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Steinberg Cubase Pro 8.5
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On Refait le Patch #31 : Test du Cubase 8.5 de Steinberg

Séquenceur généraliste de la marque Steinberg appartenant à la série Cubase Pro

test vidéo
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Le séquenceur dans les nuages
8/10
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Un an tout juste après la sortie de Cubase Pro 8, voici que la version 8.5 débarque sans énorme nouveauté, mais avec une foule de petites choses qui changent la vie.

Respec­tant son enga­ge­ment de sortir une mise à jour de Cubase tous les ans, Stein­berg propose la version 8.5 de son séquen­ceur phare qui, comme l’in­dique son nom, n’est pas une évolu­tion majeure, mais plutôt une tran­si­tion entre la 8 sortie l’an dernier et la 9 qui arri­vera vrai­sem­bla­ble­ment pour Noël 2016. Un os à ronger pour patien­ter ? Un peu plus que ça si l’on consi­dère le contenu de cette 8.5 acces­sible à 50 euros seule­ment pour les posses­seurs de Cubase Pro 8.

 

 

Synthé de fer

Steinberg Cubase Pro 8.5 : Retrologue 2

Qu’a-t-on pour un si petit prix qui soit inté­res­sant ? Un synthé pour commen­cer, ou plutôt la nouvelle version du synthé­ti­seur à modé­li­sa­tion analo­gique Retro­logue, qui propose son lot de nouveau­tés : un oscil­la­teur supplé­men­taire, de nouveaux types de filtre, un module Reso­na­tor, de nouveaux effets, un arpé­gia­teur program­mable et plus de possi­bi­li­tés dans les options de modu­la­tion. Une centaine de presets permet de se rendre compte des chan­ge­ments et force est d’ad­mettre que ce petit Retro­logue 2 est vrai­ment très convain­cant. Tout le registre de ce genre d’ins­tru­ments est là, des basses bien énormes aux leads stri­dants en passant par les motifs arpé­gés ou les effets spéciaux, tandis que la program­ma­tion demeure rela­ti­ve­ment simple.

C’est un très bon plan et on n’est pas fâché que Stein­berg ait réussi son coup, car, du côté des plug-ins, c’est le seul ajout de cette v8.5 qui, comme tous les Cubase aupa­ra­vant, n’est pas la plus relui­sante du point de vue des instru­ments virtuels : si l’on dispose de choses sympa­thiques du côté des synthés avec Retro­logue 2 et Padshop, on ne dispose toujours pas de bonne batte­rie acous­tique, de sampler ou de pianos et d’orgues dignes de ce nom. Dans leur version SE, HALion Sonic 2 et Groove Agent 4 sont en effet loin d’être convain­cants, surtout face à l’offre d’un Logic Pro X ou d’un Sonar sur ce terrain. Ah si seule­ment Stein­berg lâchait la version complète d’HALion, ou du moins d’HALion Sonic, ce serait déjà autre chose… Mais non, on verra donc ce qu’il en est pour la 9.

Pas glop, pas drop

L’autre grosse nouveauté, c’est l’ar­ri­vée de VST Tran­sit, le Cloud proprié­taire de Stein­berg. Cloud ? C’est le nom usuel­le­ment donné aux systèmes d’hé­ber­ge­ment et de partage de données en ligne, et qui entend bien déma­té­ria­li­ser nos espaces de stockage. Le plus connu, c’est évidem­ment Drop­box qui a révo­lu­tionné la bureau­tique et le multi­mé­dia, mais dans son sillage, quan­tité de services se sont lancés, aussi bien géné­ra­listes (Box.net, Skydrive, Google Drive, iCloud) que spécia­li­sés (Gobbler, Splice pour ce qui des services spécia­li­sés dans l’ac­ti­vité de studio). L’in­té­rêt du nuage (Cloud signi­fie nuage en anglais), c’est bien évidem­ment de faci­li­ter la travail colla­bo­ra­tif : bosser sur un projet avec un groupe dont le batteur si situe­rait en Islande, la chan­teuse au Vene­zuela, le bassiste en Thaï­lande et vous, le clavier en France devient ainsi possible. Tout le monde accède à un même dossier sur un serveur et synchro­nise régu­liè­re­ment pour parta­ger les modifs qu’il a faites au projet, ou récu­pé­rer les modifs des autres. Bref, sur le papier, l’enjeu est réel et ce n’est pas pour rien que la fonc­tion s’est retrou­vée au coeur du dernier Pro Tools, la réfé­rence dans le domaine demeu­rant le stupé­fiant Ohm Studio des français d’Ohm­Force. Stein­berg lui-même avait déjà proposé avec VSTcon­nect un moyen de faire des prises à distance, mais pas encore de système de stockage.

