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FM de poche
8/10
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Présentée au début de l’été, la nouvelle série Reface de Yamaha apporte différentes couleurs sonores dans un package mobile et autonome. Voyons ce que nous réserve le DX, synthé à modulation de fréquence.

Cet été, un teaser parfai­te­ment orches­tré par Yamaha a laissé un temps planer le doute sur une nouveauté embarquant plusieurs formes de synthèse maison. La séman­tique s’ap­puyait sur des mots comme « analo­gique », « FM », « piano élec­trique » ou « orgue »… Quoi, une nouvelle works­ta­tion succé­dant aux Motif ? Non ! Un clavier de scène façon Nord avec diffé­rentes sections sonores ? Non plus ! Quelques jours plus tard, nous décou­vrions non pas un, non pas deux, non pas trois, mais quatre nouveaux claviers, chacun spécia­lisé dans son propre champ sonore : synthèse FM (DX), modé­li­sa­tion analo­gique (CS), claviers élec­triques (CP) et orgues élec­tro­niques (YC). La série Reface était née. Les commen­taires n’ont pas tardé, souvent acerbes, certains sur la forme du teaser, d’autres sur le choix de mini-touches, d’autres encore sur l’in­té­gra­tion de haut-parleurs et d’autres enfin sur le tarif présup­po­sé… quand ce n’était pas pour s’in­sur­ger contre les quatre en même temps ! En marge de cette première vague de réac­tions épider­miques, les premiers exem­plaires de pré-série ont commencé à circu­ler parmi les musi­ciens pro et la presse. Et là, il faut bien dire que nous avons été assez agréa­ble­ment surpris. Main­te­nant que la série Reface est dispo­nible (en V1.20), voyons de quoi il en retourne exac­te­ment, ici pour le DX…

Auto­no­mie inté­grale

Les quatre modèles présen­tés de la série Reface partagent tous le même boîtier. Seules les couleurs et les commandes en façade diffèrent d’un modèle à l’autre. La construc­tion est en plas­tique solide et la plaque sous les commandes est métal­lique. La rigi­dité est assu­rée et la fini­tion soignée. Non, les Reface ne sont pas des jouets, il faut ne pas les avoir eus entre les mains pour penser cela. D’ailleurs, les 1,9 kg affi­chés pour 530 × 175 × 60 cm en témoignent.

Yamaha Reface DX

Le DX est emballé dans une coque brun foncé (façon DX7 de 1re géné­ra­tion) en partie supé­rieure, avec commandes sur fond brun doré : on trouve, de gauche à droite, un pitch­bend à ressort (para­mé­trable sur plus ou moins 24 demi-tons), un curseur de volume (non program­mable), un sélec­teur d’oc­tave (plus ou moins 2, actif à l’en­fon­ce­ment de la touche suivante), un pavé de 4 curseurs tactiles, un LCD rétro-éclairé 128 × 64 points à contraste ajus­table (merci !) et 18 boutons semi-éclai­rés permet­tant d’ac­cé­der à l’en­semble des para­mètres de synthèse, aux réglages globaux, au Looper de phrases et à la gestion des programmes (sauve­garde, rappel, initia­li­sa­tion, compa­rai­son…).

Ceux qui ont touché un DX7 ou ses déri­vés FM savent que l’er­go­no­mie n’était pas enga­geante. Ici, les concep­teurs ont fait un beau travail. Les para­mètres se sélec­tionnent via les 2 rangées de boutons et s’éditent 4 par 4, avec les curseurs tactiles multi-touch. Ces derniers fonc­tionnent par glis­se­ment (édition rapide), incré­ment/décré­ment par pas (via 2 flèches allu­mées lorsqu’elles sont actives) ou un sélec­teur central (point qui s’illu­mine quand il est actif). Selon le para­mètre choisi, on peut éditer les 4 opéra­teurs FM en paral­lèle, ou tour à tour (par exemple les 4 niveaux d’une enve­loppe). Lorsqu’un para­mètre compte plusieurs pages, l’écran indique symbo­lique­ment dans laquelle on se trouve et les pres­sions succes­sives sur le bouton du para­mètre permettent d’al­ter­ner les pages (jamais plus que 4). L’écran affiche certains para­mètres sous forme graphique (algo­rithmes, LFO, enve­loppes, suivi de clavier), ce qui faci­lite gran­de­ment les choses. On se pren­drait même à aimer program­mer ! En tout cas, le DX est un excellent choix pour commen­cer sa vie en FM. Il ne manque fina­le­ment qu’une molette de modu­la­tion, dommage (le DX reçoit toute­fois le CC01 via MIDI, qu’il assigne à la profon­deur du LFO).

