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Interview de Paul Mahon (The Answer)

Lumière sur Paul Mahon, guitariste du groupe The Answer
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Il y a dix ans, les Irlandais de The Answer se présentaient au monde en jetant un bien joli pavé dans la mare avec leur premier album Rise (2006), un excellent disque où on pouvait s’étonner d’entendre de si jeunes musiciens maîtriser à ce point un classic rock fortement influencé par Free, Led Zeppelin et consorts. De l’eau a coulé sous les ponts depuis, le revival du classic rock s’est répandu au travers de nombreuses autres formations et The Answer a continué son bonhomme de chemin tout en faisant évoluer son style, enregistrement après enregistrement, jusqu’à la sortie de son sixième disque Solas disponible le 28 octobre. The Answer se produisait à l’Olympia cet été dans le cadre d’une tournée célébrant les dix ans de son premier opus, l’occasion pour nous de nous entretenir avec son guitariste Paul Mahon histoire d’en savoir plus sur son parcours musical et le matériel qu’il utilise.

Paul, peux-tu reve­nir sur tes premiers pas de musi­cien ? 

Au départ, j’étais avant tout un audi­teur comme les autres. J’étais un grand fan de musique et pour quelqu’un d’aussi jeune que moi, cela repré­sen­tait une partie très impor­tante de ma vie. Je savais que je voulais être impliqué là-dedans d’une manière ou d’une autre. Je suis vite devenu une sorte de jeune jour­na­liste, car je pouvais dire qui jouait sur tel ou tel album, qui faisait quoi, où avait eu lieu l’en­re­gis­tre­ment et tout ce genre de détails. Pour moi, l’étape suivante était d’ap­prendre à jouer. J’ai eu ma première guitare pour le Noël de mes douze ans. À l’époque, je pensais que j’al­lais pouvoir jouer comme Joe Satriani en l’es­pace de seule­ment deux semaines (rires) ! J’at­tends encore ce moment (rires) ! C’était vrai­ment beau­coup plus dur que ce à quoi je m’at­ten­dais. Je n’ar­ri­vais même pas à m’ac­cor­der, je cassais des cordes et je finis­sais par tout envoyer bala­der. Je ne pouvais pas enchaî­ner un accord de La et un accord de Sol. J’ai fini par aban­don­ner la pratique de la guitare pendant envi­ron deux ans. 

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Puis Never­mind (1991) de Nirvana est sorti et cela a eu un énorme impact sur les gamins de mon âge qui se sont mis à former des groupes les uns après les autres. Cet album, à la manière du mouve­ment punk à la fin des 70’s, a démon­tré que l’on pouvait faire de la bonne musique sans possé­der la tech­nique d’Ed­die Van Halen et que les accords de quinte pouvaient suffire. Cela m’a énor­mé­ment influencé et encou­ragé à reprendre la guitare. Puis j’ai commencé à me dire en voyant jouer des groupes locaux que si ces mecs pouvaient le faire, il n’y avait aucune raison pour que je ne le puisse pas. J’ai commencé à croire en moi et à m’exer­cer davan­tage. J’ai donc appris pas mal de chan­sons de Kurt Cobain, ce qui était assez grati­fiant et encou­ra­geant. Vivant en Irlande du Nord, j’ai très vite été marqué par le succès de Therapy ? qui m’a égale­ment inspiré. Puis je me suis mis à Pearl Jam et leurs chan­sons étaient plus compliquées et c’est là que j’ai commencé à vrai­ment m’amé­lio­rer. 

