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Test du synthétiseur analogique Arturia MiniBrute 2

Test Quand la Brute se bonifie
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Six ans après son lancement réussi, le MiniBrute fait peaux neuves pour se décliner en deux modèles. Nous testons ici la version clavier, baptisée MiniBrute 2.

En 2012, Arturia lançait un pavé dans la mare du marché du synthé analogique, devenu inaccessible. À l’époque en effet, les machines étaient positionnées dans le haut de gamme, comme chez Moog Music ou DSI. La cote du vintage ne cessait d’augmenter et les sites de DIY fleurissaient. Le MiniBrute était né de la volonté d’offrir au plus grand nombre de musiciens un synthé unique, abordable et capable d’entrer dans une sacoche de portable. Succès commercial, la machine a permis à Arturia de renaître tout en développant un nouveau savoir-faire. Ont suivi le MicroBrute, la DrumBrute, puis le magnifique MatrixBrute. Aujourd’hui, les données du marché ont considérablement changé : dans le sillage d’Arturia, beaucoup de marques se sont mises sur le créneau de l’analogique abordable : Moog a démocratisé une partie de sa gamme, Korg a lancé plusieurs produits d’entrée de gamme, Novation et Waldorf sont revenus dans le créneau, sans oublier Behringer qui a littéralement envahi le segment. Il était donc temps pour Arturia de redéfinir sa vision du synthé analogique accessible. C’est désormais chose faite, avec le concours de Yves « yusynth » Usson, présent sur les projets Brute depuis l’origine, et Frédéric « marzacdev » Meslin, ex-développeur de Waldorf et fondateur de Fred’s Lab. Résultat, deux modèles de MiniBrute 2 : un synthé-clavier et un module synthé-séquenceur. Nous testons ici le clavier…

Mini augmenté

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Le MiniBrute était un synthé très compact, à peine plus large que son clavier 2 octaves. Avec davantage de commandes, le MiniBrute 2 est plus grand : les molettes sont maintenant placées à gauche du clavier. Celui-ci reste tout petit, avec 2 octaves de taille standard, ce qui suffit pour éditer un son ou transposer une séquence, mais pas pour jouer des solos virtuoses, même avec les deux touches de transposition d’octave. Le panneau est couvert de commandes. La partie supérieure comprend deux rangées réservées à la synthèse : 2 LFO, 2 VCO (avec ondes mixables pour le VCO1), 1 VCF, 1 VCA, 2 enveloppes ; impossible de manquer la baie de brassage à 48 points (jacks 3,5 mm), permettant de patcher différents modules de synthèse (nous y reviendrons en détail). Au-dessus du clavier, on trouve les commandes de routage de la modulation, du séquenceur / arpégiateur (choix des motifs, tempo, transport) et de la synchro (interne, USB, MIDI, horloge analogique).

Une touche Shift permet d’appeler des fonctions secondaires, la plupart via le clavier (Gate et Swing du séquenceur, choix de redéclenchement des enveloppes en jeu legato, Reset du cycle du LFO1, Reset du cycle du LFO2). Au total, 22 potentiomètres rotatifs, 5 sélecteurs rotatifs, 12 curseurs linéaires, 9 sélecteurs simples et 8 poussoirs (certains lumineux) attendent nos ordres…

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Mise à part la baie de brassage, la connectique est située à l’arrière : sortie audio mono et sortie casque (jacks 6,35), MIDI In/Out (commutable en Thru), USB, connecteur pour bloc d’alimentation (hélas externe) et interrupteur secteur.

Un mot sur la qualité de construction : la carcasse est faite de plastique (dessus) et métal (dessous) bien solide, alors que les flancs sont en imitation bois. Les potentiomètres sont bien ancrés et offrent une bonne résistance. Côté curseurs linéaires, la résistance est agréable mais les capuchons pas toujours d’équerre, ce qui ne gêne en rien l’utilisation. Le clavier semi-lesté, sensible à la vélocité et à la pression (toutes deux pré-assignées et ré-assignables), est de meilleure qualité que celui du MiniBrute (pas difficile) ; en fait, il semble de même facture que celui du MatrixBrute, avec une bonne réponse dynamique, mais une tendance à se déformer un peu en bout de touches blanches car le plastique est fin. Enfin, la connectique de la baie de brassage est parfaitement sertie.

