée par le cheva­let sont égale­ment modé­li­sés. Tous ces para­mètres sont modu­lables par l’AMS et/ou la posi­tion sur la corde. Par corde, on peut aussi régler et modu­ler via l’AMS l’at­té­nua­tion des hautes fréquences et la disper­sion (rigi­dité de la corde). Après avoir para­mé­tré le pitch du réso­na­teur, il reste une page pour jouer avec les capteurs : posi­tion de 2 micros virtuels (avec possi­bi­lité de créer des effets de chorus). On peut même réinjec­ter une source audio externe ou interne (à partir de n’im­porte quel bus d’ef­fets), via une boucle de feed­back.

Une fois toutes les sources consti­tuées, un mixeur permet de mélan­ger leurs niveaux avec préci­sion : corde, multi­sample PCM, géné­ra­teur de bruit et sortie des 2 micros ; au programme, volumes modu­lables, inver­sions de phase sépa­rées et balances vers le(s) filtre(s) situé(s) en aval. Ceux qui pensaient que c’était fini peuvent main­te­nant aller prendre un verre avant que l’on conti­nue… en effet, le STR-1 propose des sections de filtres et d’am­pli à peu près iden­tiques au modèle AL-1, nous ne nous éten­drons donc pas dessus. Pour modu­ler la plupart des para­mètres, on dispose non seule­ment des sources AMS, mais égale­ment de 5 enve­loppes, 4 LFO, 2 géné­ra­teurs de tracking et 4 mixeurs AMS (cf. moteurs précé­dents). Spéci­fi­cité du moteur STR-1, les géné­ra­teurs de tracking opèrent sépa­ré­ment sur les 6 cordes virtuelles que comporte le modèle. Ils agissent sur l’at­té­nua­tion des hautes fréquences, le temps de déclin, la disper­sion ou encore le cheva­let, pour simu­ler le compor­te­ment des diffé­rents maté­riaux utili­sés pour les cordes et leur section (nylon, acier, cuivre…). Autre parti­cu­la­rité, un para­mètre Fret modu­lable permet de défi­nir à quelle distance une note est jouée sur la corde, pour accroître encore le réalisme de certaines simu­la­tions, sachant que ce para­mètre peut être désac­tivé (mode Open). Voici encore un moteur complexe, mais ô combien source d’ex­plo­ra­tions infi­nies.

Pads virtuels

Nous avons vu que les pads physiques brillaient toujours par leur absence sur le Kronos 2. Pour « rattra­per le coup », Korg a doté sa machine de 8 pads virtuels, dispo­nibles dans tous les modes et program­mables indi­vi­duel­le­ment avec chaque son. Chaque pad peut déclen­cher un accord de 8 notes, chacune ayant un niveau de vélo­cité program­mable. Mieux, pour éviter de casser l’écran, la posi­tion de grappe sur le pad peut comman­der la vélo­cité. Pour mémo­ri­ser un accord, on peut soit utili­ser l’in­ter­face (note par note), soit jouer l’ac­cord direc­te­ment. Pas mal, mais cela ne nous console pas complè­te­ment de l’ab­sence de pads physiques, d’au­tant que ce mode nous plonge dans une page donnée de l’édi­teur, donc limite l’ac­cès aux autres pages, par consé­quent empêche l’édi­tion en appuyant simul­ta­né­ment sur les pads. Signa­lons que l’on peut aussi affec­ter une note MIDI par pad virtuel, au cas où il nous pren­drait l’en­vie de raccor­der un contrô­leur externe (cf. enca­dré corres­pon­dant)…

Modé­li­sa­tion analo­gique MS-20EX

Cinquième moteur embarqué, le MS-20EX est une modé­li­sa­tion de MS-20, synthé analo­gique semi-modu­laire aux filtres très typés (agres­sifs) dont la cote ne cesse de grim­per ces derniers temps, revi­val analo­gique vintage oblige. La première incar­na­tion du modèle virtuel date de la suite logi­cielle Legacy déve­lop­pée par Korg il y a quelques années. Un contrô­leur physique spéci­fique, sorte de mini MS-20 avec cordons de patchage, avait d’ailleurs été déve­loppé pour l’oc­ca­sion. Depuis, nous avons vu arri­ver de nouvelles réin­car­na­tions analo­giques de la machine. Dans le Kronos 2, le moteur MS-20EX est inchangé, avec une poly­pho­nie maxi­male de 40 voix. La modé­li­sa­tion reprend inté­gra­le­ment la philo­so­phie et les codes graphiques du MS-20, auxquels elle ajoute un certain nombre de para­mètres et de modu­la­tions. Côté sons, ayant pu tester de près des MS-20 (vintage et mini), on retrouve le carac­tère parfois aigre, parfois agres­sif, souvent sale du modèle vintage. Les 2 filtres en série sifflent sans rete­nue, les synchros se montrent bien crades et les modu­la­tions en tout genre sont de mise. La couleur sonore est bien diffé­rente des autres modé­li­sa­tions analo­giques, il n’y a pas de recou­vre­ment.

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Korg Kronos 2

En édition, la façade virtuelle du petit synthé noir est repro­duite inté­gra­le­ment. Un clic sur un poten­tio­mètre ou un bouton lance immé­dia­te­ment l’édi­tion. De même, les patches virtuels peuvent être créés direc­te­ment avec l’écran tactile, nous y revien­drons. Le MS-20EX offre 2 oscil­la­teurs, un géné­ra­teur de bruit, une entrée audio, un mixeur, un filtre passe-haut, un filtre passe-bas et un ampli. Le premier oscil­la­teur comporte 5 formes d’ondes : triangle, dent-de-scie, impul­sion à largeur variable et bruit blanc. Contrai­re­ment au MS-20, la largeur d’im­pul­sion est modu­lable en temps réel par les sources AMS, entre 50 % et 0 % (soit de l’onde carrée au silence). Le second oscil­la­teur possède 3 ondes (dent de scie, carrée, impul­sion fixe) et une posi­tion Ring (modu­la­tion en anneau des 2 oscil­la­teurs). Le pitch des oscil­la­teurs peut être modulé par un porta­mento, un MG (LFO simpli­fié global à 2 formes d’ondes) ou une enve­loppe DAR. Les niveaux des 2 oscil­la­teurs sont ensuite réglés, avec possi­bi­lité de les satu­rer avant d’at­taquer le filtre passe-haut. Celui-ci est de type réso­nant et auto-oscil­lant. On peut même l’uti­li­ser comme géné­ra­teur de Sub. La fréquence de coupure est modu­lable par le MG et une deuxième enve­loppe. Le signal passe alors dans le filtre passe-bas connecté en série, qui dispose des mêmes réglages et modu­la­tions que le filtre passe-haut. Vient ensuite l’étage d’am­pli­fi­ca­tion, permet­tant égale­ment d’agir sur la posi­tion stéréo et de simu­ler une certaine insta­bi­lité du son.