Yamaha Reface DX

De part et d’autre du bandeau de commandes, on trouve 2 HP de 3 cm parfai­te­ment inté­grés. Forts de 2 × 2W d’am­pli­fi­ca­tion avec système Bass Reflex, ils n’ont rien de gadget et resti­tuent un niveau permet­tant une écoute de proxi­mité pour la program­ma­tion ou le jeu en compa­gnie d’autres instru­ments acous­tiques (on pense en parti­cu­lier à une guitare sèche, une contre­basse, un cajon…). Si on pousse le volume trop fort, on sature toute­fois cette petite sono interne qui se met à vibrer ; on peut désac­ti­ver les HP en main­te­nant la touche D2 à l’al­lu­mage, en insé­rant une prise casque dans le connec­teur idoine, ou encore via l’édi­teur… Le clavier s’étend sur 3 octaves de mini-touches, dont la réponse au jeu est très agréable, nonobs­tant sa taille réduite ; la prise en compte de la vélo­cité est bien équi­li­brée (cf. l’ex­pé­rience exclu­sive de Slee­pless). Cette dernière est assi­gnable en interne aux niveaux indi­vi­duels des opéra­teurs et à l’ef­fet wah wah. Elle est aussi trans­mise via MIDI où elle commande parfai­te­ment l’en­semble de la plage de valeurs. En revanche, l’af­ter­touch est tota­le­ment ignoré par le DX, en émis­sion comme en récep­tion.

Yamaha Reface DX

La connec­tique, commune aux 4 Reface, est située sur le panneau arrière : borne pour alimen­ta­tion externe (four­nie, type bloc à l’ex­tré­mité), inter­rup­teur secteur, prise pédale (ici un inter­rup­teur assi­gné au Sustain), sorties audio gauche/droite, sortie casque stéréo, entrée audio stéréo, borne MIDI et prise USB. Mise à part l’en­trée stéréo au format mini-jack (permet­tant de mélan­ger un signal entrant au son interne, pour ressor­tir le tout sur les HP inté­grés ou la sortie stéréo, sans toute­fois pouvoir le trai­ter par les effets), les connec­teurs audio/pédale sont au format jack 6,35. La borne MIDI n’étant pas stan­dard, Yamaha livre ses Reface avec un câble épanoui mini-DIN vers MIDI In/Out. Quant à l’USB (1.1 ou 2), il véhi­cule unique­ment les signaux MIDI (notes, CC, Sysex) sans instal­la­tion de driver néces­saire (« Class Compliant », dit-on dans la langue de Shakes­peare). Sous la machine, une trappe permet d’in­sé­rer 6 piles de type AA, pour une auto­no­mie annon­cée de 5 heures. Le DX est donc parfai­te­ment auto­nome, puisqu’il peut éditer et sauve­gar­der ses programmes en interne, contrai­re­ment aux trois autres Reface. On peut aussi le trans­for­mer en guitare synthé moyen­nant un kit pour bandou­lière, hélas option­nel…

The Slee­pless Exclu­sive Velo­city Expe­riment

Yamaha Reface DX

L’ami Slee­pless a déve­loppé un proto­cole pour éprou­ver la réponse en vélo­cité des claviers qui passent entre ses mains expertes. Nous repre­nons ici les conclu­sions de ses tests des Reface CP et YC : courbe de réponse à la vélo­cité linéaire (quand c’est possible), neuf lâchers d’un poids de 100 grammes sur la même touche blanche (le bord du poids est à la verti­cale de celui de la touche, le poids est posé sur la touche sans le lais­ser peser, suivi d’un lâcher brusque), puis moyenne des neuf, avec indi­ca­tion des valeurs les plus faible et plus forte. Voici les résul­tats :

  • Yamaha Reface : four­chette 38–51 (moyenne 45,5).

Et ceux précé­dem­ment mesu­rés. Il faut néan­moins prendre en compte la petite taille des touches, l’ef­fet de levier et donc de résis­tance n’étant pas le même que sur une grande touche.

Qualité sonore

Après la bonne surprise de la qualité de fabri­ca­tion et de l’er­go­no­mie vient le moment de l’écoute des sons. Et sur ce point encore, le DX nous réserve une nouvelle agréable surprise. Nous avons déjà dit un mot sur la bonne réponse des HP inté­grés, mais passé sur une sono externe, le son est épais, vivant, sur toute la tessi­ture. Il néces­site toute­fois d’être ampli­fié de 10 dB pour être à un bon niveau, les sorties audio lignes manquant de peps.