À partir de là je me suis orienté vers le blues et Led Zeppe­lin, Jimi Hendrix, Black Sabbath et bien évidem­ment Free, une de mes plus grosses influences. Tout ce que je viens de citer consti­tue sans aucun doute les racines du son de The Answer. Puis j’ai fini par aller plus loin dans mon appren­tis­sage en lorgnant du côté de Joe Satriani, Steve Vai et Frank Zappa. Je me suis égale­ment mis au jazz à cette période. Mon seul problème est que je n’avais pas de groupe avec qui jouer. C’était avant l’exis­tence de Pro Tools et jouer de la musique avec l’aide d’un ordi­na­teur était encore hors de ma portée niveau budget. Ce n’était pas comme aujour­d’hui où tu peux grosso modo faire un album tout seul dans ta chambre. J’ai fini par me procu­rer un 4 pistes, mais je me suis vite ennuyé avec. Bien sûr je jouais souvent en écou­tant mes disques favo­ris. J’écou­tais Made In Japan (1972) et je deve­nais Ritchie Black­more pour la nuit ! Mais j’ai commencé une école de musique et cela a été une expé­rience très enri­chis­sante, car je devais compo­ser pour mes examens et faire tout un tas d’exer­cices. J’étais un peu lent avec l’ap­pren­tis­sage tradi­tion­nel, le solfège, mais j’avais une bonne oreille. Disons que j’étais beau­coup plus rapide pour comprendre des choses que pour en écrire, même si je ne m’en sortais pas si mal dans mes cours de musique clas­sique. Le 4 pistes est vite rede­venu attrayant car il me permet­tait de compo­ser plus rapi­de­ment. J’ai commencé égale­ment à m’in­té­res­ser à la tech­no­lo­gie et aux tech­niques d’en­re­gis­tre­ment pour complé­ter mes connais­sances. Je me suis mis à cette époque à compo­ser pas mal de choses tradi­tion­nelles et pas mal de blues, et Micky (NDLR Waters, basse) n’était jamais très loin. Nous jouions souvent ensemble, et cette période, vers 1999, a marqué le début de ce qu’al­lait deve­nir The Answer. 

Jouais-tu déjà sur une Les Paul ? 

Non ! Je jouais sur des Strat à l’époque ! À vrai dire, je n’ai pas touché la moindre Les Paul avant The Answer. C’est arrivé tout bête­ment quand un beau jour un ami d’un groupe local est venu me voir et m’a dit : « pourquoi joues-tu sur une Strat ? Ton style de musique réclame l’usage d’une Les Paul ! ». J’avais 21 ans et j’ai voulu essayer. J’ai donc acheté une Les Paul et lorsque ce mec m’a vu jouer avec, il m’a dit « c’est le jour et la nuit Paul, tu es fait pour cette guitare ! ». J’ima­gine que tout le monde doit penser que j’ai toujours joué sur des Les Paul, mais abso­lu­ment pas, j’ai grandi avec des Strat ! 

Et depuis que tu t’es mis aux Les Paul, tu n’es plus jamais revenu en arrière n’est-ce pas ? 

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Non pas vrai­ment effec­ti­ve­ment ! Ceci dit, j’ai fait l’ac­qui­si­tion d’une super­strat Char­vel Jake E.Lee sur la tour­née d’AC/DC (NDLR The Answer a assuré la première partie d’AC/DC sur la tour­née mondiale de Black Ice en 2008 et 2009), mais je dois avouer ne pas l’avoir beau­coup jouée. En revanche, sur notre nouvel album Solas (2016), je joue énor­mé­ment sur une Strat de la marque Nash. Ce sont de superbes guitares ! La mienne est une réplique parfaite des Stra­to­cas­ter de 1963 (ndlr : proba­ble­ment une S63). Ce sont le même genre de guitares qu’uti­lise Richie Sambora. Quand vous le voyez jouer sur une Strat, la plupart du temps c’est d’une Nash dont il s’agit. C’est son guitar tech qui m’a présenté ses guitares et qui m’a permis de les essayer. J’ai égale­ment pas mal joué sur une nouvelle Yamaha Revs­tar sur notre dernier album, et j’ai même ressorti une vieille Tele­cas­ter que je possède pour quelques prises. 