Côté modu­la­tions, on est plutôt bien servi : 6 enve­loppes, 4 LFO, 2 mixeurs de signaux, 4 mixeurs AMS, un géné­ra­teur S&H, un géné­ra­teur de bruit (blanc ou rose) et le fameux MG. La semi-modu­la­rité du MS-20EX est reprise par le Patch Panel, repré­sen­tant graphique­ment une cinquan­taine de points de prélè­ve­ment ou d’injec­tion de signaux audio ou de modu­la­tions. Nous n’al­lons pas les citer ici, mais ils reprennent la plupart des para­mètres de synthèse, allant bien au-delà que sur le MS-20 d’ori­gine, tout en permet­tant de rece­voir ou envoyer des signaux externes. Pour connec­ter virtuel­le­ment deux points (jacks), on tire et on glisse direc­te­ment à l’écran, une amélio­ra­tion d’er­go­no­mie de l’OS3 que nous saluons tant elle simpli­fie les choses ! Bien évidem­ment, tout cela est mémo­risé dans chaque programme, pas besoin d’ache­ter un second Kronos pour fabriquer un second patch… 

Modé­li­sa­tion analo­gique Poly­sixEX

Inchangé depuis l’ori­gine, le moteur Poly­sixEX se consacre à la modé­li­sa­tion du célèbre synthé poly­pho­nique vintage de la marque. Tout comme le MS-20EX, il a été déve­loppé initia­le­ment pour la suite logi­cielle Legacy il y a quelques années. Le Poly­sixEX offre une poly­pho­nie plus que confor­table de 180 voix maxi­mum. Côté sons, n’ayant pas là non plus de Poly­six pour un véri­table face-à-face, on ne peut affir­mer que l’on retrouve incon­tes­ta­ble­ment le carac­tère du modèle. Pads dark, cuivres brillants, stabs en accords, arpè­ges… les effets d’en­semble sont très bien rendus, venant réchauf­fer l’unique oscil­la­teur.

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Tout comme le MS-20EX, le grand écran tactile joue un rôle fonda­men­tal, affi­chant une repro­duc­tion virtuelle de la façade du Poly­six, sur laquelle il n’y a plus qu’à cliquer pour sélec­tion­ner les para­mètres à éditer. La géné­ra­tion sonore est consti­tuée d’un oscil­la­teur, d’un Sub, d’un filtre, d’un ampli, d’une section d’ef­fets inté­grée et d’un EQ de sortie. L’os­cil­la­teur offre 3 formes d’ondes basiques : dent de scie, impul­sion fixe et impul­sion à largeur variable modu­lable par un LFO dédié, commun à toutes les voix. Le Sub-oscil­la­teur se règle 1 ou 2 octaves sous l’os­cil­la­teur maître ou peut être coupé. Le MG, synchro­ni­sable à l’hor­loge interne/MIDI, permet de modu­ler, au choix, l’os­cil­la­teur, le filtre ou l’am­pli.

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Le signal audio passe ensuite dans un filtre passe-bas réso­nant 4 pôles, à l’ori­gine généré par des circuits inté­grés SSM si chaleu­reux. Le Poly­sixEX recrée bien cet esprit de colo­ra­tion du son, comme en témoignent les exemples audio. La fréquence du filtre peut être modu­lée par le suivi de clavier et une enve­loppe ADSR dédiée. Mais contrai­re­ment au véri­table Poly­six, on peut sépa­rer les modu­la­tions du filtre et de l’am­pli en choi­sis­sant 2 enve­loppes distinctes. En sortie, on peut régler le volume global, atté­nuer les voix et posi­tion­ner le son dans le spectre stéréo. Pour être complet, le Poly­sixEX modé­lise la section Chorus/Phaser si prisée du modèle origi­nel. On commence par choi­sir le type d’ef­fet souhaité (Chorus, Phaser, Ensemble), la largeur de l’ef­fet et la profon­deur/vitesse (suivant l’ef­fet choisi).

On attaque ensuite la page dédiée aux modu­la­tions. Au menu, un arpé­gia­teur, une enve­loppe type Poly­six, 2 enve­loppes complexes, un MG, 2 LFO complexes et 4 mixeurs AMS. 2 sources de modu­la­tions AMS peuvent direc­te­ment être affec­tées à la largeur d’im­pul­sion de l’os­cil­la­teur, la coupure du filtre, le volume et le niveau de MG. L’ar­pé­gia­teur est très basique : il offre les modes Up – Down – Up /Down, se synchro­nise au tempo, dispose d’une synchro de départ à l’en­fon­ce­ment de touche, opère sur 1 ou 2 octaves et possède un mode Latch. Enfin, un para­mètre Analog permet de simu­ler la fluc­tua­tion des compo­sants vieillis­sants du Poly­six, sur une échelle de 0 à 10. Voici un moteur idéal pour commen­cer dans la synthèse, en compre­nant ce qu’il se passe grâce à la visua­li­sa­tion très claire des para­mètres. On n’est pas noyé sous les possi­bi­li­tés de modu­la­tion ou les patches ; du coup, on arrive rapi­de­ment à se fabriquer une banque sons variée sans se décou­ra­ger. 

