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D-50 de poche
8/10
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Présentée cet été, la nouvelle série Boutique comporte pas moins de quatre modules. Parmi eux, le D-05 modélise l’un des synthés les plus vendus à ce jour, le D-50, qui fête ses trente ans…

Avec 200 000 exem­plaires produits à partir de 1987, le Roland D-50 est le deuxième succès mondial de tous les temps, détrô­nant le Yamaha DX-7 (160 000 exem­plaires, 1983), avant d’être à son tour détrôné par le Korg M1 (250 000 exem­plaires, 1988). Pour réali­ser cet exploit, il réunit plusieurs atouts : robus­tesse, compa­cité, effets inté­grés et surtout une nouvelle tech­no­lo­gie permet­tant d’imi­ter une vaste pano­plie d’ins­tru­ments réels avec une synthèse facile à comprendre. A une époque où le DX-7 et la FM règnent sans partage, le D-50 invite les musi­ciens à repro­gram­mer leur synthé. Ce qui ne les empêche pas de recou­rir aux banques de la marque pour faire leurs tubes : Jean-Michel Jarre (Révo­lu­tions, En Atten­dant Cous­teau), Enya (Water­mark), Michael Jack­son (Bad), OMD, The Cars, Forei­gner… pour n’en citer que quelques-uns ! Le D-50 sera décliné jusqu’à plus soif, mais aura du mal à résis­ter à la vague suivante : les works­ta­tions à lecture d’échan­tillons initiées par Korg, avec des sons plus réalistes, des effets plus puis­sants et des séquen­ceurs inté­grés. Après diffé­rentes réin­car­na­tions maté­rielles et logi­cielles, le D-50 connait un retour en grâce et sa cote reprend des couleurs. Pour fêter ses trente ans, Roland vient de lui donner une nouvelle vie à travers un module de la série Boutique : le D-05…

Mini Module

D 05 2tof 08.JPG

Le D-05 fait partie d’une famille proli­fique comp­tant désor­mais onze membres, qui partagent tous la même concep­tion : un module ultra compact de moins d’un kilo, pouvant être monté dans une station d’ac­cueil clavier ou boitier (voir enca­dré). En dépit de sa petite taille, un Boutique n’a rien de gadget : l’avant, la façade et l’ar­rière sont consti­tués d’une tôle pliée très solide ; seuls le dessous et les côtés sont en plas­tique. Le D-05 marque une rupture sur le plan des commandes par rapport aux autres modèles Boutique. Les pous­soirs ont pris la place des poten­tio­mètres, dont le D-05 est presque dépourvu. Leur qualité est bonne, avec une réponse franche. Leur proxi­mité mani­feste ne nous a pas gênés. Le D-05 reprend quasi­ment les mêmes commandes et la même orga­ni­sa­tion que le D-50. On retrouve le joys­tick à deux axes (cette fois tout rikiki mais assez précis pour appro­cher rapi­de­ment la valeur souhai­tée), les touches d’in­cré­ment/décré­ment, les boutons de fonc­tion, les deux ensembles de huit sélec­teurs de programmes et le pavé numé­rique. L’écran rétroé­clairé a toute­fois perdu en largeur, puisqu’on se contente ici de 2×16 carac­tères. Du coup, on ne peut éditer que deux para­mètres par page, il y a donc plus de menus, à travers lesquels on navigue avec deux flèches situées sous l’écran. C’est plus fasti­dieux que sur un D-50, qui permet­tait de visua­li­ser cinq para­mètres d’un coup ! Pour éditer, on sélec­tionne le para­mètre dans la page avec les deux touches de fonc­tion contex­tuelles, puis on joue du joys­tick ou des touches d’in­cré­men­ta­tion/décré­men­ta­tion. Des boutons permettent de sélec­tion­ner direc­te­ment la couche sonore à travailler et de couper/acti­ver les quatre couches dispo­nibles (Partials). Les deux ensembles de huit boutons permettent aussi d’édi­ter les pas en mode séquen­ceur, une nouveauté par rapport au D-50.

D 05 2tof 06.JPG

Comme sur certains Boutique, le D-05 est équipé de deux rubans avec rétroé­clai­rage de posi­tion, placés à gauche de la façade. Le premier ruban fait office de pitch­bend lorsqu’un clavier est raccordé, alors qu’il déclenche les sons (suivant un tempé­ra­ment à défi­nir parmi seize types) lorsque rien n’est raccordé. Le second ruban est une molette de modu­la­tion, avec option de main­tien ou retour à zéro.