Steinberg Cubase Pro 8.5 : VST Transit Profile

Et c’est chose faite avec ce VST Tran­sit qui tient lieu de petite Drop­box cuba­sienne, tout en étant un peu plus que cela… et beau­coup moins aussi.

Un peu plus parce qu’on dispose d’une petite couche sociale : dans VST Tran­sit, on peut ainsi rensei­gner un profil rudi­men­taire (nom, instru­ments joués, styles musi­caux, avec la possi­bi­lité d’uploa­der un petit extrait audio de votre savoir-faire) et cher­cher dans les profils des autres pour se faire des contacts : vous cher­chez un bassiste rock, un violo­niste funk ou un flûtiste hip-hop ? Voici qui devrait vous aider. Ne reste plus qu’à adres­ser une demande à l’in­té­ressé et à ce qu’il accepte pour que vous soyez amis, et ainsi aptes à bosser sur des projets communs.

Libre à vous ensuite de parta­ger un projet sur lequel vous bossez pour que l’autre (ou les autres) viennent y mettre leur groin, une fois le projet télé­chargé sur leur machine. Soyez toute­fois préve­nus des grandes limi­ta­tions de la chose : outre le fait que selon la version ache­tée, vous ne dispo­se­rez de base que d’un stockage de 500 MB à 1 GB (des offres payantes devraient permettre en janvier de passer de 5 à 20 Go) dont vous aurez vite fait le tour, surtout si vous êtes en 24/96, sachez que Stein­berg ne gère aucun système de droits. Les pistes que vous avez créées, vos colla­bo­ra­teurs pour­ront les lire, mais pas les modi­fier, même si vous le dési­riez. Et l’in­verse est aussi vrai : les pistes de vos colla­bo­ra­teurs, vous ne pouvez que les lire, mais pas inter­ve­nir dessus. Ce qui veut dire que si un saxo­pho­niste moldave vous fait un solo de la mort, vous devrez préa­la­ble­ment faire un render in place de sa piste pour la dupliquer ou le lais­ser faire l’edi­ting de ce dernier, vu que vous n’y aurez pas accès autre­ment. C’est assez mal pensé.

Steinberg Cubase Pro 8.5 : VST Transit Find User

En l’ab­sence d’un système de rendu audio auto­ma­tique, sachez en outre que si vos inter­lo­cu­teurs n’ont pas les mêmes instru­ments virtuels que vous, ils vont se retrou­ver avec un bête fichier MIDI sans possi­bi­lité d’avoir le son que vous, vous avez. Bien sûr, cette limi­ta­tion est contour­nable aisé­ment en faisant un rendu préa­lable de l’ins­tru­ment, mais dans la mesure où le révo­lu­tion­naire Ohm Studio des français d’Ohm­Force gère cela depuis trois ans, en plus des droits, et qu’il fait tout cela en temps réel, ça fait un peu tache.

Préci­sons-le d’ailleurs, rien dans VST Tran­sit ne s’opère en temps réel. Il faut synchro­ni­ser après chaque modif pour la propa­ger sur le serveur, et pour récu­pé­rer les modifs des autres, sachant qu’au­cune noti­fi­ca­tion ne vous alerte d’éven­tuels chan­ge­ments (ou alors elle est bien cachée au point d’être inutile) et surtout que le système ne gère pas le ‘ver­sio­ning’, ce qui est plus gênant. Impos­sible donc de récu­pé­rer les diffé­rents états d’un projet à travers le temps : seule la dernière version demeure sur le serveur. La chose n’est pas bien grave vu que personne ne peut modi­fier les contri­bu­tions de personne, mais on peine à imagi­ner comment Stein­berg va déci­der ses utili­sa­teurs à payer lorsque des Splice ou des Gobbler font mieux…