FM et Wave­sha­ping MOD-7

À peine avons-nous eu le temps de souf­fler avec le Poly­sixEX (qui a dit « d’y comprendre quelque chose » ?) que nous nous replon­geons dans la synthèse hard­core ! Là, il va falloir se concen­trer un peu pour suivre, car on entre dans les arcanes de la FM et du Wave­sha­ping. Au menu, des algo­rithmes, des multi­pli­ca­tions, des addi­tions, des sous­trac­tions, des cordons modu­laires, de la distor­sion harmo­nique… on y va ? C’est parti ! La poly­pho­nie du MOD-7 est de 52 voix maxi­mum. Les programmes internes démontrent la dyna­mique, la variété de la palette et la puis­sance du moteur : pianos élec­triques, cloches, percus­sions, mais aussi pads hybrides magni­fiques, textures complexes, effets déjan­tés, modu­la­tions extrê­mes… certai­ne­ment le moteur le plus profond et le plus passion­nant du Kronos 2, pour les fondus de synthèse, comme nous allons le voir. 

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En gros, le MOD-7 produit le son à partir de 6 oscil­la­teurs VPM (opéra­teurs FM complexes) arran­gés en algo­rithmes, 101 tables de Wave­sha­ping, un géné­ra­teur PCM à 4 couches (avec strea­ming audio depuis l’OS2), 2 filtres multi­modes réso­nants, 3 mixeurs, un géné­ra­teur de bruit à couleur variable et une entrée audio. Tous ces modules vont s’in­ter­con­nec­ter via le Patch Panel. Il repré­sente les diffé­rents modules dispo­nibles et permet de les relier, avec fonc­tion glis­ser-dépla­cer (depuis l’OS3), à l’ins­tar du Patch Panel du MS-20EX. Cliquer sur un module permet de régler le niveau de ses entrées ou sorties, et de sauter vers son éditeur détaillé. Y figurent donc les 6 oscil­la­teurs VPM, le géné­ra­teur PCM, le géné­ra­teur de bruit, l’en­trée audio, les 3 mixeurs (2 entrées – 1 sortie), les 2 filtres et le mixeur final. Sélec­tion­ner un algo­rithme déter­mine les connexions par défaut entre tous ces modules : quel opéra­teur est porteur, quel opéra­teur est modu­la­teur, comment ils sont connec­tés, le rôle des mixeurs, le routage des filtres… Libre à nous ensuite de les modi­fier à notre guise. Pour nous faci­li­ter la tâche, les 78 algo­rithmes de base sont regrou­pés par caté­go­rie : PCM + VPM, PCM -> Filter -> VPM, PCM -> VPM -> 4 pôles, Noise -> VPM -> 4 pôles, Proces­sing et Vintage DX (repro­duc­tion des 32 algo­rithmes du DX7, nous y revien­drons). Les algo­rithmes sont beau­coup plus ouverts que ceux du DX, puisque le feed­back est libre­ment para­mé­trable.

Il est temps, main­te­nant que tout le monde est réveillé, de faire un zoom sur les oscil­la­teurs VPM : ils disposent de 2 entrées, une forme d’onde au choix (sinus, dent de scie, triangle, carrée, sinus + filtre LP + Wave­sha­per + filtre HP + Ring Mod, Wave­sha­per + filtre HP + Ring Mod, Ring Mod seul), un ratio (avec accor­dage fin), un offset de fréquence (en Hertz), une phase initiale (en degrés), un mode de synchro­ni­sa­tion de phase et un feed­back. Ce dernier réinjecte le signal sur lui-même, en le préle­vant soit à la sortie de l’os­cil­la­teur, soit à la sortie de l’opé­ra­teur total (sortie finale). Le Pitch de chaque oscil­la­teur VPM est indif­fé­rem­ment modu­lable par 2 sources AMS, ce que la lignée des DX ne permet­tait pas.

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Acti­ver le Wave­sha­per permet de créer de nouvelles harmo­niques à partir d’ondes de base ; le MOD-7 offre ainsi pas moins de 101 tables : morphing de formes d’ondes, simu­la­tion de capteurs de pianos élec­triques, soft clip­ping, addi­tion d’har­mo­niques, multi­pli­ca­teurs, TX (ondes des synthés FM 4 opéra­teurs), tube (satu­ra­tion « analo­gique ») & diode (soft clip­ping asymé­trique), mixture (effet des tirettes harmo­niques d’orgues), inver­sion, fuzz (distor­sions et bruits), 01/W (60 tables de Wave­sha­ping issues du 01/W, premier synthé Korg à utili­ser cette tech­no­lo­gie, avant son aban­don sur le Trinity). Diffi­cile de décrire avec préci­sion les effets produits, rien ne remplace une bonne expé­ri­men­ta­tion avec les diffé­rentes tables et le réglage du Drive (et de ses nombreux para­mètres, modu­la­tions et géné­ra­teur de tracking). Un modu­la­teur en anneau permet de multi­plier le signal du porteur et du modu­la­teur, pour créer de nouvelles harmo­niques (souvent métal­liques – types cloches et gongs). Enfin, on peut modu­ler le niveau de sortie de l’opé­ra­teur VPM par une enve­loppe, la vélo­cité et une source AMS.

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Nous ne nous éten­drons pas sur les parties PCM et filtres, très proches des moteurs AL-1 et STR-1 à quelques excep­tions près, tels que le routage des filtres (paral­lèle et 4 pôles unique­ment). Les sorties de toutes les sources audio et des mixeurs sont connec­tables à un mixeur final de 6 entrées – 2 sorties, qui va gérer leurs niveaux, leurs pano­ra­miques et leurs inver­sions de phases. Niveaux et pano­ra­miques sont modu­lables via l’AMS, préci­sons-le pour ceux qui en doutaient encore ! Côté modu­la­tions, on a 4 LFO, 10 enve­loppes, 9 géné­ra­teurs de tracking, 8 mixeurs AMS, un Step Sequen­cer et toutes les sources AMS pour s’amu­ser.