Concer­nant la connec­tique, ça se passe une nouvelle fois derrière : inter­rup­teur secteur, port micro-USB (alimen­ta­tion, MIDI et audio), mini-poten­tio­mètre de volume, sortie casque stéréo, sortie ligne stéréo, entrée ligne stéréo et entrée/sortie MIDI DIN. La connec­tique audio est au format mini-jack. En dessous du module, on trouve un petit HP et une trappe pour insé­rer les quatre piles AA-LR6 four­nies (par contre, le cordon micro-USB avec alimen­ta­tion secteur ne l’est pas). Avec son petit HP (vite saturé), son séquen­ceur et ses piles, le D-05 est tota­le­ment auto­nome, du moins pendant les cinq heures annon­cées par le construc­teur. En plus du dépliant multi­lingue exsangue habi­tuel de prise en main, Roland four­nit sur la toile un véri­table guide des para­mètres de 45 pages (en anglais).

Linéaire arith­mé­tique

ACB était l’acro­nyme utilisé par Roland pour « modé­li­sa­tion du compor­te­ment de compo­sants analo­giques ». Cette fois, le D-05 modé­lise des compo­sants numé­riques, à savoir des DSP purs et durs et leur logi­ciel. Le construc­teur a donc logique­ment baptisé cette synthèse DCB. Le prin­cipe du D-50 était de combi­ner des ondes PCM courtes à des ondes synthé­ti­sées pour repro­duire le compor­te­ment des instru­ments acous­tiques, où on trouve la plupart du temps une phase tran­si­toire (attaque) et une phase de tenue (vibra­tion).

Le spectre sonore des tran­si­toires variant souvent très rapi­de­ment, il est diffi­cile de les imiter avec la synthèse sous­trac­tive : l’échan­tillon­nage et la FM y parviennent en revanche bien mieux. Roland a choisi la première. À l’époque, la mémoire est limi­tée et coûte cher, donc le D-50 stocke cent mini-échan­tillons d’at­taques courtes et quelques sons bouclés qui s’étendent sur tout le clavier.

Pour la partie tenue, le spectre sonore variant moins dras­tique­ment, Roland décide de le confier à la synthèse sous­trac­tive clas­sique (onde de départ élémen­taire synthé­ti­sée et filtrée). En mélan­geant une onde PCM courte et une onde synthé­tique, on obtient ainsi un son que le cerveau iden­ti­fie par ses carac­té­ris­tiques d’at­taque et accepte par sa couleur de tenue. La synthèse Linéaire Arith­mé­tique est née, comme alter­na­tive à la FM, avec une approche cette fois beau­coup plus simple.

Au passage, le D-05 n’est pas la première modé­li­sa­tion de D-50 faite par Roland. C’était déjà le cas avec la carte VC-1, qui s’in­sé­rait dans le module VariOS et le V-Synth (en option pour le modèle clavier, inté­grée dans le rack).

Blind test

Avec un D-50 au studio, diffi­cile de résis­ter à la tenta­tion de concoc­ter un test à l’aveugle. Comme le D-50 est une machine très répan­due, nous avons solli­cité nos membres pour four­nir des séquences MIDI inté­grant leurs programmes en Sysex. Nous saluons Yvo , qui nous a envoyé une séquence pour chacun des 64 sons de sa banque commer­ciale Nexus pour D-50/550/05, Kosmix, qui nous a fait parve­nir douze séquences avec les programmes de son cru et DarXyde qui a proposé une séquence et son programme maison. Un grand merci à vous, les gars ! Chaque séquence est jouée deux fois (versions a et b). Pour jouer et tenter de gagner l’ad­mi­ra­tion de tous ceux qui se planquent derrière leur PC, il suffit de trou­ver quelle version corres­pond à quelle machine ; nous propo­sons de répondre en combi­nant les trois premiers chiffres du fichier audio (100 à 300), la version (a ou b) et la machine utili­sée (05 ou 50). Donc, par exemple, répondre « 102-a-05 » pour dire que la séquence « 102 Nexus a » est jouée au D-05. Les résul­tats du quiz sont dispo­nibles au début du fil de commen­taires.