De son côté, l’in­ter­face de commu­ni­ca­tion oscille entre messa­ge­rie (Inbox, Outbox, etc.), chat et système de commen­taires très perfec­tible : vous ne voyez que les commen­taires des autres, mais pas ceux que vous avez saisis. Pour commu­niquer, on a donc vite fait de retour­ner dans son client mail favori et de dégai­ner Skype : c’est autre­ment plus effi­cace et mieux foutu ergo­no­mique­ment.

Steinberg Cubase Pro 8.5 : VST Transit

Enfin, ultime limite de ce système proprié­taire : il est… proprié­taire ! Et donc fermé. Certes, Cubase jouit d’une vaste commu­nauté d’uti­li­sa­teurs, mais se couper de tous les musi­ciens ou ingés son utili­sant des STAN concur­rentes rend le côté géné­rique d’un Splice autre­ment plus attrayant. Bien évidem­ment, avec Splice, on ne jouit pas d’une inté­gra­tion aussi pous­sée qu’avec VST Tran­sit et il serait par ailleurs très compliqué de faire une plate­forme ouverte à toutes les STAN vu la médio­crité des formats de fichiers géné­riques comme l’OMF, mais on touche là à une grosse limite sur ce qu’on attend d’une plate­forme colla­bo­ra­tive. Person­nel­le­ment, la plupart des musi­ciens élec­tro­niques que je connais sont sous Live ou FL Studio, tandis que la plupart des ingés sont sous Pro Tools. Du coup, on le comprend : ce n’est pas d’Avid ou de Stein­berg que pourra venir la plate­forme parfaite, du moins pas tant que ces derniers ne pensent la colla­bo­ra­tion qu’à l’in­té­rieur de leur logi­ciel. Quelle solu­tion avait Stein­berg ? Initier un nouveau format ouvert comme il l’a fait avec VST, lais­sant à ses concur­rents la possi­bi­lité de le rejoindre, aurait été l’idéal même si l’on comprend bien l’am­pleur de la tâche. Au mini­mum, dispo­ser d’un site web permet­tant d’ac­cé­der au projet depuis une inter­face Web sans néces­si­ter Cubase, avec un rendu systé­ma­tique des stems aurait été inté­res­sant dans cette pers­pec­tive. Pour l’heure, en termes de colla­bo­ra­tion, on préfè­rera donc passer par les solu­tions de Cloud indé­pen­dantes, ou par OhmStu­dio qui propose certes les mêmes défauts du format proprié­taire, mais qui est… gratuit jusqu’à 10 projets ! Et donc plus suscep­tible d’être installé par chacun.

L’idée de VST Tran­sit est donc excel­lente sur le papier et elle fonc­tionne tech­nique­ment, mais elle n’est clai­re­ment pas très inté­res­sante dans les faits pour l’ins­tant, à côté de ce que proposent OhmStu­dio, Splice, Gobbler ou même une bonne vieille Drop­box. Inutile de dire, par ailleurs, qu’au­cun système de copy­righ­ting ne semble géré, pas plus que n’est gérée la possi­bi­lité de payer ou de vendre des services, chose qui serait pour­tant très inté­res­sante. Coup d’épée dans l’eau ? Non, plutôt idée restée à l’état d’em­bryon, mais qui pour­rait vrai­ment appor­ter beau­coup de choses si Stein­berg revoyait sa copie pour la V9… en espé­rant que les déçus de la première heure lui donnent une seconde chance alors.

Ce n’est pas en tout cas pour cette fonc­tion que nous vous conseille­rons d’ache­ter cette v8.5, vous l’au­rez compris, mais plutôt pour des choses bien plus anodines en appa­rence, mais bien plus impor­tantes au jour le jour.

Ces petits rien qui changent tout

Fort heureu­se­ment, il y a bien d’autres choses dans cette version 8.5, plein de petites choses, mais qui, mises bout à bout, forment le plus gros argu­ment qui pour­rait vous pous­ser à mettre votre Cubase à jour.