Multi­plier des fréquences à des niveaux audio crée de l’alia­sing à haute fréquence, le MOD-7 n’en est donc pas exempt. Pour réduire ce phéno­mène de replie­ment de spectre, on peut utili­ser les géné­ra­teurs de tracking sur les opéra­teurs les plus vibrants (atté­nua­tion dans les aigus). Le mode d’em­ploi du Kronos 2 donne de précieuses indi­ca­tions pour se lancer dans la FM et en comprendre le fonc­tion­ne­ment : rôle du porteur, rôle du modu­la­teur, augmen­ta­tion du volume du modu­la­teur (donc de la modu­la­tion), chan­ge­ment de pitch du modu­la­teur (donc du contenu harmo­nique), effet du feed­back (ajout d’har­mo­niques), léger dépha­sage du porteur et modu­la­teur (effet de chorus avec offset de fréquence ou déca­lage de ratio), modu­la­tion de ratio, filtrage dyna­mique (post- ou inter-opéra­teurs), FM via un multi­sample PCM… on y apprend aussi comment utili­ser les tables de Wave­sha­ping pour créer des nouvelles formes d’ondes ou des pads évolu­tifs (avec la FM ou les PCM) ou encore géné­rer de la modu­la­tion en anneau. C’est extrê­me­ment bien fait, bravo !

Le MOD-7 est capable d’im­por­ter direc­te­ment des banques complètes de 32 programmes de DX7 première géné­ra­tion sous forme de Sysex, même plusieurs banques à la volée ; autre­ment dit, des dizaines de milliers de programmes immé­dia­te­ment dispo­nibles. Avec un DX7 sous la main, on n’a pas pu s’em­pê­cher de compa­rer : c’est parfait, le souffle en moins, surtout dans les graves ! Au final, le moteur MOD-7 est extrê­me­ment complexe et n’est pas à placer entre toutes les mains. Il néces­site un certain temps d’ap­pren­tis­sage, car il va beau­coup plus loin qu’un DX7 déjà diffi­cile à domp­ter. Il est suscep­tible de produire des textures numé­riques complexes inédites, à évolu­tion lente ou rapide, qui se marient parfai­te­ment avec le grain plus chaud des modé­li­sa­tions analo­giques dispo­nibles par ailleurs. Un très gros morceau à digé­rer !

Sampling & strea­ming

Grosse évolu­tion depuis l’OS2, le strea­ming audio pour tous les échan­tillons, internes comme utili­sa­teur (Virtual Memory). Il suffit pour cela de char­ger les samples/multi­samples souhai­tés en banque utili­sa­teur de sampling (User Sampling Bank). Dans ce mode, les samples ne peuvent être édités. Il faut pour cela les char­ger en RAM (Sampling Mode). Ce petit jonglage est la seule limite, fort compré­hen­sible et bien accep­table. L’OS3 apporte la fonc­tion Load Requi­red Samples permet­tant d’in­diquer et de char­ger d’un coup d’éven­tuels échan­tillons manquant dans un programme, une Combi ou une séquence (valable aussi bien pour les banques EXs qu’uti­li­sa­teur).

La fonc­tion sampling (mono ou stéréo) est dispo­nible dans tous les modes et à tout instant. Nous l’avons vu, la mémoire interne de 3 Go est parta­gée entre l’OS et tous les samples (Rom, EXs et RAM). Le Kronos 2 est capable de gérer jusqu’à 16.000 samples et 4.000 multi­samples simul­ta­nés en RAM. La capture se fait en 16 bits linéaires/48 kHz vers la RAM et en 16 ou 24 bits linéaires/48 kHz vers le disque dur interne ; lorsqu’ils sont rechar­gés en RAM, les samples 24 bits sont auto­ma­tique­ment conver­tis en 16 bits. On peut sampler toutes les sources audio imagi­nables et même resam­pler depuis n’im­porte quel mode alors que des arpèges Karma, la piste Drum et/ou le séquen­ceur tournent. En outre, il existe un système de mixage complexe des sources permet­tant de pré-mixer les diffé­rentes entrées (analo­giques stéréo, USB 1 et 2, S/P-DIF stéréo) et de les envoyer vers diffé­rents bus (tout type d’ef­fets, moteurs de synthèse avec entrée audio tels que MS20X ou MOD-7, tout en défi­nis­sant la desti­na­tion du sample ainsi capturé – RAM ou disque interne). Seule restric­tion, on ne peut pas sampler pendant qu’on enre­gistre une Song et réci­proque­ment. Il est aussi possible de riper direc­te­ment des samples depuis un CD audio raccordé via USB. Les samples doivent bien évidem­ment être sauve­gar­dés sur SSD avant extinc­tion.

Pour prépa­rer le sampling, on doit défi­nir le niveau (avec vumètre et indi­ca­teur de clip), la desti­na­tion (RAM ou SSD), le mode (mono/stéréo), la durée, le bouclage auto­ma­tique, la réso­lu­tion, la source audio, la note de réfé­rence, le mode de déclen­che­ment (seuil audio, note, manuel), le temps de décomp­te… et aussi para­mé­trer le rôle des commandes physiques de la façade. Une fois capturé, le sample peut être édité graphique­ment, avec affi­chage suivant 2 facteurs de zoom, en temps et en ampli­tude. Au menu : déter­mi­na­tion des points d’édi­tion (début – fin), recherche de points zéro, grille/tempo, copie/suppres­sion/inser­tion/tron­ca­ture, inser­tion de points zéro, mixage, norma­li­sa­tion, fondus en entrée et sortie, conver­sion de fréquence, inver­sion, liai­son de 2 samples… Le bouclage est précis et s’opère graphique à l’ap­pui. On dispose des outils de recherche de points zéro, de verrouillage de boucle, d’ac­cor­dage fin de la boucle, d’in­ver­sion, de gain, de boucle de cross­fa­de… Il est égale­ment possible de décou­per les samples en régions (Time Slice), idéal pour les boucles ryth­miques à caler à diffé­rents tempi en temps réel. Enfin, la compres­sion tempo­relle (Time Stretch) permet de modi­fier la vitesse de lecture sans chan­ger la hauteur, avec des calculs opti­mi­sés pour les boucles ryth­miques (mode Slice) ou les sons évolu­tifs tenus (mode Sustai­ning). À chaque étape, on peut faire appa­raître graphique­ment une grille sur la forme d’onde éditée et travailler en tempo (BPM).

