• Augmenter ou diminuer la taille du texte
  • Imprimer

Test du synthétiseur Roland Boutique D-05

Test D-50 de poche
  • J'aime
  • Tweet
  • +1
  • Pin it
  • Mail

Présentée cet été, la nouvelle série Boutique comporte pas moins de quatre modules. Parmi eux, le D-05 modélise l’un des synthés les plus vendus à ce jour, le D-50, qui fête ses trente ans…

Avec 200 000 exemplaires produits à partir de 1987, le Roland D-50 est le deuxième succès mondial de tous les temps, détrônant le Yamaha DX-7 (160 000 exemplaires, 1983), avant d’être à son tour détrôné par le Korg M1 (250 000 exemplaires, 1988). Pour réaliser cet exploit, il réunit plusieurs atouts : robustesse, compacité, effets intégrés et surtout une nouvelle technologie permettant d’imiter une vaste panoplie d’instruments réels avec une synthèse facile à comprendre. A une époque où le DX-7 et la FM règnent sans partage, le D-50 invite les musiciens à reprogrammer leur synthé. Ce qui ne les empêche pas de recourir aux banques de la marque pour faire leurs tubes : Jean-Michel Jarre (Révolutions, En Attendant Cousteau), Enya (Watermark), Michael Jackson (Bad), OMD, The Cars, Foreigner… pour n’en citer que quelques-uns ! Le D-50 sera décliné jusqu’à plus soif, mais aura du mal à résister à la vague suivante : les workstations à lecture d’échantillons initiées par Korg, avec des sons plus réalistes, des effets plus puissants et des séquenceurs intégrés. Après différentes réincarnations matérielles et logicielles, le D-50 connait un retour en grâce et sa cote reprend des couleurs. Pour fêter ses trente ans, Roland vient de lui donner une nouvelle vie à travers un module de la série Boutique : le D-05…

Mini Module

D 05 2tof 08.JPG

Le D-05 fait partie d’une famille prolifique comptant désormais onze membres, qui partagent tous la même conception : un module ultra compact de moins d'un kilo, pouvant être monté dans une station d’accueil clavier ou boitier (voir encadré). En dépit de sa petite taille, un Boutique n’a rien de gadget : l’avant, la façade et l’arrière sont constitués d’une tôle pliée très solide ; seuls le dessous et les côtés sont en plastique. Le D-05 marque une rupture sur le plan des commandes par rapport aux autres modèles Boutique. Les poussoirs ont pris la place des potentiomètres, dont le D-05 est presque dépourvu. Leur qualité est bonne, avec une réponse franche. Leur proximité manifeste ne nous a pas gênés. Le D-05 reprend quasiment les mêmes commandes et la même organisation que le D-50. On retrouve le joystick à deux axes (cette fois tout rikiki mais assez précis pour approcher rapidement la valeur souhaitée), les touches d'incrément/décrément, les boutons de fonction, les deux ensembles de huit sélecteurs de programmes et le pavé numérique. L’écran rétroéclairé a toutefois perdu en largeur, puisqu’on se contente ici de 2x16 caractères. Du coup, on ne peut éditer que deux paramètres par page, il y a donc plus de menus, à travers lesquels on navigue avec deux flèches situées sous l’écran. C’est plus fastidieux que sur un D-50, qui permettait de visualiser cinq paramètres d’un coup ! Pour éditer, on sélectionne le paramètre dans la page avec les deux touches de fonction contextuelles, puis on joue du joystick ou des touches d'incrémentation/décrémentation. Des boutons permettent de sélectionner directement la couche sonore à travailler et de couper/activer les quatre couches disponibles (Partials). Les deux ensembles de huit boutons permettent aussi d’éditer les pas en mode séquenceur, une nouveauté par rapport au D-50.

D 05 2tof 06.JPG

Comme sur certains Boutique, le D-05 est équipé de deux rubans avec rétroéclairage de position, placés à gauche de la façade. Le premier ruban fait office de pitchbend lorsqu’un clavier est raccordé, alors qu’il déclenche les sons (suivant un tempérament à définir parmi seize types) lorsque rien n’est raccordé. Le second ruban est une molette de modulation, avec option de maintien ou retour à zéro.