Steinberg Cubase Pro 8.5 : La totale

Commençons par le fait que le logi­ciel gère désor­mais des profils d’uti­li­sa­teurs, chose qui ne passion­nera pas les Home Studistes soli­taires, mais inté­res­sera proba­ble­ment les Pros et ceux qui doivent parta­ger leur Cubase. En effet, il est main­te­nant possible de consi­gner des préfé­rences utili­sa­teur (options, inter­faces, mais pas les presets hélas, etc.) dans des profils, de sorte que chacun peut se miton­ner son petit Cubase à lui sans pour autant pour­rir celui des autres. Dans un studio suscep­tible d’ac­cueillir diffé­rents ingés son, c’est plutôt une très bonne chose.

Puisqu’on parle de person­na­li­sa­tion, souli­gnons qu’on dispose main­te­nant, sur les bords de l’écran, de dialogues qui permettent d’af­fi­cher ou d’es­ca­mo­ter les diffé­rents panneaux du logi­ciel (Media­bay, etc.). La chose est pratique même si elle est loin de faire jeu égal avec ce qu’on trouve dans un Reaper par exemple, un Digi­tal Perfor­mer ou même un Sampli­tude. Mettre la Media­bay sur la gauche de l’in­ter­face et l’ins­pec­teur à droite demeure par exemple toujours impos­sible. Au mieux, on peut cacher ou affi­cher des éléments dont le posi­tion­ne­ment est statique.

Même si ce n’est pas ce qu’il y a de plus sexy, la mise à jour de l’algo de Time Stretch Elas­tique Pro en version 3 pour­rait à elle seule justi­fier la mise à niveau, car on est très au-dessus de la version précé­dente. C’est un bonheur de l’uti­li­ser, que ce soit pour l’Au­dio­warp ou pour faire varier le tempo global au gré d’une courbe. Seul regret, il ne semble pas que cette meilleure qualité du Time Stretch se soit repor­tée sur la qualité du Pitch Shif­ting, VariAu­dio étant toujours à la peine tandis que les fonc­tions d’har­mo­ni­sa­tion qui y recourent produisent toujours autant d’ar­te­facts : pour faire des voix témoins, ça fera l’af­faire, mais impos­sible d’uti­li­ser ça sérieu­se­ment autre­ment. Et c’est rageant, car le système d’ar­ran­ge­ment imaginé par Stein­berg avec ses Chord Tracks est un vrai plus de Cubase par rapport à ses concur­rents.

Plus origi­nal, un nouveau système de Punch in/Punch Out permet de défi­nir très simple­ment une zone d’en­re­gis­tre­ment qui n’a rien à voir avec celle déli­mi­tée par les ‘Loca­tors’. Ca ne chan­gera pas la face du monde, mais c’est assez bien vu.

Du nouveau dans les éditeurs

Le Drum Editor évolue gran­de­ment lui aussi avec la possi­bi­lité d’af­fi­cher les vélo­ci­tés des notes, et de passer d’une repré­sen­ta­tion ‘Hit’ (un losange s’af­fiche pour chaque coup) à ‘note’ comme sur le Piano Roll, ce qui permet de gérer la longueur des événe­ments MIDI. Surtout, on peut désor­mais filtrer l’af­fi­chage pour que tous les instru­ments qui ne contiennent aucun événe­ment ne soient pas affi­chés. C’est tout bête, mais ça change tout et les patterns sont ainsi bien plus lisibles. Du coup, ceux d’entre nous qui avaient perdu l’ha­bi­tude d’uti­li­ser le Drum Editor pour tout faire dans le Piano Roll vont peut-être revoir leur façon de travailler.

Steinberg Cubase Pro 8.5 : MIDI

Concer­nant ce dernier, Stein­berg a ajouté quan­tité de raccour­cis clavier simpli­fiant la saisie comme l’édi­tion des notes ou de leur vélo­cité. Un double clic permet désor­mais de créer une note, cepen­dant qu’un raccourci clavier permet d’agir sur la vélo­cité de la note en glis­sant la souris. Via Command ou Control, on désac­tive aussi le magné­tisme pendant le dépla­ce­ment. Bref, ce sont plein de petites nouveau­tés qui changent la vie parce qu’elle permettent, très intui­ti­ve­ment, de travailler plus vite.