Une fois les samples satis­fai­sants, on peut les monter en multi­samples, en Drum Kits ou en Wave Sequences. Pour créer un multi­sample, on dispose de 128 indexes qui sont autant de zones de montage. On y spéci­fie le sample à arran­ger et sa tessi­ture, le tout avec visua­li­sa­tion graphique du clavier. Reste alors à conver­tir le multi­sample en programme pour commen­cer à en régler les para­mètres de synthèse, comme un multi­sample en Rom ou EXs. Le Kronos 2 est compa­tible en char­ge­ment avec les formats Akai S1000/3000 (inté­grant les prin­ci­paux para­mètres de synthèse en plus des multi­samples), Sound­Font 2.0, AIFF et WAV. Réci­proque­ment, il peut expor­ter des samples en formats AIFF ou WAV. Dernière utili­sa­tion du mode sampling, celle du Kronos 2 comme proces­seur d’ef­fets de luxe 6 entrées/6 sorties, doté de 16 multi-effets stéréo entiè­re­ment routables, en combi­nant les diffé­rentes entrées/sorties audio physiques et les effets internes.

Effets par 16

Korg Kronos 2

On juge en partie une works­ta­tion par sa section d’ef­fets. Le Kronos 2 améliore un peu ce qui était déjà le must sur le Kronos. En fait, la section d’ef­fets est un module à 16 multi-effets très complexes, décom­po­sés en 12 multi-effets d’in­ser­tion, 2 multi-effets maîtres et 2 multi-effets totaux. Tous sont stéréo en entrée/sortie et disposent des mêmes perfor­mances (algo­rithmes, para­mètres, modu­la­tions). Les 12 multi-effets d’in­ser­tion sont chaî­nables 2 à 2 et routables vers la sortie audio de son choix ; il est possible de créer des Side Chains avec certains effets ; les 2 multi-effets maîtres sont placés sur 2 bus (départs et retours réglables par programme/canal) ; les 2 multi-effets totaux sont placés en mix global stéréo, ce qui les réserve plutôt à des effets de correc­tion ou de maste­ring (mais rien n’em­pêche de mettre une grosse disto ou un réduc­teur de bit en sortie…). Quel que soit le mode de jeu (Programme, Combi­nai­son, Séquence), on retrouve les 16 multi-effets. Incon­vé­nient, il faut refaire les routages des programmes à chaque fois dans les modes multi­tim­braux. Avan­tage, le mix en trouve une plus forte cohé­rence, car on évite ainsi de noyer les sons dans une indi­geste soupe aux phases. Au pire, si vrai­ment on a besoin de plus de ressources, on peut toujours utili­ser des pistes audio pour contour­ner ces limites. On peut égale­ment utili­ser les multi-effets sur les entrées audio pour le sampling.

L’OS3 apporte 12 nouveaux algo­rithmes d’ef­fets, ce qui nous fait 197 algo­rithmes dispo­nibles pour chaque multi-effet. Lorsqu’on en parcourt la liste, on ne peut qu’éprou­ver une sorte de vertige. Certains dépassent les 70 para­mètres, donc une grande partie modu­lable en temps réel via la Dmod et synchro­ni­sables au tempo. On peut même utili­ser plusieurs canaux MIDI pour modu­ler indé­pen­dam­ment plusieurs effets, c’est le délire complet ! De plus, la qualité est au rendez-vous, ce n’est pas un gadget. Sur les programmes et combi­nai­sons d’usine, on appré­cie d’ailleurs l’ex­cellent dosage des effets, qui sont là pour embel­lir le son et non masquer des défauts ; contrai­re­ment à certaines autres works­ta­tions d’hier et d’aujour­d’hui (donc des produits Korg), les sons ne sont pas noyés dans les effets, bravo ! 

Comme nous l’avons dit, ces effets viennent en supplé­ment des effets inté­grés à certains moteurs de synthèse (tels que les pédales vintage dans l’EP-1, le haut-parleur tour­nant du CX-3, les chorus/phaser du Poly­sixEX…). Au menu : proces­seurs de dyna­mique (compres­seurs/limi­teurs), voco­deurs, EQ/filtres, distor­sions/ampli/micros (avec des modé­li­sa­tions vintage), ensembles, délais, réver­bé­ra­tions, chaînes d’ef­fets en série et chaînes d’ef­fets en paral­lèle. Les 12 nouveaux algo­rithmes de l’OS3 sont les reprises des effets vintage situés direc­te­ment dans les moteurs EP-1 et CX-3, nous ne nous y attar­de­rons pas à nouveau. L’édi­tion est bien fichue, faisant là encore large­ment appel au grand LCD, avec visua­li­sa­tion des courbes de réponse, assi­gna­tion des diffé­rents bus, page de mixa­ge… et pour ceux qui veulent ne pas partir du néant, le Kronos 2 renferme 783 effets Presets. Bref, cette section d’ef­fets reste de loin la plus balaise du marché, enfonçant toute la concur­rence depuis l’avè­ne­ment des stations de travail ! 

Bien inté­gré

Même s’il reven­dique haut la main le titre de station de travail auto­nome, le Kronos 2 s’in­tègre parfai­te­ment dans un envi­ron­ne­ment DAW plus large, notam­ment grâce à ses inter­faces USB 2.0 et MIDI. Côté MIDI, cela en fait un excellent clavier de commandes 16 zones simul­ta­nées avec tout type de péri­phé­rique son, maté­riel comme logi­ciel. On peut alors faire appel à ses commandes physiques et contrô­leurs pour pilo­ter tout ce beau monde. On peut égale­ment expor­ter et impor­ter des séquences au format SMF et utili­ser la fonc­tion Data Filer pour char­ger ou sauver des Sysex MIDI.

L’in­ter­face USB trans­forme égale­ment le Kronos 2 en carte audio 2 entrées/2 sorties pour PC (Vista, Windows 7, Windows 8 toutes versions) / Mac (OSX > 10.6.4), après avoir installé le pilote fourni sur l’un des 3 DVD livrés avec la machine. Les prises USB 2.0 sont d’ailleurs de type Hot-Pluging et peuvent alimen­ter en tension les péri­phé­riques connec­tés (USB Power), avec un maxi­mum de 8 unités toute­fois. On peut aussi direc­te­ment raccor­der des péri­phé­riques compa­tibles USB MIDI natif ; on pense notam­ment au Nano­Pad2 et au PadKon­trol, qui offrent 16 pads dyna­miques et une surface de contrôle 2 axes. Enfin, l’édi­teur – biblio­thé­caire télé­char­geable sur le site du construc­teur (stan­da­lone ou plug-in VST/AU) a lui aussi évolué en paral­lèle de l’OS, venant parfaire cette inté­gra­tion. Il est désor­mais en 3.0.

