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Test du Novation Circuit Mono Station - La station debout

Rédigé par un humain
9/10
Award Valeur sûre 2017
2017
Valeur sûre
Award

Il y a deux ans, très exactement, Novation prenait tout le monde par surprise en sortant le Circuit. Personne ne s'attendait en effet à l'arrivée de ce petit synthé séquenceur sampler qui a su conquérir un public de plus en plus important, notamment en corrigeant petit à petit les lacunes relevées lors de son entrée sur le marché.


Test du Novation Circuit Mono Station : La station debout

Pour infor­ma­tion, rappe­lons que le Circuit était basé prin­ci­pa­le­ment sur le moteur de synthèse issu du Mini­nova, un synthé­ti­seur numé­rique de la marque anglaise. Avec le Mono  Station, c’est aujour­d’hui au tour d’un autre synthé­ti­seur de Nova­tion d’être ainsi « circuité », j’ai nommé la Bass Station 2, l’un des synthé­ti­seurs analo­giques plus emblé­ma­tiques du fabri­cant. Et le tout pour 479 € en moyenne, soit 90 € de plus que le synthé­ti­seur dont il s’ins­pire, et envi­ron 200 € de plus que le Circuit d’ori­gine !

Voyons cela !

Tour du proprié­taire 

 

général

Bien, alors comme d’ha­bi­tude, procé­dons d’abord par un petit « unboxing » textuel. Outre l’ap­pa­reil lui-même, on trouve dans la boîte un bloc d’ali­men­ta­tion avec un adap­ta­teur pour les prises britan­niques (on recon­naît la natio­na­lité du fabri­cant…), trois mini-câbles de conver­sion MIDI DIN/mini-jack, un câble USB stan­dard et un guide de mise en route. Le mode d’em­ploi complet est à télé­char­ger en PDF sur le site de Nova­tion. L’en­re­gis­tre­ment du Mono Station nous donnera égale­ment accès à 3Go de samples de chez Loop­mas­ters.

Le Mono Station est un beau petit bébé de 240 × 250 × 54 mm et de 1,19 kg, un poil plus dodu que son grand frère le Circuit. Dès le premier contact, la matrice de pads rappelle que l’on est bien dans la famille Circuit. Toute­fois, à la vue des potards, faders d’en­ve­loppe et pous­soirs, on comprend que l’on n’est plus dans le côté numé­rique et il faut bien le dire un peu cryp­tique du Circuit d’ori­gine. On est déjà visuel­le­ment dans un envi­ron­ne­ment analo­gique de type : un bouton/une fonc­tion (ou peu s’en faut). Mais entrons plus dans les détails.

boutons volume

La matrice de 8×4 pads est la même que celle du Circuit. On retrouve tout autour d’elle les diffé­rents pous­soirs permet­tant d’ac­cé­der aux diffé­rentes vues et pages de para­mètres. C’est au-dessus que nous trou­vons tous les éléments rela­tifs à la partie « synthèse ». À côté du bouton de volume en haut à gauche, nous trou­vons tout d’abord le réglage du tempo accom­pa­gné d’un bouton de battue (tap tempo). Puis vient la section LFO, les faders d’en­ve­loppe et la matrice de modu­la­tion. En dessous, nous trou­vons tout d’abord la partie « géné­ra­tion sonore », avec les sections corres­pon­dant aux deux oscil­la­teurs (choix des formes d’ondes et accor­dage) et la section de mixage avec des boutons de volume pour ces mêmes oscil­la­teurs, ainsi que pour le sub-oscil­la­teur, le géné­ra­teur de bruit, l’en­trée audio et le modu­la­teur en anneau. Ensuite, nous avons la partie filtre et enfin la distor­sion géné­rale.

On notera que les boutons de volume béné­fi­cient d’un éclai­rage interne dont le niveau change en fonc­tion de la valeur de volume, laquelle peut varier d’un preset à l’autre. Oui, je parle de presets car le Mono Station a beau être un synthé­ti­seur analo­gique, il n’en reste pas moins piloté numé­ri­que­ment, ce qui lui permet de mémo­ri­ser les états de confi­gu­ra­tion de tous ses para­mètres !