On pour­rait en dire autant des nouvelles poignées dispo­nibles au milieu de l’ex­tré­mité droite de chaque conte­neur et qui permet de dupliquer ce dernier autant que néces­saire par un simple drag & drop. Toute aussi inté­res­santes, les nouvelles possi­bi­li­tés d’in­ter­ac­tion avec les courbes d’au­to­ma­tion ou de tempo amènent plus de confort et de puis­sance : on peut sélec­tion­ner plusieurs points d’un coup et étirer ou compres­ser leur valeur, ou leur posi­tion dans le temps, ou encore simple­ment les dépla­cer le long de la courbe. C’est très bien foutu.

Simpli­fiant égale­ment la saisie, les Chord Pads peuvent désor­mais fonc­tion­ner en mode Section, la main gauche servant à sélec­tion­ner un accord tandis que la main droite égrène les notes de ce dernier. Pas révo­lu­tion­naire, mais pratique à l’usage, surtout pour les clavié­ristes de petit niveau.

I got you Bay

La Media­Bay présente aussi quelques nouveau­tés inté­res­santes, à commen­cer par un système de navi­ga­tion plus graphique : on peut ainsi parcou­rir ses instru­ments, effets ou ressources en cliquant sur l’icône idoine puis sur une vignette repré­sen­tant l’ins­tru­ment auquel on veut accé­der. Une fonc­tion qui, dans sa réali­sa­tion, évoque furieu­se­ment l’er­go­no­mie de FL Studio ou de Studio One 3, mais qui hélas se limite aux seuls plug-ins signés Stein­berg. Autant dire que ça ne sert pas à grand-chose du coup quand on est un gros utili­sa­teur de synthés et d’ef­fets d’édi­teurs de tierce partie, ce qui veut dire pour la majo­rité des utili­sa­teurs… Mais c’est un bon début, à confir­mer dans la 9.

Steinberg Cubase Pro 8.5 : mediabay

On appré­ciera plus en revanche l’in­ter­ac­tion de la Media­Bay avec le projet : un double clic sur un preset d’ins­tru­ment virtuel crée une piste auto­ma­tique­ment, tout comme on a la possi­bi­lité de cliquer-glis­ser ce dernier dans la fenêtre qui a été amélio­rée : on peut désor­mais choi­sir où l’on veut créer une piste lorsqu’on glisse un fichier audio ou MIDI. Outre la pré-écoute des presets et des fichiers audio au tempo origi­nal ou à celui des projets, on se réjouira aussi de voire les boucles MIDI s’adap­ter auto­ma­tique­ment à la progres­sion de la piste d’ac­cord quand il y en a une sur un simple cliqué-glissé.

Bref, tout ça va dans le bon sens même si on est loin encore de la souplesse d’un Studio One sur ce point : on ne peut pas glis­ser un preset d’ef­fet dans la fenêtre pour créer une piste audio, on ne peut rien glis­ser vers la Media­Bay et surtout, on ne peut pas se servir de cette dernière pour explo­rer le contenu de disques durs qui n’au­ront pas été préa­la­ble­ment inspec­tés et rentrés en base. Certains détails agacent aussi : glis­ser un preset d’ef­fet sur la table est un cauche­mar vu que cette dernière ne dispose plus de l’op­tion ‘Toujours devant’ si pratique autre­fois et que, par consé­quent, elle dispa­rait derrière la fenêtre prin­ci­pale dès qu’on clique sur la Media­Bay…

Dans le même genre de détail agaçant, le gestion­naire de presets de chaque instru­ment qui reprend l’er­go­no­mie de la Media­Bay semble inca­pable de prendre en compte un critère de tri pour les boutons précé­dent/suivant. Du coup, lorsqu’on veut écou­ter toutes les basses de Retro­logue, on ne peut utili­ser ces derniers qui s’obs­tinent bête­ment à suivre l’ordre alpha­bé­tique. D’ailleurs, concer­nant une liste de presets, il faudra bien qu’on m’ex­plique l’in­té­rêt de faire un listage alpha­bé­tique, à moins d’être préci­sé­ment le sound desi­gner qui a conçu la banque et qui connaît tous les patches par leur petit nom…