Semi-modulaire

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Le MiniBrute 2 est un synthé analogique semi-modulaire monodique sans mémoires de programmes. La machine est donc livrée avec un carnet de patches (« livre de cuisine ») pour ne pas partir de zéro et s’éduquer à la synthèse modulaire. Il n’est toutefois pas nécessaire d’utiliser la baie de brassage pour en sortir un son, puisque les modules internes sont précâblés (mais ce serait bien dommage !). Analogique oblige, il faut une dizaine de minutes à la machine pour se stabiliser en température (sonner juste). La prise en main est immédiate, toutes les commandes et les points de câblage étant situés en façade, pour une ergonomie une fonction / un bouton (à quelques exceptions mineures près). Nous apprécions toujours autant la puissance du VCO, avec accès à toutes les formes d’onde et modification du contenu harmonique de celles-ci ; pousser le niveau des ondes apporte une saturation naturelle à partir de 60% environ de la course. Nouveauté, un second VCO a fait son apparition, ce qui donne plus de corps au son et permet des intermodulations qui manquaient au MiniBrute ; résultats, une polyvalence sonore beaucoup plus grande.

Le caractère brut saute tout de suite aux oreilles : filtre multimode Steiner toujours aussi original, Brute Factor bien destroy, enveloppes qui claquent dont une qui offre différents modes de déclenchement et bouclage, 2 LFO qui peuvent osciller dans l’audio… Sans oublier la modularité qui permet de créer des sons très évolutifs que ne pouvait pas faire le premier MiniBrute. On apprécie au passage la section arpégiateur/séquenceur qui s’est également bien musclée. Bref, des progrès sonores et techniques très appréciables ! Au niveau grain, le bas du spectre est bien plus présent que sur le MiniBrute originel ; renseignements pris auprès des concepteurs, le feedback du filtre a été revu pour améliorer la réponse dans les basses ; de même, le métalliseur est plus progressif et moins agressif. Il en résulte un rendu sonore beaucoup plus chaud et plus rond. Nous l’avons aussi trouvé plus défini, avec un meilleur impact. Brut mais pas brutal !

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  • MiniBrute2 1audio 02 Pulses 01:04
  • MiniBrute2 1audio 03 Metal 00:52
  • MiniBrute2 1audio 04 Bass 00:28
  • MiniBrute2 1audio 05 Hipass 00:19
  • MiniBrute2 1audio 06 Han 00:29
  • MiniBrute2 1audio 07 SyncBrute 00:47
  • MiniBrute2 1audio 08 Selfrez Kicks 00:34
  • MiniBrute2 1audio 09 Selfrez Snares 00:33
  • MiniBrute2 1audio 10 Hihats Mod 00:35
  • MiniBrute2 1audio 11 FM Tam 00:58
  • MiniBrute2 1audio 12 FM Drone 00:28

VCO revisités

Le MiniBrute ne disposait que d’un VCO et son Sub-VCO. Le MiniBrute 2 a remis cette section au goût du jour, avec cette fois 2 VCO complets, dont l’électronique a été en partie revue. Le VCO1 est le plus puissant, puisqu’il dispose de plusieurs formes d’ondes indépendamment mixables et modifiables : dent de scie, carrée et triangle. Comme sur le premier MiniBrute, on peut modifier le contenu harmonique de chaque onde : changer la dent de scie en Ultrasaw (ajout de deux dents de scie déphasées, l’une de 1 Hz, l’autre entre 0,1 et 100 Hz) ; moduler la largeur d’impulsion de l’onde carrée (50 à 90%) ; métalliser l’onde triangle par repliement de spectre (création de sons métalliques) ; le métalliseur a d’ailleurs été revu pour être plus progressif (donc plus maîtrisable et musical). De base, on peut moduler l’Ultrasaw par le LFO2, la largeur d’impulsion par le LFO1 et le métalliseur par la vélocité. Le VCO1 peut être accordé finement et être affecté par un Glide à temps variable.

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Le VCO2 est de conception identique au VCO1, même s’il ne dispose pas de toutes les formes d’ondes simultanées et modulables. On peut choisir entre les ondes dent de scie, carrée et sinus (cette dernière le prédispose tout particulièrement à la FM, voir ci-après). On peut l’accorder selon trois plages de réglage : fin (désaccordage sur plus ou moins une octave environ), All (accordage sur toute la plage de fréquences du MiniBrute 2) ou LFO (modulation de 1Hz jusqu’à l’audio). Créer un Detune précis est parfois complexe, même en réglage fin.