Les autres enco­deurs reprennent le mode de fonc­tion­ne­ment de ceux du Circuit d’ori­gine, avec une LED située en-dessous d’eux et dont l’in­ten­sité varie en fonc­tion de la valeur du para­mètre qu’ils contrôlent. Je revien­drai plus en détail sur tous les aspects de la géné­ra­tion sonore et les possi­bi­li­tés de mani­pu­la­tion asso­ciées dans le courant de cet article.

arrière

Pour finir ce tour exté­rieur du proprié­taire, saluons la richesse des connec­tiques situées en face arrière. On y trouve en effet, outre la prise de connexion au secteur et la prise USB, pas moins de 5 connexions CV (Note Out Gate, Note Out CV, Clock In, Clock Out et surtout CV Aux qui permet de pilo­ter n’im­porte quel para­mètre CV), trois prises MIDI au format mini-jack (In, Out et Trough), ainsi qu’une entrée audio et une sortie ligne mono, toutes deux au format jack 6,35 mm. La sortie casque (non indé­pen­dante) se trouve quant à elle en face avant, bien vu. Par rapport au Circuit d’ori­gine, on notera toute­fois deux grosses dispa­ri­tions : l’ali­men­ta­tion par piles, et le haut-parleur inté­gré. 

Mais il est temps main­te­nant pour nous de plon­ger dans le vif du sujet, à savoir le fonc­tion­ne­ment de la bête.

Le prin­cipe de la para­pho­nie

Pour bien comprendre comme fonc­tionne le Circuit Mono Station, il nous faut revoir certaines bases de synthèse. Dans sa commu­ni­ca­tion, Nova­tion parle du Mono Station comme d’un synthé­ti­seur « para­pho­nique ». Kézako ? Le prin­cipe d’un synthé­ti­seur est d’avoir un oscil­la­teur qui produit un signal qui, après moults trai­te­ments (ou pas) notam­ment via des filtres, va rejoindre un étage d’am­pli­fi­ca­tion pour deve­nir audible à l’être humain.

boutons oscillateurs

Dans le cas d’un synthé mono­dique, s’il peut y avoir plusieurs oscil­la­teurs, ils ne peuvent jouer qu’une seule note à la fois, et conjoin­te­ment (un oscil­la­teur ne peut pas jouer un Sol pendant qu’un autre joue un Mi, sauf si on désac­corde l’un des oscil­la­teurs mais c’est une autre ques­tion). Dans le cas d’un synthé­ti­seur poly­pho­nique, les oscil­la­teurs peuvent jouer plusieurs notes à la fois, et chacune de ces notes est indé­pen­dante des autres (si on joue un accord, on enten­dra toutes les notes dans le cadre de la poly­pho­nie maxi­male auto­ri­sée, et une note relâ­chée n’en­traî­nera pas la dispa­ri­tion des autres). Eh bien, la para­pho­nie, pour faire simple, c’est un peu un mélange des deux prin­cipes précé­dents. C’est-à-dire que plusieurs notes pour­ront être jouées simul­ta­né­ment mais qu’une seule note aura la pré-éminence sur les autres. En fait tout cela est lié au nombre de circuits d’am­pli­fi­ca­tion et de déclen­che­ment de notes présents sur un synthé­ti­seur, mais pour plus de détails je vous invite à lire cet article et celui-ci.

En ce qui concerne le Mono Station, ce sont les notes jouées par l’os­cil­la­teur 1 qui prévalent sur celles jouées par l’os­cil­la­teur 2.

Nova­tion a toute­fois prévu un mode alter­na­tif qui permet aux notes de l’os­cil­la­teur 2 de ne pas être coupées lorsque celles de l’os­cil­la­teur 1 le sont, et surtout d’être jouées tota­le­ment indé­pen­dam­ment de celles de l’os­cil­la­teur 1, ce qui est très bien vu. Mais pour en reve­nir à la commu­ni­ca­tion de Nova­tion, ce n’est pas anodin si la marque insiste sur la para­pho­nie de son produit. En effet, cette dernière repré­sente une évolu­tion par rapport au Bass Station 2 dont les deux oscil­la­teurs ne peuvent être acti­vés indé­pen­dam­ment. Sans comp­ter les capa­ci­tés avan­cées de séquen­çage offertes par l’ADN « Circuit » du Mono Station, et sur lesquelles nous revien­drons plus loin, la para­pho­nie par elle-même offre déjà des possi­bi­li­tés sonores passa­ble­ment éten­dues.