Mais enco­re…

Parmi les dizaines de petites amélio­ra­tions, on citera encore la possi­bi­lité de défi­nir des sché­mas de nommage pour les sauve­gardes. L’in­ter­face en ques­tion est simple et fera gagner bien du temps à ceux qui ont beau­coup d’ex­ports à faire tout en leur permet­tant de rester parfai­te­ment orga­ni­sés : songez notam­ment aux auteurs d’ins­tru­ments samplés qui doivent parfois gérer des milliers voire des dizaines de milliers d’en­re­gis­tre­ments pour faire une banque de samples…

Gagner du temps, c’est aussi ce qui motive la possi­bi­lité de défi­nir, désor­mais, le routing d’une piste lors de sa créa­tion. Plus besoin de procé­der en deux temps donc, et de faire son routing dans l’ins­pec­teur de piste.

Toujours au rayon créa­tion de piste, on dispose égale­ment d’une option d’im­port depuis un autre projet. Ce n’est pas forcé­ment une fonc­tion qu’on utilise tous les jours, mais qui saura se rendre utile lors du remixage de morceaux par exemple, d’au­tant que l’in­ter­face est très pratique et permet de défi­nir préci­sé­ment quelle piste on veut impor­ter et où on l’im­porte.

Ce qui manque

Tous ces petits ajouts sont fran­che­ment les bien­ve­nus, mais ils n’en comblent pas pour autant toutes les attentes, loin de là. Si Cubase est en avance sur certaines fonc­tions par rapport à ses concur­rents (Chord Track, Control Room, Track­ver­sions, VSTex­pres­sion, etc.), il accuse en effet un certain retard sur d’autres choses qui parai­tront plus ou moins essen­tielles aux uns ou aux autres.

Steinberg Cubase Pro 8.5 : Piste tempo

Sans reve­nir sur les options de person­na­li­sa­tions et d’or­ga­ni­sa­tion de fenêtre qui sont encore loin de ce qu’on trouve chez certains concur­rents, on regret­tera ainsi que les objets audio ne soient toujours pas au programme (soit la possi­bi­lité d’ap­pliquer un effet à un conte­neur unique­ment, de manière non destruc­tive et auto­ma­ti­sable, en plus des effets de pistes).

De même, on ne dispose d’au­cun outil pour se brico­ler des meta-instru­ments ou des meta-effets, ce qui est pour­tant très pratique, que ce soit pour faire du laye­ring ou du trai­te­ment multi­bande simple­ment.

Enfin, on peste toujours sur le fait que Stein­berg rechigne à inté­grer Melo­dyne ou l’un de ses concur­rents signé IRCAM ou Zynap­tiq, car on sent bien que VariAu­dio, comme le géné­ra­teur d’har­mo­nie, profi­te­raient gran­de­ment d’al­gos de meilleure qualité : pour l’heure, les parties géné­rées avec ce dernier sont en effet bien diffi­ci­le­ment exploi­table à cause de la médiocre qualité des trans­po­si­tions.

Évidem­ment, ce sont là des fonc­tion­na­li­tés majeures qu’on atten­dra plus pour la V9. Toute­fois, il y a bien des petites choses que Stein­berg pour­rait amélio­rer : autre­ment moins dur à déve­lop­per, la possi­bi­lité de colo­rer les tranches de la console dans leur inté­gra­lité comme dans Pro Tools, Reaper, Studio One, Reason ou encore Sonar, n’est hélas toujours pas au rendez-vous. C’est pour­tant diable­ment pratique, car plus effi­cace que le petit carré de couleur au bas de chaque piste.