Yamaha Reface DX

L’écoute des 32 programmes internes réins­crip­tibles nous fait immé­dia­te­ment (re)tomber dans les sono­ri­tés percus­sives et cris­tal­lines de la synthèse FM : EP, marim­bas, cloches, basses tirées/frap­pées, effets spéciaux… tout y est. Mais on trouve plus, avec des nappes, cuivres et strings assez inha­bi­tuels en FM. On se croi­rait parfois sur un synthé VA, avec un terri­toire impos­sible à atteindre par un DX7. Les effets jouent un rôle prépon­dé­rant, renforçant ou élar­gis­sant le son, ce qui renforce la variété sonore possible. Mais c’est surtout au sein des opéra­teurs que cela se passe, puisqu’un para­mètre de feed­back permet de créer progres­si­ve­ment des ondes carrées ou dents de scie. Pous­ser plus ou moins le feed­back des opéra­teurs porteurs permet en quelque sorte de filtrer les ondes et jouer sur la fréquence des opéra­teurs modu­la­teurs crée une pseudo-réso­nance (ce n’est toute­fois pas aussi souple que le filtre passe-bas réso­nant du CS). Bref, il est surpre­nant ce petit DX.

Globa­le­ment, les sons sont exempts d’ar­te­facts numé­riques, buzz ou alia­sing, quelle que soit la confi­gu­ra­tion, ce qui n’était pas le cas sur le DX7 lorsqu’on commençait à modu­ler en haut du spectre. Les prin­ci­paux para­mètres FM sont pilo­tables via CC MIDI (émis­sion/récep­tion), ce qui permet des auto­ma­tions avec sa STAN externe préfé­rée. Il s’agit du numéro d’al­go­rithme et des réglages des 4 opéra­teurs : niveau, pola­rité du feed­back, niveau du feed­back, type de fréquence, ratio (ou fréquence fixe) et fréquence fine. On peut passer par l’ap­pli­ca­tion Reface Capture tour­nant sous iOS (iPhone/iPad) ou le concept de partage de sons Sound­mondo (bien­tôt dispo­nible) pour dumper/gérer nos programmes, en complé­ment de la mémoire interne dédiée. La conclu­sion de nos tests audio est que non seule­ment le DX sonne bien, qu’il peut recréer une grande partie des sons d’un DX7, mais aussi qu’il permet d’al­ler au-delà des habi­tuelles textures FM, en empié­tant notam­ment sur le terri­toire des synthés VA pour des sons clas­siques simples (nappes, cuivres, strings, leads, basses). Il ne surpasse toute­fois pas le FS1r, avec ses ondes à formants vocaux et ses filtres…

Poly SEM
00:0000:34
  • Poly SEM 00:34
  • Soly­laisse 00:30
  • SW Strings 00:42
  • Tubu­lar Bell 00:35
  • Bass FM 00:25
  • EP FM 00:42
  • Lead 1 00:30
  • Lead 2 00:23
  • Marimba 00:22
  • Organ Cheese 00:14
  • Pad FM 00:25
  • Pad Warm 00:24
  • Perc Imba 00:19
  • Perc Tin 00:20

FM revi­si­tée

Yamaha Reface DX

Le DX est un synthé FM 4 opéra­teurs, poly­pho­nique 8 voix et mono­tim­bral. C’est donc plus un héri­tier des DX11/21/27/100 que du DX7… Rappe­lons quelques prin­cipes de cette synthèse : les oscil­la­teurs sont des opéra­teurs produi­sant des ondes (sinus), arran­gés en algo­rithmes. Il y a 2 types d’opé­ra­teurs : les porteurs (qui produisent le son) et les modu­la­teurs (qui modulent les porteurs). Les opéra­teurs sont reliés : les porteurs sont addi­tion­nés, alors qu’un porteur et un modu­la­teur (ou deux modu­la­teurs) sont multi­pliés. Il s’agit donc de modu­la­tion de phase plutôt que de fréquence. La FM peut se faire suivant un rapport de fréquence (ratio) ou une fréquence fixe sur toute la tessi­ture (créa­tion de formants). Plutôt que lais­ser l’uti­li­sa­teur construire ses combi­nai­sons, le DX propose 12 algo­rithmes de 4 opéra­teurs (des arbres avec des branches de porteurs et modu­la­teurs). Un algo­rithme défi­nit donc la nature de chaque opéra­teur et leur inter­ac­tion (addi­tion ou multi­pli­ca­tion). Ainsi, on peut avoir 4 porteurs addi­tion­nés côte à côte, 1 porteur modulé par 3 branches sépa­rées de modu­la­teurs, 2 porteurs modu­lés chacun par 1 modu­la­teur, 1 porteur modulé par 1 modu­la­teur lui-même modulé par 1 ou 2 autre(s) modu­la­teur(s), etc. Ce dispo­si­tif permet, à partir d’ondes basiques cycliques, de créer des spectres complexes.