La créa­tion et la gestion du son

Il est d’ailleurs grand temps de parler du son ! C’est clai­re­ment l’un des points forts du Mono Station. Celui-ci est généré prin­ci­pa­le­ment par deux oscil­la­teurs analo­giques contrô­lés numé­ri­que­ment (DCO). Ceux-ci peuvent produire des ondes sinu­soï­dales, trian­gu­laires, en dent de scie ascen­dante ou encore à impul­sions. Leur hauteur de base peut être réglée via le sélec­teur de « Range », nomen­cla­turé selon les unités de tirettes d’orgue, de 16' pour les fréquences les plus graves à 2' pour les plus élevées. À ce para­mètre de hauteur s’ajoutent les deux para­mètres d’ac­cor­dage (fin et gros­sier), ainsi encore qu’un autre dédié à la mani­pu­la­tion du pitch. Déci­dé­ment, il y a déjà de quoi faire yoto­ter les fréquences dans tous les sens ! À tout cela, l’on ajou­tera encore la possi­bi­lité de modi­fier la largeur d’im­pul­sion pour les ondes pulsées. Enfin, chacun des oscil­la­teurs dispose de son propre contrôle de volume au sein de la section de mixage du synthé. 

Mais il n’y a pas que les volumes qui soient réglés indi­vi­duel­le­ment pour chaque oscil­la­teur : tous les para­mètres que je viens de vous citer le sont. Je vous laisse imagi­ner déjà ce que cela peut donner ! Enfin, les signaux des deux oscil­la­teurs peuvent être combi­nés grâce à un modu­la­teur en anneau dont le volume de sortie est égale­ment acces­sible dans la partie dédiée au mixage. Mais ce n’est pas tout ! Car à tout cela  viennent s’ajou­ter d’autres sources sonores. On a ainsi un géné­ra­teur de fréquences basses (sub-oscil­la­teur), couplé à l’os­cil­la­teur 1 mais dispo­sant égale­ment  de son propre réglage de volume, un géné­ra­teur de bruit et enfin un circuit ache­mi­nant un signal externe. Grâce à ce dernier l’on peut d’ailleurs créer de très inté­res­sants effets de feed­back. Et le filtre étant réso­nant, il peut lui aussi servir de source sonore supplé­men­taire. Tous les sons avec l’in­té­gra­lité de leurs para­mètres sont sauve­gar­dables dans 32 empla­ce­ments physiques. Via le logi­ciel Compo­nents (voir enca­dré) on peut ensuite libé­rer lesdits empla­ce­ments physiques en trans­fé­rant leur contenu sur un ordi­na­teur.

La mani­pu­la­tion du son

Dans le Circuit d’ori­gine, les para­mètres sont pilo­tables via des macros. Dans un premier temps à la sortie de l’ap­pa­reil, on ne dispo­sait pas des infor­ma­tions sur la nature des para­mètres pilo­tés par lesdites macros. Le fabri­cant arguait à l’époque que cela rele­vait de la volonté d’obli­ger les utili­sa­teurs à ne plus se canton­ner à la mani­pu­la­tion des para­mètres habi­tuels et à expé­ri­men­ter davan­tage. Dans mon banc d’es­sai de l’époque, j’avais relevé la nature poten­tiel­le­ment frus­trante d’une telle démarche. Cela a bien évolué depuis, notam­ment grâce au logi­ciel de para­mé­trage « Component » utili­sable sur tous les derniers synthé­ti­seurs hard­ware de la marque (Peak, Circuit et donc bien sûr le Circuit Mono Station ici présent), et sur lequel je revien­drai en fin d’ar­ticle.

Mais ne nous égarons pas. Sur le Mono Station, plus de macros poten­tiel­le­ment obscures, tous les para­mètres sont acces­sibles direc­te­ment en façade. Tous sont midi­fiés – excel­lente chose – et tous les enco­deurs ou faders (mais pas les boutons) peuvent faire l’ob­jet comme je le disais plus haut d’une auto­ma­tion au sein des lignes de séquen­çage des oscil­la­teurs, à l’ins­tar des enco­deurs de macros du Circuit d’ori­gine. Chaque ligne d’au­to­ma­tion ainsi créée peut égale­ment être suppri­mée indi­vi­duel­le­ment à tout moment.