En ce moment, nous jouons prin­ci­pa­le­ment nos plus vieux morceaux en tour­née et pendant nos répé­ti­tions j’ai essayé de les jouer avec ma Nash, mais ils ne rendent pas aussi bien. Cela pour­rait fonc­tion­ner, mais il faudrait que j’y passe plus de temps et ça chan­ge­rait proba­ble­ment un peu le son du groupe. Pour l’ins­tant je reste donc avec mes Les Paul, mais il n’est pas impos­sible de me voir ajou­ter la Nash à mon arse­nal pour les nouveaux titres sur la prochaine tour­née. Nous verrons bien !

Peux-tu parta­ger avec nous des moments clés de ton appren­tis­sage de la guitare ? 

Je pense que le premier solo de guitare que j’ai appris note pour note est celui de All Right Now de Free. Ce n’est pas vrai­ment un solo compliqué, mais cela m’a ouvert des portes et Free demeure sans doute mon influence majeure ! Le jeu de Paul Kossoff a servi de modèle pour mon phrasé, mon vibrato, mes bends et je me suis beau­coup inspiré de l’es­pace qu’il laisse entre les notes. J’ai donc appris énor­mé­ment de Paul Kossoff, même quant à ma façon de jouer legato ou pour mon attaque au média­tor. Il y a beau­coup de ressources diffé­rentes pour évoluer dans ces deux domaines et j’ai bien évidem­ment fait comme tout le monde et appris les trucs popu­laires comme Surfing With The Alien de Joe Satriani. Il y a cette partie de legato dans le premier solo qui est très inté­res­sante et du même album j’ai égale­ment appris des choses sur Lords Of Karma

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Je conti­nue d’ap­prendre encore aujour­d’hui, je me suis récem­ment concen­tré sur la tech­nique au média­tor et plus parti­cu­liè­re­ment sur l’angle que tu choi­sis selon les situa­tions. Tu peux jouer avec le média­tor à plat ou avec un angle d’un côté ou de l’autre de la corde. C’est un détail qui devient rela­ti­ve­ment impor­tant lorsque tu veux jouer vite et si tu souhaites avoir une certaine fermeté dans ton jeu. Il y a cette série de vidéos très inté­res­santes qui s’in­ti­tule Cracking The Code et je conseille à tout le monde d’y jeter un œil. Il y a des analyses très inté­res­santes sur le posi­tion­ne­ment du média­tor de beau­coup de guita­ristes comme Yngwie Malm­steen et sa tech­nique rota­tive. La posi­tion du média­tor est impor­tante, même si tu joues sobre­ment sur ta gamme penta­to­nique, car il y a des endroits où tu peux être suscep­tible de « coin­cer » sur ton manche, et cela peut se résoudre en utili­sant une autre posi­tion. Il en va de même pour le palm-muting. Par exemple en ce qui me concerne, j’avais tendance quand j’étouf­fais mes cordes à être un peu court sur les deux dernières. J’ai appris à repo­si­tion­ner ma paume pour régler ce problème. Je me demande si les meilleurs guita­ristes ont trouvé natu­rel­le­ment leurs posi­tions ou si au contraire ils ont travaillé la chose. Quoi qu’il en soit, je pense qu’il est inté­res­sant d’y porter atten­tion. 

Sinon, même si ce n’est pas de la tech­nique de jeu, le fait d’uti­li­ser des réduc­teurs de bruit a été déter­mi­nant pour moi, car si tu utilises beau­coup de gain sur scène, ça fait souvent un gros bruit désa­gréable entre les notes où lorsque tu arrêtes de jouer. Cela m’a pris des années pour domp­ter ce désa­gré­ment, car je tiens à pouvoir lais­ser du silence entre mes notes, de l’es­pace, et dans le même temps je veux jouer avec beau­coup de gain et de puis­sance sonore. Je pour­rais me servir davan­tage du volume des micros de la guitare, mais étant le seul guita­riste dans le groupe, je n’aime pas trop dépendre de cette tech­nique, car lorsqu’ar­rive le refrain, si tu loupes ton potard au moment de remon­ter le volume de ton micro, tout tombe à plat ! Tu n’as pas trop ce problème lorsqu’il y a deux guita­ristes dans le même groupe, car au pire si tu te rates, le second te couvre.   