Concernant la connectique, ça se passe une nouvelle fois derrière : interrupteur secteur, port micro-USB (alimentation, MIDI et audio), mini-potentiomètre de volume, sortie casque stéréo, sortie ligne stéréo, entrée ligne stéréo et entrée/sortie MIDI DIN. La connectique audio est au format mini-jack. En dessous du module, on trouve un petit HP et une trappe pour insérer les quatre piles AA-LR6 fournies (par contre, le cordon micro-USB avec alimentation secteur ne l’est pas). Avec son petit HP (vite saturé), son séquenceur et ses piles, le D-05 est totalement autonome, du moins pendant les cinq heures annoncées par le constructeur. En plus du dépliant multilingue exsangue habituel de prise en main, Roland fournit sur la toile un véritable guide des paramètres de 45 pages (en anglais).

Linéaire arithmétique

ACB était l’acronyme utilisé par Roland pour "modélisation du comportement de composants analogiques". Cette fois, le D-05 modélise des composants numériques, à savoir des DSP purs et durs et leur logiciel. Le constructeur a donc logiquement baptisé cette synthèse DCB. Le principe du D-50 était de combiner des ondes PCM courtes à des ondes synthétisées pour reproduire le comportement des instruments acoustiques, où on trouve la plupart du temps une phase transitoire (attaque) et une phase de tenue (vibration).

Le spectre sonore des transitoires variant souvent très rapidement, il est difficile de les imiter avec la synthèse soustractive : l’échantillonnage et la FM y parviennent en revanche bien mieux. Roland a choisi la première. À l’époque, la mémoire est limitée et coûte cher, donc le D-50 stocke cent mini-échantillons d’attaques courtes et quelques sons bouclés qui s’étendent sur tout le clavier.

Pour la partie tenue, le spectre sonore variant moins drastiquement, Roland décide de le confier à la synthèse soustractive classique (onde de départ élémentaire synthétisée et filtrée). En mélangeant une onde PCM courte et une onde synthétique, on obtient ainsi un son que le cerveau identifie par ses caractéristiques d’attaque et accepte par sa couleur de tenue. La synthèse Linéaire Arithmétique est née, comme alternative à la FM, avec une approche cette fois beaucoup plus simple.

Au passage, le D-05 n’est pas la première modélisation de D-50 faite par Roland. C’était déjà le cas avec la carte VC-1, qui s’insérait dans le module VariOS et le V-Synth (en option pour le modèle clavier, intégrée dans le rack).

Blind test

Avec un D-50 au studio, difficile de résister à la tentation de concocter un test à l’aveugle. Comme le D-50 est une machine très répandue, nous avons sollicité nos membres pour fournir des séquences MIDI intégrant leurs programmes en Sysex. Nous saluons Yvo , qui nous a envoyé une séquence pour chacun des 64 sons de sa banque commerciale Nexus pour D-50/550/05, Kosmix, qui nous a fait parvenir douze séquences avec les programmes de son cru et DarXyde qui a proposé une séquence et son programme maison. Un grand merci à vous, les gars ! Chaque séquence est jouée deux fois (versions a et b). Pour jouer et tenter de gagner l’admiration de tous ceux qui se planquent derrière leur PC, il suffit de trouver quelle version correspond à quelle machine ; nous proposons de répondre en combinant les trois premiers chiffres du fichier audio (100 à 300), la version (a ou b) et la machine utilisée (05 ou 50). Donc, par exemple, répondre « 102-a-05 » pour dire que la séquence « 102 Nexus a » est jouée au D-05. Les résultats du quiz sont disponibles au début du fil de commentaires.