D 05 Origi­nal and Clear
00:0001:01
  • D 05 Origi­nal and Clear 01:01
  • D 05 101 Nexus a 00:17
  • D 05 101 Nexus b 00:17
  • D 05 102 Nexus a 00:12
  • D 05 102 Nexus b 00:12
  • D 05 103 Nexus a 00:13
  • D 05 103 Nexus b 00:13
  • D 05 104 Nexus a 00:17
  • D 05 104 Nexus b 00:17
  • D 05 105 Nexus a 00:09
  • D 05 105 Nexus b 00:09
  • D 05 106 Nexus a 00:10
  • D 05 106 Nexus b 00:10
  • D 05 107 Nexus a 00:15
  • D 05 107 Nexus b 00:15
  • D 05 108 Nexus a 00:23
  • D 05 108 Nexus b 00:23
  • D 05 109 Nexus a 00:32
  • D 05 109 Nexus b 00:32
  • D 05 110 Nexus a 00:18
  • D 05 110 Nexus b 00:18
  • D 05 201 Kosmix a 01:19
  • D 05 201 Kosmix b 01:19
  • D 05 202 Kosmix a 00:46
  • D 05 202 Kosmix b 00:46
  • D 05 203 Kosmix a 00:44
  • D 05 203 Kosmix b 00:44
  • D 05 204 Kosmix a 00:54
  • D 05 204 Kosmix b 00:54
  • D 05 205 Kosmix a 00:33
  • D 05 205 Kosmix b 00:33
  • D 05 206 Kosmix a 00:27
  • D 05 206 Kosmix b 00:27
  • D 05 207 Kosmix a 00:36
  • D 05 207 Kosmix b 00:36
  • D 05 208 Kosmix a 00:44
  • D 05 208 Kosmix b 00:44
  • D 05 209 Kosmix a 01:20
  • D 05 209 Kosmix b 01:20
  • D 05 210 Kosmix a 00:56
  • D 05 210 Kosmix b 00:56
  • D 05 211 Kosmix a 00:48
  • D 05 211 Kosmix b 00:48
  • D 05 212 Kosmix a 00:22
  • D 05 212 Kosmix b 00:22
  • D 05 300 DarXyde a 01:11
  • D 05 300 DarXyde b 01:11

À l’écoute compa­ra­tive des extraits sonores, on peut dire qu’en matière d’imi­ta­tion de D-50, le D-05 assure. On retrouve les nappes planantes, les sons cris­tal­lins évolu­tifs et les basses rondes de l’an­cêtre. Il y a aussi une belle pano­plie d’ef­fets spéciaux. Les banques de nos membres montrent que le D-05 n’est pas cantonné aux sons 80’s/90’s. Si les chorus sont amples et élar­gissent bien l’am­biance, les réverbes sont métal­liques et lo-fi comme sur le D-50.

D 05 2tof 02.JPG

On retrouve bien sûr des sons bien rincés sur les titres des 80’s/90’s (Fanta­sia, Digi­tal Native Dance, Living Calliope, Brea­thy Chif­fer, Stac­cato Heaven, Pizza­gogo, OK Choral, Future Pad, Rich Brass… merci Eric Persing !), puisque le D-05 intègre cinq banques Roland origi­nelles de 64 programmes parmi ses six banques Preset. Il dispose par ailleurs de huit banques de 64 programmes réins­crip­tibles, un net avan­tage sur les 64 mémoires du D-50. Roland a judi­cieu­se­ment prévu un para­mètre permet­tant au D-05 de sonner « Origi­nal » (on entend le Noise Gate s’ou­vrir et se fermer sur certaines attaques ou queues douces, comme sur le D-50) ou Clear (aucun bruit de Noise Gate, c’est bluf­fant quand on a l’ha­bi­tude du D-50 !).

Si les deux machines ont le même carac­tère sonore, la même brillance et la même largeur stéréo, on note quelques diffé­rences : déjà, le D-05 sort moins fort que son ancêtre, de 5 à 10 dB envi­ron. Pour noter de petites diffé­rences sur le grain, il faut pous­ser les inter­ac­tions d’os­cil­la­teurs, les filtres et les modu­la­tions. En réuti­li­sant des séquences calées sur la fréquence des LFO (non synchro­ni­sables en MIDI), nous nous sommes rendu compte que les LFO n’os­cil­laient pas exac­te­ment à la même fréquence entre les deux machines. Nous avons aussi noté des petites diffé­rences sur les enve­loppes longues, alors que le compor­te­ment est iden­tique sur les enve­loppes courtes. Rien de choquant, c’est dans l’épais­seur du trait… bravo en tout cas pour cette modé­li­sa­tion très fidèle !