Nous avons vu que le DX permet­tait une édition assez ergo­no­mique grâce à ses 4 curseurs tactiles et son écran. On commence par choi­sir un algo­rithme, repré­senté sous forme graphique, avec la nature de chaque opéra­teur (porteurs carrés, modu­la­teurs ronds). Puis on règle les fréquences, les niveaux et les feed­backs de chaque opéra­teur. Le feed­back permet de passer progres­si­ve­ment d’une onde sinus à une onde carrée, ou d’une onde sinus à une onde dent de scie. Cela démul­ti­plie le terri­toire sonore du DX, en parti­cu­lier vers les sons VA qu’un DX7 est inca­pable de produire : en choi­sis­sant l’al­go­rithme n°12, on obtient 4 porteurs non modu­lés ; en pous­sant le feed­back vers la dent de scie pour chacun, puis en les désac­cor­dant fine­ment, on obtient de quoi faire des nappes plus ou moins filtrées (le feed­back jouant le rôle de filtre basique). Chaque opéra­teur dispose de para­mètres assez nombreux : acti­va­tion, mode (ratio variable de 0,5 à 32 ou fréquence fixe de 1 à 9 772 Hz), accor­dage (gros­sier et fin), niveau, sensi­bi­lité de la vélo­cité sur le niveau, feed­back, suivi de clavier de l’en­ve­loppe (pente, niveaux x2, courbes de réponse x2 autour d’un point central), valeurs de l’en­ve­loppe de niveau d’opé­ra­teur (4 niveaux/4 pentes).

Yamaha Reface DX

Les enve­loppes d’un DX sont parti­cu­lières, puisqu’au lieu d’ex­pri­mer des temps de passage entre deux niveaux adja­cents, elles expriment des pentes (plus la pente est élevée, plus le segment va vite ; le contraire des temps, en somme). Contrai­re­ment à un synthé sous­trac­tif qui a souvent une enve­loppe sur le filtre et une sur l’am­pli, le DX a des enve­loppes sur le niveau de chaque opéra­teur ; quand on module le niveau d’un porteur, on change son volume (à rappro­cher de l’am­pli) et quand on module le niveau d’un modu­la­teur, on module le timbre du porteur auquel il est relié (à rappro­cher du filtre). Le DX offre aussi une enve­loppe de pitch globale à 4 niveaux/4 pentes ; on peut désac­ti­ver son action sur chaque opéra­teur. Il y a aussi un LFO global qui agit sur le pitch et les niveaux des opéra­teurs ; il dispose de 7 formes d’ondes (dont 2 aléa­toires), un réglage de vitesse (jusqu’aux niveaux audio, mais pas de synchro MIDI/Looper), un délai et une quan­tité de modu­la­tion sur le pitch global (4 opéra­teurs). On peut toute­fois couper la modu­la­tion sur le pitch de tel ou tel opéra­teur. L’ac­tion du LFO est sépa­rée pour le niveau de chaque opéra­teur (là encore, cela permet de jouer sur le volume des porteurs et leur timbre quand on module leurs modu­la­teurs). Les 8 voix du DX peuvent être jouées en poly­pho­nie ou en mono (déta­ché ou legato), avec porta­mento program­mable dans ce dernier cas. Notons que l’on peut trans­po­ser le DX sur plus ou moins 24 demi-tons.