D 05 Original and Clear
00:0001:01
  • D 05 Original and Clear 01:01
  • D 05 101 Nexus a 00:17
  • D 05 101 Nexus b 00:17
  • D 05 102 Nexus a 00:12
  • D 05 102 Nexus b 00:12
  • D 05 103 Nexus a 00:13
  • D 05 103 Nexus b 00:13
  • D 05 104 Nexus a 00:17
  • D 05 104 Nexus b 00:17
  • D 05 105 Nexus a 00:09
  • D 05 105 Nexus b 00:09
  • D 05 106 Nexus a 00:10
  • D 05 106 Nexus b 00:10
  • D 05 107 Nexus a 00:15
  • D 05 107 Nexus b 00:15
  • D 05 108 Nexus a 00:23
  • D 05 108 Nexus b 00:23
  • D 05 109 Nexus a 00:32
  • D 05 109 Nexus b 00:32
  • D 05 110 Nexus a 00:18
  • D 05 110 Nexus b 00:18
  • D 05 201 Kosmix a 01:19
  • D 05 201 Kosmix b 01:19
  • D 05 202 Kosmix a 00:46
  • D 05 202 Kosmix b 00:46
  • D 05 203 Kosmix a 00:44
  • D 05 203 Kosmix b 00:44
  • D 05 204 Kosmix a 00:54
  • D 05 204 Kosmix b 00:54
  • D 05 205 Kosmix a 00:33
  • D 05 205 Kosmix b 00:33
  • D 05 206 Kosmix a 00:27
  • D 05 206 Kosmix b 00:27
  • D 05 207 Kosmix a 00:36
  • D 05 207 Kosmix b 00:36
  • D 05 208 Kosmix a 00:44
  • D 05 208 Kosmix b 00:44
  • D 05 209 Kosmix a 01:20
  • D 05 209 Kosmix b 01:20
  • D 05 210 Kosmix a 00:56
  • D 05 210 Kosmix b 00:56
  • D 05 211 Kosmix a 00:48
  • D 05 211 Kosmix b 00:48
  • D 05 212 Kosmix a 00:22
  • D 05 212 Kosmix b 00:22
  • D 05 300 DarXyde a 01:11
  • D 05 300 DarXyde b 01:11

À l’écoute comparative des extraits sonores, on peut dire qu’en matière d’imitation de D-50, le D-05 assure. On retrouve les nappes planantes, les sons cristallins évolutifs et les basses rondes de l’ancêtre. Il y a aussi une belle panoplie d’effets spéciaux. Les banques de nos membres montrent que le D-05 n’est pas cantonné aux sons 80’s/90’s. Si les chorus sont amples et élargissent bien l’ambiance, les réverbes sont métalliques et lo-fi comme sur le D-50.

D 05 2tof 02.JPG

On retrouve bien sûr des sons bien rincés sur les titres des 80’s/90’s (Fantasia, Digital Native Dance, Living Calliope, Breathy Chiffer, Staccato Heaven, Pizzagogo, OK Choral, Future Pad, Rich Brass… merci Eric Persing !), puisque le D-05 intègre cinq banques Roland originelles de 64 programmes parmi ses six banques Preset. Il dispose par ailleurs de huit banques de 64 programmes réinscriptibles, un net avantage sur les 64 mémoires du D-50. Roland a judicieusement prévu un paramètre permettant au D-05 de sonner « Original » (on entend le Noise Gate s’ouvrir et se fermer sur certaines attaques ou queues douces, comme sur le D-50) ou Clear (aucun bruit de Noise Gate, c’est bluffant quand on a l’habitude du D-50 !).

Si les deux machines ont le même caractère sonore, la même brillance et la même largeur stéréo, on note quelques différences : déjà, le D-05 sort moins fort que son ancêtre, de 5 à 10 dB environ. Pour noter de petites différences sur le grain, il faut pousser les interactions d’oscillateurs, les filtres et les modulations. En réutilisant des séquences calées sur la fréquence des LFO (non synchronisables en MIDI), nous nous sommes rendu compte que les LFO n’oscillaient pas exactement à la même fréquence entre les deux machines. Nous avons aussi noté des petites différences sur les enveloppes longues, alors que le comportement est identique sur les enveloppes courtes. Rien de choquant, c’est dans l’épaisseur du trait… bravo en tout cas pour cette modélisation très fidèle !