Édition complète

D 05 3schema.JPG

Le D-05 reprend l’en­semble des fonc­tion­na­li­tés et para­mètres du D-50, pour la partie synthèse, effets et MIDI. Nous verrons en fin de test qu’il y ajoute un sympa­thique séquen­ceur à pas et un petit arpé­gia­teur. Il s’agit donc d’un synthé entiè­re­ment numé­rique capable d’em­pi­ler deux à quatre couches sonores (bapti­sées Partials), suivant les modes de jeu. La poly­pho­nie est de seize notes en mode simple Whole (deux Partials), 8+8 notes en mode Split (2+2 Partials) et huit notes en mode Dual (quatre Partials empi­lés), avec diffé­rentes combi­nai­sons pour la gestion MIDI. Le synthé est donc bitim­bral, mais son mode de prédi­lec­tion est tout de même le mode Dual pour un son bien riche. Il y a deux types de géné­ra­teurs : ondes synthé­tiques (S) et échan­tillons PCM (P). Le D-05 les arrange par deux au sein d’un Tone, selon sept Struc­tures : S+S, S+S avec modu­la­tion en anneau, S+P, S+P avec modu­la­tion en anneau, P+S avec modu­la­tion en anneau, P+P et P+P avec modu­la­tion en anneau. La modu­la­tion en anneau est d’ailleurs la seule inter­ac­tion des géné­ra­teurs, il n’y a pas de synchro. Les ondes synthé­tiques sont à choi­sir entre une dent de scie fixe et une impul­sion à largeur variable. Les PCM sont à choi­sir parmi cent échan­tillons courts, joués en coup unique ou bouclés. On trouve des attaques (pianos, cordes, guitares, basses, cuivres, bois, percus­sions…), des tenues (orgues, pianos élec­triques, cordes, voix, guitares, spectres) et quelques boucles ryth­miques. Les PCM sont étirés sur l’en­semble du clavier, il n’y a pas de multi­sam­pling, d’où un réalisme très rela­tif.

On sélec­tionne le Partial à éditer avec des touches directes, le joys­tick permet­tant de mélan­ger rapi­de­ment les deux Partials d’un Tone et les deux Tones du Patch en cours ou d’édi­ter les deux para­mètres d’une page en même temps. Les possi­bi­li­tés de synthèse d’un Partial dépendent de la nature du géné­ra­teur sonore. Pour un géné­ra­teur de type S, on a une chaîne WG (géné­ra­teur) -> TVF (filtre) -> TVA (ampli) ; pour un géné­ra­teur de type P, on se contente d’une chaîne WG -> TVA (on ne peut pas filtrer les PCM, dommage !). Dans la partie WG, on dispose de tous les réglages habi­tuels, tels que pitch, accor­dage fin, suivi de clavier (pente réglable), action d’un LFO, enve­loppe de pitch, pitch­bend. Le filtre est de type passe-bas réso­nant (non auto-oscil­lant), avec une belle colo­ra­tion qui donne au D-05 sa couleur sonore typique­ment D-50. La fréquence de coupure peut être modu­lée par le suivi de clavier (avec point et pente réglables pour créer des fondus / Splits internes), l’en­ve­loppe de filtre, un LFO et la pres­sion. Vient ensuite le TVA, modu­lable par la vélo­cité, le suivi de clavier (fondus / Splits), l’en­ve­loppe dédiée, un LFO et la pres­sion. Les voix peuvent être jouées en mono ou poly­pho­nie. 

Modu­la­tions variées

Le D-50 faisait partie des synthés bien four­nis au rayon modu­la­tions. Le D-05, en copie conforme, reprend les mêmes possi­bi­li­tés. Les sources concernent les contrô­leurs physiques (Pitch­bend, modu­la­tion, vélo­cité, pres­sion, joys­tick), trois enve­loppes (par Tone) et trois LFO (par Tone égale­ment). Il n’y a pas de matrice de modu­la­tion en tant que telle, tout est figé dans les diffé­rentes pages d’édi­tion.

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Les trois LFO sont plutôt basiques : quatre formes d’onde (triangle, dent de scie, carré, aléa­toire), réglage de vitesse (pas très élevée, pas de synchro MIDI), délai et synchro de cycle (libre, à chaque nouvelle note, avec toutes les notes). Ils peuvent modu­ler le pitch, la largeur de l’onde d’im­pul­sion, la coupure de filtre et le volume, avec des quan­ti­tés bipo­laires.