Combi­nai­sons par 16

Dans le Kronos 2, il est possible de regrou­per 16 programmes au sein du mode Combi­nai­son. On peut faire appel à n’im­porte quelle synthèse (allo­ca­tion dyna­mique des voix et des synthèses), avec toute­fois les limites d’ins­tances évoquées précé­dem­ment. Toute­fois, c’est large­ment suffi­sant dans la majo­rité des cas. La mémoire interne renferme 1 792 Combi­nai­sons multi­tim­brales jusqu’à 16 parties, toutes éditables (512 pré-char­gées). Lors de l’ap­pel d’une combi­nai­son, le LCD du Kronos 2 affiche une table de mixage virtuelle des 16 parties simul­ta­nées, bien pratique pour tout visua­li­ser d’un coup. On peut ainsi rapi­de­ment modi­fier un numéro de programme, son volume ou pano­ra­mique ; de même on peut rapi­de­ment régler l’EQ des 16 parties côte à côte ou encore affec­ter des fonc­tions aux poten­tio­mètres, boutons et curseurs. Pour chaque partie, on peut régler un nombre impor­tant de para­mètres : canal MIDI, mode de jeu (programme interne/externe/les deux), acti­va­tion des oscil­la­teurs, porta­mento, réserve de poly­pho­nie, trans­po­si­tion/accor­dage, tempé­ra­ment, délai, synchro de la table d’ondes, routage des entrées audio pour les moteurs EXi compa­tibles, filtres MIDI & contrô­leurs (22 para­mètres), tessi­ture (avec fondus haut et bas), fenêtre de vélo­cité (avec fondus haut et bas là aussi !), routage très précis des effets (inserts, départs, chaî­nages, sorties audio) et, bien sûr, édition détaillée de ces derniers.

Korg Kronos 2

L’al­té­ra­tion partielle des programmes est possible dans la page Tone Adjust, qui permet d’édi­ter certains para­mètres clés (filtres, enve­loppes, LFO) et de sauve­gar­der le tout au sein de la combi­nai­son, sans alté­rer le(s) programme(s) d’ori­gine. On aurait aimé pouvoir contrô­ler un peu plus de para­mètres (les filtres sépa­ré­ment par exemple), mais c’est quand même bien pratique pour éviter de décli­ner plusieurs versions d’un même programme ! Par ailleurs, l’OS3 apporte l’édi­tion des programmes dans leur contexte de Combi­nai­son : pour cela, il suffit de se posi­tion­ner sur le nom du programme à éditer dans l’écran prin­ci­pal de la Combi­nai­son, tout en main­te­nant la touche Enter ; on bascule alors dans l’édi­teur du programme, qu’on peut modi­fier à souhait ; le programme ainsi modi­fié doit être sauve­gardé en mode Programme. Toujours en mode Combi­nai­son, le nombre de modules d’ar­pèges Karma dispo­nibles passe de 1 à 4, il y a toujours une piste Drum, le module Vector (mais cette fois, on place les 16 programmes aux 4 points cardi­naux pour modu­ler leurs volumes respec­tifs avec le Joys­tick ou l’en­ve­loppe dédiée) et les 16 multi-effets. Bref, ça tourne dans tous les sens, à tel point que parfois, on peut avoir l’im­pres­sion de perdre le contact avec la réalité et lais­ser le Kronos 2 jouer tout seul…

KR Combi 1
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  • KR Combi 1 01:27
  • KR Combi 2 01:01
  • KR Combi 3 01:55
  • KR Combi 4 01:36

Séquences MIDI

Le séquen­ceur du Kronos 2 est un gros morceau mélan­geant MIDI et audio. En effet, il offre 16 pistes MIDI, une piste Master (gérant le tempo notam­ment) et 16 pistes audio. Commençons par le MIDI : 16 pistes, cela peut paraître peu juste sur une works­ta­tion de 2015, mais cela semble être devenu le stan­dard, tout comme l’unique trio MIDI. La mémoire du Kronos 2 est de 400 000 notes pour le MIDI, répar­ties en 200 Songs de 1 à 999 mesures. De quoi voir venir. Il ne faudra pas oublier de sauve­gar­der cette mémoire avant l’ex­tinc­tion de la machine, car elle est vola­tile. OK, mais pourquoi donc aucune fonc­tion de sauve­garde en tâche de fond n’est prévue pour le MIDI, alors qu’on a 60 Go de SSD sous le capot ? D’au­tant que cela existe pour les pistes audio ! Passons… la réso­lu­tion maxi­male est de 480 bpqn, parfait ! Pour ne pas partir de zéro, compte tenu du nombre de réglages possibles (mixage, effets…), 18 gaba­rits de Song sont prévus, l’uti­li­sa­teur pouvant en sauve­gar­der 16 de son propre cru. Autre fonc­tion pratique, l’en­voi direct vers une Song d’un programme ou d’une combi­nai­son, avec tous leurs para­mètres, pour enre­gis­tre­ment immé­diat.

Korg Kronos 2

En lecture, chaque piste peut être bouclée sur une durée indé­pen­dante, avec ou sans lecture de l’in­tro (avant zone de bouclage), permet­tant la créa­tion de motifs complexes. Tout comme en mode Combi­nai­son, on peut alté­rer certains para­mètres des programmes, mixer, régler les effets avec préci­sion, défi­nir les tessi­tures/vélo­ci­tés, filtrer messages MIDI et contrô­leurs. De même, depuis l’OS3, on peut éditer les programmes dans leur contexte de séquen­ce… en enre­gis­tre­ment, les para­mètres alté­rables ont droit à l’au­to­ma­tion totale (avec les commandes en façade, fonc­tion Tone Adjust), tout comme les modu­la­tions AMS et Dmod (pour les effets, voir ci-après). Le séquen­ceur du Kronos 2 peut enre­gis­trer et éditer aussi bien en temps réel qu’en pas-à-pas. Pour l’en­re­gis­tre­ment, on peut régler les Punch in/Punch out, boucler, faire des Over­dub… Dans la page MIDI Mixer, on déter­mine le statut des 16 pistes, sachant qu’on peut en enre­gis­trer autant que l’on souhaite en même temps.