Édition complète

D 05 3schema.JPG

Le D-05 reprend l’ensemble des fonctionnalités et paramètres du D-50, pour la partie synthèse, effets et MIDI. Nous verrons en fin de test qu’il y ajoute un sympathique séquenceur à pas et un petit arpégiateur. Il s’agit donc d’un synthé entièrement numérique capable d’empiler deux à quatre couches sonores (baptisées Partials), suivant les modes de jeu. La polyphonie est de seize notes en mode simple Whole (deux Partials), 8+8 notes en mode Split (2+2 Partials) et huit notes en mode Dual (quatre Partials empilés), avec différentes combinaisons pour la gestion MIDI. Le synthé est donc bitimbral, mais son mode de prédilection est tout de même le mode Dual pour un son bien riche. Il y a deux types de générateurs : ondes synthétiques (S) et échantillons PCM (P). Le D-05 les arrange par deux au sein d’un Tone, selon sept Structures : S+S, S+S avec modulation en anneau, S+P, S+P avec modulation en anneau, P+S avec modulation en anneau, P+P et P+P avec modulation en anneau. La modulation en anneau est d’ailleurs la seule interaction des générateurs, il n’y a pas de synchro. Les ondes synthétiques sont à choisir entre une dent de scie fixe et une impulsion à largeur variable. Les PCM sont à choisir parmi cent échantillons courts, joués en coup unique ou bouclés. On trouve des attaques (pianos, cordes, guitares, basses, cuivres, bois, percussions…), des tenues (orgues, pianos électriques, cordes, voix, guitares, spectres) et quelques boucles rythmiques. Les PCM sont étirés sur l’ensemble du clavier, il n’y a pas de multisampling, d’où un réalisme très relatif.

On sélectionne le Partial à éditer avec des touches directes, le joystick permettant de mélanger rapidement les deux Partials d’un Tone et les deux Tones du Patch en cours ou d’éditer les deux paramètres d’une page en même temps. Les possibilités de synthèse d’un Partial dépendent de la nature du générateur sonore. Pour un générateur de type S, on a une chaîne WG (générateur) -> TVF (filtre) -> TVA (ampli) ; pour un générateur de type P, on se contente d’une chaîne WG -> TVA (on ne peut pas filtrer les PCM, dommage !). Dans la partie WG, on dispose de tous les réglages habituels, tels que pitch, accordage fin, suivi de clavier (pente réglable), action d’un LFO, enveloppe de pitch, pitchbend. Le filtre est de type passe-bas résonant (non auto-oscillant), avec une belle coloration qui donne au D-05 sa couleur sonore typiquement D-50. La fréquence de coupure peut être modulée par le suivi de clavier (avec point et pente réglables pour créer des fondus / Splits internes), l’enveloppe de filtre, un LFO et la pression. Vient ensuite le TVA, modulable par la vélocité, le suivi de clavier (fondus / Splits), l’enveloppe dédiée, un LFO et la pression. Les voix peuvent être jouées en mono ou polyphonie. 

Modulations variées

Le D-50 faisait partie des synthés bien fournis au rayon modulations. Le D-05, en copie conforme, reprend les mêmes possibilités. Les sources concernent les contrôleurs physiques (Pitchbend, modulation, vélocité, pression, joystick), trois enveloppes (par Tone) et trois LFO (par Tone également). Il n’y a pas de matrice de modulation en tant que telle, tout est figé dans les différentes pages d’édition.

D 05 2tof 05.JPG

Les trois LFO sont plutôt basiques : quatre formes d’onde (triangle, dent de scie, carré, aléatoire), réglage de vitesse (pas très élevée, pas de synchro MIDI), délai et synchro de cycle (libre, à chaque nouvelle note, avec toutes les notes). Ils peuvent moduler le pitch, la largeur de l’onde d’impulsion, la coupure de filtre et le volume, avec des quantités bipolaires.