Parlons main­te­nant de ton matos. Niveau média­tor juste­ment, une préfé­rence ? 

J’aime les Dunlop Tortex Jazz III XL de 1.0 mm.  Au-dessus, je n’aime pas le confort de jeu, je sens trop de résis­tance et en dessous je trouve ça trop souple. Quant à la forme, elle corres­pond tota­le­ment à ma main.     

Peux-tu nous présen­ter les trois Les Paul que tu utilises en tour­née ? 

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Il y a tout d’abord ma Les Paul Clas­sic Cherry Sunburst produite en 2000 que j’ai ache­tée neuve à l’époque. Je ne l’ai même pas essayée avant de l’ache­ter à vrai dire. Je voulais donc acqué­rir une Les Paul, mais tout ce que je voyais en maga­sin était trop cher pour moi. J’ai trouvé un bon plan sur Inter­net pour cette LP Clas­sic, qui possé­dait les carac­té­ris­tiques que je recher­chais, et j’ai tenté le coup. J’étais très heureux de mon achat. Cette Les Paul possède d’ori­gine des micros beau­coup plus puis­sants que ceux que l’on peut trou­ver sur les Stan­dard. Elle est montée avec un Gibson 500T en cheva­let (ndlr : micro avec aimant céra­mique que l’on retrouve géné­ra­le­ment sur les Explo­rer) et un 496R en posi­tion manche. Je n’ai pas modi­fié grand-chose dessus, j’ai juste changé les méca­niques pour desGrover et vu le nombre de concerts qu’elle a donné, j’ai évidem­ment dû la refret­ter de nombreuses fois ! Elle a vrai­ment beau­coup servi, elle a fait toutes nos tour­nées et je l’ai jouée sur tous nos albums. En revanche je la joue moins de nos jours. Elle est accor­dée en Mi bémol et nous jouons davan­tage de titres en Drop D sur scène. Ce qui nous amène à la Gibson Les Paul Stan­dard 2008 Desert Burst, que j’uti­lise donc pour les morceaux en Drop D et aussi pour ceux en Open G. 

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Je l’ai ache­tée à New York juste avant de débu­ter la tour­née mondiale d’AC/DC. C’est un modèle « cham­be­red » (NDLR : Gibson allège la très grande majo­rité de ses Les Paul depuis de nombreuses années, il y a trois niveaux d’al­lè­ge­ment, le « cham­be­red » étant le plus dras­tique avec le corps quasi­ment entiè­re­ment creux). Elle a un manche Slim Taper 60’s asymé­trique très agréable. À l’ori­gine elle avait une paire de Burst­bu­cker Pro, mais j’ai seule­ment conservé celui installé sur le manche. Il me plait bien, mais celui au cheva­let ne faisait pas l’af­faire. Il était vrai­ment trop faible en compa­rai­son avec le 500T de la Clas­sic. Lorsque je chan­geais de guitare pendant le set, il y avait une chute de niveau trop percep­tible. J’ai eu la chance que cette problé­ma­tique survienne pendant la tour­née d’AC/DC, car il y avait ce guitar tech qui bossait pour AC/DC et qui connait tous les micros guitare du monde entier (rires) ! Nous sommes deve­nus de bons amis et il m’a donc fait essayer tout un tas de micros. J’ai essayé ceux d’An­gus Young, ceux de Jimmy Page puis j’ai fini par jeter mon dévolu sur le PRS Tremonti qui s’est révélé être au moins aussi brûlant que le 500T si ce n’est plus ! On lorgne pratique­ment du côté de la puis­sance des micros EMG selon moi. Il est resté installé sur cette guitare pendant un bon moment, puis j’ai fini par opter pour un autre 500T, mes 2 Gibson ont donc fina­le­ment le même modèle de micro cheva­let désor­mais. 