matrice de modulation

Les outils de mani­pu­la­tion sonore dont nous dispo­sons sur le Mono Station sont les suivants : un géné­ra­teur d’en­ve­loppe, un LFO, un filtre réso­nant équipé de son propre circuit de distor­sion et une distor­sion géné­rale. À noter que le filtre peut être passe-bas, passe-haut ou passe-bande, qu’il dispose d’une fonc­tion de key tracking avec un taux d’ac­ti­va­tion para­mé­trable, ainsi que deux réglages de pentes – 2 et 4 pôles. On appré­ciera le fait de pouvoir exclure le deuxième oscil­la­teur et le géné­ra­teur de bruit du circuit de filtrage. 

Pour rester dans la philo­so­phie analo­gique géné­rale du produit, les effets numé­riques du Circuit d’ori­gine ont disparu. En revanche, Nova­tion nous grati­fie d’une matrice de modu­la­tion parti­cu­liè­re­ment bien pensée. Celle-ci permet d’as­so­cier quatre sources (enve­loppe, LFO, séquence de modu­la­tion et vélo­cité) à 8 desti­na­tions (distor­sion, CV aux, étage d’am­pli­fi­ca­tion, filtre et, pour chacun des deux oscil­los indi­vi­duel­le­ment, le pitch et la largeur d’im­pul­sion des formes d’ondes pulsées). Et ce de manière tota­le­ment libre ! On peut en effet affec­ter plusieurs desti­na­tions à une même source et vice versa, plusieurs sources à une même desti­na­tion. Qui plus est, le taux d’in­fluence de chaque source sur chaque desti­na­tion peut être réglé indi­vi­duel­le­ment. Et malgré la complexité des inter­con­nexions ainsi créées, le tout est d’une ergo­no­mie parfaite et immé­dia­te­ment compré­hen­sible. Du grand art !

 

Mais assez discuté du son, écou­tons-le.

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Et main­te­nant le dernier exemple audio précé­dent repro­duit ici avec le feed­back cité plus haut dû à la liai­son entre la sortie et l’en­trée audio :

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La matrice de pads et le séquen­çage

Les exemples présen­tés ci-dessus nous permettent non seule­ment de décou­vrir la nature et la qualité des sons produits par le Mono Station, mais égale­ment de nous faire une opinion sur ses capa­ci­tés de séquen­çage.

Inté­res­sons-nous tout d’abord à la matrice de pads. Celle-ci fonc­tionne globa­le­ment selon les prin­cipes établis par le Circuit d’ori­gine. Les pads en eux-même sont de la même qualité que ceux du Circuit… et ont globa­le­ment égale­ment le même défaut : ils pour­raient être à mon sens davan­tage sensibles à la vélo­cité, surtout dans les faibles niveaux de frappe qui sont très mal inter­pré­tés.

La matrice permet la navi­ga­tion entre diffé­rentes vues. On peut ainsi alter­ner notam­ment entre le « clavier » de jeu, le choix des gammes, le séquen­ceur, la liste des séquences (sessions), celle des patches sonores et diffé­rentes vues de para­mé­trage. Chaque vue est acti­vable par un bouton dédié. Tout comme sur le Circuit d’ori­gine et le Launch­pad Pro, une pres­sion longue sur ce bouton entraîne une acti­va­tion tempo­raire de la vue asso­ciée, laquelle dispa­raî­tra en relâ­chant ledit bouton, alors qu’une pres­sion courte entraîne une acti­va­tion défi­ni­tive de la vue concer­née. Toujours aussi pratique.

vue sessions

Mais inté­res­sons-nous plus parti­cu­liè­re­ment au séquen­çage. Le Circuit d’ori­gine permet­tait de créer quatre lignes de séquences distinctes, deux pour les deux oscil­la­teurs numé­riques du synthé­ti­seur et deux pour la boîte à rythmes inté­grée ou des samples impor­tés. Avec le Mono Station, nous conser­vons les lignes de séquen­çage pour les deux oscil­la­teurs (analo­giques à contrôle numé­rique cette fois-ci je le rappelle, et non plus inté­gra­le­ment numé­riques), et nous perdons celles dédiées à la boîte à rythmes/sampler… faute de boîte à rythme/sampler, c’est logique ! Ces deux dernières lignes sont rempla­cées par une ligne de séquen­çage dite de modu­la­tion, dédiée au pilo­tage des huit para­mètres de desti­na­tion de la matrice de modu­la­tion du synthé­ti­seur évoquée dans le para­graphe précé­dent. Cette ligne de séquence dédiée à la modu­la­tion apporte un vrai plus, car une judi­cieuse utili­sa­tion de cette dernière vous offrira dans les faits les fonc­tion­na­li­tés d’un second LFO.