Les enveloppes possèdent cinq niveaux et cinq temps ; ces facultés sont à l’origine des sons évolutifs du D-05 (citons le Digital Native Dance). Elles ne sont pas pour autant des plus rapides, le D-05 n’a pas corrigé cela. Seule l’enveloppe de pitch dispose d’une inversion d’action et de niveaux bipolaires, cela manque sur l’enveloppe du TVF. La pression peut moduler l’action du LFO sur le pitch, la largeur de l’onde d’impulsion, le filtre et le volume. La vélocité peut moduler les temps d’enveloppe, la largeur de l’onde d’impulsion, la quantité de l’enveloppe de filtre et le volume. Enfin, le suivi de clavier (avec point de cassure et pente programmables) peut moduler le pitch, le filtre, l’ampli, les temps d’enveloppe et la profondeur d’action d’enveloppe de filtre. Au niveau du Patch, on peut enclencher le portamento sur l’un des deux Tones ou sur les deux en même temps. Une fonction Chase permet de jouer successivement les deux Tones, avec un certain délai, un certain volume et un ordre de répétition, histoire de se prendre pour Giorgio Moroder…

Effets internes

Le D-50 était l’un des premiers synthés (si ce n’est le premier) à intégrer plusieurs effets numériques. En bonne copie, le D-05 les reprend intégralement. Au niveau du Tone, on trouve un EQ et un chorus (donc deux EQ et deux chorus par Patch double). L’EQ possède deux bandes, semi-paramétrique en basse fréquence et paramétrique en haute fréquence. Le chorus offre huit algorithmes, parmi lesquels différents chorus, flangers, tremolo et élargissement (type Dimension D). On peut en régler la vitesse, la profondeur et la balance. Ils sont de très bonne qualité, très utiles pour donner une belle ampleur aux sons.

Au niveau du Patch, on trouve une réverbe globale. On peut y router l’un ou l’autre Tone, ou encore les deux. Dans une banque, on trouve 32 algorithmes prédéfinis et non éditables ; on peut toutefois les copier d’une banque à l’autre dans les emplacements internes 17-32. Il s’agit de différents types ou tailles de halls, pièces, délais, Gate, reverse et grands espaces. Le seul réglage possible, outre le choix de l’algorithme, est la balance du son sec/mouillé. La réverbe est très métallique, la boucle formée par les lignes à retard émulées est trop marquée et courte, la bande passante râpée, on reste au tout début des effets numériques intégrés aux synthés. À part pour les effets spéciaux ou les ambiances très courtes, on aura tendance à couper cette réverbe aux bénéfices d’une unité dédiée ou d’un plug, même en mode Clear qui ne change rien sur ce point.

Séquences ET arpèges

D 05 2tof 01.JPG

Au temps du D-50, les séquenceurs et arpégiateurs n’étaient plus tellement à la mode. Ils ont depuis connu un retour en grâce et le D-05 en est fort généreusement équipé. On commence par le petit arpégiateur, capable de fonctionner suivant 6 modes : haut, bas ou alterné, le tout sur une ou deux octaves ; il manque donc le mode aléatoire… il dispose de sept divisions temporelles (4, 8, 16, 32, 4T, 8T, 16T) et d’une fonction Hold. Le tempo est synchrone à l’horloge interne/MIDI. 

Le D-05 offre aussi un séquenceur polyphonique programmable sur 64 pas. On active/programme les pas à l’aide des deux ensembles de huit boutons lumineux (sélecteurs de programmes). On peut définir le nombre de pas, les points de lecture début/fin, la division temporelle (parmi sept, là aussi), le Shuffle, le Gate, le sens de lecture (en avant, en arrière, alterné, alterné avec lecture inversée des pas pairs, aléatoire), le tempo (si on le souhaite, avec synchro interne/MIDI) et le numéro de programme à associer au motif (si on le souhaite aussi). À chaque pas, on peut programmer un accord complet, une liaison ou un silence (mais pas de Glide ou de changement de paramètre). La mémoire permet de stocker 64 motifs. On ne peut pas transposer les séquences en temps réel. Par contre, le séquenceur est utilisable en même temps que l’arpégiateur (le séquenceur joue les notes programmées, l’arpégiateur arpège les notes jouées en temps réel). Tous les deux transmettent les notes via MIDI.