Il est inté­res­sant de voir que tu possèdes deux Gibson Les Paul à la construc­tion diffé­rente. Si jamais ta Clas­sic est allé­gée, il s’agit du « tradi­tio­nal weight relief », soit l’al­lè­ge­ment le plus faible, tandis que ta Stan­dard est au niveau maxi­mum d’al­lè­ge­ment. Comment les compa­re­rais-tu ? 

Je préfère le son de la Clas­sic. En revanche je ne sais pas pourquoi, mais bien que les micros soient les mêmes, la Stan­dard a un niveau de sortie un poil plus élevé et évidem­ment j’ap­pré­cie le fait qu’elle soit plus légère. Après je ne sais pas si c’est dû au fait que j’ai beau­coup plus joué sur la Clas­sic, mais j’ai tout de même une petite préfé­rence pour celle-ci.

Quelle est cette troi­sième Les Paul qui n’a pas l’air d’être une Gibson ?

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C’est une Greco Zemai­tis GZMF500 que j’ai récu­pé­rée lors de notre première tour­née japo­naise. Elle se rapproche plus d’une Les Paul Jr. J’aime son look. Je m’en sers pour nos titres en Open E, pour du slide avec une action réglée assez haute. Au manche c’est un PAF de DiMar­zio (NDLR : très certai­ne­ment un DP103), et au cheva­let c’est un DiMar­zio Air Norton. Là encore mon but pour ces chan­ge­ments de micros était de récu­pé­rer plus de niveau de sortie pour ne pas trop déno­ter avec les deux autres guitares. Le confort et le son de cette Greco sont assez simi­laires à ceux des Gibson. Le Air Norton a long­temps été un des micros favo­ris de John Petrucci, pour­tant je ne sonne abso­lu­ment pas comme lui et j’ai juste l’im­pres­sion d’avoir un PAF comme un autre (rires) ! 

Quel tirant pour tes cordes ? 

Je joue soit avec du 11–52 ou du 11–54 pour la Stan­dard 2008 en Drop D, et les deux autres sont en 11–48. 

Peux-tu me présen­ter ton pedal­board ? 

Mon signal rentre tout d’abord dans une pédale de volume, dont je me sers pour obte­nir un son clair. Comme je le disais plus tôt, je ne me sers pas beau­coup de mes potards de volume sur les micros de la guitare pour obte­nir un son clair, même si parfois je me sers à la fois de la pédale et des potards. Mais la plupart du temps, pour obte­nir mon son clair j’ac­tive cette pédale de volume qui est réglée de manière fixe sur la posi­tion qui « nettoie » le plus la distor­sion, si bien qu’en l’ac­ti­vant c’est un peu comme si je béné­fi­ciais d’un canal clair séparé. 

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Le signal rentre ensuite dans mon accor­deur Boss TU-2 puis se dirige vers ma wah-wah Ernie Ball. Elle sonne de façon simi­laire à une Cry Baby clas­sique, mais j’ai choisi prin­ci­pa­le­ment la wah d’Er­nie Ball, car un voyant s’al­lume quand l’ef­fet est enclen­ché (rires) ! Je ne peux pas me trom­per sur scène comme ça ! J’ima­gine qu’il doit y avoir des modèles de Cry Baby qui possèdent égale­ment un témoin lumi­neux, mais quoi qu’il en soit, ce petit voyant vert sur le côté m’avait convaincu ! 

J’uti­lise ensuite l’over­drive Archer, qui est une pédale basée sur la fameuse Klon Centaur. Je ne sais pas si les gars de chez J. Rockett ont obtenu un accord avec ceux de Klon pour produire leur pédale à grande échelle, mais quoi qu’il en soit on est ici clai­re­ment dans la copie. Les poten­tio­mètres sont les mêmes, ils ont juste remplacé le centaure par un archer (rires) ! Les 2 pédales sont vrai­ment simi­laires. La Archer est une très bonne over­drive, égale­ment true bypass. Je m’en sers prin­ci­pa­le­ment pour boos­ter mon signal lors de mes solos. Mon son est déjà bien poussé et distordu au niveau de l’am­pli­fi­ca­tion. Je me sers de la pédale de volume quand j’ai besoin de calmer tout ça et de l’Ar­cher pour me boos­ter lors des solos. 