Et enfin, on pestera toujours contre de vieilles lour­deurs ergo­no­miques. Le Rack Instru­ments et les Pistes Instru­ments font en effet plus que jamais double emploi tandis que la gestion des connexions audio/MIDI est toujours aussi neuneu : lorsque vous ouvrez un ancien projet réalisé, à l’époque, avec une autre inter­face audio, Cubase est inca­pable de dési­gner auto­ma­tique­ment votre inter­face actuelle à la place de l’an­cienne. Il faut donc à chaque fois réas­si­gner les entrées/sorties à la main, ce qui s’avère parfai­te­ment exas­pé­rant.

Bref, comme vous le voyez, ce qui est vrai pour tous les séquen­ceurs l’est aussi pour Cubase : on est loin d’être face à un produit parfait ou exhaus­tif et Stein­berg a encore bien du travail à four­nir pour se hisser au-dessus de la mêlée au prix où il est vendu.

Conclu­sion

 

Même si VST Tran­sit n’est pas aussi abouti qu’on l’es­pé­rait et même si Retro­logue 2 n’in­té­res­sera pas ceux qui sont déjà pour­vus en synthés à modé­li­sa­tion analo­gique, cette mise à jour est en premier lieu à conseiller pour les posses­seurs de la v8 qui, pour 50 euros seule­ment, profi­te­ront d’un bien meilleur algo de Time Stret­ching et d’une foule d’amé­lio­ra­tions ergo­no­miques rendant le logi­ciel plus agréable et produc­tif que jamais. 

Factu­rée 150 euros depuis la 7.5, la mise à jour vous permet­tra en plus d’ac­cé­der aux faders VCA et au rendu inplace, bien pratiques eux aussi. Depuis la 7, c’est 200 euros qu’il faudra débour­ser pour ajou­ter en plus de tout ce qui est au-dessus les fonc­tion­na­li­tés appa­rues avec la 7.5 : Track Versions, Track Quick Controls, support des entrées/sorties multiples sur les instru­ments VST, etc.

Et au-delà ? Disons que l’in­té­rêt des mises à jour est à consi­dé­rer au cas par cas en regard d’un prix qui progresse par tranche de 50 euros (mise à jour à 250 euros depuis la v6 ou v6.5, et à 300 euros depuis la V4 ou V5). Certes, ça commence à faire cher l’up­date, mais depuis la V5 ou la V6, Cubase a telle­ment changé qu’on n’est pas loin de parler d’un tout autre logi­ciel. Les évolu­tions de la console appa­rues dans la V7, le piste Accords ou les refontes du Chan­nel Strip et de la Control Room en font, selon moi, la mise à jour la plus majeure qu’ait connu le logi­ciel depuis sa V6. Et si l’on ajoute à cela les choses appor­tées en 7.5, 8 et 8.5, la dépense vaut le coup.

Préci­sons, tant qu’on en est aux mises à jour, que Cubase n’exis­tera plus à partir de la version 9 qu’en 64 bits. Si vous êtes chevillés au 32 bits, cette version est la dernière que vous pour­rez acqué­rir pour profi­ter de votre bon vieux Windows XP…

Finis­sons avec ceux qui cherchent à inves­tir dans leur première STAN ou à chan­ger de crème­rie. Que vaut Cubase dans l’ab­solu face à ses concur­rents, en sachant qu’il se situe à 549 euros prix public ? La ques­tion est assu­ré­ment dure à tran­cher, car elle dépend d’abord de la très subjec­tive notion d’er­go­no­mie.

Pour en reve­nir à des aspects plus objec­tifs, notons que Stein­berg n’offre certai­ne­ment pas le meilleur bundle d’ins­tru­ments/effets du marché sur le plan quali­ta­tif ni le meilleur rapport qualité/prix. Sans aller jusqu’à le compa­rer à un Reaper auquel il est dur de compa­rer qui que ce soit, il est moins agres­sif qu’un Sonar avec son système d’abon­ne­ment, ses mises à jour régu­lières et son bundle de plug-ins impliquant des grands noms, ou un Logic qui, pour 200 euros, offre au moins autant de choses, sinon plus. Son parti pris géné­ra­liste ne le rendra pas non plus très perti­nent en alter­na­tive à un Live, un Bitwig, un FL Studio ou un Reason. Comme précisé ci-avant, il y a encore bien des fonc­tions ou amélio­ra­tions qu’on attend de voir débarquer dans Cubase, de même qu’on aime­rait le voir aussi souple et rapide qu’un Studio One (réalisé par des anciens… de Stein­berg !). Et pour finir sur le marché pro, notons qu’en dépit des efforts de Stein­berg et Yamaha pour propo­ser des contrô­leurs hard­ware plus ou moins chers (petite série CMC ou grosse station Nuage), souli­gnons qu’on est encore loin de dispo­ser d’un équi­valent à l’éco­sys­tème d’Avid qui balaye tous les besoins : du live au studio, que ce soit en audio ou en vidéo.