L’édi­tion est graphique, tirant parti du grand écran pour affi­cher les événe­ments sous forme de blocs ou de liste dérou­lante (mais toujours pas le mode Piano Roll du Krome). Tout est possible : quan­ti­sa­tion, dépla­ce­ment, copie, suppres­sion, inser­tion, édition micro­sco­pique (note, durée, place­ment, vélo­cité). Le filtrage de certains CC MIDI est prévu, afin de faci­li­ter l’édi­tion. La fonc­tion In-Track permet de déclen­cher des samples en synchro­ni­sa­tion avec le reste des événe­ments, permet­tant ainsi de placer des portions d’au­dio sans pour autant passer par le séquen­ceur audio dédié. Les samples sur lesquels la fonc­tion Time Slice a été utili­sée sont auto­ma­tique­ment synchro­ni­sés au tempo. Dans l’es­prit boîte à rythmes, le Kronos 2 offre 100 Patterns par Song. La fonc­tion RPPR permet de les déclen­cher en temps réel avec les touches du clavier, en les assi­gnant chacun à une touche sur une tessi­ture de 72 notes). On peut partir des 718 Presets des pistes Drum, en plus des 100 motifs utili­sa­teur. À diffé­rents niveaux plus globaux (pistes, mesures, patterns), on dispose des clas­siques fonc­tions copier/coller/dépla­cer/suppri­mer…

En mode Séquen­ceur, tout comme en mode Combi­nai­son, le nombre de modules d’ar­pèges Karma dispo­nibles passe de 1 à 4, il y a toujours une piste Drum, un module Vector (on place les 16 pistes aux 4 points cardi­naux pour les modu­ler avec le Joys­tick ou l’en­ve­loppe dédiée) et les 16 multi-effets. Bref, ça tourne encore plus dans tous les sens, à tel point qu’on peut perdre pied encore plus vite si on se laisse aller à utili­ser la machine dans toute sa complexi­té… 

Séquences Audio

La partie audio du séquen­ceur fonc­tionne en parfaite synchro­ni­sa­tion avec la partie MIDI, une Song étant consti­tuée des 16 pistes audio et 16 pistes MIDI. Le séquen­ceur audio du Kronos 2 travaille en 16 ou 24 bits linéaires/48 kHz (au choix, avec possi­bi­lité de gérer simul­ta­né­ment les 2 réso­lu­tions). Il est capable de trai­ter jusqu’à 300 000 événe­ments audio, en mémoire parta­gée avec les 400 000 événe­ments MIDI. On dispose de 16 pistes audio en lecture et 4 en enre­gis­tre­ment. Les routages précis sont défi­nis dans la page Audio Mixer (entrées, sorties pour moni­to­ring des bus/effets, sorties pour enre­gis­tre­ment des bus/effets). 2 pistes adja­centes peuvent être appai­rées pour créer une piste stéréo. Lecture et enre­gis­tre­ment ne peuvent se faire qu’à partir du disque SSD interne, on ne peut pas utili­ser direc­te­ment une mémoire de masse raccor­dée, si ce n’est pour faire des backups. Comme sur toute bonne DAW, les éditions audio sont sauve­gar­dées auto­ma­tique­ment au fur et à mesure de la session (type fichier Temp), plus qu’utile en cas de grosse panne ou d’ou­bli de sauve­gar­der son travail !

Korg Kronos 2

Les régions audio (poin­teurs de lecture) sont gérées indé­pen­dam­ment des fichiers WAV eux-mêmes. Ainsi, le dépla­ce­ment, la suppres­sion, la répé­ti­tion et la copie de mesures de pistes audio sont non destruc­tives (on copie des indexes de lecture de pistes, pas l’au­dio lui-même). On trouve cepen­dant des outils d’édi­tion audio destruc­tive (avec affi­chage graphique de la forme d’onde), tels que les fondus d’en­trée/sortie (linéaires ou non-linéaires), norma­li­sa­tion et Time Stretch ; dans ce type d’édi­tion, le Kronos 2 créée auto­ma­tique­ment les nouveaux fichiers WAV et des poin­teurs corres­pon­dants. La machine peut impor­ter des régions audio, à partir de fichiers WAV 44 ou 48 kHz, depuis le disque dur interne (il faut donc copier les données d’un CD ou d’une clé USB sur le SSD avant de faire la mani­pu­la­tion). La copie se limite à des fichiers mono, la stéréo n’est pas prise en compte sur des pistes au préa­lable liées.

Côté auto­ma­tion, on peut s’amu­ser avec les volumes, les pano­ra­miques, les EQ 3 bandes et les 2 départs d’ef­fets. On a égale­ment la possi­bi­lité de boun­cer des pistes audio, de resam­pler les pistes MIDI et audio en fichiers WAV stéréo ou encore de graver direc­te­ment un CD audio sur un péri­phé­rique USB raccordé. Pour être complet, signa­lons qu’il existe une fonc­tion d’op­ti­mi­sa­tion de la RAM, qui nettoie la mémoire des fichiers ou régions audio inuti­li­sés. 