Le VCO2 dispose de son propre curseur de volume ; il suit par défaut le pitch du VCO1, mais il peut aussi interagir avec lui : synchronisation (via la baie de brassage), FM exponentielle (par défaut) et FM linéaire (aussi via la baie de brassage). Cela confère au MiniBrute 2 un territoire sonore bien plus étendu que son ancêtre, indubitablement. Enfin, on trouve un curseur pour doser le générateur de bruit blanc et un autre pour doser l’entrée audio. Pousser les volumes crée de la saturation en entrée de filtre, moins agressive que sur le MiniBrute, si nos souvenirs sont bons…

VCF multimode

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Le filtre du MiniBrute 2 reprend l’architecture de son ancêtre. Il a été conçu à la base sur le filtre multimode résonant 2 pôles de Steiner Parker, fonctionnant en modes passe-bas, passe-bande, passe-haut et réjection de bande. Les niveaux d’entrée ont été adaptés pour encaisser la section VCO musclée sans saturer trop vite. La plage de fréquences est très étendue (20 Hz à 18 kHz). L’auto-oscillation a été modifiée par rapport au premier MiniBrute, pour une moindre agressivité ; elle interagit avec le Brute Factor (voir ci-après). On apprécie la variété de timbres obtenus et l’absence de perte de niveau quand on pousse la résonance. La fréquence de coupure est pré-assignée à l’enveloppe ADSR (modulation bipolaire) et la modulation 1, alors que la résonance est pré-assignée au LFO1 (modulation bipolaire également). Sur le MiniBrute, la fréquence de coupure était modulable par le suivi de clavier, qui plus est de 0 à 200% ; ce n’est plus le cas ici, en tout cas pas directement (il faut passer par la baie de brassage, ce qui crée des dilemmes gênants).

En sortie de chaîne, on trouve un VCA avec enveloppe AD et vélocité pré-assignées. C’est là qu’intervient le Brute Factor, une boucle de feedback entre la sortie du VCA et l’entrée du filtre inspirée du Minimoog, permettant de créer des saturations - pas toujours maîtrisables - qui gonflent le son ; comme dit précédemment, le feedback a été revu par rapport au premier MiniBrute, pour générer plus de basses (et au passage moins d’agressivité). La compensation automatique de niveau est toujours intégrée au circuit (atténuation en sortie quand on pousse la modulation), ce qui permet d’économiser un réglage. Le VCA a aussi été revu, puisqu’il est maintenant basé sur des OTA plutôt que des composants entièrement discrets, pour obtenir un meilleur rapport signal/bruit. Le volume final possède un potentiomètre dédié, mais on perd au passage le réglage séparé sur la sortie casque… pas bien grave !

Modulations précablées

Le pitchbend peut agir de 1 à 12 demi-tons. La molette et la pression sont pré-assignables au vibrato (via le LFO1) et à la coupure du filtre, alors que la vélocité est pré-assignée au métaliseur et au volume.

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Le MiniBrute 2 offre 2 LFO numériques à 6 formes d’onde (sinus, triangle, dent de scie, carrée, S&H, aléatoire lisse) ; ils sont capables d’osciller entre 0,06 Hz (très lent) à 100 Hz (audio) ou de se synchroniser au séquenceur suivant différentes divisions temporelles (de 1/32 à 8x le tempo) ; leur cycle peut être libre ou redéclenché à chaque note. Dommage qu’il manque un réglage de fondu. Par défaut, le LFO1 peut moduler la PWM et la résonance du VCF, alors que le LFO2 est pré-assigné à la quantité de l’Ultra Saw.

Passons aux 2 enveloppes, cette fois purement analogiques. La première est de type ADSR (pré-assignée au VCF), la seconde de type AD (pré-assignée au VCA). Cette dernière propose différents modes de déclenchement et de bouclage : on peut ainsi créer une enveloppe AD ou AR, jouée en coup unique ou bouclée ; très intéressant ! Les temps de l’enveloppe ADSR sont compris entre 0,5 ms et 4 secondes, ce qui en fait une enveloppe très rapide (on perd toutefois ici les modes rapides et lents des deux enveloppes ADSR du MiniBrute). Quant aux temps de l’enveloppe AD, ils vont de 1 ms à 10 secondes.