MIDI et audio

Les modules Boutique sont connus pour leur accès aux paramètres en CC MIDI (via les prises DIN et USB), idéal pour les évolutions en temps réel. Le D-05 déroge à cette règle, reprenant les spécificités du D-50. En fait, tous les paramètres sont modifiables par Sysex, ce qui lui assure notamment une compatibilité totale avec le programmeur PG-1000 de l’époque (via MIDI DIN) ou tout autre éditeur matériel/logiciel travaillant en Sysex. Il y a bien quelques CC, mais cela se limite aux modulations standards. On peut transférer les 64 patches d’un D-50/550 vers le D-05 par MIDI Dump et réciproquement. Comme tout bon Boutique, le D-05 peut effectuer des Backup/Restore de sa mémoire totale via USB. Ainsi, on pourra importer la banque Legowelt téléchargeable gratuitement sur le site du constructeur.

Sur le plan audio, l’USB permet de véhiculer deux canaux en entrée/sortie, transformant le D-05 en interface audio 24 bits/96 kHz stéréo. Les sons du module et de l’entrée audio numérisée peuvent ainsi être envoyés à une STAN. Réciproquement, les sons sortant de la STAN sont convertis et envoyés à la sortie audio analogique du module. Ceci nécessite au préalable d’installer et de convenablement paramétrer le pilote PC/Mac fourni par Roland (pour Windows/Windows 10, Mac OS10.13/OSX).

Conclusion

Le D-05 représente une nouvelle génération de la famille Boutique. Après avoir modélisé ses machines analogiques d’antan, développé un synthé analogique en partenariat, Roland se lance dans la modélisation de son best-seller numérique. La réussite est totale, que ce soit au plan sonore ou fonctionnel. On perd un peu en ergonomie avec l’écran plus étroit, mais on gagne un paquet de mémoires, un arpégiateur, un séquenceur à pas et une interface audio USB ; de sorte que la machine s’intègre mieux aux styles contemporains et aux méthodes actuelles de production musicale. Le constructeur a eu l’excellente idée de rendre le D-05 directement compatible avec son ancêtre, au point qu’il peut utiliser le programmeur d’époque et échanger des banques par Dump MIDI. Technologie aidant, le D-05 fonctionne non seulement en mode « Original » basse résolution pour mieux imiter son aïeul, mais peut aussi basculer en mode « Clear » pour combler les allergiques au souffle. À ce jour, le D-05 est le choix idéal pour celui qui recherche le son du D-50 avec une solution fiable, compacte et abordable.

Téléchargez les extraits sonores (format FLAC)

  • D 05 2tof 01.JPG
  • D 05 2tof 02.JPG
  • D 05 2tof 03.JPG
  • D 05 2tof 04.JPG
  • D 05 2tof 05.JPG
  • D 05 2tof 06.JPG
  • D 05 2tof 07.JPG
  • D 05 2tof 08.JPG
  • D 05 3schema.JPG

 

Notre avis :
Points forts Points faibles
  • Qualité de la modélisation sonore
  • Mémoire utilisateur généreuse
  • Banques du D-50 intégrées
  • Possibilité de supprimer le bruit de fond originel
  • Qualité des chorus intégrés
  • Séquenceur et arpégiateur simultanés
  • Autonome, compact et mobile
  • USB MIDI et audio
  • Qualité de construction
  • Paramètres identiques au modèle
  • Compatibilité totale D-50/PG-1000
  • Concept de station d’accueil optionnelle
  • Réverbe pas terrible (comme sur l’originel)
  • Nombreuses pages d’édition à faire défiler
  • Un seul petit HP vite saturé
  • Pas de cordon USB/alimentation secteur fourni
  • Pas de transposition du séquenceur via MIDI (OS 1.03)
À propos de nos tests
Réagir à cet article
  • J'aime
  • Tweet
  • +1
  • Pin it
  • Mail