On peut voir ensuite le Boss NS-2, un réduc­teur de bruit qui t’est appa­rem­ment très utile par rapport à ce que tu disais en début d’in­ter­view…

Oui le NS-2 est très utile et j’ai un réglage très agres­sif dessus. Je règle le thre­shold au maxi­mum par exemple. Parfois il peut m’ar­ri­ver d’al­ler un tout petit peu moins loin, mais c’est rare. Je ne l’ac­tive pas non plus en perma­nence, mais il me sert beau­coup, ne serait-ce que pour ne pas avoir à étouf­fer mes cordes et ne pas être gêné par des bruits désa­gréables. Je m’en sers notam­ment beau­coup pour les chan­sons que je joue avec la Les Paul Stan­dard Desert Burst. Je ne sais pas si c’est dû au fait qu’elle soit « cham­be­red » ou à son élec­tro­nique, mais cette guitare semble avoir plus de réso­nance et émet plus de larsens et autres petits bruits para­sites que les deux autres. De plus je la joue pour les titres en drop D, qui ont souvent un style plus précis, le NS-2 me permet donc de tout garder sous contrôle.  

Une autre pédale très popu­laire ensuite avec le Phase 90 de MXR. 

Avant d’avoir le modèle stan­dard, j’ai possédé les autres versions. La version 70’s (NDLR : la version « Script ») et celle d’Ed­die Van Halen qui est instal­lée sur un autre pedal­board. Au moment de devoir en acqué­rir une nouvelle, fran­che­ment j’ai opté pour ce modèle stan­dard, car pour moi, la diffé­rence est assez mince avec les autres versions. Je m’en sers surtout pour donner une couleur un peu diffé­rente à certaines ryth­miques et certaines parties lead, mais le phaser n’est pas un effet que j’uti­lise énor­mé­ment. 

Ton delay en revanche est dans une tout autre gamme de prix n’est-ce pas ? 

Oui c’est le Time­Fac­tor d’Even­tide. Il possède beau­coup de fonc­tion­na­li­tés. Tu peux obte­nir de supers échos, tu peux lancer des boucles, program­mer le BPM et faire tout un tas d’autres choses avec. Il m’ar­rive même de m’en servir entre les chan­sons pour combler un vide si j’ai besoin de m’ac­cor­der. Cela me rappelle d’ailleurs qu’un soir j’ai cassé une corde en plein morceau et je me suis servi du Time­Fac­tor pour répé­ter quelques lignes le temps de chan­ger de guitare en tombant pile-poil dans le timing pour finir le morceau (rires) ! Cela n’ar­rive pas tous les jours cela dit ! 

Ma dernière pédale est le Micro POG d’Elec­tro-Harmo­nix dont je me sers sur des titres comme Too Far Gone ou sur I Am What I Am. Comme pour le phaser, je l’uti­lise parfois pour donner une saveur diffé­ren­te… et aussi pour recou­vrir les fréquences graves de la basse de Micky (rires) ! 

Niveau ampli, tu combines deux légendes de chez Marshall avec le JMP et le JCM 800. 

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Ce sont mes amplis person­nels. Le JMP est un Super Lead Mark II datant de 1978 si je me souviens bien. J’en possède égale­ment un autre à la maison datant quant à lui de 1979. Les deux JMP sont des versions sans potard de gain (NDLR : préam­pli), il y a seule­ment le potard de volume (NDLR : étage de puis­sance). C’est une tête 100W que je dois pous­ser à fond pour obte­nir le son que je souhaite et je place donc un atté­nua­teur THD Hot Plate entre l’am­pli et le baffle. 