Concer­nant globa­le­ment la program­ma­tion des séquences, on retrouve la même simpli­cité que sur le Circuit d’ori­gine, et les habi­tués de ce dernier ne seront pas perdus. Les lignes de séquences en ques­tion se construisent toujours selon le prin­cipe de patterns pouvant s’en­chaî­ner les uns aux autres. Toutes les lignes de séquence ainsi que tous les para­mètres de son asso­ciés sont sauve­gar­dables au sein de 32 empla­ce­ments physiques dans l’ap­pa­reil, appe­lés « sessions », avec des couleurs diffé­rentes si on le souhaite. A l’ins­tar des patches sonores, on peut trans­fé­rer les sessions complètes sur son ordi­na­teur. 

Reve­nons à la créa­tion des séquences elles-mêmes. Contrai­re­ment à celles du Circuit d’ori­gine, les lignes de séquence ne disposent plus du même nombre de patterns. L’os­cil­la­teur 1 dispose de 16 patterns, l’os­cil­la­teur 2 et la modu­la­tion de para­mètres de huit patterns chacun. Sachant que chaque pattern peut comp­ter jusqu’à seize pas, on aura donc un total possible de 256 pas pour la séquence de l’os­cil­la­teur 1 et de 128 pas chacune pour les séquences de l’os­cil­la­teur 2 et de la modu­la­tion de para­mètre. On pourra éven­tuel­le­ment regret­ter que cette diffé­rence de nombre de pas entre les lignes de séquence ne permette pas de créer une séquence commune conti­nue de 256 pas entre les deux oscil­la­teurs et les para­mètres modu­lés par la séquence dédiée. Tant pis.

Bien entendu, les séquences peuvent non seule­ment être program­mées pas à pas, mais égale­ment être enre­gis­trées direc­te­ment. Dans les deux cas, ce sera toujours un bonheur de pouvoir béné­fi­cier de véri­tables notes piquées, la durée de chaque pas de séquence pouvant être dimi­nuée jusqu’à 1/6e de la durée de pas prévue par défaut. On appré­ciera aussi forte­ment de pouvoir choi­sir des divi­sions tempo­relles ternaires pour les pas de séquence, ainsi que de pouvoir béné­fi­cier d’une gestion du swing.

lfo enveloppe

Les patterns d’un oscil­la­teur peuvent être copiés dans les empla­ce­ments de patterns de l’autre oscil­la­teur. Si l’on a programmé plusieurs patterns, tous ne sont pas obli­ga­toi­re­ment lus par la séquence en cours. On peut ainsi choi­sir une suite de patterns défi­nie par un pattern de début et un de fin, et lais­ser les autres patterns de la session en dehors de la séquence en cours. Cela peut sembler un peu compli­qué dit comme cela, mais c’est très pratique dans plusieurs cas de figure. Tout d’abord, on peut souhai­ter conser­ver certains patterns sans les inté­grer à une séquence parti­cu­lière, parce que l’on trouve qu’ils renferment des idées musi­cales inté­res­santes mais pas forcé­ment compa­tibles avec le reste de la séquence. On peut aussi ne vouloir les déclen­cher que manuel­le­ment, à certains moments précis. Enfin, il peut être inté­res­sant de ne réser­ver certains patterns qu’au jeu en direct, grâce à la possi­bi­lité déjà présente dans le Circuit d’ori­gine de sauve­gar­der indi­vi­duel­le­ment dans chaque pas d’une séquence des confi­gu­ra­tions précises de para­mètres. On peut ainsi, pendant que l’on joue d’une main, déclen­cher de l’autre des confi­gu­ra­tions de para­mètres spéci­fiques et alter­ner entre elles à sa guise en appuyant sur les pas de séquence.