Section d’ef­fets

Yamaha Reface DX

Pour parfaire le son, le DX propose deux multi-effets en série : chacun offre une distor­sion, un wah wah, un chorus, un flan­ger, un phaser, un délai et une réverbe. Deux para­mètres peuvent être édités pour chaque effet : drive et tona­lité pour la distor­sion, sensi­bi­lité à la vélo­cité et réso­nance pour le wah wah, profon­deur et vitesse pour les chorus/flan­ger/phaser, profon­deur et temps pour les effets délai/réverbe. Les effets sont de très bonne qualité, comme toujours chez Yamaha, avec un coup de chapeau au chorus stéréo qui élar­git parfai­te­ment bien le son. Le délai et la réverbe sont égale­ment de qualité, mais n’offrent qu’un seul algo­rithme. La disto génère pas mal de gain, qui n’est pas compensé auto­ma­tique­ment : il faudra jouer du curseur de volume global. Le choix des algo­rithmes est tout à fait judi­cieux, compte tenu de l’orien­ta­tion sonore de la machine. On ne peut en revanche par agir sur le routage des effets (série ou paral­lèle), mais c’est suppor­table.

Looper de phrases

Le DX est équipé d’un petit séquen­ceur de phrases capable d’em­ma­ga­si­ner jusqu’à 2 000 notes et de se synchro­ni­ser via MIDI. Il n’y a qu’un seul motif enre­gis­trable, qui plus est unique­ment en temps réel, avec quan­ti­sa­tion possible au trio­let de croche ou à la double-croche (choix via l’édi­teur). Seules les notes et leur vélo­cité sont enre­gis­trées, mais pas le mouve­ment des commandes de synthèse, ce qui est bien dommage.

Yamaha Reface DX

Pour enre­gis­trer, il suffit de vali­der la posi­tion REC avec l’un des 4 curseurs tactiles. L’en­re­gis­tre­ment commence (au tempo défini, avec un signal type métro­nome utili­sant le son en cours) à la première note jouée et s’ar­rête quand on passe sur PLAY. Pour entrer des notes par-dessus celles déjà enre­gis­trées (à concur­rence de la poly­pho­nie totale), on lance la commande REC et l’en­re­gis­tre­ment commence immé­dia­te­ment en Over­dub (sans métro­nome cette fois). Pour effa­cer le motif complet, on dispose d’une fonc­tion CLEAR, là encore comman­dée avec l’un des 4 curseurs tactiles. Il n’y a pas d’édi­tion/correc­tion possible a poste­riori, soit c’est bon dès le départ, soit on recom­men­ce… On ne peut pas non plus trans­po­ser le motif en temps réel. Les notes jouées par le Looper sont trans­mises en MIDI. On aurait pensé pouvoir sauve­gar­der les motifs avec les programmes ; il n’en est rien, ils sont perdus après extinc­tion des feux et ne sont même pas trai­tés par l’ap­pli iOS Reface Captu­re…

Excellent compa­gnon de route

Au final, les Reface sont de bonnes surprises, par la qualité et le sérieux qui en émanent. Compacts, pouvant être alimen­tés par piles, dotés de HP, ils trou­ve­ront aisé­ment leur place pour accom­pa­gner une petite forma­tion acous­tique, une répé­ti­tion dans une chambre d’hô­tel, un dépla­ce­ment en trans­ports en commun, un séjour loin du studio ou tout simple­ment comme complé­ment sonore pour un musi­cien non-clavié­riste ou un DJ. Avec le DX (399 €), la FM devient presque facile, grâce à un mode d’édi­tion bien pensé faisant usage des 4 curseurs tactiles et de l’écran. Le feed­back sur chaque opéra­teur élar­git le terri­toire sonore tradi­tion­nel, créant progres­si­ve­ment des ondes carrées et dents de scie… l’édi­teur et les mémoires internes font du DX un synthé complet et auto­nome, avec une excel­lente qualité sonore, même sur le petit système d’am­pli­fi­ca­tion interne. Les sorties ligne néces­sitent toute­fois un bon +10 dB pour être au niveau. Bref, voici un excellent compa­gnon de route pour le musi­cien/DJ itiné­rant bran­ché FM.

Télé­char­gez les extraits sonores (format FLAC)

  • Yamaha Reface DX
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8/10
Points forts
  • La qualité sonore
  • L’autonomie totale
  • La mobilité assurée
  • La synthèse FM revisitée
  • Le double multi-effet intégré
  • Le Looper de phrases
  • La réponse dynamique du clavier
  • Les mémoires internes
  • Les petits HP intégrés
  • La qualité de construction
  • L’ergonomie bien pensée
  • Les applications iOS/Soundmondo
Points faibles
  • Monotimbral
  • Niveau audio faiblard en sortie ligne
  • Limité à 4 opérateurs FM
  • Motifs non transposables et perdus à l’extinction
  • L’absence de molette de modulation
  • Pas de traitements ou d’effets sur l’entrée audio
  • Kit pour bandoulière optionnel
Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.


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