Mon JCM 800 n’est pas d’époque en revanche, c’est une version Reis­sue que je me suis procu­rée il y a quatre ans. J’uti­lise un Lehle P-Split pour faire fonc­tion­ner les deux têtes en même temps. C’est de loin le maté­riel le plus silen­cieux auquel j’ai eu recours pour utili­ser deux amplis simul­ta­né­ment et il évite très faci­le­ment l’ap­pa­ri­tion de bruits para­sites. J’aime combi­ner le JCM 800 et le JMP, car le premier est davan­tage high gain avec des aigus plus perçants en quelque sorte et le second a un côté plus vintage qui contre­ba­lance bien. 

Niveau baffle, le JMP est relié à un Marshall 425A doté de Celes­tion G12M Green­back tandis que le JCM 800 est connecté sur un Marshall 1960A Lead avec ses Celes­tion G12T-75. Il m’ar­rive parfois en festi­val de n’uti­li­ser que le JCM 800 relié aux deux baffles et de garder le JMP en backup, mais en marche normale je combine toujours les deux têtes !

Quel genre d’éga­li­sa­tion utilises-tu ? 

Rien de très origi­nal, mes potards restant tous proche de midi. Les aigus sont vers 13h00, les médiums restent à midi. Je baisse les basses et la présence vers 10h00. Pour le gain, comme je le disais le JMP n’en a pas, donc pour lui c’est le volume au maxi­mum ! Pour le JCM 800 je règle le gain vers 15h00 et je ne pousse pas beau­coup le volume, je ne dois pas dépas­ser 9h00, soit la posi­tion 2 ou 3 sur un ampli Marshall. C’est suffi­sam­ment fort comme ça, et pour le JMP j’ai une atté­nua­tion de –12 dB qui rend les choses suppor­tables. Mais c’est toujours fort (rires) ! 

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Concer­nant la prise de son, en live il n’y a géné­ra­le­ment pas d’autre option que celle de placer le micro tout près du haut-parleur. Il y a certains micros qui sont assez perfor­mants dans l’exer­cice comme le Shure SM57 et le Senn­hei­ser 421. Ce duo de micros est d’ailleurs idéa­le­ment mon point de départ lors des prises de son en studio, même si dans ce contexte, je fais évidem­ment preuve de plus d’ima­gi­na­tion et de créa­ti­vité concer­nant le place­ment des micros. Je prends notam­ment beau­coup plus de temps pour trou­ver l’en­droit idéal et les diffé­rents outils sonores pour peau­fi­ner la qualité de la prise. Il m’ar­rive parfois d’ex­pé­ri­men­ter en studio avec le Shure SM7 et sur notre nouvel album Solas j’ai eu recours à une combi­nai­son faite d’un SM57 placé dans l’axe du haut-parleur et d’un AKG C414 situé hors axe et un peu plus éloi­gné du baffle. En tour­née, j’avais l’ha­bi­tude de prendre avec moi un SM57 et un 421, mais aujour­d’hui je ne le fais plus forcé­ment, comme pour la tour­née actuelle où je m’en remets donc aux micros dispo­nibles sur place à la salle. Pour repiquer le son que je souhaite diffu­ser dans la sono, il suffit de deux SM57 de toute manière, un modèle popu­laire que l’on trouve faci­le­ment dans neuf salles sur dix. 

En studio utilises-tu les mêmes amplis ? 

Oui j’uti­lise beau­coup ce JMP et ce JCM 800, mais j’en utilise égale­ment d’autres comme l’AC30 de Vox ou le Class 5 de Marshall qui avec sa puis­sance de 5 watts est bien pratique pour enre­gis­trer en studio. J’uti­lise égale­ment mon autre JMP et même mon TSL qui est tout simple­ment mon tout premier ampli Marshall. Il finit toujours par me rendre service quelque part, pour un solo ou autre !

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