Séquences ou arpèges

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Le MiniBrute 2 est enfin doté d’un séquenceur / arpégiateur. Le séquenceur permet d’enregistrer 8 motifs de 64 pas maximum. L’enregistrement se fait en pas à pas ou temps réel. On entre les notes avec leur vélocité, on les allonge, on crée des liaisons ou on ajoute des silences. Par contre, la nature analogique des commandes empêche la mémorisation de tout CC. En matière d’édition, on peut écraser des notes, ajouter des notes en fin de séquence ou supprimer le dernier pas entré… Les séquences peuvent être transposées au clavier (interne ou externe) en temps réel.

L’arpégiateur offre 8 motifs : haut, bas, alterné, alterné avec répétition des extrêmes, aléatoire, suivant ordre joué, haut à double répétition, bas à double répétition. On trouve aussi un mode Hold, mais pas de fonction d’étendue automatique sur plusieurs octaves. On peut régler le tempo (division temporelle en cas de synchronisation à l’horloge globale / externe) au potentiomètre ou avec la touche Tap. On peut aussi choisir un facteur de Swing et une durée de note (Shift + clavier). Les notes arpégées ou séquencées sont transmises en MIDI/USB, excellente nouvelle.

Baie de brassage

La plupart des synthés analogiques actuels sont précâblés, c’est-à-dire que le signal et les modulations suivent un schéma prédéfini par les concepteurs. On peut également trouver des matrices de modulation, qui permettent d’assigner des sources à des modulations non prévues à l’origine, avec une quantité de modulation ajustable. Ceci est en partie permis par l’utilisation de technologies numériques pour les modulations, car l’électronique analogique est beaucoup plus complexe à mettre en œuvre. En effet, il faut une connexion physique entre la source et la destination (un patch sur les synthés purement modulaires) et si on veut moduler la destination, un VCA avec un atténuateur. Sans oublier des sommateurs et des multiplicateurs quand on veut moduler une destination par plusieurs sources ou qu’une source module plusieurs destinations. Cela explique que certains murs de studio ou de salon voient chaque année pousser les modules un peu plus haut jusqu’à en être totalement recouverts (ce qui permet de masquer un papier peint qui date du premier module…)

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Si le MiniBrute était un synthé câblé avec quelques entrées CV, le MicroBrute a ouvert la porte à la modularité purement analogique. Le MiniBrute 2 va beaucoup plus loin, avec pas moins de 48 points de patch au format jack 3,5 mm (8 cordons sont fournis pour les relier). Un point peut être une entrée ou une sortie (dans ce dernier cas, la sérigraphie est sur fond blanc).  Certains points sont précâblés, comme par exemple le LFO1 sur la PWM1 ou le VCO2 sur la FM du VCO1 (les sources sont sérigraphiées en bleu et entre parenthèses au-dessus des jacks). Y insérer un câble remplace la source par le signal passant par ce câble. On peut ainsi relier la sortie de l’enveloppe ADSR au pitch du VCO1. Dans ce cas, le clavier ne pilotera plus le pitch. On voit tout de suite la puissance du système, mais aussi les limites : un seul choix par point, faute de modules multiplicateurs ou sommateurs (à une exception près, cf. ci-après) ; du coup, il faut bidouiller des cordons multiples, en appréciant au passage le soin avec lequel Arturia a protégé les entrées/sorties (surtensions, sous-tensions, courts-circuits, mauvais branchements…) ; autre contrainte, il n’y a pas de mémoire pour les câblages, donc il faut un bon cerveau, un carnet de patches (comme celui livré avec le MiniBrute 2) ou un truc pratique pour prendre les photos.

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Listons quelques points de patch notables (arrangés par module dans la baie) : parmi les sorties, toutes les formes d’onde du VCO1 et celle sélectionnée pour le VCO2 ; également les modulations des enveloppes et LFO ; sans oublier les données MIDI (note clavier, Gate, vélocité, pression). Parmi les entrées, le pitch du VCO1, la modulation de chaque onde du VCO1, la FM exponentielle du VCO1, la FM linéaire du VCO1 (bien vue celle-là !), la synchro du VCO1 ; mais aussi la fréquence et la résonance du filtre, le volume du VCA (2 entrées), les segments AD de l’enveloppe éponyme, l’horloge et le retour à zéro du séquenceur. Notons la présence d’un inverseur de modulation, d’un sommateur (2 entrées / 1 sortie avec entrée CV de modulation) et deux atténuateurs (asservis à deux potentiomètres en façade). De quoi changer radicalement l’organisation de la machine ou l’intégrer dans un écosystème modulaire analogique.