Chaque pattern peut béné­fi­cier d’op­tions de lecture parti­cu­lières, avoir sa propre longueur, et commen­cer et termi­ner par le pas que l’on souhaite du moment que tous les pas impli­qués sont conti­gus entre eux. On notera que l’on peut même défi­nir direc­te­ment la longueur des pas via une série de pads symbo­li­sant des durées pré-établies. Un mode « smooth » permet d’adou­cir les tran­si­tions entre les pas de séquence. Enfin, chaque séquence dispose de son propre tempo. Toute­fois, si les séquences sont lues à la suite les unes des autres, elles adop­te­ront toutes le tempo de la séquence d’ori­gine.

Globa­le­ment et pour clore ce para­graphe, on peut dire que l’uti­li­sa­tion de la matrice de pads et la créa­tion de séquences ne dérogent quasi­ment pas à l’er­go­no­mie et au work­flow initiés par le Circuit premier du nom, toujours aussi agréables. Mais il y a toute­fois une chose que je souhai­te­rais souli­gner. En effet, je déplore forte­ment la dispa­ri­tion tota­le­ment inex­pli­cable de la fonc­tion « Nudge » présente sur le Circuit d’ori­gine, et qui permet de dépla­cer une séquence du nombre de pas que l’on souhaite vers la gauche ou vers la droite, parti­cu­liè­re­ment pratique pour reca­ler un enre­gis­tre­ment manuel un peu impré­cis. Sur le Mono Station, cette fonc­tion-là n’existe tout simple­ment plus ! Cela rend l’en­re­gis­tre­ment manuel d’une séquence d’au­tant plus risqué que l’ap­pa­reil ne dispose pas non plus d’une quel­conque fonc­tion de métro­nome (qui peut toute­fois toujours être bidouillée par le séquen­çage d’un son tous les temps, par exemple).

 

Conclu­sion

Autant le Circuit premier du nom avait été déve­loppé à l’ori­gine autour des concepts d’ex­pé­ri­men­ta­tion ludique et de tâton­ne­ment fertile rendus possibles par la tech­no­lo­gie numé­rique, autant on assiste avec le Circuit Mono Station ici présent au retour des para­mètres clai­re­ment iden­ti­fiés et du prin­cipe du « un bouton/une fonc­tion » typiques des synthé­ti­seurs analo­giques.

Normal, me direz-vous, si l’on consi­dère que le Mono Station est un héri­tier du Bass Station 2 du même fabri­cant. Il en a hérité des prin­ci­pales quali­tés : le son gras des oscil­la­teurs analo­giques, mais égale­ment la flexi­bi­lité du pilo­tage numé­rique avec notam­ment la midi­fi­ca­tion de tous les para­mètres. Si l’on ne s’en tient qu’à la partie synthèse, il va même parfois plus loin que son glorieux prédé­ces­seur, en offrant notam­ment la para­pho­nie de deux voix et une matrice de modu­la­tion aussi puis­sante que simple à utili­ser.

Mais le Circuit Mono Station, c’est aussi un… Circuit, dont il reprend à peu de choses près toutes les quali­tés de séquen­çage. Ergo­no­mie et simpli­cité s’avèrent être les maîtres mots. Toute­fois, on regret­tera forte­ment la dispa­ri­tion de la fonc­tion permet­tant de reca­ler à volonté un pattern, ainsi que la non-évolu­tion des pads dont le peu de sensi­bi­lité aux vélo­ci­tés basses traduit toujours aussi mal les frappes douces, ou encore l’asy­mé­trie du nombre de patterns des diffé­rentes lignes de séquen­çage d’une même session qui empèche la progres­sion paral­lèle et conti­nue des séquences au-delà de 128 pas.

Tarif moyen constaté : 514 €

  • général
  • boutons oscillateurs
  • boutons volume
  • vue sessions
  • matrice de modulation
  • lfo enveloppe
  • arrière

 

Notre avis : 9/10

Award Valeur sûre 2017
2017
Valeur sûre
Award

Points forts

  • Le son de l’analogique
  • La paraphonie
  • La flexibilité du numérique (presets, midification complète…)
  • La matrice de modulation !!!
  • … et sa ligne de séquençage dédiée
  • La richesse des connexions, avec notamment des CV Clock et Aux

Points faibles

  • Disparition de la fonction « Nudge » de recalage manuel des patterns
  • Pads toujours aussi peu sensibles aux frappes douces
  • Les trois lignes de séquençage qui ne disposent pas du même nombre de patterns
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