Les enve­loppes possèdent cinq niveaux et cinq temps ; ces facul­tés sont à l’ori­gine des sons évolu­tifs du D-05 (citons le Digi­tal Native Dance). Elles ne sont pas pour autant des plus rapides, le D-05 n’a pas corrigé cela. Seule l’en­ve­loppe de pitch dispose d’une inver­sion d’ac­tion et de niveaux bipo­laires, cela manque sur l’en­ve­loppe du TVF. La pres­sion peut modu­ler l’ac­tion du LFO sur le pitch, la largeur de l’onde d’im­pul­sion, le filtre et le volume. La vélo­cité peut modu­ler les temps d’en­ve­loppe, la largeur de l’onde d’im­pul­sion, la quan­tité de l’en­ve­loppe de filtre et le volume. Enfin, le suivi de clavier (avec point de cassure et pente program­mables) peut modu­ler le pitch, le filtre, l’am­pli, les temps d’en­ve­loppe et la profon­deur d’ac­tion d’en­ve­loppe de filtre. Au niveau du Patch, on peut enclen­cher le porta­mento sur l’un des deux Tones ou sur les deux en même temps. Une fonc­tion Chase permet de jouer succes­si­ve­ment les deux Tones, avec un certain délai, un certain volume et un ordre de répé­ti­tion, histoire de se prendre pour Gior­gio Moro­der…

Effets internes

Le D-50 était l’un des premiers synthés (si ce n’est le premier) à inté­grer plusieurs effets numé­riques. En bonne copie, le D-05 les reprend inté­gra­le­ment. Au niveau du Tone, on trouve un EQ et un chorus (donc deux EQ et deux chorus par Patch double). L’EQ possède deux bandes, semi-para­mé­trique en basse fréquence et para­mé­trique en haute fréquence. Le chorus offre huit algo­rithmes, parmi lesquels diffé­rents chorus, flan­gers, tremolo et élar­gis­se­ment (type Dimen­sion D). On peut en régler la vitesse, la profon­deur et la balance. Ils sont de très bonne qualité, très utiles pour donner une belle ampleur aux sons.

Au niveau du Patch, on trouve une réverbe globale. On peut y router l’un ou l’autre Tone, ou encore les deux. Dans une banque, on trouve 32 algo­rithmes prédé­fi­nis et non éditables ; on peut toute­fois les copier d’une banque à l’autre dans les empla­ce­ments internes 17–32. Il s’agit de diffé­rents types ou tailles de halls, pièces, délais, Gate, reverse et grands espaces. Le seul réglage possible, outre le choix de l’al­go­rithme, est la balance du son sec/mouillé. La réverbe est très métal­lique, la boucle formée par les lignes à retard émulées est trop marquée et courte, la bande passante râpée, on reste au tout début des effets numé­riques inté­grés aux synthés. À part pour les effets spéciaux ou les ambiances très courtes, on aura tendance à couper cette réverbe aux béné­fices d’une unité dédiée ou d’un plug, même en mode Clear qui ne change rien sur ce point.

Séquences ET arpèges

D 05 2tof 01.JPG

Au temps du D-50, les séquen­ceurs et arpé­gia­teurs n’étaient plus telle­ment à la mode. Ils ont depuis connu un retour en grâce et le D-05 en est fort géné­reu­se­ment équipé. On commence par le petit arpé­gia­teur, capable de fonc­tion­ner suivant 6 modes : haut, bas ou alterné, le tout sur une ou deux octaves ; il manque donc le mode aléa­toi­re… il dispose de sept divi­sions tempo­relles (4, 8, 16, 32, 4T, 8T, 16T) et d’une fonc­tion Hold. Le tempo est synchrone à l’hor­loge interne/MIDI. 

Le D-05 offre aussi un séquen­ceur poly­pho­nique program­mable sur 64 pas. On active/programme les pas à l’aide des deux ensembles de huit boutons lumi­neux (sélec­teurs de programmes). On peut défi­nir le nombre de pas, les points de lecture début/fin, la divi­sion tempo­relle (parmi sept, là aussi), le Shuffle, le Gate, le sens de lecture (en avant, en arrière, alterné, alterné avec lecture inver­sée des pas pairs, aléa­toire), le tempo (si on le souhaite, avec synchro interne/MIDI) et le numéro de programme à asso­cier au motif (si on le souhaite aussi). À chaque pas, on peut program­mer un accord complet, une liai­son ou un silence (mais pas de Glide ou de chan­ge­ment de para­mètre). La mémoire permet de stocker 64 motifs. On ne peut pas trans­po­ser les séquences en temps réel. Par contre, le séquen­ceur est utili­sable en même temps que l’ar­pé­gia­teur (le séquen­ceur joue les notes program­mées, l’ar­pé­gia­teur arpège les notes jouées en temps réel). Tous les deux trans­mettent les notes via MIDI.