C’est d’ailleurs tout le propos des RackBrute, éléments 3U et 6U se fixant à la machine pour accueillir des modules Eurorack, avec bloc externe et rail d’alimentation +12V/-12V/+5V et position ergonomique de travail (cf. photo). Leur design est réussi et leur qualité de construction très correcte, exceptés les petits pas de vis du tube stabilisateur transversal qui nous ont parfois posé problème. Une fois en place, tout est correctement sécurisé. Au passage, attention à ne pas monter directement les rondelles Grower sur les axes, sous peine de ne plus pouvoir extraire les papillons latéraux en plastique une fois vissés !

Logiciel incontournable

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Arturia a pris l’habitude de déporter l’édition des paramètres globaux de ses synthés analogiques vers un logiciel (MIDI Control Center, tournant a minima sous Windows 8 / OS 10.10). Le MiniBrute 2 ne déroge pas à la règle, ce qui le prive d’une réelle autonomie, d’autant que la configuration n’est pas triviale et comporte quelques restrictions d’usage liées aux pilotes. Les réglages concernent les canaux MIDI (clavier, contrôleurs physiques, séquenceur), la fonction MIDI Out/Thru, la réponse du clavier (vélocité, pression), le déclenchement des LFO, la priorité de note, les paramètres du séquenceur, la résolution d’horloge, les dumps des séquences…

Nous avons trouvé cette partie complète, parfois un peu trop (par exemple, canaux MIDI séparés pour chaque contrôleur physique et pour la transposition des séquences, CC pour chaque commande de transport…) ; en fait, nous aurions préféré un accès aux fonctions essentielles via la touche Shift + clavier, quitte à revoir l’ergonomie des réglages existants (par exemple, choix des paramètres avec certaines touches et incrémentation / décrémentation avec deux touches fixes…). 

Conclusion

Le MiniBrute symbolisait une nouvelle offre de synthés analogiques originaux et abordables. La concurrence s’est depuis engouffrée dans la brèche et est aujourd’hui très affûtée. Arturia a revisité le concept, conservant ce qui avait fait la force de la machine et apportant un lot de fonctionnalités particulièrement intéressantes : des VCO plus musclés, un filtre plus rond, une approche semi-modulaire et un séquenceur à pas / arpégiateur pour faire bouger le tout. Du coup, on conserve en partie l’identité sonore spécifique à la série Brute, tout en étant capable d’explorer des territoires sonores plus vastes que l’ancêtre ; on est clairement dans une qualité sonore supérieure, avec plus de poids, plus de basses, plus de puissance et une meilleure définition. Il reste toutefois des choix de conception qui pourront rebuter certains : clavier limité à deux octaves, absence de mémoires et logiciel incontournable pour configurer la machine. Le Minimoog était la traduction compacte des gros systèmes modulaires, le MiniBrute 2 se pose comme point d’entrée d’un écosystème modulaire compact. Le meilleur des deux mondes !

Tarif public moyen : 613 €

Téléchargez les extraits sonores (format FLAC)

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Notre avis :
Points forts Points faibles
  • Gros son pur analo
  • Basses puissantes
  • Variété de timbres
  • Deux vrais VCO
  • Interactions des VCO
  • Formes d’ondes mixables
  • Filtre multimode peu courant
  • Entrée audio vers le filtre
  • Deux vrais LFO
  • Enveloppe AD originale
  • Arpégiateur/séquenceur intégré
  • Semi-modularité à 48 points
  • Connectique variée
  • Prise en main aisée
  • Livret de patches fourni
  • Construction solide
  • Clavier limité à deux octaves
  • Pas de transposition directe par demi-ton
  • Un seul module sommateur
  • Pas de modules multiples ni mixeurs
  • Logiciel incontournable pour les réglages globaux
  • Absence de mémoires gênante pour certaines utilisations
À propos de nos tests
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