Pour autant, Cubase a aussi des argu­ments. Il jouit déjà au niveau mondial d’une vaste commu­nauté et il est, avec Pro Tools et Logic, l’une des STAN les plus popu­laires et docu­men­tées (livres, tutos, forums, forma­tions). S’il va sans dire que cet aspect simpli­fie l’ap­pren­tis­sage du logi­ciel, Cubase offre aussi des fonc­tions qu’on adore­rait voir chez ses concur­rents : son intel­li­gente Control Room (idéale pour gérer le moni­to­ring de façon avan­cée) ou son redou­table éditeur logique (système permet­tant de trai­ter du MIDI à partir d’un jeu de règles), ses Track­ver­sion bien foutues ou sa piste Accords et les fonc­tions qui en découlent et qui sont bien plus qu’un gadget pour les songr­wri­ters. On citera encore les tech­no­lo­gies Note Expres­sion et surtout VSTex­pres­sion qui, suppor­tée par Vienna et East­West, simpli­fie la program­ma­tion des banques orches­trales. Couplée à l’ar­ri­vée prochaine d’un éditeur de parti­tions qui s’an­nonce excellent (réalisé par des anciens de Sibe­lius, il fera l’objet d’un logi­ciel indé­pen­dant, mais jouira évidem­ment d’une bonne inté­gra­tion au sein de Cubase), c’est le genre de fonc­tion­na­lité qui pour­rait déci­der plus d’un compo­si­teur de musique orches­trale à deve­nir Cuba­sien. À véri­fier, on l’es­père, en 2016 et sans doute pour la sortie de Cubase 9.

Bref, chacun devra jauger la bête en fonc­tion de ses besoins, sachant que les versions d’éva­lua­tion servent juste­ment à cela.

  • Steinberg Cubase Pro 8.5 : La totale
  • Steinberg Cubase Pro 8.5 : Retrologue 2
  • Steinberg Cubase Pro 8.5 : mediabay
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On refait le patch : les tests vidéo d'Audiofanzine Voir tous les épisodes de "On refait le patch : les tests vidéo d'Audiofanzine"
8/10
Points forts
  • Retrologue 2
  • La bonne idée de VST Transit
  • Les nouveautés dans le Piano Roll et le Drum Editor
  • Le nouvel algo de Time Stretching
  • Amélioration du drag & drop depuis la Media Bay
  • Import de piste depuis un autre projet
  • Amélioration de la MediaBay
  • Profils utilisateurs
  • Les punch-in/punch-out
  • Une foule de petites améliorations
  • Tout ce qu’on aimait déjà dans Cubase et qu’on ne trouve pas ailleurs : Control Room, Chord Tracks, éditeur logique, VSTexpression, table de mixage bien foutue, etc.
  • Intéressant pour les possesseurs de la V8 à 50 euros
Points faibles
  • eLicencer physique
  • Un bundle moins bon que chez des concurrents moins chers
  • Encore des progrès à faire en ergonomie
  • Refonte de la MediaBay pour les plug-ins Steinberg uniquement
  • VST Transit trop rustique d’un point de vue fonctionnel
  • Toujours pas d’objet audio ni de possibilité de meta-instruments et meta-effets
  • Toujours pas de support d’ARA qui permettrait une intégration de Melodyne au logiciel, cependant que le pitch shift est encore loin d’être fameux
Auteur de l'article Los Teignos

Si j'avais eu le physique, nul doute que j'aurais fait un grand Sumo, mais vu que je ne pèse que 80 kg, j'occupe mon temps comme je peux entre musique et littérature.


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