MIDI et audio

Les modules Boutique sont connus pour leur accès aux para­mètres en CC MIDI (via les prises DIN et USB), idéal pour les évolu­tions en temps réel. Le D-05 déroge à cette règle, repre­nant les spéci­fi­ci­tés du D-50. En fait, tous les para­mètres sont modi­fiables par Sysex, ce qui lui assure notam­ment une compa­ti­bi­lité totale avec le program­meur PG-1000 de l’époque (via MIDI DIN) ou tout autre éditeur maté­riel/logi­ciel travaillant en Sysex. Il y a bien quelques CC, mais cela se limite aux modu­la­tions stan­dards. On peut trans­fé­rer les 64 patches d’un D-50/550 vers le D-05 par MIDI Dump et réci­proque­ment. Comme tout bon Boutique, le D-05 peut effec­tuer des Backup/Restore de sa mémoire totale via USB. Ainsi, on pourra impor­ter la banque Lego­welt télé­char­geable gratui­te­ment sur le site du construc­teur.

Sur le plan audio, l’USB permet de véhi­cu­ler deux canaux en entrée/sortie, trans­for­mant le D-05 en inter­face audio 24 bits/96 kHz stéréo. Les sons du module et de l’en­trée audio numé­ri­sée peuvent ainsi être envoyés à une STAN. Réci­proque­ment, les sons sortant de la STAN sont conver­tis et envoyés à la sortie audio analo­gique du module. Ceci néces­site au préa­lable d’ins­tal­ler et de conve­na­ble­ment para­mé­trer le pilote PC/Mac fourni par Roland (pour Windows/Windows 10, Mac OS10.13/OSX).

Conclu­sion

Le D-05 repré­sente une nouvelle géné­ra­tion de la famille Boutique. Après avoir modé­lisé ses machines analo­giques d’an­tan, déve­loppé un synthé analo­gique en parte­na­riat, Roland se lance dans la modé­li­sa­tion de son best-seller numé­rique. La réus­site est totale, que ce soit au plan sonore ou fonc­tion­nel. On perd un peu en ergo­no­mie avec l’écran plus étroit, mais on gagne un paquet de mémoires, un arpé­gia­teur, un séquen­ceur à pas et une inter­face audio USB ; de sorte que la machine s’in­tègre mieux aux styles contem­po­rains et aux méthodes actuelles de produc­tion musi­cale. Le construc­teur a eu l’ex­cel­lente idée de rendre le D-05 direc­te­ment compa­tible avec son ancêtre, au point qu’il peut utili­ser le program­meur d’époque et échan­ger des banques par Dump MIDI. Tech­no­lo­gie aidant, le D-05 fonc­tionne non seule­ment en mode « Origi­nal » basse réso­lu­tion pour mieux imiter son aïeul, mais peut aussi bascu­ler en mode « Clear » pour combler les aller­giques au souffle. À ce jour, le D-05 est le choix idéal pour celui qui recherche le son du D-50 avec une solu­tion fiable, compacte et abor­dable.

Télé­char­gez les extraits sonores (format FLAC)

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8/10
Points forts
  • Qualité de la modélisation sonore
  • Mémoire utilisateur généreuse
  • Banques du D-50 intégrées
  • Possibilité de supprimer le bruit de fond originel
  • Qualité des chorus intégrés
  • Séquenceur et arpégiateur simultanés
  • Autonome, compact et mobile
  • USB MIDI et audio
  • Qualité de construction
  • Paramètres identiques au modèle
  • Compatibilité totale D-50/PG-1000
  • Concept de station d’accueil optionnelle
Points faibles
  • Réverbe pas terrible (comme sur l’originel)
  • Nombreuses pages d’édition à faire défiler
  • Un seul petit HP vite saturé
  • Pas de cordon USB/alimentation secteur fourni
  • Pas de transposition du séquenceur via MIDI (OS 1.03)
Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.


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