Bête de scène

Les Set Lists permettent d’or­ga­ni­ser indif­fé­rem­ment jusqu’à 128 programmes, combi­nai­sons et séquences, afin de les appe­ler/enchaî­ner rapi­de­ment. L’écran affiche 16 empla­ce­ments simul­ta­nés et des flèches tactiles pour faire défi­ler diffé­rents groupes de 16. C’est dans ce mode que l’on tire le meilleur parti des tran­si­tions douces entre les sons (Smooth Sound Tran­si­tion), puisqu’on peut en para­mé­trer certains compor­te­ments, dont le volume initial et la durée de la tran­si­tion. L’OS 3 permet de person­na­li­ser la couleur de chaque empla­ce­ment, de les trans­po­ser (bien pratique, surtout qu’il n’y a pas de commande dédiée en façade) et d’af­fi­cher des commen­taires (par exemple, des aide-mémoire ou les paroles d’une chan­son) ; ceux-ci sont affi­chés lorsque le programme est choisi, dans diffé­rentes tailles de police et confi­gu­ra­tions d’af­fi­chage (avec un menu dérou­lant lorsque cela est néces­saire). On peut entrer le texte avec un clavier USB externe, sympa. Ces fonc­tion­na­li­tés bien pensées font du mode Set List un outil idéal pour la scène.

On trouve aussi un EQ graphique 9 bandes supplé­men­taire par rapport aux autres modes de jeu, permet­tant par exemple un ajus­te­ment ultime du son en fonc­tion de l’acous­tique de la salle.

L’une des appli­ca­tions origi­nales des Set Lists concerne le mode Song. On peut défi­nir et program­mer la piste MIDI pilo­tée par le clavier dans chaque empla­ce­ment. En lançant un morceau, on peut alors alter­ner entre 2 empla­ce­ments (et donc 2 canaux [et donc 2 sons]), sans inter­rompre la lecture du morceau, bien vu ! La mémoire du Kronos 2 renferme 128 Set Lists, de quoi être auto­nome pour toute une série de concerts…

 

Pas mieux

Dans quelques lignes, cela fera un peu plus de quinze mille mots que nous décou­vrons avec émer­veille­ment ce qui est la plus puis­sante station de travail maté­rielle jamais sortie. Le Kronos 2 succède digne­ment au Kronos et au Kronos X. Par ses amélio­ra­tions tant maté­rielles que logi­cielles, il prend encore de l’avance. Le premier point à souli­gner est la qualité de construc­tion, qui avait été poin­tée du doigt par certains à la sortie du Kronos, en parti­cu­lier sur le modèle 61 touches. Avec le Kronos 2, nous avons constaté que tout cela était du passé : la nouvelle struc­ture méca­nique est parfaite, rien de bouge, que ce soit sur les flancs, sous les touches ou sur le capot. Les produits utili­sés ont aussi bien progressé : du bois fine­ment usiné pour les flancs, exit le plas­tique gloss un peu fragile, une grille métal­lique inté­grée à l’ar­rière de la faça­de… sans parler des compo­sants internes, carte, proces­seurs et mémoires éten­dues. Sur le plan logi­ciel, que de progrès depuis l’OS1 : temps de boot raccourci, strea­ming possible sur tous les samples, édition des programmes dans leur contexte multi­tim­bral et amélio­ra­tions d’er­go­no­mie à diffé­rents endroits. Ques­tion sono­ri­tés enfin, le moteur SGX-2 apporte des amélio­ra­tions qui placent les pianos acous­tiques loin devant la concur­rence, par leur expres­si­vité, leur réalisme et les réglages possibles : le nouveau Bech­stein de concert (Berlin piano) avec moda­li­sa­tion de la réso­nance sympa­thique des cordes et posi­tion Una Corda, en est une parfaite illus­tra­tion ; il n’a rien à envier aux solu­tions logi­cielles les plus abou­ties.

Le Kronos 2 (3 299 €) est aussi un Kronos, avec ses effets magni­fiques, ses modes multi­tim­braux, son séquen­ceur MIDI/audio complet, ses enchaî­ne­ments de sons sans tran­si­tion audible, le sampling à tous les niveaux, l’in­ter­face MIDI/audio inté­grée et la toute-puis­sance de ses neufs moteurs sono­res… neufs moteurs que nous aurions aimé voir portés à dix ou plus, depuis quatre ans que le Kronos existe. Il faudra encore attendre et espé­rer, mais tout est possible ! L’im­pres­sion de profon­deur abys­sale et de complexité subsiste toujours, ce n’est pas une machine pour commen­cer dans la synthèse, telle­ment les pages de para­mètres sont nombreuses. Le Kronos 2 est la machine de design sonore ultime. Mais avec sa grosse banque interne ou les très nombreuses exten­sions option­nelles de tierces parties, le Kronos 2 est aussi un instru­ment de musique prêt à jouer. Et il sonne divi­ne­ment bien ! Il est donc tout à fait poly­va­lent, que ce soit dans un studio ou sur une scène où le mode Set List amélioré et les tran­si­tions en douceur feront merveille. Le Kronos n’avait objec­ti­ve­ment pas de concur­rence réelle, le Kronos 2 enfonce le clou, sans rendre obso­lète son aîné, qui peut être mis à jour ; pour cela aussi, bravo Korg ! Le Kronos avait changé la donne, le Kronos 2 prouve, comme nous le pres­sen­tions à l’époque, que cette situa­tion va encore durer un bon moment ! Il est perché, seul, là-haut… Pour cela et tout le reste, nous lui décer­nons l’Award Audio­fan­zine Valeur Sûre 2015.

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  • Korg Kronos 2
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9/10
Award Valeur sûre 2015
Points forts
  • La qualité sonore et la polyvalence
  • Les performances globales toujours plus hallucinantes
  • Les synthèses multiples et simultanées
  • L’allocation dynamique des voix
  • L’ergonomie encore améliorée
  • L’édition des programmes dans les modes multitimbraux
  • Les transitions inaudibles des programmes
  • La taille étendue des mémoires de masse
  • Le streaming audio généralisé à tous les échantillons
  • Les possibilités de modulation un peu partout
  • Les multi-effets surpuissants et très nombreux
  • L’interface audio/midi over USB
  • La possibilité de connecter certains moteurs à d’autres
  • Le séquenceur 16 pistes audio direct-to-disc
  • La qualité de construction, très sérieusement améliorée
  • Le mode Karma, pour celui qui parvient à le dompter
Points faibles
  • Le mode Karma, plus complexe que fonctionnel
  • L’absence de pads physiques intégrés
  • La mémoire volatile du séquenceur et la limite à 16 pistes MIDI
  • La petite taille de certaines cases à sélectionner à l’écran
  • On attend toujours un véritable dixième moteur sonore…
Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.


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